A la surprise générale, le géant américain Apple annonce la départ de Tim Cook après quinze ans aux commandes. Il sera remplacé par un cadre de la maison, John Ternus, qui devra notamment rattraper le retard du groupe en matière d’intelligence artificielle.
Même si John Ternus, 50 ans, jusqu’ici responsable des produits physiques du groupe depuis l’iPhone jusqu’au Mac, était considéré comme favori pour reprendre les rennes de l’entreprise, cette passation annoncée dans un simple communiqué n’était pas attendue si rapidement. Salarié d’Apple depuis 2001, il fait son entrée au conseil d’administration dont Tim Cook, 65 ans, devient président exécutif.
Arrivé chez Apple en 1998, ce dernier avait été intronisé directeur général en août 2011 après la démission du dirigeant emblématique Steve Jobs, très diminué par les suites d’un cancer du pancréas qui l’emportera quelques semaines plus tard.
Moins charismatique que son prédécesseur, cet ingénieur natif de l’Alabama (sud) a guidé Apple sur la voie d’une croissance effrénée. Entre 2011 et 2025, l’entreprise de Cupertino (Californie) a quasiment quadruplé son chiffre d’affaires (+260%) et vu sa capitalisation multipliée par treize, pour dépasser aujourd’hui 4.000 milliards de dollars, la troisième du monde.
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Les critiques lui ont notamment reproché de ne pas avoir lancé de produit aussi marquant que l’iPod ou l’iPhone sous Steve Jobs. Les seules nouvelles références d’ampleur à son actif sont la montre connectée Apple Watch, commercialisée en 2015, puis le casque de réalité virtuelle Vision Pro en 2024, dont les ventes ont déçu.
Mais le patron à la chevelure blanche et aux lunettes sages s’est distingué sur d’autres fronts, notamment en matière logicielle au sein d’un groupe dont l’ADN reposait avant tout sur le matériel.
Il a ainsi contribué à l’envol des services. Ce secteur, qui compte la boutique d’applications App Store, les plateformes de streaming musical (Apple Music) et vidéo (Apple TV) ainsi que le stockage de données à distance (iCloud), est devenu le premier moteur de croissance de la société.
« Le leadership exceptionnel de Tim a fait d’Apple la meilleure entreprise du monde », a commenté Arthur Levinson, président du conseil d’administration d’Apple depuis 15 ans, qui va céder son titre mais demeurer administrateur.
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Tim Cook aura aussi brillé par ses qualités de négociation et d’anticipation. Il a ainsi permis au groupe de se sortir sans incident majeur des difficultés d’approvisionnement liées à la pandémie de coronavirus, mais aussi de passer au travers des mailles du filet géopolitique l’an dernier, sur fond de crise entre Etats-Unis et Chine, marché majeur d’Apple.
Tim Cook et son équipe auront toutefois manqué le tournant de l’intelligence artificielle (IA) générative, annoncé par l’arrivée de ChatGPT, en novembre 2022. Depuis, Apple court après les grands acteurs du secteur, sans être encore parvenu à pleinement intégrer les nouvelles capacités de l’IA à son produit phare, l’iPhone, qui attend encore une nouvelle mouture de l’assistant Siri.
Le choix d’un nouveau patron en interne n’est pas surprenant en soi, Apple accordant une grande importance à la culture unique de l’entreprise. Mais l’annonce intervient moins de deux mois avant le grand raout annuel d’Apple, la Worldwide Developers Conference (WWDC), début juin, lors de laquelle le géant à la pomme doit justement dévoiler des avancées sur l’IA.
Challenge (Avec AFP)