La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Paris Ile-de-France et l’Ambassade du Royaume en France ont coorganisé, mercredi 1er juillet, la Journée économique France-Maroc, au cours de laquelle les échanges ont mis en exergue les atouts du Royaume en tant que destination d’investissement à fort potentiel.
La rencontre de haut niveau était destinée à promouvoir les opportunités d’affaires, à encourager les investissements croisés et à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération économique entre Rabat et Paris, avec la participation de personnalité des deux parties qui ont passé en revue les moyens à mettre en place à même de stimuler et approfondir les relations économiques et les échanges commerciaux entre les deux pays.
Organisée en partenariat avec des institutions de premier plan, pleinement engagés dans la promotion de la relation économique franco-marocaine, notamment l’AMDIE, la Chambre française de Commerce et d’Industrie du Maroc (CFCIM) et Business France, cette rencontre, ayant réuni plus de 300 participants, dirigeants d’entreprises, investisseurs, décideurs publics et institutionnels, constitue une plateforme de référence au service des entreprises des deux rives.

Parmi les intervenants, il y avait le directeur général de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), Ali Seddiki, qui a axé son exposé sur la question de la transformation des territoires et le renforcement de leur compétitivité.
«Le Maroc est convaincu que le développement territorial repose avant tout sur une vision de long terme, portée au plus haut niveau de l’État, et sur une capacité à transformer cette vision en réalisations concrètes», a soutenu M. Seddiki, estimant que l’exemple de Tanger illustre parfaitement cette ambition.
En un peu plus de vingt ans, Tanger est devenue une plateforme industrielle et logistique de référence à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, la région représente près de 150 000 emplois industriels, accueille un écosystème automobile de classe mondiale et s’appuie sur Tanger Med, premier port d’Afrique et de la Méditerranée, connecté à plus de 180 ports dans près de 70 pays.

«Cette transformation est le résultat d’une vision stratégique impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Que Dieu L’Assiste, combinée à des investissements structurants et à la capacité du Royaume à attirer de grands investisseurs internationaux, à commencer par Renault, véritable locomotive du développement industriel de toute une région», a-t-il relevé.
Et de poursuivre: «L’expérience marocaine démontre qu’une infrastructure, aussi performante soit-elle, ne produit pleinement ses effets que lorsqu’elle s’inscrit dans une vision globale de développement économique, industriel et territorial».
Le patron de l’AMDIE a, dans ce sens, identifié les trois leviers sur lesquels repose cette transformation. Le premier est l’ouverture : grâce à son réseau d’accords de libre-échange, le Maroc offre aujourd’hui un accès privilégié à un marché de près de 3 milliards de consommateurs.
Deusio, il y a la création d’écosystèmes industriels performants autour de champions mondiaux. Le Royaume a fait le choix d’accompagner les grands groupes internationaux dans la structuration de véritables filières industrielles régionales. Renault à Tanger, Safran dans l’aéronautique ou encore Stellantis à Kénitra illustrent cette stratégie qui favorise la montée en compétence des territoires, le développement d’un tissu de fournisseurs locaux et la création d’emplois qualifiés.

Samira Sitail, ambassadrice du Maroc à Paris
Tertio, Ali Seddiki a évoqué la dimension du capital humain. Avec un âge médian d’environ 29 ans, le Maroc bénéficie d’un dividende démographique majeur. Cette jeunesse, qualifiée, ambitieuse et ouverte sur le monde constitue l’un des principaux atouts de la compétitivité du Royaume et un facteur de confiance pour les entreprises internationales qui choisissent d’y investir.
Selon lui, l’énergie représente également un levier stratégique. Le développement d’infrastructures énergétiques performantes et l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables renforcent la compétitivité industrielle du Maroc et accompagnent les ambitions de décarbonation des chaînes de valeur mondiales.
La nouvelle Charte de l’investissement est venue consolider cette dynamique en proposant un dispositif de soutien différencié selon les territoires. Cette approche, a-t-il fait remarquer, permet de mieux valoriser les potentialités propres à chaque région, d’encourager un développement plus équilibré et de renforcer la compétitivité des territoires grâce à une articulation efficace entre les dispositifs nationaux et les mécanismes régionaux d’appui.
De son côté, l’ambassadeure de Sa Majesté le Roi en France, Samira Sitail, a mis en avant la signification particulière de cette rencontre qui s’inscrit dans le cycle de journées économiques lancées par la CCI Paris Ile-de-France et au cours desquelles le Maroc est le premier pays mis à l’honneur, notant que ce choix traduit la profondeur des relations entre les deux pays.

Dominique Restino, président de la CCI Paris Ile-de-France
Le partenariat Maroc-France basé sur la confiance mutuelle est appelé à jouer un rôle de premier plan face au grands défis économiques, industriels et technologiques auxquels les deux pays sont confrontés.
L’objectif est d' »intensifier nos échanges, de structurer les chaînes de valeurs communes, d’articuler les transitions, qu’elles soient énergétiques, industrielles, logistiques ou hydriques, et d’inscrire la relation bilatérale dans une logique de co-développement et de projection régionale », a-t-elle ajouté.
S’exprimant à cette occasion, le président de la CCI Paris Ile-de-France, Dominique Restino, a souligné que la relation économique entre la France et le Maroc est stratégique et porteuse d’avenir, réitérant l’ambition de créer des passerelles concrètes entre les deux écosystèmes, d’encourager l’innovation et de soutenir les entreprises dans leurs projets de coopération et de croissance.
Réaffirmant l’engagement de son pays en faveur d’une coopération économique bilatérale encore plus forte, M. Restino a estimé que la croissance des entreprises marocaines et françaises reposera dans les années à venir sur deux leviers majeurs, à savoir l’internationalisation qui doit s’appuyer davantage sur « l’atout de la francophonie économique », et la transmission et la pérennisation des entreprises, favorisant les rapprochements, les partenariats et les investissements croisés.