Le Conseil de Paix tenait, jeudi 19 février à Washington, sa réunion inaugurale, sous les auspices du président américain Donald Trump. En tant que membre fondateur, le Maroc a pris une série d’engagements, qui traduisent son adhésion effective à cette instance, dont la principale mission est de contribuer aux efforts de paix au Moyen-Orient.
C’était l’occasion pour Sa Majesté le Roi Mohammed VI de réitérer son soutien à l’action du président Trump pour la reconstruction de la bande de Gaza et appeller à l’avènement d’un processus réel de paix dans la région. Cette position a été exprimée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, qui représentait le Royaume à cette réunion.
Le ministre a souligné que sur très hautes instructions du Souverain, Président du Comité Al Qods, le Maroc est engagé à appuyer les efforts du Conseil dans ce territoire palestinien, notamment dans les domaines de la sécurité, de la santé et de la promotion de la tolérance et de la coexistence.
Joignant l’acte à la parole, le Maroc est le premier pays arabe à annoncer publiquement sa disposition à y envoyer des policiers et des militaires, en contribution au renforcement des capacités institutionnelles et à l’amélioration du maintien de l’ordre dans la phase post-crise. «Le Maroc est prêt à déployer des agents de police et à former des policiers de Gaza (…) et déploiera des officiers supérieurs au sein du commandement militaire conjoint» de la force de stabilisation à Gaza, a précisé M. Bourita.
L’humanitaire encore et toujours
Le ministre a, en outre, rappelé que le Maroc était le premier pays à annoncer une contribution financière officielle au Conseil, dans un geste témoignant de son engagement ferme à soutenir les efforts visant à stabiliser la situation et à promouvoir des voies de désescalade.
Sur le plan humanitaire, le Maroc s’est engagé à établir un hôpital de campagne dans la bande de Gaza afin de fournir des services de santé urgents, dans le prolongement des initiatives humanitaires que le Royaume a constamment lancées en soutien au peuple palestinien, notamment en temps de crise.
Par ailleurs, Nasser Bourita a mis l’accent sur la nécessité de satisfaire les conditions de la phase 2 du Plan du président Trump pour garantir le succès des efforts de paix, appelant, en outre, à la préservation de la stabilité dans la Cisjordanie et à assurer l’appropriation par les Palestiniens à travers leurs institutions légitimes.
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La stabilisation et la reconstruction de Gaza permettront le lancement d’un processus réel de paix sur la base de la solution à deux Etats, a-t-il considéré, au cours de cette réunion, qui a enregistré la participation du vice-président américain, J. D. Vance, et du secrétaire d’Etat, Marco Rubio, ainsi que des chefs d’Etats et de gouvernements et les ministres des affaires étrangères de près d’une cinquantaine de pays.
On en sait plus sur le dispositif sécuritaire
De son côté, l’Indonésie s’est dite prête à fournir 8.000 soldats à la force de stabilisation sous commandement américain qui pourrait compter jusqu’à 20.000 troupes. Le plus grand pays islamique au monde devra assumer le rôle de commandant adjoint de cette force, a déclaré le général américain Jasper Jeffers lors de la réunion inaugurale.
Il a précisé que cinq pays s’étaient déjà engagés à fournir des troupes à cette force (ISF), citant outre l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie. La force doit permettre d’aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes. A cet égard, le nouveau Haut représentant pour Gaza, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, également présent à la réunion, a annoncé le début du recrutement d’une nouvelle force de police palestinienne dans la bande de Gaza.
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« Nous avons entamé le processus de recrutement des forces de police palestiniennes (…) et dès les premières heures, 2.000 personnes ont postulé pour rejoindre » cette force transitoire, a-t-il déclaré devant le « Conseil de paix » qui tient sa première réunion à Washington.
Les promesses de reconstruction
Le président Donald Trump a annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars au Conseil de Paix, tandis que d’autres membres du Conseil avaient promis près de 7 milliards de dollars au plan de relance et de reconstruction de Gaza.
Pour sa part, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a annoncé un partenariat avec le Conseil de Paix en vue de créer un « écosystème de football complet » à Gaza dans le but de promouvoir « la paix, la dignité et l’espoir ».
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Le projet prévoit la construction de 50 mini-terrains FIFA Arena à 50.000 dollars chacun, cinq terrains de taille réglementaire à 1 million de dollars chacun, une académie FIFA à 15 millions de dollars et un stade national d’un coût estimé à 50 millions de dollars, selon la FIFA.
Ces investissements permettront de créer un écosystème footballistique complet destiné à soutenir les communautés et les générations futures, illustrant ainsi l’engagement commun du Conseil et de la FIFA pour la paix, a assuré Gianni Infantino.
J.C (Avec Agences)