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  • Emploi

    L’ANAPEC lance Veille+, un dispositif innovant pour anticiper les évolutions du marché de l’emploi

    by Challenge 19 mai 2025
    written by Challenge

    L’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (ANAPEC) a lancé un nouveau dispositif baptisé Veille+, conçu pour renforcer sa capacité d’anticipation face aux mutations rapides du marché du travail.

    Cette initiative, élaborée en partenariat avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT), marque une étape importante dans la transformation de l’agence vers un modèle plus ouvert, collaboratif et axé sur les résultats.

    Dans un environnement caractérisé par l’émergence de nouveaux paradigmes économiques, la transition numérique et écologique, ainsi que l’évolution accélérée des besoins en compétences, Veille+ vise à moderniser l’intermédiation entre l’offre et la demande d’emploi. À travers une approche territorialisée et sectorielle, le dispositif permet de produire une cartographie précise des dynamiques du marché, facilitant ainsi l’adaptation des formations aux exigences des employeurs.

    Lire aussi | La directrice de l’ANAPEC assiste au départ des saisonnières marocaines vers l’Espagne

    Le projet repose sur une combinaison d’enquêtes de terrain, de veille documentaire, d’analyses croisées de données et d’une plateforme digitale intégrant l’intelligence artificielle. Il s’agit de fournir aux institutions, aux acteurs économiques et aux organismes de formation des outils d’aide à la décision fondés sur des données concrètes, afin de mieux anticiper les évolutions et de concevoir des réponses adaptées.

    Veille+ ne se limite pas à un outil d’observation : il se veut opérationnel. Les chercheurs d’emploi bénéficient d’un accompagnement personnalisé à travers des fonctionnalités telles qu’un coach digital, la création automatisée de CV ou la découverte de métiers émergents. Les entreprises, de leur côté, disposent d’un soutien structuré pour identifier et exprimer leurs besoins en compétences, ce qui favorise un meilleur appariement entre profils disponibles et postes à pourvoir. Les organismes de formation sont également impliqués dans cette dynamique, en ajustant leurs programmes à la réalité du terrain.

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    Avec ce dispositif, l’ANAPEC entend renforcer son rôle de passerelle entre les différents acteurs du monde du travail. Le lancement de Veille+ s’inscrit dans une volonté plus large d’adopter une approche proactive et fondée sur l’analyse, afin de favoriser une croissance inclusive et durable, reposant sur le développement du capital humain à l’échelle de l’ensemble des régions du Royaume.

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Immobilier

    Naif Alrajhi Investment et TGCC s’allient pour des projets immobiliers d’envergure en Arabie Saoudite

    by Challenge 19 mai 2025
    written by Challenge

    Le groupe saoudien Naif Alrajhi Investment a annoncé la signature d’un partenariat stratégique avec TGCC Middle East, filiale régionale du constructeur marocain TGCC, dans le cadre d’un ambitieux projet immobilier en Arabie Saoudite.

    Ce premier projet commun marque le lancement opérationnel d’une collaboration destinée à accompagner les objectifs de transformation urbaine fixés par la Vision 2030 du Royaume saoudien. Les deux entreprises entendent conjuguer leurs expertises pour développer des infrastructures durables et innovantes, à fort impact économique et social.

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    Naif Alrajhi Investment, acteur multisectoriel reconnu sur le marché saoudien, poursuit ainsi son engagement dans le développement urbain du pays. De son côté, TGCC, fort d’un millier de projets réalisés en Afrique et au Moyen-Orient, renforce sa présence sur la scène régionale avec cette nouvelle implantation stratégique.

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    Pour Naif Saleh Alrajhi, PDG du groupe saoudien, « ce partenariat s’inscrit dans notre volonté de contribuer à des projets à fort impact qui façonnent l’avenir urbain du Royaume. TGCC est un partenaire de confiance, reconnu pour son excellence opérationnelle ». Même ambition partagée du côté de Mohammed Bouzoubaa, PDG de TGCC : « En conjuguant notre expertise à la vision de Naif Alrajhi Investment, nous aspirons à réaliser des ouvrages emblématiques. »

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    Culture

    Cannes : «Everybody Loves Touda » de Nabil Ayouch primé aux Critics’ Awards for Arab Films

    by Challenge avec MAP 19 mai 2025
    written by Challenge avec MAP

    Le long métrage «Everybody Loves Touda » de Nabil Ayouch a remporté deux prix aux Critics’ Awards for Arab Films, organisés en marge du festival de Cannes.

    Le film de Nabil Ayouch a ainsi remporté le prix du meilleur scénario et celui de meilleure actrice (Nisrin Erradi).

    « Everybody Loves Touda » sort désormais dans les salles à travers le monde. Après la France, la Belgique, et la Suisse, le film vient de commencer son exploitation en Suède et en Roumanie. Il sera dans les salles en Allemagne le 29 mai, et sortira bientôt en Italie, en Norvège et au Danemark, selon un communiqué de la maison de production «Ali n’».

