Renault Group inaugure une nouvelle phase de sa transformation avec futuREady, son plan stratégique 2026-2030. Conçu dans la continuité de Renaulution, ce programme fixe un cap clair : accélérer l’électrification, mettre fin aux ventes de modèles essence et diesel en Europe d’ici 2030, et miser sur un bond technologique pour renforcer la compétitivité mondiale du constructeur.
Après avoir retrouvé une place de premier plan en Europe grâce au plan Renaulution lancé en 2021, Renault Group entend désormais consolider ses acquis et bâtir un modèle plus robuste. Le précédent programme avait permis un renouvellement ambitieux de la gamme, avec 32 lancements en cinq ans et un positionnement clarifié de ses marques. Avec futuREady, l’ambition s’élargit : le constructeur vise à devenir une référence européenne sur la scène mondiale, en s’appuyant sur quatre piliers structurants, à savoir growth-ready, tech-ready, excellence-ready et trust-ready.
Selon François Provost, CEO de Renault Group, le produit reste au cœur de la démarche. Concrètement, Renault Group prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici 2030, dont une large part électrifiée, afin de répondre aux attentes des clients en Europe et à l’international. Par ailleurs, l’expérience client sera renforcée à chaque étape de la vie du véhicule (achat, financement, après-vente, seconde vie), avec l’objectif d’atteindre un taux de fidélisation de 80 % sur dix ans, dixit le patron de la firme au losange.
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À moyen terme, le Groupe vise une marge opérationnelle comprise entre 5 % et 7 % du chiffre d’affaires, ainsi qu’un free cash-flow automobile supérieur ou égal à 1,5 milliard d’euros par an en moyenne. Ces objectifs traduisent la volonté de bâtir une performance durable et résiliente, dans un environnement marqué par une concurrence accrue.
Quid des marques au cœur du plan ?
Coté offensive produits, Renault affiche une ambition claire : lancer 22 nouveaux modèles en Europe, dont 16 électriques, et 14 autres à l’international. La marque vise ainsi plus de 2 millions de véhicules vendus par an d’ici 2030, avec une électrification totale de ses ventes en Europe. Une stratégie qui illustre la volonté de la marque au losange de conjuguer croissance et transition énergétique, tout en renforçant sa présence mondiale.
De son côté, Dacia reste fidèle à sa philosophie de compétitivité prix/valeur. La marque compte accélérer son électrification et consolider sa position sur le segment C, en visant une part significative de ses ventes dans cette catégorie. Elle prévoit également d’intégrer quatre modèles électriques dans sa gamme d’ici 2030, confirmant son engagement vers une mobilité plus durable, tout en conservant son approche pragmatique et accessible.
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Quant à Alpine, elle poursuit sa montée en gamme et son développement sur le marché des véhicules sportifs. La marque au A fléché prépare la nouvelle génération de son modèle iconique, l’A110, tout en misant sur les actuelles A290 et A390 pour séduire de nouveaux clients. Elle continuera aussi à valoriser l’exclusivité et la personnalisation, notamment à travers des séries limitées, afin de renforcer son image premium et son attractivité auprès des passionnés.
«Ensemble, grâce à futuREady, nous allons prouver qu’un constructeur européen peut durer et devenir la référence automobile européenne sur la scène mondiale», a souligné François Provost. Et d’ajouter que la transformation inclura également une accélération des roadmaps technologiques, avec un recours accru à l’intelligence artificielle et la digitalisation des processus commerciaux. Il précise aussi que le programme software defined retail doit permettre une réduction de 20 % des coûts de distribution.
Technologie et compétitivité
Avec le pilier Tech-ready, Renault Group veut faire de la technologie un levier central de compétitivité. L’électrification, le software, le digital et les plateformes sont les axes majeurs de cette stratégie, portée par l’ingénierie interne et les fournisseurs. La priorité est de préparer les futures générations de véhicules électriques du segment C grâce à la nouvelle plateforme RGEV Medium 2.0, dotée d’une architecture 800 volts et capable d’offrir une charge rapide en dix minutes à l’horizon 2030. Cette plateforme modulaire couvrira plusieurs segments et silhouettes, tout en offrant une autonomie pouvant atteindre 750 km en version électrique et 1 400 km en version Range Extender. Renault sera également le premier constructeur européen à lancer un Software Defined Vehicle, codéveloppé avec Google, ouvrant la voie à la voiture intelligente.
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Double expertise électrique et hybride
Le Groupe développera deux types de batteries : des chimies à haute densité d’énergie pour les modèles puissants et longue autonomie, et des chimies dites « abordables » pour les petites voitures. En parallèle, il produira sa troisième génération de moteurs synchrones à rotor bobiné, sans terres rares, offrant un rendement de 93 % et une puissance accrue de 25 %. La technologie hybride E-Tech sera prolongée au-delà de 2030, avec de nouvelles versions et un déploiement hors d’Europe.
Excellence opérationnelle et résilience
Avec le pilier Excellence-ready, Renault veut renforcer sa compétitivité face aux constructeurs chinois. L’objectif est de réduire les cycles de développement à deux ans et de s’appuyer sur un modèle industriel performant. Le métaverse industriel, véritable jumeau numérique des usines, permettra de suivre la production en temps réel. L’intégration de robots humanoïdes et l’usage accru de l’IA doivent réduire de moitié les interruptions, diminuer de 25 % la consommation d’énergie et abaisser les coûts de production de 20 %. L’IA supervisera également plus de 1 000 points de contrôle qualité, garantissant une traçabilité totale et une réduction des incidents. La supply chain, pilotée par trois « control towers » digitales, assurera une continuité des opérations et une baisse de 30 % des coûts logistiques.
La confiance comme socle
Aussi avec le pilier Trust-ready, Renault place ses parties prenantes au cœur de sa stratégie. L’entreprise investira dans les compétences de ses collaborateurs pour renforcer leur employabilité, et associera ses fournisseurs en amont des projets dans une logique de transparence et de partenariat durable. Le réseau de distribution, fort de 9 000 sites dans le monde, jouera un rôle clé dans la satisfaction client, soutenu par les technologies digitales et l’intelligence artificielle.
Partenariats renforcés
Renault poursuit le développement de ses partenariats, notamment avec Nissan et Mitsubishi Motors. En Europe, le constructeur conserve une autonomie industrielle et technologique, tout en restant ouvert à la production pour d’autres marques. Ses infrastructures attirent déjà Nissan, Mitsubishi, Volvo Group via Renault Trucks, et désormais Ford. À l’international, l’Inde deviendra un centre stratégique de production et d’approvisionnement, tandis qu’en Corée du Sud et en Amérique du Sud, Renault s’appuiera sur son partenariat avec Geely. Au total, le Groupe prévoit de produire plus de 300 000 véhicules par an pour cinq constructeurs d’ici 2030, répartis sur trois continents.