Le président américain Donald Trump a ordonné dimanche un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, accusant l’Iran de refuser de renoncer à ses ambitions nucléaires, après l’échec des pourparlers directs entre les deux camps à Islamabad qui visaient à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient.
S’il a affirmé que les discussions, de plus de 20 heures, s’étaient « bien » déroulées et que « la plupart des points avaient fait l’objet d’un accord », le président américain a déclaré sur sa plateforme Truth Social que Téhéran avait refusé de céder sur la question nucléaire. Il a réaffirmé être prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord.
C’est notamment en accusant l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique – ce que dément Téhéran – que les Etats-Unis ont justifié l’offensive lancée avec Israël le 28 février, qui a déclenché une guerre régionale, faisant des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et secoué l’économie mondiale.
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Les Etats-Unis vont entamer un « processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz » par lequel transitent une partie du pétrole, du gaz et des engrais mondiaux, a écrit le président américain dans sa première réaction à l’annonce dans la nuit de l’échec des négociations.
Mais il n’a fourni aucune précision sur les modalités d’une telle opération, alors que ce passage stratégique est verrouillé par l’Iran depuis le début de la guerre. Les Gardiens de la Révolution ont réagi en menaçant d’y piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel », affirmant avoir « entièrement sous contrôle » le trafic du détroit.
Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour le franchir, et qu’il entend maintenir. Après avoir semblé ouvert à l’idée, Donald Trump a mis en garde jeudi l’Iran contre la mise en place de tout péage, une option par ailleurs jugée « inacceptable » par l’Union européenne et qui divise dans le Golfe.
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Samedi, l’armée américaine a affirmé que deux de ses destroyers avaient franchi le détroit dans une opération préalable à son déminage. Selon des données de suivi de MarineTraffic, un navire de guerre américain a franchi le détroit, tandis que des centaines de navires de commerce restent bloqués dans le Golfe.
En Iran, après six semaines de bombardements, des rationnements en pain ou essence et une coupure d’internet d’une durée inédite imposée par les autorités, l’échec des négociations est un coup. « Nous sommes envahis par le désespoir et le sentiment d’impuissance. Nous en avons assez de cette incertitude », réagit depuis Téhéran Nahid, femme au foyer de 60 ans qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat.
Dès l’annonce de l’impasse des pourparlers directs, le Pakistan, médiateur clé, a appelé au maintien de la trêve de deux semaines convenue entre Téhéran et Wahsington mercredi. Dans la foulée, les appels internationaux se sont multiplié dimanche pour que les Etats-Unis et Iran restent sur la voie diplomatique. Côté américain ou iranien, personne ne s’est exprimé sur le devenir de ce cessez-le-feu qui doit expirer le 22 avril.
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Alors que les délégations iraniennes et américaines ont toutes deux quitté le Pakistan, elles n’ont pas fermé la porte à une poursuite des tractations. « Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire », a lancé le vice-président américain JD Vance avant de quitter Islamabad. « Nous verrons si les Iraniens l’acceptent ».
Challenge (Avec AFP)