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    Le long métrage ayant remporté plusieurs prix avait intégré la sélection officielle du Festival de Cannes l’an dernier et avait été sélectionné pour représenter le Maroc aux Oscars 2025 dans la catégorie « Meilleur film étranger ».

    19 mai 2025 0 comments
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    Coopération

    Le CRI Béni Mellal-Khénifra scelle un partenariat stratégique avec Maspex en Pologne

    by Challenge 19 mai 2025
    written by Challenge

    Dans le cadre de la tournée « Investments Grand Tour » initiée par le Centre Régional d’Investissement (CRI) de Béni Mellal-Khénifra, une délégation marocaine s’est rendue en Pologne pour renforcer les liens économiques entre le Maroc et le groupe agroalimentaire Maspex, acteur majeur du secteur en Europe centrale.

    Cette mission s’inscrit dans la dynamique nationale du Nouveau Pacte d’Investissement, encadrée par le ministère délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques publiques. Elle répond également à la feuille de route régionale impulsée par le Wali de la région Béni Mellal-Khénifra, qui vise à renforcer l’attractivité du territoire.

    Maspex est l’un des leaders du secteur agroalimentaire en Europe, avec plus de 22 unités industrielles et une couverture représentant 68 % de la demande sur plusieurs marchés. La rencontre avec la délégation marocaine a permis d’identifier plusieurs opportunités de coopération, notamment dans les chaînes de valeur agroalimentaires, les solutions foncières régionales à travers le programme « Izdihar », ainsi que le positionnement stratégique de la région Béni Mellal-Khénifra sur les axes logistiques reliant l’Europe à l’Afrique.

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    Un aspect symbolique de cette rencontre a retenu l’attention des représentants marocains : Maspex a intégré une carte complète du Royaume du Maroc, incluant ses provinces du Sud, dans ses documents de présentation officiels. Ces supports, diffusés auprès de plus de 500 000 partenaires et distributeurs internationaux, affichent une représentation territoriale conforme à la position marocaine.

    Bien qu’il ne s’agisse pas d’une reconnaissance politique explicite, les membres de la délégation estiment que cet usage cartographique reflète une forme de reconnaissance économique implicite de l’intégrité territoriale du Maroc.

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    Selon Nawfal Hammoumi, directeur du Pôle Impulsion Économique et Offre Territoriale, et Karim Alaoui, chargé de la coopération et du suivi des partenaires, cette démarche illustre le rôle croissant des relais régionaux dans la défense des intérêts stratégiques du Royaume. Pour eux, l’intégration de cette carte par un acteur industriel majeur témoigne d’une nouvelle forme de diplomatie économique, où la souveraineté nationale se manifeste dans les échanges commerciaux et les partenariats industriels.

    19 mai 2025 0 comments
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    Interview

    Abdelghani Youmni : «L’économie informelle est le symptôme d’un système où les incitations ne sont orientées que vers le profit, oubliant le capital»

    by Adama Sylla 19 mai 2025
    written by Adama Sylla

    Dans cette interview sans détour, Abdelghani Youmni, économiste et spécialiste des politiques publiques, décrypte les ressorts profonds de l’économie informelle au Maroc. Entre déséquilibres structurels, sous-investissement chronique et inertie politique, il appelle à un changement de paradigme : celui d’un modèle productif fondé sur la création de valeur, la montée en compétence et une stratégie cohérente d’intégration économique. Un regard lucide et sans concession sur les défis du développement.

    Challenge : La Banque mondiale vient de publier une étude intitulée « Changer de vitesse », qui révèle que plus de huit entreprises sur dix évoluent hors du cadre légal au Maroc. Que vous inspire ce constat, et en quoi rejoint-il ou diffère-t-il de vos propres analyses ? 

    Abdelghani Youmni : Dans un contexte marqué par l’incertitude et la volatilité persistantes, la Banque mondiale considère le secteur privé comme un levier essentiel pour relancer l’économie de la région MENA. Pourtant, celui-ci reste encore insuffisamment armé pour faire face aux chocs économiques exogènes qui s’agrègent de plus en plus aux chocs météorologiques extrêmes et aux conflits géopolitiques.

    Dans le rapport publié en avril 2025 que vous évoquez, et dont le contenu ne représente aucun secret de Polichinelle ni en données ni en constats, l’institution adopte une double approche, à la fois macroéconomique et microéconomique, pour dresser un diagnostic rigoureux : investissement privé en berne, sous-participation des femmes au marché du travail (à peine 18 %) et productivité des entreprises privées et publiques toujours atone et en recul.

