En pleine période estivale, les habitants de Bouznika-plage vivent dans une inquiétude et une instabilité morale, visible à travers leurs regards, leurs gestes et leurs paroles. Que se passe-t-il ?
La baie de Bouznika, bien connu pour sa belle plage et l’hospitalité de ses habitants, là où ont fleuri depuis longtemps cabanons et belles demeures, y compris la résidence Capri, bâtie il y plusieurs décennies, semble être l’objet de convoitise de la part de grands promoteurs immobiliers étrangers et d’intermédiaires locaux.
En effet, d’après plusieurs sources croisées et recoupées, cette baie devrait bientôt connaitre de grands chamboulements en termes de démolitions, lesquelles semblent être programmées et actées par les autorités locales, et appelées à être exécutées au cours du mois de septembre 2026, pour céder la place à un grand projet immobilier d’un investisseur émirati. Les habitants propriétaires des constructions, ayant reçu des mises en demeure, ont le mois de septembre comme date butoir. Plus grave encore, ce sont ces mêmes habitants qui devraient procéder aux démolitions programmées, selon les termes contenus dans lesdites mises en demeure, et non pas par l’administration qui est à l’origine de cette décision.
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Les habitants de la baie de Bouznika perçoivent cette décision comme étant injuste et arbitraire. Les autorités évoquent comme principal argument une « occupation illégale du domaine public maritime ». Or les habitants concernés sont persuadés que cet argument n’est qu’un prétexte pour préparer le terrain à un projet touristique de grande envergure avec un énorme impact négatif aussi bien sur le plan social que sur le plan écologique.
Face à cette situation, le ministère de l’équipement et de l’eau a repris l’initiative en publiant le 1er juin 2026, un arrêté signé par le ministre Nizar Baraka. Cet arrêté prévoit l’ouverture d’une enquête publique de deux mois, entre le 1er octobre et le 1er décembre 2026, avec pour mission principale la délimitation du domaine public maritime constitué par la plage d’Essanaoubar, dans sa partie relevant de la 1ère annexe administrative de la municipalité de Mansouria, située à près de 4 km à vol d’oiseau de la plage Bouznika.
Pour cela, une commission ad hoc, présidée par le représentant de l’autorité locale de Mansouria et composée notamment de représentants de la direction générale de l’équipement, du conseil communal, du cadastre et de la conservation foncière de Nouaceur, sera chargée d’instruire le dossier. Le projet de délimitation, avec ses plans et ses propositions de nouvelles limites du domaine public maritime, sera déposé au siège de la municipalité de Mansouria pendant toute la durée de l’enquête, où riverains et intéressés pourront le consulter et consigner leurs observations.
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Pour autant, cette enquête va-t-elle tout au moins suspendre l’exécution des mises en demeure déjà envoyées par les autorités compétentes et reçues par les propriétaires des constructions avoisinant la baie de Bouznika ? C’est la principale question que se posent actuellement les habitants concernés, question restée sans réponse. D’autant que les prochaines échéances électorales, prévues en fin septembre, renforcent le sentiment d’incertitude et d’instabilité chez lesdits habitants, échéances qui risquent d’être politiquement exploitées/instrumentées par certains candidats aux élections législatives.
Presque au milieu, à quelques dizaines de kilomètres de Rabat, capitale administrative, et de Casablanca, capitale économique du Royaume, les habitants de Bouznika aspirent à une solution juste et équitable. L’intérêt général du Maroc exige actuellement plus de sagesse et dicte la prudence, ainsi qu’une réponse mûre et prompte à un besoin urgent de stabilité et de paix sociale qui sont actuellement des priorités nationales.