La course à la présidence CGEM entre dans sa phase active avec l’entrée en lice du tandem formé par Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri. Premier binôme à officialiser sa candidature pour succéder à Chakib Alj, les deux dirigeants misent sur une alliance entre expérience patronale et expertise industrielle. Challenge fait le point sur cette alliance stratégique.
Le saviez-vous ? La bataille pour la succession à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) est désormais lancée. À quelques semaines de la clôture des candidatures, un premier tandem s’est officiellement déclaré : celui formé par Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri. Le premier brigue la présidence de l’organisation patronale, tandis que le second vise la vice-présidence générale. Cette annonce marque l’ouverture d’une nouvelle phase au sein du patronat marocain, à l’approche de la fin du mandat de Chakib Alj.
Dans ce contexte, la candidature du binôme Tazi-Bachiri pose une question stratégique : quel leadership pour la CGEM dans un moment où l’économie nationale traverse une phase de transformation marquée par l’industrialisation accélérée, les mutations technologiques et la reconfiguration des chaînes de valeur mondiale ? Contacté par Challenge, Mehdi Tazi n’a pas voulu commenter, prétextant le fait que la candidature étant en cours et que la période des campagnes prévue pour avril n’étant pas encore ouverte ».
Un tandem expérimenté au cœur du système patronal
Le premier argument qui qualifie ce duo est bien sûr l’expérience. Mehdi Tazi est aujourd’hui l’un des visages les plus connus de la gouvernance patronale marocaine. Vice-président général de la CGEM depuis 2020 aux côtés de Chakib Alj, il a participé à deux mandats successifs à la tête de l’organisation, ce qui lui confère une connaissance approfondie des mécanismes internes et des enjeux de représentation du patronat.
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Formé à Télécom Paris Sud et titulaire d’un MBA de l’INSEAD, Tazi s’est construit une réputation dans le monde de la finance et de l’assurance. Il a notamment dirigé Saham Assurance avant sa cession au groupe sud-africain Sanlam. Depuis 2017, il préside la holding ASK Capital, active dans plusieurs domaines allant de l’assurance au conseil en passant par l’immobilier et les services aux entreprises. « Ce dernier est un candidat très pertinent à la lumière de son expérience. Aussi c’est quelqu’un de très consensuel », nous confie une de nos sources à la CGEM.
À ses côtés, Mohamed Bachiri incarne un profil industriel. Actuel directeur général de Renault Group Maroc, il est étroitement associé à l’essor du secteur automobile marocain, devenu en une décennie l’un des piliers des exportations du Royaume. Entré dans le groupe en 2006, Bachiri a occupé plusieurs postes stratégiques, notamment à la tête de la SOMACA, avant de superviser les opérations industrielles du constructeur dans le pays. Cette complémentarité – finance pour l’un, industrie pour l’autre – constitue l’un des principaux arguments du tandem, qui met en avant la convergence de deux visions économiques : celle de la transformation industrielle et celle de l’ingénierie financière au service de la compétitivité.
« Nous soutenons cette candidature pour plusieurs raisons. La première est que le vice-président de la CGEM a toujours été à l’écoute de nos requêtes, notamment sur la nécessité de co-présider avec un industriel. Avec Si Bachiri, c’est le tandem parfait que nous, industriels, attendions depuis longtemps », nous confie Anas ansari Président de l’AMITH.
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De son côté Driss Boutti, Président la CGEM Souss Massa, déclare : « Mehid Tazi, pour l’avoir pratiqué est quelqu’un qui est très à l’écoute des régions. Cette candidature pour moi est une continuité. Cependant étant dans un monde assez conjoncturel, l’un des défis serait de mettre une véritable action de veille économique, financière et énergétique afin de soutenir le gouvernement ».
La seule candidature pour l’heure…
Même si le tandem Tazi-Bachiri est le premier à s’être officiellement déclaré, la course à la présidence de la CGEM reste ouverte. Les règles électorales imposent notamment aux candidats de réunir au moins cent signatures d’adhérents provenant d’au moins trois régions, avec une représentation significative en dehors de Casablanca. Les candidatures devront être déposées avant le 8 avril, tandis que le scrutin est prévu lors de l’assemblée générale élective du 14 mai.
« Au-delà des textes et réformes législatives, le contexte économique global représente un défi supplémentaire. Le président entrant devra répondre à des problématiques complexes, allant de la compétitivité des entreprises face à un environnement international incertain, à la transition énergétique et à la décarbonation de l’industrie, en passant par l’intégration africaine comme moteur de croissance et l’accès au financement pour les TPME. Les adhérents attendent du futur président des propositions concrètes et des orientations stratégiques capables de renforcer la résilience et la compétitivité du tissu économique national », écrit Les Inspirations Éco.
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Pour le président de l’AMITH, « nous attendons de cette candidature la mise au centre des questions qui concernce l’industrie. Aussi la réforme du code du travail qui dure depuis 22 ans maintenant ». Au-delà des personnalités en lice,il faut rappeler que l’élection de la présidence de la CGEM intervient à un moment charnière pour l’économie marocaine. Le Royaume poursuit en effet une stratégie ambitieuse de transformation productive, fondée sur l’industrialisation, l’innovation et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales. L’essor de secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables ou encore les services numériques redessine progressivement la structure du tissu entrepreneurial national.
Dans ce contexte, la CGEM est appelée à jouer un rôle de plus en plus stratégique : celui d’un catalyseur capable d’articuler les intérêts des entreprises avec les priorités de la politique économique nationale. Pour les entreprises, l’enjeu est double. D’une part, il s’agit de renforcer la compétitivité dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et une concurrence accrue. D’autre part, il est nécessaire de soutenir la montée en puissance des PME, qui constituent l’essentiel du tissu productif marocain mais restent confrontées à des défis persistants en matière de financement, d’innovation et d’accès aux marchés.
Étapes Clés
Le processus électoral pour la présidence de la CGEM (mandat 2026-2029) suit un calendrier précis, avec des étapes encadrées par les Statuts et le Règlement Intérieur.
5 mars 2026 : CA valide le calendrier électoral et désigne le Comité de suivi (Médiateur, Commission Juridique, etc.).
11 mars 2026 : Lancement officiel de l’appel à candidatures (publication sur cgem.ma).
8 avril 2026 (12h) : Clôture dépôt des dossiers sous pli fermé au siège CGEM Casablanca (binôme président/VP, 100 signatures min., justificatifs éligibilité).
Mi-avril (5 jours post-clôture) : Comité de suivi examine/validate les candidatures ; liste provisoire publiée ; recours possible.
Fin avril : Liste définitive des candidats arrêtée par le CA.
14 mai 2026 (15h) : Assemblée Générale Ordinaire Élective (AGOE) à Casablanca ; scrutin secret à la majorité absolue des voix présentes/représentées.