Renault Group a publié ses résultats semestriels marqués par une croissance solide du chiffre d’affaires, portée à la fois par l’automobile et par Mobilize Financial Services. Dans un contexte international toujours marqué par les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur les coûts, le constructeur français affirme maintenir ses objectifs financiers pour l’ensemble de l’année et affirme la montée en puissance de son plan stratégique futuREady.
Selon le communiqué du Groupe, le chiffre d’affaires s’établit à 30,3 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 9,5 %, et de 10,3 % à taux de change constants, par rapport au premier semestre 2025. Cette progression repose sur les deux piliers de l’activité du Groupe : l’automobile, dont le chiffre d’affaires atteint 26,8 milliards d’euros (+9,3 %, +10,2 % à taux constants), et Mobilize Financial Services (MFS), la captive financière du Groupe, dont le chiffre d’affaires s’élève à 3,4 milliards d’euros, en progression de 11,0 % (+11,5 % à taux constants).
Du côté de l’automobile, la hausse du chiffre d’affaires s’explique par un effet volume légèrement positif malgré un recul de 0,4 % des immatriculations, compensé par un moindre déstockage chez les concessionnaires indépendants. Par ailleurs, elle bénéficie d’un effet ventes à partenaires fortement positif, porté notamment par l’intégration de Renault Nissan Automotive India Private Ltd dans le périmètre de consolidation depuis août 2025, ainsi que par un solide effet mix produit lié au succès des véhicules électriques et à la montée en gamme entre Clio V et Clio VI. C’est en tout cas ce que l’on peut lire sur le communiqué de la firme au losange.
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La firme au losange indique enregistrer une marge opérationnelle de 1,6 milliard d’euros, soit 5,2 % de son chiffre d’affaires. La marge opérationnelle de l’automobile s’établit à 814 millions d’euros, soit 3,0 % du chiffre d’affaires de la division, contre 985 millions d’euros un an plus tôt. Ce recul s’explique principalement par un effet prix/mix/enrichissement négatif de 425 millions d’euros, reflétant la pression commerciale en Europe et la progression des ventes à l’international, en particulier en Inde, ainsi que par un impact de change défavorable lié à la dévaluation de la livre turque, de la livre sterling et du peso argentin.
Ces effets ont toutefois été en partie compensés par une réduction des coûts de 184 millions d’euros, portée par la performance des achats et par la baisse des coûts de garantie, ainsi que par un effet positif de la R&D de 87 millions d’euros lié à la capitalisation des dépenses du Software Defined Vehicle. La contribution de Mobilize Financial Services à la marge opérationnelle du Groupe atteint, quant à elle, 753 millions d’euros, en hausse de 85 millions d’euros, portée par la progression de l’activité de financement clients.
Le résultat net du Groupe s’établit à 721 millions d’euros, dont 705 millions d’euros part du Groupe, soit 2,39 euros par action. À titre de comparaison, le résultat du premier semestre 2025 avait été fortement pénalisé par une perte comptable non cash de 9,3 milliards d’euros liée à la modification du traitement de la participation de Renault Group dans Nissan. Le free cash-flow de l’Automobile ressort à 653 millions d’euros, incluant 250 millions d’euros de dividendes reçus de Mobilize Financial Services, contre 150 millions d’euros un an auparavant. Au 30 juin 2026, la position financière nette de l’Automobile s’élève à 6,6 milliards d’euros, et la réserve de liquidité de la division atteint un niveau élevé de 17,7 milliards d’euros.
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Sur le plan commercial, la marque Renault se classe deuxième en véhicules particuliers et utilitaires en Europe, deuxième en véhicules électriques auprès des clients particuliers et deuxième en hybride. Dacia, de son côté, figure parmi les dix marques les plus vendues en véhicules particuliers en Europe et se hisse à la troisième place des ventes à clients particuliers, la Sandero demeurant le véhicule particulier le plus vendu tous canaux confondus. Alpine affiche pour sa part une progression de ses ventes de 69,1 % par rapport au premier semestre 2025.
À l’international, Renault Group renforce ses positions sur ses marchés stratégiques, porté par la hausse des ventes de la marque Renault pour la deuxième année consécutive (+2,8 %). Les ventes du Groupe progressent notamment en Inde (+61,2 %), en Turquie (+15,4 %), au Maroc (+13,7 %) et au Brésil (+5,3 %). Le carnet de commandes en Europe représente 2,1 mois de ventes prévisionnelles, tandis que les stocks totaux s’établissent à 546 000 unités au 30 juin 2026, un niveau que le Groupe juge suffisant pour aborder un second semestre traditionnellement plus soutenu en immatriculations.
A noter que Renault Group poursuit son accélération en matière d’électrification. En Europe, le mix des ventes électrifiées atteint 52,0 % au premier semestre 2026, en hausse de 8,2 points par rapport à la même période de 2025. Les ventes de véhicules électriques ont progressé de 47,6 % et représentent désormais 18,8 % des ventes du Groupe, tandis que les ventes d’hybrides constituent un tiers des ventes du Groupe, en hausse de 1,6 point.
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Pour François Provost, Directeur général de Renault Group, cette performance semestrielle illustre la bascule opérée par le Groupe dans la mise en œuvre de sa stratégie futuREady, qui viserait désormais à transformer une dynamique ponctuelle en un véritable mode de fonctionnement durable. Le dirigeant a par ailleurs rappelé les lancements intervenus au premier semestre, à savoir la Clio VI et la Twingo E-Tech électrique en Europe, ainsi que le Boreal et le Duster sur les marchés internationaux, tous équipés de motorisations électrifiées.
Cette dynamique devrait se poursuivre au second semestre avec l’arrivée du Renault Niagara sur les marchés internationaux, de la nouvelle Renault Mégane E-Tech, de la Dacia Striker, de la Dacia Sandero HEV et de la nouvelle Dacia Spring, tandis que la production du Trafic Van E-Tech, présenté comme le premier véhicule à définition logicielle (Software Defined Vehicle) européen, doit débuter avant la fin de l’année.
Toujours est-il que dans un environnement qualifié de difficile, notamment en raison de l’impact de la crise au Moyen-Orient sur les coûts de matières premières, d’énergie et de logistique, Renault Group indique confirmer ses perspectives financières pour l’année 2026 : une marge opérationnelle du Groupe d’environ 5,5 % du chiffre d’affaires, et un free cash-flow de l’automobile d’environ 1,0 milliard d’euros. La réduction des coûts reste présentée comme une priorité clé, le Groupe visant une baisse des coûts variables par véhicule d’environ 400 euros par an en moyenne sur le moyen terme, tout en maintenant stable sa base de coûts fixes cash.