    Cette lecture s’inscrit dans une réalité plus large : la région MENA continue de gaspiller ses ressources humaines et économiques, souvent paralysées par des divisions internes et des conflits, qu’ils soient réels ou instrumentalisés, qui freinent durablement toute dynamique de co-industrialisation et de codéveloppement.

    Dans ce paysage régional, le Maroc se distingue par ses avancées en matière d’infrastructures et de modernisation, mais il montre encore des lacunes d’agilité éducative et de progrès technologiques. Les filières professionnelles et universitaires ne s’adaptent pas suffisamment aux besoins d’une économie innovante et compétitive. L’IDH du Maroc est de 0,698, le classant à la 120e place sur 186, et l’indice des inégalités de genre est de 0,432, avec un classement à la 113e place sur 172 pays, derrière la Tunisie et la Libye.

    La Banque mondiale note aussi que la productivité par travailleur recule de 15 % en Égypte et de 1,2 % au Maroc. La croissance des ventes par travailleur reste négative dans l’ensemble de la région MENA, ce qui confirme les déficits du commerce extérieur et la dépendance des exportations de matières premières ou agricoles, ainsi que des transferts des travailleurs migrants.

    Lire aussi | 83 % des entreprises dans l’informel. un frein à la croissance

    Challenge : Selon ce même rapport, l’informalité structurelle freine la croissance et rend les entreprises vulnérables face aux chocs. Quels mécanismes économiques sous-tendent cette fragilité ?

    A.Y : L’économiste Dani Rodrik soutient que la transformation structurelle d’une économie ne peut aboutir sans une augmentation significative de la productivité et une modernisation profonde du facteur travail, deux conditions qui requièrent une volonté politique affirmée. Des pays comme la Corée du Sud ou, plus récemment, l’Indonésie en ont apporté la démonstration en engageant des réformes ambitieuses et coordonnées.

    Dans cette optique, seule une stratégie intégrée, articulant réforme de l’éducation et du capital humain, réorientation des investissements vers l’innovation, la recherche et le développement, ainsi que la réallocation des ressources financières vers des activités productives à forte valeur ajoutée, est en mesure de permettre à des économies comme celle du Maroc de réussir leur décollage.

    Au Maroc, l’informalité n’est pas tant la cause qu’une conséquence de la nature rentière du tissu entrepreneurial. Elle est le symptôme d’un système économique où les incitations ne sont orientées que vers le profit, oubliant le capital : des niches fiscales avantageant l’importation au détriment de la production locale, un sous-financement chronique de l’innovation et de l’expérimentation par les entreprises, et l’absence de passerelles effectives entre les filières de formation et les unités de production.

    L’informalité alimente une concurrence déloyale à l’égard des entreprises formelles, freine les dynamiques de structuration et enferme l’économie dans un cercle vicieux où les acteurs nationaux les plus productifs peinent à émerger. Ce constat, mis en lumière par la Banque mondiale, révèle une économie entravée par des logiques de prédation et des règles du jeu inefficaces. Le résultat est un cycle de vulnérabilité persistante, où les causes et les effets se nourrissent mutuellement dans le temps, piégeant durablement le potentiel de développement technologique.

    Lire aussi | L’informel au Maroc. Une économie parallèle qui résiste aux réformes

    Challenge : En l’état actuel, pensez-vous que les politiques publiques marocaines sont à la hauteur du défi que représente la lutte contre l’économie informelle ?

    A.Y : La lutte contre l’économie informelle ne peut reposer sur une logique de prohibition. Sans alternatives concrètes, une telle approche ne fait que déplacer le problème vers une économie souterraine plus instable et propice à l’émergence de nouvelles formes de délinquance sociale.

    Au Maroc, il est devenu indispensable de doter les politiques publiques d’un véritable dispositif d’évaluation, fondé sur des indicateurs de performance (KPI) et des revues séquentielles. Ces outils, souvent annoncés mais rarement mis en œuvre, permettraient de mesurer de façon rigoureuse l’efficacité, le coût et l’impact des politiques engagées. Leur publication régulière serait un acte fort de reddition démocratique des comptes.

    À l’instar de la monnaie fiduciaire – le cash- progressivement marginalisée par la montée de la finance numérique et des outils bancaires connectés, l’économie informelle peut reculer si elle est ciblée par une stratégie cohérente et inclusive. Cela passe par la démocratisation de l’accès à l’éducation, l’égalité des chances et des trajectoires sociales de partage des opportunités et des richesses plus ouvertes.

    L’exemple de Singapour est à cet égard très instructif. L’économie informelle y est contenue à moins de 10 % du PIB, contre plus de 33 % au Maroc. Dans ce pays asiatique, c’est grâce à un écosystème favorable à l’entrepreneuriat formel : démarches de création simplifiées, fiscalité modérée, bancarisation obligatoire, mais aussi valorisation des compétences, soutien à l’innovation, transition numérique accélérée et formation continue généralisée.

