A travers son Africa Tour 2025 qui s’est tenu du 17 au 21 novembre dernier, Casablanca Finance City (CFC) affirme une ambition claire : faire de Casablanca un pivot financier et stratégique de l’intégration économique africaine. De Cotonou à Lomé, puis Accra, cette tournée ouest-africaine met en lumière des économies en mutation rapide, des hubs logistiques en pleine montée en puissance et une nouvelle géographie du capital sur le continent. Challenge fait le point sur les enjeux de cette dernière mission de CFC en 2025.
Lancée en 2010, Casablanca Finance City dépasse. Aujourd’hui largement le statut de simple centre d’affaires. Elle s’impose comme un instrument de diplomatie économique, un catalyseur d’intégration régionale et un écosystème structurant au service du développement du continent africain. À travers son ancrage géographique, à l’interface entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, lui confère un avantage compétitif majeur, consolidé par la stabilité institutionnelle du Royaume, la qualité de ses infrastructures et la solidité de son système financier. Portée par une vision royale de long terme, Casablanca Finance City s’est progressivement imposée comme l’une des principales places financières du continent, attirant des investisseurs internationaux engagés dans l’accompagnement de la transformation économique africaine.
Véritable levier de la coopération Sud-Sud, CFC traduit la volonté du Maroc de mettre à disposition son expertise financière, juridique et réglementaire au service d’une croissance inclusive et partagée. Dans ce sens depuis maintenant deux ans, le groupe a décidé d’aller sur le terrain sur le continent. Après la réussite de l’édition 2024 au Sénégal et en Côte d’Ivoire, l’Africa Tour de CFC –revient au Togo, au Bénin et au Ghana. L’enjeu est clair : dynamiser les échanges intra-africains, renforcer l’intégration régionale et encourager des partenariats structurants au service de l’attractivité et de la prospérité du continent. Accompagnées par des institutions de premier plan comme l’AMDIE, la CDG ou MASEN, les entreprises participantes ont multiplié les rencontres avec autorités, agences d’investissement et opérateurs locaux afin d’identifier de nouveaux projets d’affaires.
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Dans les détails, au Bénin, la délégation a visité la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé, symbole de l’industrialisation rapide du pays. Au Togo, classé premier réformateur de la sous-région, les échanges avec l’API-ZF et la visite du Port Autonome de Lomé ont mis en lumière le potentiel logistique du pays. Et au Ghana, le GIPC et l’AGI ont présenté les réformes visant à attirer davantage d’investissements, dans des secteurs allant de la fintech à l’énergie.
« Le CFC Africa Tour est un exemple tangible de la façon dont nous bâtissons des ponts entre les forces économiques du continent tout en accompagnant des acteurs internationaux dans leur expansion en Afrique. L’intégration que nous portons se veut complémentaire des initiatives régionales : nous cherchons à relier, à faire circuler davantage les capitaux, les expertises et les innovations entre les différentes zones économiques. », nous confie une source chez CFC.
Les enjeux de l’axe Togo-Bénin-Ghana
« Le CFC Africa Tour a été pensé pour connecter notre communauté aux institutions, aux agences d’investissement et aux acteurs locaux, afin de favoriser de nouveaux partenariats et projets. Cette deuxième édition nous a conduits au Bénin, au Togo et au Ghana : trois économies particulièrement dynamiques, où les réformes ambitieuses et le positionnement géostratégique créent un environnement particulièrement porteur pour les entreprises de la communauté CFC souhaitant renforcer leur présence en Afrique de l’Ouest », explique notre source.
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Et d’ajouter ; « Au Bénin, l’agriculture reste un moteur économique central, tandis que les investissements massifs dans les infrastructures, dont le Port de Cotonou, créent un corridor logistique stratégique pour la sous-région. Le Togo se distingue par la digitalisation, le développement de l’agro-industrie et l’affirmation du Port Autonome de Lomé comme hub logistique majeur, soutenu par un environnement des affaires favorable et une croissance attendue autour de 5 %. Au Ghana, la stabilité politique et les réformes budgétaires renforcent son rôle de pôle d’investissement régional, avec une croissance projetée à 6,3 % et des initiatives comme la 24-Hour Economy ou le programme Big Push Agenda qui stimulent le développement de secteurs porteurs tels que la fintech, les infrastructures et les énergies renouvelables. »
Casablanca Finance City, levier d’attractivité africaine
En un peu plus d’une décennie, la marque CFC s’est hissée au rang des références régionales. En chiffres, dans son dernier rapport, la marque a développé une véritable communauté de plus de 200 entreprises, dont de grands noms internationaux dans les secteurs de la finance, du conseil, de l’assurance et des services aux entreprises. 115 pays couverts et un chiffre d’affaires de 14 MDH. « Casablanca Finance City (CFC) n’est plus un simple pari stratégique, mais bel et bien un hub financier confirmé sur le continent africain. »
Le rapport d’activité 2023 met en lumière une trajectoire ascendante consolidée par plusieurs éléments clés :
• Position de leader continental : Pour la 7e année consécutive, CFC est en tête du classement africain du Global Financial Centres Index (GFCI).
• Communauté d’affaires robuste : Plus de 200 entreprises membres issues de 50 pays d’Afrique sont implantées dans l’écosystème CFC, confirmant son attractivité régionale et son rôle de plateforme d’expansion vers l’Afrique subsaharienne.
• Partenariats internationaux : Une participation active aux grands rendez-vous mondiaux comme la COP28, l’adhésion aux Green Investment », nous confie Zakaria Fahim, CEO de BDO.
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Longtemps critiquée pour son rythme de déploiement jugé lent, la stratégie CFC commence à prendre. Le repositionnement stratégique opéré ces dernières années — notamment l’alignement sur les standards ESG, les partenariats avec des places financières internationales comme Singapour ou Luxembourg, et l’intégration de l’innovation dans les priorités du hub (avec l’accueil de structures tech et green finance) — a eu un véritable effet d’entraînement sur la performance du groupe. Au-delà des partenariats stratégiques comme celui avec Frankfurt Main Finance, la marque, au plan local, a développé une véritable stratégie.
Par exemple, le partenariat stratégique scellé entre CFC Authority et le Conseil de la Région Casablanca- Settat pour la mise en place d’un dispositif de communication ambitieux et la création, au cœur de CFC, de l’Africa Finance Institute. « Ce saut qualitatif ne repose pas uniquement sur le cadre incitatif, mais sur la création d’un véritable écosystème. En cultivant un environnement d’affaires stable, multilingue et tourné vers l’Afrique, CFC confirme qu’elle n’est plus une promesse, mais bien une interface crédible pour les capitaux internationaux. La mayonnaise, cette fois, commence réellement à prendre », explique Zakaria Fahim, CEO de BDO. Et d’ajouter : « La montée en gamme de CFC est réelle, tant par sa gouvernance proactive que par la consolidation de son offre : fiscalité spécifique, zone géographique dédiée, cadre juridique modernisé, communauté d’expertise. »