Au Maroc, le secteur du sport se développe à l’ombre des regards. À Casablanca, Sportym a fait du « sportech » un levier de croissance. Zoom sur cette startup qui fait beaucoup de bien aux amoureux du sport.
Mohammed Ali, Mickael Jordan, Arnold Schwarzenegger…ces grandes figures du sport américains sont ce qu’ils ont été parce que la société américaine et sa structure de gouvernance a fait du sport un pilier de l’Amérique. Dans son livre intitulé, une histoire populaire du sport aux USA, le journaliste Dave Zirin démontre comment l’Amérique a fait du sport un pilier de la nation et aussi comment le monde sportif est devenu un levier de développement socio-économique. Selon une étude du cabinet de conseil en stratégie AT Kearney ‘situé à Chicago,) le marché mondial du sport génère en effet jusqu’à 700 milliards de dollars par an, soit près de 1% du PIB mondial, avec une croissance moyenne annuelle de 4%. Et toujours selon la même source, la répartition régionale de ce chiffre d’affaires mondial donne l’Amérique du nord ténor du secteur avec 40% des recettes.
L’Europe Moyen-Orient-Afrique serait la seconde région sur le marché du sport avec 34% du chiffre d’affaires global (tandis que l’Asie du pacifique est à 15% et l’Amérique du Sud 4%). Au Maroc depuis le discours du 24 Octobre 2008 de sa Majesté à l’occasion des assises du sport, on assiste à un véritable effet levier dans cet écosystème. Rappelons que c’est à la suite de cette vision royale que plusieurs programmes ont vu le jour notamment, la Stratégie Nationale du Sport 2008-2020, fruit de l’impulsion Royale visant à faire du sport un « levier fort de développement humain, d’inclusion, de cohésion sociale » D’ailleurs, le sport offre des opportunités économiques considérables. Et selon une étude, menée en 2021, par la Fédération Marocaine des Professionnels du Sport (FMPS) en partenariat avec l’agence fédérale Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) et le cabinet de conseil IN&Sport, le seul secteur privé du sport pesait donc 1,16% du PIB du Maroc. Qu’il se fasse en boutique ou par Internet, le commerce d’articles de sport génère 2,33 milliards de Dirham (210 millions d’Euros), sur la même période ».
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Globalement, le nombre d’emplois dans le secteur privé du sport est resté stable, voire à légèrement progressé, par rapport à 2019 (période pré-COVID), dépassant la barre des 7300 emplois. Avec un taux moyen de 24% de femmes employées dans le secteur. À titre de comparaison, l’industrie du sport en France (hors investissement) pèse 53 milliards d’euros (étude BPCE de 2023) soit 2,2 du PIB. « Depuis les exploits de l’équipe nationale en coupe du monde, le peuple marocain est devenu un très fort consommateur de sport », nous révèle le CEO de Yas Coach, Yassine Bouzakhti. Très à l’ombre, la niche du businness du sport est aujourd’hui en train de passer sous les feux des projecteurs. Dans le domaine du sportech, la startup Sportyme casse les codes et facilite la vie de milliers de sportifs.
Un business réel
Casablanca, la grande métropole du Maroc, affiche de jour en jour une apparence sportive. Entre ces grandes affiches de coach, ses grandes salles de sport huppées qui ne font que fleurir, et les clubs privés, l’économie du sport est en train de devenir une véritable réalité au Maroc. « Le sport est l’un des rares secteurs qui combine usage quotidien, récurrence et forte dimension communautaire. Au Maroc, la demande est massive, mais historiquement mal structurée. Nous avons vu dans le sport une opportunité économique sous-exploitée, où la technologie pouvait créer de la valeur immédiatement : meilleure utilisation des infrastructures, monétisation optimisée et accès facilité pour les pratiquants. Sportym se positionne précisément à cette intersection entre infrastructure physique et plateforme digitale, avec un modèle scalable et durable », nous confie Majd Bensouda, CEO de Sportym.
Et de poursuivre : « Sportym est aujourd’hui la plateforme n°1 de réservation sportive et de mise en relation de joueurs au Maroc. Nous comptons plus de 42 000 joueurs actifs, plus de 50 clubs partenaires, environ 600 réservations par jour, et une présence opérationnelle dans 5 grandes villes du Royaume : Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Fès. Ces indicateurs traduisent un usage quotidien et une adoption massive du produit. »
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Côté affluence, le sport est pratiqué au Maroc. C’est ce que confirment les résultats d’un questionnaire lancé par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans le cadre de l’élaboration de son avis sur l’économie du sport. Le nombre de personnes qui ont interagi avec le sujet est de 69.397 dont 887 participants au questionnaire, fait savoir le CESE, ajoutant que les résultats de cette consultation vont être pris en compte au niveau de l’avis « pour une économie du sport au Maroc » en cours d’adoption par le CESE. « Sportym est née d’une vision claire : structurer et moderniser l’accès au sport au Maroc. Nous avons constaté un décalage entre la qualité des infrastructures sportives et l’expérience digitale proposée aux joueurs et aux clubs. Sportym a été conçue pour combler ce gap et créer une plateforme centrale, fiable et scalable », précise le CEO de Sportym.
« Sportym est en train de combler ce vide. »
Les nouvelles technologies transforment aussi le secteur du sport. Par exemple, au Maroc où le Padel a le vent en poupe, l’application Sportyme, demeure incontournable. Se jouant obligatoirement à 4, une seule personne peut facilement trouver une partie en consultant l’application dédiée. Celle-ci permet de trouver un terrain, réserver un match ou encore gérer son historique de matches, avec des options très avancées. « Dès le départ, nous avons fait le choix stratégique d’internaliser totalement la technologie. Cela représente un investissement de 4 MDH, mais c’est un avantage compétitif majeur. Nous avons développé une plateforme robuste capable de gérer des volumes élevés — aujourd’hui environ 600 réservations par jour — tout en restant adaptable aux besoins spécifiques des clubs. Concernant le financement, Sportym a privilégié une croissance maîtrisée, soutenue par les revenus générés par l’activité, tout en restant ouverte à des partenaires stratégiques capables d’accompagner la phase de scale, notamment sur les aspects technologiques et géographiques », explique Majd.
« Les clubs partenaires constatent une hausse immédiate du taux de remplissage, une meilleure prévisibilité des revenus et une réduction significative de la charge opérationnelle. Sportym devient pour eux un canal d’acquisition directe, mais aussi un outil de pilotage stratégique, au même titre qu’un CRM ou un système de paiement », dit-il.
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En 2026, les ambitions de la plateforme sont claires: faire de Sportym la référence incontournable de l’accès au sport au Maroc. Cela passe par :
• une présence renforcée au-delà des 5 villes actuelles,
• une croissance significative du nombre de clubs et de joueurs actifs,
• et l’évolution de Sportym vers une véritable infrastructure digitale du sport, intégrant réservation, paiement, données et services à valeur ajoutée. À moyen terme, Sportym est conçue pour être exportable vers d’autres marchés présentant les mêmes problématiques de structuration.
Sportym en chiffre
• +42 000 joueurs actifs
• +50 clubs partenaires
• ~600 réservations par jour
• Présence dans 5 villes majeures du Maroc
(Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger, Fès)
• Plateforme développée au Maroc, équipe tech internalisée