    Challenge : La fiscalité, les charges sociales ou la lourdeur administrative sont souvent pointées du doigt. Quels freins structurels empêchent aujourd’hui une formalisation plus large des entreprises ?

    A.Y : L’économie marocaine reste fortement déséquilibrée dans sa structure. Seuls 12,2 % des emplois relèvent du secteur industriel, y compris l’artisanat, tandis que près de la moitié des emplois (48,7 %) sont concentrés dans les services, mêlant économie marchande et économie populaire. Le secteur high-tech demeure marginal, représentant à peine 1,5 à 2 % de l’emploi total, alors que 11,6 % des actifs travaillent dans le BTP et plus de 28,6 % dans l’agriculture.

    Sur une population active estimée à 28 millions de personnes, seuls 10,6 millions occupent un emploi salarié. Le reste, plus de 15 millions, se trouve en dehors du marché du travail, dans des formes d’emploi informel, précaire ou non déclaré. Dans le secteur structuré, seuls 3,8 millions de salariés sont affiliés à la CNSS. Cela signifie que moins de 5,3 millions de salariés du public et du privé contribuent réellement à la fiscalité et au système de protection sociale.

    Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont ni les charges sociales ni la bureaucratie qui freinent la formalisation de l’emploi, mais plutôt la faiblesse et l’irrégularité des revenus. Le Maroc n’est pas une exception: cette réalité se retrouve sur l’ensemble du continent africain, dans la région MENA, et dans de nombreux pays émergents.

    Pour sortir de cette impasse, il faut repenser notre modèle productif. Formaliser l’emploi ne peut se faire sans création de valeur locale : il s’agit de bâtir des chaînes de valeur intégrées, allant de la matière première jusqu’au produit fini, afin de générer une richesse traçable, distribuée et fiscalisée.

    Trop d’entreprises, aujourd’hui, ne vivent pas de la valeur ajoutée qu’elles produisent, mais des marges dégagées sur la simple revente. C’est ce paradigme extractif et de rente qu’il faut déconstruire pour bâtir une économie manufacturière et une croissance tirée par la demande extérieure.

    Lire aussi | Chômage et crise économique. Le retour en grâce du secteur informel ?

    Challenge : Quelles mesures concrètes pourraient encourager une transition vers l’économie formelle, notamment pour les très petites entreprises (TPE) qui composent l’essentiel du tissu informel ?

    A.Y : La plupart des entreprises dans le monde sont des très petites entreprises (TPE) de moins de 10 salariés. Dans l’Union européenne, c’est plus de 93,8 % ; elles sont 68 pour 1 000 habitants. L’Union compte 25,8 millions de TPE-PME, elles sont toutes formelles, avec un accès au crédit, aux dispositifs de subventions publiques et aux facilités administratives. Ces entreprises produisent des biens manufacturés et des services orientés métiers.

    Au Maroc, le secteur de l’emploi informel ressemble à une pieuvre, invisible dans ses mouvements, fluide dans ses formes, et presque impossible à saisir dans son ensemble. Il faut dire que l’économie informelle est une forme d’économie de compensation qui, parfois, se substitue à l’État pour réguler les inégalités. Ce n’est que le résultat, comme en Amérique latine, de taux d’investissement faibles dans le capital physique et humain.

    Pour étouffer l’informel, il faut une offre productive qui absorbe le chômage, distribue des revenus et contribue aux politiques publiques par l’impôt, pour financer l’éducation et la formation, seules soupapes du développement et de la citoyenneté de fondation.

    Parallèlement, l’encouragement de la contestabilité constructive, de l’analyse critique sur la base de données, et de la mobilité des compétences et des talents nationaux et internationaux pourront amorcer des trajectoires supplémentaires en faveur des territoires, de la conquête de parts de marché à l’international. Au final, la formalisation doit ouvrir des portes, pas juste créer de nouvelles obligations.

    19 mai 2025 0 comments
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    Dossier

    Fiscalisation de l’informel. Un défi constamment renouvelé

    by Mohamed Amine 19 mai 2025
    written by Mohamed Amine

    Elargir l’assiette fiscale est un objectif permanent. Parmi les actions stratégiques pour réaliser cet objectif figure l’intégration des activités informelles, en particulier les micro-activités informelles licites. C’est là un processus depuis longtemps entamé, constamment renouvelé, mais rarement évalué.

