Entre le Maroc et la Chine, le partenariat stratégique établi en 2016 est considéré comme un « socle solide » qui sous-tend une coopération exceptionnelle, bâtie sur la solidarité, la confiance mutuelle et le respect réciproque. La dernière rencontre du 19 septembre, entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, confirme, consolide et donne un nouveau souffle à ce partenariat.
Il y a moins d’un an, la rencontre du Prince Héritier Moulay El Hassan avec le Président chinois Xi Jinping, à Casablanca, les 21 et 22 novembre 2024, n’a pas été seulement symbolique. Ce fut aussi l’occasion au Président de la République Populaire de Chine de réitérer la volonté partagée de hisser les relations bilatérales à des niveaux supérieurs. Et le 19 septembre, le Chef de la diplomatie marocaine avec le ministre des Affaires étrangères de la Chine se sont félicités des relations bilatérales, de leur profondeur et de la diversité des axes de coopération dans presque tous les domaines. La rencontre a permis en particulier de renforcer le cadre juridique de la coopération en matière d’investissements. En effet, la révision de l’accord bilatéral sur la promotion et la protection des investissements, signé en 1995, est en cours de finalisation.
La Chine est aujourd’hui l’un des premiers investisseurs dans le Royaume. Il est question de renforcer qualitativement les partenariats industriels conjoints et d’accompagner le co-développement au sein des deux nations. Les deux délégations se sont entretenues pour explorer de nouvelles perspectives de coopération dans des secteurs stratégiques et à forte valeur ajoutée, tels que les infrastructures, l’industrie, l’énergie, l’innovation, le numérique et les énergies renouvelables, ainsi que le tourisme et l’enseignement supérieur. La promotion du tourisme et de la coopération culturelle, académique et scientifique, est une priorité visant à consolider la compréhension mutuelle et à renforcer les liens humains entre les deux peuples.
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Par ailleurs, la rencontre a aussi permis de confirmer la convergence de vues sur des principes et des valeurs tels que la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale des Etats, ainsi que la lutte contre le séparatisme et l’extrémisme. Cette convergence illustre bien la solidité du partenariat stratégique entre les deux pays et la volonté partagée de contribuer activement à l’émergence d’un ordre international plus équitable, plus stable et plus inclusif.
Ce fut aussi l’occasion de réaffirmer l’attachement du Maroc et de la Chine à la primauté du multilatéralisme, à la centralité des Nations Unies et aux principes de la Charte des Nations Unies, en particulier le règlement pacifique des différends et la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Cette rencontre a été couronnée par la signature d’un mémorandum d’entente instituant un Dialogue Stratégique permanent Maroc-Chine, en tant que mécanisme destiné à renforcer la concertation politique bilatérale et à définir de nouveaux horizons de coopération et d’interaction sur le plan diplomatique.

Relations Maroc-Chine : quels impacts sur la question du Sahara Marocain ?
La Chine est un membre permanent du Conseil de Sécurité. Le choix stratégique du Maroc d’un « multi-alignement positif et actif » a permis à la diplomatie du Royaume d’accumuler, de manière continue, un soutien à sa proposition d’autonomie du Sahara, comme unique solution pacifique dans le cadre de l’intégrité territoriale. Le Maroc tisse ses relations internationales avec une vision stratégique et constructive, axée sur la consolidation de la paix et la justice internationale, conformément à l’esprit de la Charte des Nations Unies. Le multilatéralisme est aussi une option stratégique du Royaume, partagée avec la Chine. A plusieurs occasions, la République Populaire de Chine a exprimé des signaux favorables à la cause nationale du Maroc. C’est notamment le cas lors des principaux forums sino-africains où les représentants du Front Polisario se sont vus refuser la participation auxdits forums. Pékin, pratiquant une neutralité positive, n’a jamais caché son opposition aux facteurs de division, de séparation et d’affaiblissement des pays du Sud. La position géostratégique du Maroc a aussi son poids.
Lors de la prochaine réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la question du Sahara, deux scénarios peuvent être prévus : soit un vote unanimement favorable des cinq membres permanents en faveur de la proposition d’autonomie du Sahara ; soit un vote favorable par 3 ou 4 membres permanents et l’abstention de 1 ou 2 membres permanents. Dans les deux cas, la résolution pourra être adoptée.
Après ce vote, un nouveau processus régional de réconciliation et de reconstruction pourra être entamé sur la base d’une paix juste et durable. Une nouvelle dynamique permettrait de mobiliser les ressources du Maghreb au profit du développement de l’ensemble de la région. La paix au Maghreb ne pourra qu’impacter positivement l’ensemble du continent Africain, ainsi que les autres régions proches telles que l’Europe et la Méditerranée.