Après deux années de travail, l’Institut de l’Entreprise Familiale Maroc (IEF-Maroc), présidé par Kacem Bennani-Smires, a dévoilé les résultats de la première étude nationale consacrée au poids économique et à l’impact de ces entités, qui restent confrontées essentiellement au problème de la transmission intergénérationnelle.
Pour mesurer la grande importance de ces structures dans le tissu productif national, l’étude souligne, de prime abord, que celles-ci représentent près de 65% des emplois, soit environ 6,3 millions de postes. Aussi, les entreprises familiales représentent 92,9% du tissu entrepreneurial et plus de 60% de la valeur ajoutée produite, ressort-il de cette étude présentée, jeudi à Casablanca, à l’occasion de la troisième Assemblée générale de l’IEF-Maroc.
Près de trois entreprises familiales sur quatre sont des très petites, petites ou moyennes entreprises, confirmant leur rôle essentiel dans l’animation de l’économie locale, le développement territorial et la création d’emplois. L’étude souligne leur forte intensité en capital humain ainsi que leur capacité à générer une valeur durable grâce à une vision de long terme.
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Sur le plan générationnel, l’âge moyen des entreprises familiales marocaines s’établit à 24,2 ans. Près de 31% d’entre elles sont dirigées par la deuxième génération, tandis que seulement 5% ont dépassé le seuil des cinquante années d’existence et atteint la troisième génération ou davantage.
Ces entreprises familiales pérennes affichent toutefois des niveaux de performance supérieurs à ceux des entreprises non familiales, grâce notamment à des mécanismes de gouvernance mieux structurés et à une préparation plus efficace de la relève, d’après les conclusions de l’étude réalisée avec l’appui de l’IFC (International Finance Corporation), membre du Groupe de la Banque mondiale.
C’est dans ce sens que l’étude attire l’attention sur les enjeux de transmission, de gouvernance et de pérennité auxquels sont confrontées ces entreprises. Présent à cette conférence, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a estimé que la capacité de ces entreprises à assurer leur transmission et leur continuité demeure un facteur déterminant pour le renforcement du tissu productif, d’autant qu’elles représentent « la colonne vertébrale du commerce et de l’économie marocaine » national.
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« L’entreprise familiale n’est pas seulement l’affaire d’une famille, mais celle de toute l’économie et du pays dans son ensemble », a soutenu Kacem Bennani-Smires. Au-delà des indicateurs économiques, a-t-il fait remarquer, ces entreprises portent des millions d’emplois, préservent des savoir-faire transmis parfois sur plusieurs générations et contribuent de manière essentielle à la création de valeur et de richesse nationale.
De ce fait, il a insisté sur le défi majeur que constitue la transmission intergénérationnelle, précisant que seules 15% des entreprises familiales parviennent à atteindre la troisième génération. Selon lui, l’échec de cette étape critique dépasse largement le cadre familial, puisqu’il se traduit souvent par la disparition d’emplois, la perte de compétences stratégiques et l’érosion de savoir-faire patiemment accumulés au fil des décennies, avec des répercussions directes sur l’économie nationale.
L’étude identifie plusieurs leviers prioritaires pour renforcer la durabilité de ce modèle entrepreneurial, notamment l’accompagnement de la transmission intergénérationnelle, le développement des dispositifs de préparation des successeurs, l’amélioration de l’accès au financement des PME familiales, la promotion des bonnes pratiques de gouvernance ainsi que le soutien à la croissance et à la transformation des entreprises familiales marocaines.
Challenge (Avec MAP)