    L’informel est une réalité complexe, difficile à cerner et à délimiter. C’est une «zone grise». Nombreux sont les concepts utilisés pour qualifier cette réalité non statique, qui est à la fois économique, sociale et culturelle. «Economie souterraine», «économie de survie», à l’intersection du licite et de l’illicite, c’est objectivement une source de revenus qui n’échappe pas totalement aux radars de l’Etat, en particulier les autorités locales. Une certaine tolérance semble se justifier sociologiquement et politiquement. L’informel est aussi inséparable de la précarité sociale, au sens le plus large du terme. A défaut d’une démarche globale, pluridimensionnelle/multidisciplinaire et participative/inclusive, l’intégration des activités informelles risque de rester éternellement un vœu pieux. Certes, le chantier de la généralisation de la protection sociale aura certainement un impact positif en termes d’intégration des activités informelles. Le Registre social unifié en est une pièce maitresse. Néanmoins, pour ne pas se cantonner à une «gestion de la pauvreté/précarité», le succès de l’intégration des activités informelles (à distinguer de l’«informel-fraude») dépend étroitement d’autres chantiers non moins stratégiques, en particulier les réformes du système d’éducation et du système de santé, de la formation professionnelle, de l’accès au micro-financement, de la gestion de l’espace public (…), réformes capables de donner sens et substance à la politique sociale, et de redonner confiance aux citoyens, tout en réhabilitant les principales institutions de l’Etat. La fiscalité, à elle seule, a un rôle assez limité dans ce processus. Les résultats des nombreuses dérogations fiscales temporaires appliquées dans le passé ou actuellement, en vue de contribuer à l’intégration des activités informelles, sont observables et assez modestes dans la réalité (bien que non évaluées officiellement). Ces mesures fiscales dérogatoires gagneraient certainement à être mieux articulées/imbriquées dans une politique publique dédiée à l’intégration des activités informelles licites. C’est notamment le cas de l’harmonisation du Code de commerce avec le Code général des impôts. Si, dans le premier, la comptabilité et notamment la facturation sont avant tout perçues comme un moyen juridique de preuve en cas de litiges entre commerçants, elles sont obligatoires dans le second pour pouvoir déduire fiscalement les charges, à l’exception des dérogations explicitement prévues au profit de certaines catégories de personnes physiques (PP) exerçant une activité professionnelle et pouvant opter pour le régime de la Contribution professionnelle unique (CPU) ou le régime de l’auto-entrepreneur (AE). C’est là un traitement fiscal imposé par la réalité sociologique de l’économie nationale et justifié par le principe de l’autonomie du droit fiscal. L’option pour ces deux régimes optionnels (CPU et AE) est encadrée, conditionnée et limitée. Ainsi, les PP dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime de la CPU sont soumises à l’IR au taux de 10%, augmenté d’un droit complémentaire qui varie en fonction des tranches des droits annuels, de 300 DH par mois ou 1 200 DH par an à 3 600 DH par mois ou 14 400 DH par an. La base de calcul de la CPU au taux indiqué est constituée du chiffre d’affaires (CA) réalisé auquel s’applique un coefficient fixe pour chaque catégorie de professions conformément au tableau inclus dans l’article 40 du Code général des impôts (CGI) (Voir encadré ci-contre).

    Lire aussi | 83 % des entreprises dans l’informel. un frein à la croissance

    Avant la CPU, était prévu un «régime du bénéfice forfaitaire» ou «bénéfice minimum» (BM) dont les défauts constituaient un obstacle à l’intégration des micro-activités informelles. En effet, le BM était calculé sur la base d’un coefficient fixe et d’un coefficient variable (valeur locative x 1 à 5). Ce mécanisme octroyait aux agents du fisc un pouvoir discrétionnaire assez large, source de risques de pratiques arbitraires et/ou non éthiques. Le nouveau régime de la CPU a relativement réduit ce risque. Lorsque le contribuable exerce plusieurs activités relevant de coefficients différents, le revenu professionnel global est égal au total des revenus déterminés séparément pour chaque profession ou activité. Néanmoins, des limites ont été introduites en 2023. En effet, lorsque le CA annuel au titre des prestations de services réalisées, pour le compte d’un même client, dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à l’IR, par voie de retenue à la source opérée par ledit client au taux de 30%. C’est ce qui a été prévu aussi pour le régime de l’auto-entrepreneur, afin d’éviter certaines pratiques abusives. L’option pour le régime de la CPU est aussi conditionnée par un seuil de CA annuel qui ne doit pas être supérieur à 2 MDH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et 500 milles DH pour les prestataires de services. Cette option est aussi conditionnée par l’adhésion au régime de l’AMO de base. Sont exclus du régime de la CPU, les professions, activités et prestations de services fixées par voie réglementaire. C’est notamment le cas des professions libérales. L’autre régime fiscal dérogatoire concerne l’auto-entrepreneur (AE), initialement conçu pour encourager en particulier les micro-entreprises et les TPE, au cours de leurs premiers pas, à intégrer la «vie économique normale». Il s’agit de PP exerçant une activité professionnelle, à titre individuel, en tant qu’auto-entrepreneur, dans l’une des activités prévues par voie réglementaire. Les taux d’imposition sont de 0,5% ou de 1%, applicables au CA encaissé, avec un seuil de 500 milles  DH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales, et 200 milles DH, pour les prestataires de services. Et, là aussi, à l’instar de la CPU, lorsque le CA annuel, au titre de prestations de services réalisées, pour le compte d’un même client, dépasse 80 000 DH, le surplus est soumis à l’IR, par voie de retenue à la source, opérée par ledit client, au taux de 30%. Et le contribuable AE est tenu d’adhérer au régime de sécurité sociale. Ainsi, au niveau des régimes fiscaux de la CPU et de l’AE, une liaison a été entamée entre l’impôt et la protection sociale. C’est un atout ou 1er pas décisif dans le processus d’intégration des activités informelles, en particulier les petites ou micro-entreprises, mais qui nécessite certainement d’autres mesures extra-fiscales tout aussi nécessaires.

