À la croisée de la gouvernance financière et de l’engagement entrepreneurial, Wafa Belmaachi Rkaibi s’impose comme l’une des figures actives de la structuration de l’écosystème économique marocain. Dirigeante engagée, elle conjugue expertise en stratégie et en gestion des risques avec une implication constante dans l’accompagnement des entrepreneurs. À travers ses responsabilités dans les instances de gouvernance et son action à la tête de Réseau Entreprendre Maroc, elle contribue à renforcer un modèle entrepreneurial fondé sur la transmission, le mentorat et la création d’emplois durables.
Diplômée de l’Université Paris IX Dauphine, elle construit son parcours au cœur du secteur bancaire et financier, développant une expertise reconnue dans le pilotage de la performance, la gestion des risques et la gouvernance. Depuis près de vingt ans, elle intervient dans des programmes de transformation majeurs liés aux dispositifs de mesure de la performance, aux modèles de risques et à l’exploitation stratégique de la data. L’objectif, explique-t-elle, est d’«éclairer la prise de décision des comités exécutifs et des conseils d’administration» dans des environnements de plus en plus complexes.
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Aujourd’hui, elle exerce des mandats d’administrateur indépendant au sein de deux sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, BMCI et Fénie Brossette. Membre des comités d’audit et des risques, et présidente du comité des risques et des comptes chez Fénie Brossette, elle veille «à la robustesse des dispositifs de contrôle interne, à la qualité de l’information financière et à la maîtrise des risques stratégiques ». Son action s’inscrit dans un contexte où les exigences de gouvernance et de transparence deviennent centrales pour la performance des organisations.
Parallèlement, elle préside depuis 2024 le Conseil d’administration de Réseau Entreprendre Maroc, association reconnue d’utilité publique dédiée à l’accompagnement des entrepreneurs créateurs d’emplois. Elle y promeut « un entrepreneuriat structuré, responsable et créateur de valeur durable pour l’économie marocaine ». Le modèle repose sur le mentorat de chefs d’entreprise expérimentés, l’octroi de prêts d’honneur à taux zéro et un accompagnement étroit des porteurs de projets.
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Son regard sur la place de la femme marocaine est lucide. « La femme marocaine occupe aujourd’hui une place bien plus visible dans les sphères économiques et décisionnelles », observe-t-elle, tout en soulignant que les avancées restent fragiles. Les freins persistent : charge mentale, accès plus complexe au financement ou encore sous-représentation dans certaines instances de gouvernance. « Ces obstacles ne relèvent pas uniquement des compétences, mais des conditions d’accès aux opportunités : les talents sont indéniablement là », insiste-t-elle.
Pour elle, la participation pleine et entière des femmes dépasse la seule question de la parité : elle constitue « un levier direct de croissance et de compétitivité pour le Maroc ».
Son actualité s’inscrit dans la continuité de cet engagement. À la présidence de Réseau Entreprendre Maroc, elle œuvre à renforcer la structuration de l’organisation, à élargir son empreinte territoriale et à consolider ses partenariats stratégiques afin d’accroître le nombre d’entreprises accompagnées et leur capacité à générer des emplois durables. Une action guidée par une conviction forte : le développement économique du Maroc repose sur un entrepreneuriat structuré, inclusif et créateur de valeur.