Des gouvernements et compagnies aériennes organisent des vols pour rapatrier des voyageurs bloqués par la guerre au Moyen-Orient, qui a provoqué l’annulation de 19.000 liaisons en quatre jours, et où des avions commerciaux ont recommencé à voler en faible nombre mardi.
La situation reste très perturbée et potentiellement dangereuse, le Qatar ayant affirmé mardi avoir déjoué des attaques iraniennes visant son aéroport, l’une des principales plateformes de correspondance de la région.
Après l’attaque israélo-américaine contre l’Iran samedi et des représailles de la République islamique contre des monarchies du Golfe et Israël, les espaces aériens de nombreux pays ont été fermés.
Selon le fournisseur de données spécialisé Cirium, pas moins de 19.000 vols ont été annulés entre samedi matin et mardi au Moyen-Orient, soit près de 55% des mouvements initialement prévus.
Lire aussi | La Bourse de Casablanca lourdement impactée par le Moyen-Orient
Cirium estime que les vols à destination ou au sein de cette région représentent environ 900.000 sièges d’avions par jour. Le nombre de passagers affectés pourrait donc déjà s’approcher de deux millions.
Dubai sous pression
Le taux d’annulation a atteint 80% en moyenne aux Emirats arabes unis, où se trouve le deuxième aéroport mondial en nombre de passagers, Dubaï (DXB). Les exploitants de DXB et de l’aéroport d’Abou Dhabi voisin ont annoncé une reprise « limitée » de leur activité lundi soir, et de fait, quelques vols ont décollé des Émirats mardi, selon la carte en ligne du site Flightradar24, même s’ils ont immédiatement piqué vers le sud, s’éloignant du Golfe.
Le tableau des départs et des arrivées à DXB montre toujours une grande majorité de vols annulés. Parmi des avions en mouvement depuis ou vers l’aéroport figurent des appareils d’Emirates et de la low-cost FlyDubai.
En Jordanie, de nombreux avions de la compagnie Royal Jordanian ont décollé et atterri mardi de l’aéroport d’Amman, mais emprunté le sud du pays pour éviter l’espace aérien israélien.
Lire aussi | Le transport aérien une nouvelle fois victime collatérale d’un conflit armé
Des vols desservent toujours l’Arabie saoudite et Oman, et les espaces de ces pays sont utilisés par de nombreux long-courriers reliant l’Europe ou les Amériques à l’Asie et l’Océanie.
En revanche, aucun appareil civil ne circulait mardi après-midi au-dessus de l’Irak, du Qatar, de Bahreïn, du Koweït ou d’Israël. Un appareil de la MEA a toutefois quitté Beyrouth pour Paris.
Prolongation des suspensions
De nombreuses compagnies basées en dehors du Moyen-Orient ont cessé leurs liaisons vers la région. Parmi celles-ci, Air France a prolongé jusqu’à au moins jeudi la suspension des dessertes de quatre destinations (Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Ryad), tandis que sa filiale low-cost Transavia a pris la même décision pour ses vols de et vers Tel-Aviv et Beyrouth, ainsi que les villes saoudiennes de Djeddah et Médine.
Lire aussi | Conflit en Iran: jusqu’où peuvent aller les prix du pétrole ?
British Airways a également cessé au moins jusqu’à jeudi ses liaisons vers Amman, Abou Dhabi, Bahreïn, Dubaï, Doha et Tel-Aviv. De son côté, Norwegian a annoncé mardi prolonger la suspension de ses vols avec Dubaï jusqu’au 10 mars, tandis que Finnair a fait de même avec Doha jusqu’au 29 mars et Dubaï jusqu’au 28. La compagnie scandinave SAS a annulé ses vols vers Tel-Aviv et Beyrouth jusqu’au 16 mars inclus.
Enfin, la compagnie polonaise LOT a annoncé qu’elle ne desservirait plus Dubaï, Ryad ni Tel-Aviv au moins jusqu’aux 4, 8 et 15 mars, respectivement.
Challenge (Avec AFP)