    De même, au niveau du «salariat informel», la «carotte fiscale» a été mobilisée. Ainsi, le CGI prévoit l’exonération de l’indemnité de stage mensuelle brute, plafonnée à 6 000 DH pour une période de 12 mois. Cette exonération est conditionnée notamment par l’inscription à l’ANAPEC et par l’engagement de l’employeur à procéder au recrutement définitif d’au moins 60% desdits stagiaires. Si le stagiaire est recruté par CDI, une exonération supplémentaire de l’IR sur le salaire plafonné à 10 000 DH, est appliquée pendant 24 mois.

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    Par ailleurs, de nombreuses mesures fiscales contraignent les contribuables aussi bien les personnes morales (PM) que les PP à adopter des règles comptables pour garantir la traçabilité formelle et matérielle des opérations et pour pouvoir prétendre à la déductibilité fiscale des charges. Ainsi, la déductibilité comptable et fiscale des charges est conditionnée par la justification d’une facture ou pièce probante. Les modes de règlement sont aussi relativement encadrés par la loi fiscale. Les pièces justificatives des dépenses doivent concerner des opérations «réellement réalisées» et non plus seulement «comptablement justifiées» (LF-2016). Les contribuables dont le revenu professionnel est déterminé selon le régime de la CPU sont aussi soumis à cette obligation. L’administration fiscale (AF) met à la disposition des contribuables, sur son site électronique, une liste des numéros d’identification fiscale des fournisseurs défaillants, qu’elle tient et met à jour régulièrement. De même, les factures ne sont pas admises lorsqu’elles concernent une «entreprise inactive».

    Cependant, malgré les progrès techniques réalisés par l’AF, l’environnement économique général demeure peu favorable à l’intégration des activités informelles. Ainsi, la délivrance d’une facture ou ticket de caisse  ou toute autre pièce justificative probante n’est pas encore une obligation juridique dont le non respect est sanctionné en tant qu’infraction commerciale, voire pénale, par des amendes. 

    Une autre mesure introduite depuis longtemps et favorable aux PP professionnels qui adhèrent aux centres de gestion de comptabilité agréés (article 38-III du CGI), accorde aux adhérents un abattement de la base imposable de 15%. Cependant, cette mesure qui semble avoir attiré très peu de contribuables, mérite certainement d’être évaluée et éventuellement renforcée pour la rendre plus attractive et plus efficace. En fait, son efficacité dépend surtout de l’adhésion active de certains acteurs tels que les chambres professionnelles et les professionnels de la comptabilité. Cette mesure permet surtout de faciliter le passage des régimes de la CPU ou de l’AE vers les régimes du RNS ou du RNR. Pour cela, toute une dynamique, pas seulement de nature technique, est à mettre en place pour entamer des campagnes de lutte contre l’analphabétisme comptable, fiscal et numérique, ainsi que la sensibilisation à une nouvelle perception de l’impôt/contribution, en tant qu’acte fondamental de la citoyenneté. En effet, l’intégration de l’informel impose une démarche volontariste et participative/inclusive. L’informel ne devrait plus être cet arbre qui cache la forêt, celle de l’économie de rente, celle d’un grand patronat victime de son «obésité ou constipation mentale».

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    Monde

    Joe Biden diagnostiqué d’une forme « agressive » d’un cancer de la prostate

    by Challenge 19 mai 2025
    written by Challenge

    L’ancien président américain Joe Biden a été diagnostiqué d’une forme « agressive » d’un cancer de la prostate, ont annoncé dimanche ses services, précisant que le démocrate de 82 ans présentait des « métastases osseuses ».

    « Bien que cela représente une forme plus agressive de la maladie, le cancer semble être hormonodépendant, ce qui permet une gestion effective » de la maladie, déclare le bureau de Joe Biden dans un communiqué transmis à l’AFP.

    Joe Biden a quitté la Maison Blanche en janvier après avoir renoncé l’été dernier à se représenter, sur fond d’inquiétudes quant à son état de santé. Un livre-enquête doit d’ailleurs paraître mardi, racontant par le menu son lent déclin physique et cognitif au fil de son mandat.

