Depuis 2011, l’Institut de Formation aux Métiers de l’Industrie Automobile (IFMIA), opéré par Renault Group Maroc à Tanger dans le cadre d’un partenariat public-privé avec les autorités marocaines, s’est imposé comme un acteur incontournable du développement des compétences. Avec près de 3,2 millions d’heures de formation dispensées, il accompagne la montée en puissance de l’industrie nationale. Sarra Ben El Ahmar, Directrice adjointe de l’IFMIA Tanger Med, revient sur un modèle devenu une référence pour l’ensemble de l’écosystème automobile marocain.
Née d’un partenariat public-privé entre Renault Maroc et les autorités marocaines, l’IFMIA célèbre quinze années d’existence marquées par une montée en compétence continue de la main-d’œuvre industrielle marocaine. Il faut dire que l’institut s’est imposé comme un maillon essentiel de la stratégie de développement du secteur automobile dans le Royaume. «En quinze ans, nous avons formé des milliers de professionnels, contribuant à la montée en compétence du capital humain. L’IFMIA est devenu un levier de développement industriel et humain, préparant les jeunes à intégrer un marché de l’emploi exigeant et en constante évolution», explique Sarra Ben El Ahmar.
Si l’Institut avait initialement pour mission de répondre aux besoins propres de Renault Group Maroc, son champ d’action s’est progressivement élargi au fil des années. En 2025, près d’un tiers des apprenants proviennent désormais d’entreprises de l’écosystème automobile, au-delà des usines du constructeur. Cette évolution illustre l’ancrage territorial de l’IFMIA Tanger Med, particulièrement marqué dans la région de Tanger, où elle représente environ 30 % de l’activité.
Lire aussi | Le Renault Rafale fait son entrée sur les routes marocaines
Cette dynamique s’est concrétisée par la mise en place de dispositifs de coopération entre industriels. «Renault Maroc adopte une approche d’ouverture. Nous avons créé des clubs métiers réunissant des entreprises partageant les mêmes activités. Ces espaces favorisent le partage d’expertise et la formation collective, renforçant ainsi la compétitivité de tout l’écosystème automobile marocain», précise Sarra Ben El Ahmar. Dans un secteur en pleine mutation, l’industrie automobile marocaine fait face à des besoins de compétences de plus en plus diversifiés : d’un côté des savoir-faire manuels d’une extrême précision, de l’autre une expertise technique en automatisme et en robotique.
«Nous formons des retoucheurs experts, véritables artisans capables de corriger la peinture ou les moules d’emboutissage avec une précision chirurgicale. Ces formations peuvent durer jusqu’à cinq ans pour atteindre un niveau d’excellence», indique Mme Ben El Ahmar. Un investissement en temps long, révélateur de l’exigence de qualité qui structure les parcours de formation de l’institut.
Lire aussi | Voitures neuves au Maroc : l’électrification franchit un nouveau seuil
Pour rester en phase avec les mutations technologiques du secteur, l’IFMIA a intégré à ses cursus les outils de l’industrie 4.0, à commencer par l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle. «Nous avons adapté nos formations à l’industrie 4.0. L’intelligence artificielle et la réalité virtuelle sont désormais intégrées à nos modules. Par exemple, nos stagiaires peintres s’entraînent avec des lunettes de type VR (réalité virtuelle) pour perfectionner leurs gestes avant d’entrer sur la chaîne de production», indique Sarra Ben El Ahmar.
Quant à la transition vers les véhicules électriques, elle redessine également les métiers de l’automobile. L’IFMIA a développé des modules d’habilitation électrique afin de former les opérateurs à intervenir en toute sécurité sur les systèmes embarqués, de plus en plus complexes. «Nous avons développé des modules d’habilitation électrique sur véhicule électrifié pour former les opérateurs à intervenir sur les systèmes embarqués. L’électronique est omniprésente ; une erreur de connexion peut impacter directement le client final. Notre exigence de qualité commence dès la formation», souligne Sarra Ben El Ahmar.
Lire aussi | Pierre-Edward Dutheillet prend la tête de Renault Digital Maroc et de la DSI
Interrogée sur la possibilité de dupliquer ce modèle à d’autres instituts de formation professionnelle au Maroc, Mme Belahmer identifie trois facteurs clés de succès. «Trois facteurs expliquent notre réussite : un partenariat public-privé solide, un équilibre entre théorie et pratique, et une proximité stratégique avec l’usine Renault de Tanger. Cette synergie nous permet d’ajuster nos modules en temps réel selon les besoins du terrain», explique-t-elle.
Sarra Ben El Ahmar tient à adresser un message aux jeunes Marocains qui aspirent à rejoindre l’industrie automobile. «Le secteur automobile marocain est devenu un pilier économique grâce à la rigueur et au sérieux des formés. Mon conseil : travaillez avec constance et passion. La formation continue ouvre toutes les portes, même les plus hautes», conclut-elle.