L’Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l’Opep+ ont décidé de relever à nouveau leurs quotas de production de pétrole dimanche, sur fond de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Les ministres de l’Arabie saoudite, de la Russie, de l’Irak, du Koweït, du Kazakhstan, de l’Algérie et d’Oman, principaux membres de l’Opep+, ont « décidé de mettre en oeuvre un ajustement de la production de 188.000 barils par jour », indique un communiqué de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. « Cet ajustement sera mis en oeuvre en août 2026 », précise le document.
La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l’Iran bloque les exportations des pays du Golfe depuis plusieurs mois, les forçant à réduire leur production.
Entre le premier trimestre de l’année et le mois de mai, la production cumulée de l’Arabie saoudite, de l’Irak et du Koweït a chuté d’environ 6 millions de barils par jour (mb/j), selon les chiffres de l’Opep. Ces trois pays font partie des sept pays qui remontent leurs quotas.
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Depuis mars, l’Opep+ n’a cessé d’augmenter sa production face à la guerre en Iran, après une pause en début d’année face à des cours qui s’étaient érodés.
Un retour attendu des barils
Avec la signature du protocole d’accord irano-américain le 17 juin, ouvrant la voie à des négociations de 60 jours reconductibles, Téhéran et Washington se sont engagés à lever toute entrave au trafic maritime dans le détroit d’Ormuz durant cette période de pourparlers.
Depuis, la navigation dans la région donne des signes d’amélioration. Les cours du pétrole ont fortement baissé, revenant à des niveaux comparables à ceux d’avant la guerre, les marchés anticipant un retour progressif à la normale.
L’approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même déjà dépassé les 10 mb/j, selon un responsable américain cité par l’agence Bloomberg. « Mais pour l’instant, la production reste probablement en-deçà des objectifs » de l’Opep+, nuance Giovanni Staunovo d’UBS.
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Par ailleurs, le pétrole qui transite actuellement par le détroit est celui qui a été stocké à bord des navires ou dans les cuves, « la production interrompue met du temps à redémarrer », précise pour sa part à l’AFP Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank. Selon lui, « le mois de juillet devrait montrer une amélioration (de la production, ndlr), avec probablement une accélération de la reprise en août ».
La cohésion du groupe en jeu
A plus long terme, « tout le monde s’attend à un surplus de production », affirme Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. Dans un premier temps, la reconstitution des stocks dans lesquels les pays ont puisé durant le conflit devrait permettre d’absorber les flux, mais ensuite les pays producteurs pourraient faire face à une forte pression baissière sur les prix.
L’Opep+ déjà affaibli par le départ des Emirats arabes unis du groupe en mai, devra conjuguer ces prix baissiers avec une envie de plus en plus forte des pays membres d’augmenter leur production.
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L’Irak a notamment demandé au cartel de relever ses quotas de production pour rattraper le manque à gagner enregistré pendant la guerre au Moyen-Orient, a affirmé fin juin le ministère irakien du Pétrole.
Avec des volumes encore loin d’avoir retrouvé des niveaux d’avant le conflit, « la nécessité d’un quota plus élevé n’est pas imminente. En revanche, la demande de l’Irak pourrait être intégrée à l’examen des capacités prévues pour 2027 », juge M. Hansen.
En fin d’année, le groupe a prévu de réévaluer les quotas des membres sur la base de leur capacité à produire davantage, ce qui pourrait devenir un sujet épineux.
Challenge (Avec AFP)