    L’ancien locataire de la Maison Blanche a été diagnostiqué vendredi. Selon le communiqué, son cancer est de niveau 9 sur le score de Gleason, qui évalue les niveaux d’agressivité de cancers de la prostate sur une échelle allant jusqu’à 10.

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    L’actuel président, Donald Trump, s’est dit « attristé » par l’annonce.

    « Melania et moi sommes attristés d’apprendre le diagnostic médical récent de Joe Biden. Nous envoyons à (son épouse) Jill et à la famille nos meilleurs voeux les plus chaleureux, et nous souhaitons à Joe un rétablissement rapide et réussi », a déclaré le républicain sur sa plateforme Truth Social.

    « Joe est un battant – et je sais qu’il fera face à ce défi avec la même force, résilience, et optimisme qui ont toujours défini sa vie et son leadership », a quant à elle déclaré sur son compte X l’ancienne vice-présidente américaine Kamala Harris, au profit de qui Joe Biden s’était retiré de la course à la présidentielle.

    Le cancer de la prostate est le plus courant chez les hommes et représente 15% de l’ensemble des cancers masculins. La prostate est une glande masculine dont la fonction principale est de produire un liquide qui entre dans la composition du sperme.

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    « Bien qu’il s’agisse d’une maladie à laquelle on peut tout à fait survivre lorsqu’elle est détectée à un stade précoce, c’est la deuxième cause de décès par cancer chez les hommes. La détection précoce est essentielle », souligne de son côté la Société américaine de cancérologie, rappelant que l’ancien président avait beaucoup oeuvré pour la lutte contre cette maladie.

    « Le président et sa famille évaluent les options de traitement avec ses médecins », précise le communiqué.

    Joe Biden avait été opéré en 2023 d’une « petite » lésion sur la poitrine, qui s’était révélée cancéreuse. Lors de son mandat, il avait lancé une grande initiative de recherche et de financement « pour guérir les cancers une bonne fois pour toutes » avec pour objectif de réduire la mortalité liée à cette maladie de 50% en 25 ans.

    « Personne n’a fait plus que Joe » en la matière, a assuré Barack Obama, locataire de la Maison Blanche de 2009 à 2017. « Je suis sûr qu’il relèvera ce défi avec la détermination et l’élégance qui le caractérisent. Nous prions pour une guérison rapide et complète », a-t-il dit à l’adresse de son ex-vice-président.

    « J’ai une pensée pour les Biden, qui sont confrontés au cancer, une maladie qu’ils ont tant fait pour essayer d’épargner à d’autres familles. Je vous souhaite un prompt rétablissement », a écrit l’ancienne Première dame et candidate démocrate Hillary Clinton sur X.

    La famille de Joe Biden a déjà été touchée par cette maladie: son fils aîné, Beau, est décédé en 2015 d’un cancer du cerveau à 46 ans.

    « Ce n’est pas un ami personnel ou quelque chose comme ça, mais c’est triste », a réagi Ariale Booker, 48 ans, qui travaille dans le bâtiment à Washington et a vu sa mère et sa grand-mère mourir d’un cancer. « Je les ai vues vraiment être terrassées. Ses dernières années (de Joe Biden), sa vie va être vraiment dure. »

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    Le débat sur le déclin progressif du démocrate lors de son mandat a été remis en lumière samedi avec la publication d’une bande sonore datant de 2023 dans laquelle le président d’alors perd le fil de grandes dates de sa vie.

    Le livre-enquête des journalistes Jake Tapper et Alex Thompson, devant paraître mardi, raconte en outre comment la Maison Blanche a caché au monde les faiblesses grandissantes d’un président qui s’est longtemps accroché à sa tentative de réélection.

    Joe Biden a récemment nié avoir subi un déclin cognitif à la fin de son mandat.

    Sa santé était une question politique depuis longtemps, et Donald Trump avait pris l’habitude de le surnommer « Joe-l’endormi ».

    Challenge (avec AFP)

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    Météo

    Les prévisions du lundi 19 mai

    by Challenge avec MAP 19 mai 2025
    written by Challenge avec MAP

    Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le lundi 19 mai 2025 :

    – Temps assez chaud sur l’Est des provinces sahariennes, le Sud-Est et le Sud de l’Oriental.

    – Ondées et orages isolés sur les Haut et Moyen Atlas et sur les Hauts plateaux Orientaux.

    – Bruine possible le matin sur les plaines atlantiques entre Kenitra et Safi et les côtes entre Sidi Ifni et Tarfaya.

    – Formations brumeuses matinales et nocturnes sur les plaines Nord et Centre et sur le Nord des provinces Sud.

