Dans son Budget économique prévisionnel (BEP) 2026, rendu public le mardi 20 janvier, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a dressé le tableau de bord de l’économie marocaine pour 2026, avec une croissance attendue à 5% en 2026, après un taux de 4,7% estimé durant l’exercice écoulée.
Cette accélération serait portée par la reprise du secteur agricole et la consolidation des performances des activités non agricoles, stimulée par le dynamisme de la demande intérieure dans un contexte de stabilité des prix, indique le HCP. Il s’agirait ainsi d’une phase d’accélération continue sur quatre années successives de la croissance économique.
Le démarrage de la campagne agricole 2025/2026 a été marqué par un déficit pluviométrique notable. Néanmoins, les précipitations abondantes et bien réparties enregistrées à partir de fin novembre ont permis de rattraper ce retard, ce qui laisse entrevoir une campagne agricole plus prometteuse. De surcroit, ces conditions climatiques favorables devraient contribuer à reconstituer les réserves des barrages et à alimenter les nappes phréatiques.
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En valeur, la croissance du PIB devrait passer de 6,7% en 2025 à 6,3% en 2026, donnant lieu à une inflation, mesurée par l’indice implicite du PIB, de 1,3% en 2026 après 1,9% attendue en 2025.
Demande intérieure
Elle devrait croître de 5,7% en 2026, après 8% en 2025. Cette demande devrait contribuer de 6,3 points à la croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2026, après 8,7 points en 2025, confirmant son rôle de moteur central de l’économie nationale.
Ainsi, la consommation finale des ménages devrait progresser de 4,4% en 2025 et de 4,1% en 2026, générant ainsi une contribution d’environ 2,5 points à la croissance, fait savoir la même source, notant que cette tendance serait attribuable notamment aux effets de la revalorisation salariale, à l’accroissement des revenus agricoles sous l’hypothèse d’une campagne supérieure à la moyenne et à l’atténuation des pressions inflationnistes, et ce dans un contexte de poursuite de l’attribution des aides sociales directes.
Parallèlement, la consommation finale des administrations publiques devrait progresser de 5,7% en 2026, après 6,3% en 2025, contribuant de près de 1 point à la croissance. La consommation finale nationale devrait marquer une évolution avoisinant 4,5%, en décélération par rapport à 4,9% en 2025, soutenant la croissance de près de 3,5 points.
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Concernant l’investissement brut, il devrait maintenir sa contribution positive à la croissance du PIB entamée en 2023. Il serait soutenu principalement par les grands chantiers réalisés dans le cadre des préparatifs des grandes manifestations internationales, par le déploiement de la nouvelle Charte d’investissement, et par le maintien de l’effort d’investissement des établissements et entreprises publics (EPP).
L’investissement brut devrait garder une croissance favorable en 2025 et 2026, affichant une hausse de 16,3% en 2025 et 8,7% en 2026, pour contribuer de 4,9 points à la croissance du PIB en 2025 et de 2,8 points en 2026.
Déficit budgétaire
Il devrait s’atténuer en 2026, pour se situer à près de 3,2% du produit intérieur brut (PIB), en amélioration par rapport à 3,6% en 2025. Cette évolution devrait ainsi consolider la trajectoire d’assainissement des finances publiques. L’accroissement prévu des recettes fiscales devrait contribuer à l’atténuation progressive du déficit budgétaire.
Les recettes ordinaires devraient poursuivre leur tendance haussière, atteignant près de 23,8% du PIB en 2026 après 24,3% du PIB en 2025. Cette évolution devrait être soutenue par la hausse combinée des recettes fiscales et non fiscales.
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La progression des recettes fiscales, prévue à près de 20% du PIB en 2026 contre 19,6% en 2025, résulte de l’achèvement de la réforme fiscale structurelle entamée depuis 2021, complétée par de nouvelles mesures dans la Loi de Finances 2026 visant une meilleure mobilisation des ressources.
Déficit commercial
Il devrait connaître une aggravation pour atteindre 21,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2025 et 21,1% en 2026 par rapport à 19,1% du PIB en 2024. « Dans ce contexte marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes et par une croissance modérée en Europe, les perspectives du commerce extérieur de l’économie nationale pour 2025 et 2026 s’annoncent contrastées », souligne le BEP.
En effet, les secteurs automobile et textile devraient être confrontés à des défis structurels découlant de la transition énergétique et de la faiblesse de la demande européenne, au moment où les exportations de phosphates et de produits agricoles et agroalimentaires devraient poursuivre leur tendance favorable.
Le volume total des exportations des biens devrait enregistrer un ralentissement en 2025 avant de se redresser en 2026 à 6,7%. Cette évolution témoigne de la dynamique de l’offre exportable et de l’élargissement progressif de ses débouchés internationaux.
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Pour sa part, le volume des importations des biens devrait maintenir sa tendance haussière suite à la vigueur de la demande intérieure. En effet, les importations de produits agricoles et agroalimentaires auraient connu une hausse modérée en 2025.
Epargne nationale
Elle devrait s’améliorer pour avoisiner 29,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2025, puis 30,3% en 2026. Cette évolution tient compte des revenus extérieurs nets, qui devraient s’établir autour de 7% du PIB. L’épargne intérieure devrait se consolider pour atteindre 22,7% du PIB en 2025 et 23,3% en 2026.
Cette dynamique serait portée par la croissance du PIB nominal attendue à 6,7% en 2025 et 6,3% en 2026, et par la consommation nationale qui progresserait en valeur de 5,7% et 5,5% respectivement en 2025 et 2026.
Parallèlement, le taux d’investissement brut, qui devrait se situer à 32% du PIB puis 32,2% en 2026, pèserait sur le besoin de financement. Ce dernier devrait se creuser par rapport au niveau de 1,2 % du PIB en 2024, pour s’établir à 2,4% du PIB en 2025 avant de s’alléger à 1,9% du PIB en 2026.