Une fois son gouvernement formé, le futur Premier ministre va hériter de dossiers particulièrement délicats, dont les grands chantiers, le budget, l’épineux dossier de la santé, la réforme du marché du travail et son corollaire le chômage, l’éducation…entre autres. A peine nommé, le nouveau gouvernement devra ainsi faire face à des défis nombreux.
Une réputation, ça se mérite et ça se travaille. Pour gagner le titre de «gouvernement du mondial», l’exécutif qui sortira des législatives du 23 septembre devra mettre les bouchées doubles pour être dans les temps face aux échéances de l’organisation tri-nationale avec l’Espagne et le Portugal de la Coupe du monde de l’été 2030. Même si beaucoup de chantiers comme les stades et les infrastructures , notamment le TGV Kénitra -Marrakech sont déjà sur les rails, le futur gouvernement devra s’atteler à surveiller de près tous les gros projets déjà lancés ( ou à lancer) autour de l’événement footballistique. Si la dynamique de faire du Royaume une grande nation de foot, sur le terrain, grâce notamment à l’organisation de grandes compétitions (CAN 2026), les enjeux de l’organisation de cette Coupe du monde dépassent bien largement ce qui se jouera sur la pelouse de ce Mondial 2030.
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En effet, il va falloir investir encore plus massivement dans la construction de stades, mener à terme la modernisation des transports et booster l’augmentation de la capacité hôtelière pour préparer le pays à accueillir cette Coupe du monde de football 2030. Sans oublier que l’organisation d’un pareil événement nécessite en plus des «mégaprojets», une réflexion et un travail de terrain concernent également l’exploitation des sites, la sécurisation des grands événements sportifs ainsi que les aspects organisationnels, liés à la sécurité, la protection civile et les mobilités sans oublier l’audiovisuel, l’énergie, ainsi que l’extension des aéroports.
Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les projections autour du budget s’articulent principalement autour de la préparation et des arbitrages du prochain Projet de Loi de Finances (PLF) 2027, doivent impérativement concilier le financement des grands chantiers prioritaires, notamment en prévision de la Coupe du Monde 2030, tout en consolidant l’État social.
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Et c’est justement la consolidation de cet état social qui se présente comme le second chantier le plus important de la future équipe.
Sur ce plan, si personne ne peut nier les avancées réelles vers l’instauration d’un véritable état social au Maroc, personne ne peut également nier que les attentes sont toujours béantes. Vision propre du Roi Mohammed VI, la construction de l’État social a sans aucun doute bien débouché sur la généralisation de la couverture sociale, la refonte du système de santé et d’autres mesures structurelles, destinées à réduire les inégalités et à garantir une protection pour tous.
En replaçant la justice sociale, l’inclusion et la réduction des inégalités au cœur des politiques publiques, le futur gouvernement devra être conscient que les institutions internationales comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou encore l’Organisation internationale du travail, vont l’attendre sur la continuité des programmes phares déjà mis en place depuis longtemps.
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Autre chantier prioritaire, celui de la santé et toute amélioration tangible des conditions de vie de millions de Marocains passe aussi par la programmation de nouveaux centres hospitaliers universitaires (CHU) avec une attention particulière focalisée sur les régions les plus défavorisées, comme les zones de montagne et les oasis, ainsi que le développement durable du littoral et à l’élargissement du programme de modernisation des centres ruraux.
Autre dossier urgent, celui du plein-emploi, l’exécutif qui sortira des urnes en cet automne 2026 ne peut fermer les yeux sur la crise de l’emploi et le chômage des jeunes dont la crise de Sebta a montré l’ampleur même si on sait aujourd’hui que ce déferlement massif a été largement manipulé. Si le taux de chômage strict au Maroc s’établit à 9,5 % au deuxième trimestre de 2026, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), ce sont les jeunes (15-24 ans) qui paient le tribut le plus lourd en matière d’accès à l’emploi avec un taux de chômage de 27,2 %, suivis par les femmes avec un taux de 14,8 % alors que le nombre de chômeurs s’établit aujourd’hui à 1,121 million de personnes.
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C’est dire que ce dossier accapare déjà les priorités de la future équipe. A travers ses sorties , parfois bien intempestives, la jeunesse exige de ne plus être en marge du processus de développement, arguant pour cela, que ces jeunes disposent de l’intelligence et de l’énergie nécessaires pour devenir des acteurs essentiels du développement du royaume.
Pour marquer de son empreinte la rentrée scolaire qui a lieu en même temps que la proclamation des résultats des élections législatives, le futur Premier ministre doit s’atteler à redresser le gouvernail d’une école bien mal en point. En effet, malgré les énormes augmentations de salaires des enseignants, en ce qui concerne tous les niveaux d’enseignement, l’éducation a toujours mauvaise presse et pas seulement auprès des parents d’élèves. Ce nouveau gouvernement saura-t-il donner à l’école «tous les moyens pour la réussite» au-delà des financements importants que suscite toute réforme ?
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Avant de s’atteler à mettre en exergue les défis qui attendent le prochain exécutif, il faut néanmoins noter que ces défis sont tributaires en grande partie, d’un contexte international dont le premier risque économique aujourd’hui reste géopolitique avec l’extension des zones de tensions qui se multiplient de par le monde et qui alourdissent notamment la facture énergétique et par l’effet domino qui impacte le pouvoir d’achat des citoyens entraînant une inflation qui met à mal le panier de la ménagère.
Bien sûr, de ce futur gouvernement, les citoyens n’attendent pas un simple exécutif qui termine les chantiers lancés par ses prédécesseurs, on lui prête également une volonté politique dotée de l’ambition de produire des propositions concrètes pour le bénéfice de l’ensemble de la population. Tout l’enjeu de la future équipe sera de réussir à transformer cette volonté en stratégie dans la mise en œuvre d’une plus grande compétitivité et d’une égalité des chances pour diminuer notamment les disparités territoriales.