Près d’un demi-siècle après le sacre d’Addis-Abeba, les Lions de l’Atlas s’apprêtent à vivre l’édition la plus attendue de leur histoire. De Faras à Hakimi, de l’épopée de 1976 à la génération 2025 emmenée par Walid Regragui, le Maroc aborde « sa » CAN avec un objectif clair: gagner enfin à domicile et décrocher ce deuxième titre continental qui lui échappe depuis près de cinquante ans.
La seule étoile du Maroc sur le maillot remonte à 1976, lors d’une CAN disputée en Éthiopie. Cette année-là, les Lions de l’Atlas, menés par Ahmed Faras, avaient atteint la phase finale organisée sous forme de poule. Le 14 mars, au stade d’Addis-Abeba, le Maroc n’avait besoin que d’un nul face à la Guinée pour être sacré. Menés au score dès la 36e minute, les Lions ont dû attendre l’inspiration de Baba Macrou, qui a égalisé à quatre minutes du terme, offrant au royaume son premier – et unique – titre continental.
Faras, capitaine et meilleur joueur du tournoi, souleva la coupe dans une scène devenue fondatrice pour plusieurs générations. Depuis, le Maroc n’a plus remporté la CAN et n’a disputé qu’une seule autre finale, perdue en 2004 contre la Tunisie. Cette longue attente nourrit aujourd’hui un sentiment d’urgence sportive et patriotique.
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En 2025, le Maroc arrive en position de force. Les Lions de l’Atlas, mieux classés que jamais (11e au ranking FIFA), abordent la compétition avec une dynamique exceptionnelle : 18 victoires consécutives, 50 buts inscrits et seulement 4 encaissés depuis mars 2024. Une série record dans l’histoire du football international.
Ce rythme impressionnant a transformé le Maroc en favori indiscutable de la CAN 2025, surtout à domicile. Le surnom « Lions de l’Atlas », hérité d’une espèce de lion disparue, symbolise comme jamais la puissance et l’ambition d’une sélection qui veut régner sur l’Afrique.
Au cœur de cette renaissance se trouve Walid Regragui. L’ancien défenseur, finaliste de la CAN 2004, avait promis qu’il reviendrait un jour à la tête de la sélection. Promesse tenue : depuis sa nomination, il a transformé l’équipe en un groupe libéré, confiant, discipliné. L’épopée de la Coupe du Monde 2022, conclue par une historique demi-finale, l’a installé au rang de figure nationale.
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Son discours fédérateur, son exigence et sa proximité avec les joueurs ont créé un ensemble soudé, prêt à assumer la pression d’une CAN jouée à la maison. Regragui le répète : «Le talent ne suffit pas, il faut la mentalité ». C’est cette mentalité conquérante qui porte l’ambition de 2025.
La blessure d’Achraf Hakimi, leader naturel et figure technique du groupe, constitue un sérieux point noir avec lequel le coach des Lions devra composer. Victime d’une entorse sévère le 4 novembre, le latéral doit achever son rétablissement au Maroc. Le staff médical du PSG travaille conjointement avec celui de la sélection pour le rendre opérationnel dès le match d’ouverture. Son retour conditionnera en partie l’équilibre de l’équipe, tant son influence sur le jeu – défensive, offensive et psychologique – est immense.
Le Maroc a mis les moyens : neuf stades répartis dans six villes, dont le Stade Prince Moulay Abdellah entièrement rénové, qui accueillera les matchs du Maroc et la finale. La CAN se déroule du 21 décembre au 18 janvier, une première en plein calendrier européen. Ce choix a créé des tensions : la FIFA a fixé la libération obligatoire des joueurs au 15 décembre, un délai jugé trop tardif par plusieurs sélectionneurs africains. Malgré cela, le Maroc semble mieux préparé que n’importe quelle autre nation.
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Les Lions évoluent dans le Groupe A aux côtés du Mali, de la Zambie et des Comores : Le Mali, équipe puissante mais irrégulière, est considéré comme le rival le plus sérieux. Leur préparation pourrait être perturbée par le calendrier international resserré. La Zambie, championne 2012, est physiquement redoutable et habituée aux grandes surprises dans les tournois. Les Comores, surprenants et déterminés, ouvriront la compétition face au Maroc dans un match potentiellement piégeux. Mais avec un format élargi (les deux premiers et quatre meilleurs troisièmes qualifiés), la progression du Maroc vers les huitièmes paraît assurée.
Au-delà du sport, la CAN 2025 porte un espoir collectif, presque émotionnel. Une attente qui traverse les générations. Ceux qui ont vibré devant Faras en 1976, ceux qui ont pleuré la finale 2004, ceux qui ont vibré au Mondial 2022… tous rêvent du même moment : voir Hakimi ou Saïss soulever la coupe à Rabat.
Le Maroc n’a jamais été aussi proche. Une dynamique exceptionnelle, un public galvanisé, une génération talentueuse et un sélectionneur inspiré : tous les ingrédients semblent réunis. 2025 pourrait bien être l’année où le Maroc, chez lui, referme enfin un demi-siècle d’attente et inscrit une deuxième étoile sur son maillot.
Le Maroc favori pour remporter le titre selon Opta
Selon les projections du superordinateur du site spécialisé Opta, le Maroc est le grand favori pour soulever la Coupe d’Afrique des Nations 2025.
Les Lions de l’Atlas obtiennent ainsi la plus forte probabilité de victoire, estimée à 19,1 %, notamment grâce à l’avantage de jouer à domicile et au soutien massif attendu du public marocain.
Les écarts restent toutefois serrés entre les autres prétendants : Égypte : 12,4 %, Sénégal : 12,3 % et Algérie : 12 %. Des chiffres qui confirment l’intensité de
la compétition à venir et le niveau élevé des principales nations africaines.
Opta, référence mondiale en données sportives, s’appuie sur un modèle statistique complexe qui simule des milliers de scénarios. Les résultats prennent en compte plusieurs paramètres : performances récentes, valeur des effectifs, dynamique de jeu et influence du terrain, sans négliger le facteur imprévisible qui caractérise si souvent la CAN.