Avec la mise en place de l’obligation de facturation électronique, à partir de cette année, le Maroc va franchir une étape majeure dans la digitalisation du système fiscal. Ce projet, mené par l’administration fiscale (AF), vise notamment à renforcer la transparence et la lutte contre la fraude fiscale.
L’administration fiscale est à l’avant-garde de la digitalisation dans le secteur public. Plus de 25 ans de transformation numérique lui ont permis d’atteindre un haut niveau de maturité digitale. D’où la nouvelle étape capitale de facturation électronique dans la dématérialisation des processus de gestion de l’impôt, précédée récemment par d’autres étapes clés. En effet, en 2024, les premières propositions du système de facturation digitale envisagé et à mettre en place, ont été lancées, et suivies d’une consultation publique en vue d’une interaction et d’une collecte des avis des acteurs économiques.
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A cet égard, le développement de la plateforme a été attribué à la société technologique locale xHub, en vue d’initier le début du projet de déploiement. En 2025, a été entamée la phase pilote du système de facturation électronique avec la participation de certaines entreprises volontaires pour tester la plateforme et émettre des factures électroniques de test avec un feedback sur le fonctionnement. Cette phase a permis à l’AF d’apprécier l’efficacité du système et d‘évoluer vers la finalisation du développement technique en vue de son opérationnalisation.
En ce début de l’année 2026, est prévu le lancement officiel du projet de facturation électronique obligatoire et sa mise en œuvre progressive. Les entreprises seront ainsi incorporées graduellement au nouveau système, dans l’adoption de la facturation électronique, conformément aux critères définis par la Direction générale des impôts (DGI). En effet, la mise en œuvre devra tenir compte des spécificités des entreprises, tout en s’appuyant sur les bonnes pratiques internationales. L’objectif principal au cours de cette transition est d’accompagner les entreprises en assurant une facilitation, une intégration harmonieuse et une convergence des systèmes d’information des entreprises dans les nouveaux processus de facturation et de comptabilité.
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Dans cette phase transitoire, sont concernées, en priorité, les grandes entreprises qui doivent se conformer à cette nouvelle obligation. Ensuite, le processus sera étendu progressivement aux entreprises de tailles moyennes, puis aux petites entreprises, selon un calendrier échelonné. A noter que la nouvelle plateforme de facturation électronique sera basée sur une architecture de micro-services permettant ainsi une adaptabilité progressive aux besoins du marché. Et, en vue de garantir l’interopérabilité internationale, le Maroc devra adopter des formats standards tels que l’Universal Business Language (UBL) et le Cross-Industry Invoice (CII). De même, la promotion de l’utilisation de la signature électronique devra permettre d’assurer la sécurité du système qui est un enjeu prioritaire pour la DGI.
Ainsi, les entreprises ont tout intérêt à se préparer à cette mutation en procédant notamment à l’évaluation de leurs systèmes d’information comptable, et plus spécifiquement la fonction facturation, tout en assurant la formation de leurs équipes à une utilisation sécurisée des signatures électroniques et, de manière générale, à la maitrise des nouvelles technologies. In fine, aussi bien les entreprises que l’AF pourraient améliorer qualitativement leurs relations en termes d’efficacité, de transparence et donc de confiance. Un impact positif est aussi attendu sur le classement du Maroc au niveau du climat des affaires et donc d’attraction des investissements internationaux.
DGI : Services en lignes. Quelques chiffres
Dans le cadre de sa stratégie de digitalisation et d’amélioration des services, la DGI a développé les télé-services SIMPL qui permettent aux contribuables de déclarer et payer leurs impôts et taxes par voie électronique, de consulter leur situation fiscale, de récupérer leurs attestations en ligne, ainsi que de déposer et suivre le traitement des réclamations. Ainsi, en 2024, les statistiques de la DGI indiquent plus de 2,5 millions d’adhérents aux télé-services, et 24,5 millions opérations effectuées de manière dématérialisée, dont 48% sont relatives aux télépaiements, 20% aux télé-déclarations et 18,9% aux attestations. Par type d’impôt, 53% des télé-déclarations concernent la TVA, 29% l’IR et 16% l’IS.