A la suite de plusieurs reports, le PAM semblait hésiter sur la date pour la tenue de son Conseil National. Pourtant, le rendez-vous fixé au 31 janvier 2026 devra être celui de la refondation , visant à revivifier une démocratie partisane interne en réunissant toutes les forces vives, y compris des jeunes pour rompre avec l’exercice trop vertical du pouvoir qui caractérisait jusqu’à présent la cuisine interne des partis politiques et enterrer notamment, des pratiques où dominent les «querelles et les esclandres».
C’est une source autorisée au sein du Parti Authenticité et Modernité qui a vendu la mèche : contrairement aux rumeurs qui ont circulé dans les médias, le parti tiendra bien son Conseil national à la fin du mois comme prévu. Plusieurs voix au sein du parti nous ont ainsi confirmé que la 31ème session du Conseil National, se tiendra le 31 janvier au Palais des Congrès de l’Oulja à Salé. Au menu notamment, la présentation d’un rapport sur le projet de loi de finances et surtout un exposé sur les lois électorales, confirmant l’intérêt des militants pour les nouvelles dispositions. Il ressort des dernières concertations politiques avec le ministère de l’Intérieur ayant accompagné l’élaboration du dispositif législatif des élections de 2026, qu’il était absolument indispensable d’assainir les listes actuelles et de réussir l’opération d’inscription, un préalable incontournable à la préparation d’élections saines et transparentes, à même de garantir un taux de participation acceptable si on veut assurer le succès du scrutin.
Mais la grande nouveauté de ces futures Élections 2026, c’est sans aucun doute l’élargissement des élections aux jeunes candidats, même sans affiliation partisane. En effet, la Cour constitutionnelle vient de valider la loi organique 54.25 confirmant ainsi, la possibilité pour les jeunes sans étiquette de se présenter aux élections et d’accéder au financement public.
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La Cour a estimé que les nouvelles règles encadrant la candidature des jeunes sans appartenance politique (SAP), prévues à l’article 23, respectent l’équilibre démocratique.
A cet effet, le PAM aussi veut profiter de cette politique de « discrimination positive » élargie pour renforcer ses rangs avec un sang neuf consistant en un rajeunissement de ses militants. A ce titre, le Congrès régional dans l’Oriental tenu par l’Organisation des jeunes du PAM à Driouch, sous le thème «Jeunesse de l’Oriental : authenticité de l’appartenance et modernité de la construction vers la nouvelle génération du développement » a permis à Salaheddine Aabakri, Président de l’organisation des jeunes, de présenter à un parterre de ministres, de parlementaires, de membres du Bureau Politique et d’élus locaux, une lecture centrée sur les forces vives de la jeunesse de tout parti qui se respecte «les partis ne sont pas liés aux individus autant qu’ils le sont à l’organisation. Les organisations parallèles, et en tête l’organisation des jeunes, tirent leur force de leur indépendance et de la clarté de leurs positions, tout en préservant le respect mutuel et la distance organisationnelle nécessaire avec le parti ».
Même si la tâche ne sera pas facile eu égard à la désaffection des jeunes pour la politique. Au Maroc, la jeunesse est largement absente des partis politiques et des structures de représentation classiques, puisque seuls 1 % des jeunes sont membres d’un parti politique.
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Ce qui n’empêche pas les décideurs au niveau du PAM de prévoir une feuille de route claire et précise qui sera orientée sur la formation des jeunes et moins jeunes à la pratique politique , à la mobilisation dans une dynamique qui valide les orientations pour les mois à venir.
Qu’on le veuille ou pas, le PAM aura certainement à débattre finalement de l’avenir de sa participation au gouvernement lors de ce Conseil national, car la décision de Aziz Akhannouch de ne pas rempiler à la tête du RNI signifie que le Chef du gouvernement quittera également ses fonctions gouvernementales à l’issue de son mandat.