Dix-sept ans après le drame de Rosamor, qui avait coûté la vie à 55 personnes et provoqué une vague d’émotion à travers tout le Maroc, un nouvel incendie a récemment ravagé, à Casablanca, une autre usine de fabrication de matelas et de produits de literie.
Cette fois-ci, la catastrophe a été évitée de justesse, mais l’incident a quand même coûté la vie à un employé qui se trouvait sur place au moment où le stock de matières premières (constitué en partie de produits inflammables) a pris feu.
Alertées, les autorités de la province de Nouaceur (dont relevait cette unité aujourd’hui ravagée) ont immédiatement ordonné la destruction totale de ce qui restait encore des bâtiments, en raison de leur construction initiale sans détention des autorisations nécessaires.
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Ce nouveau cas, loin d’être isolé, vient mettre à nu une réalité bien connue, à savoir l’existence de tout un pan de l’activité industrielle qui s’exerce encore soit dans un cadre informel, soit en l’absence de tout respect des normes urbanistiques en vigueur (soit les deux à la fois !), ce qui est encore plus dommageable et potentiellement dangereux lorsqu’il s’agit d’activités industrielles présentant des risques environnementaux et sécuritaires non négligeables.
Et si la réaction des autorités a été des plus fermes et diligentes, cela ne saurait occulter les dysfonctionnements qui ont permis, initialement, la construction de toute une unité industrielle sans autorisations appropriées (et donc sans respect strict des normes de sécurité, notamment la sécurité incendie) et, plus grave encore, qui se sont matérialisés par la suite pendant des années (du démarrage jusqu’à l’épilogue dramatique) par une nonchalance constante, en laissant opérer pendant des années cet industriel, alors qu’une telle non-conformité est trop flagrante pour passer inaperçue.