    – Chasse-poussières locales sur le Sud de l’Oriental, le Sud-Est et l’intérieur des provinces sahariennes.

    – Rafales de vent localement assez fortes sur le Sud de l’Oriental, les Haut et Moyen Atlas et sur les côtes Centre et Sud.

    – Température minimale de l’ordre de 09/15°C sur l’Atlas et le Rif, de 15/20°C sur le Nord-Ouest des provinces sahariennes et le Sud-Est et de 12/18°C partout ailleurs.

    – Températures maximales en hausse sur les régions Centre et Sud et le Sud de l’Oriental, et en baisse ailleurs. – Mer belle à peu agitée sur la Méditerranée, peu agitée à agitée sur le détroit et au long du littoral Atlantique.

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    Tribune et Débats

    Flottaison du dirham : Le Maroc prêt à accélérer face à la pression du FMI [Par Charaf Louhmadi]

    by Charaf Louhmadi 18 mai 2025
    written by Charaf Louhmadi

    Sous pression du FMI, le Maroc s’apprête à accélérer la flexibilisation de son régime de change, une réforme aussi ambitieuse que risquée. Entre prudence affichée et volonté affirmée, Rabat avance à pas comptés pour éviter le piège d’une transition brutale, à l’image des scénarios égyptien, turc ou argentin.

    Un calendrier et un cap pour une transition progressive

    Face à la pression du FMI, la banque centrale marocaine avance que la réforme de flexibilisation du régime de change est chronophage. Le gouverneur de la banque centrale, Abdellatif Jouahri, a évoqué un délai minimal de 9 ans pour mener ce chantier complexe et crucial pour l’économie marocaine.

    La flottaison du MAD permettrait d’accentuer la résilience de l’économie nationale face aux chocs exogènes, et reflèterait la valorisation réelle de la devise marocaine traduisant les volumes d’échanges à l’achat comme à la vente.

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    A contrario, une devise flottante est assujettie au risque de change de manière multidimensionnelle, par exemple dans les échéanciers de remboursement de la dette extérieure en devise. Rappelons que le Maroc vient de lever en février dernier plus de 2 milliards d’euros (sur deux ténors le 4 ans et le 10 ans).

    La flexibilisation du régime de change a été conjointement initiée en 2018 par le ministère des finances et Bank-Al Maghrib avec un intervalle de flottaison à +/-2,5%, puis élargie en 2020 à un intervalle plus large (+/-5%).  La partie non flottante du MAD est un panier composé des poids approximatifs suivants :

    • 60% EUR
    • 40% USD

    Cette composition explique la corrélation de la paire EUR/MAD à EUR/USD et par ricochet la dépréciation récente du MAD face à l’EUR faisant suite à l’affaiblissement de l’USD face à l’EUR. Ceci résulte essentiellement des séries de réformes et de la hausse des tarifs douaniers actée par l’administration Trump.

    Depuis l’avènement de la crise covid et face au caractère incertain de l’économie mondiale, la réforme a été temporairement suspendue, mais devrait a priori reprendre dans les mois et années à venir. Le ministère de l’économie et des finances et la banque centrale marocaine ont affirmé que le Royaume est prêt à alléger l’arrimage du dirham au dollar et à l’euro dès 2026, c’est ce qu’a déclaré Nadia Fettah, ministre de l’économie, en avril dernier au média Sky News et Abdellatif Jouahri à Bloomberg.

    Petites et moyennes entreprises : Talon d’Achille ralentissant la réforme

    Parmi les arguments avancés par BAM pour se donner le temps d’une flottaison graduelle du MAD ; la non-préparation des très petites, petites et moyennes entreprises aux conséquences économiques de cette réforme. Le wali de la Bank-Al Maghrib entend opérer une sensibilisation régionale auprès de ces acteurs de terrain que sont les TPME et ce en partenariat avec l’Office des changes.

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    Sont particulièrement concernées les TPME qui traitent sur les marchés internationaux, par exemple celles qui importent des marchandises seront assujetties à une volatilité plus accrue que celle que connaît le MAD aujourd’hui. A l’échelle des ménages et particulièrement les classes moyennes, en cas de dévaluation du dirham, les déplacements à l’étranger risqueront de coûter plus chers du fait d’une dévaluation probable de la monnaie.

    Tirer les leçons de la dévaluation spectaculaire de la livre égyptienne

    Tout le monde a en tête la psychose du scénario égyptien, où en l’espace d’une matinée, en novembre 2016, la livre égyptienne s’est effondrée de plus de 40%. Le FMI avait conclu un deal qui contenait entre autres un l’octroi d’un prêt de 12 milliards de dollars pour soutenir l’économie égyptienne post flexibilisation de son régime de change. A Noter toutefois que le Maroc dispose d’un contexte macroéconomique plus favorable que son partenaire égyptien pré-flottaison, où l’inflation sévissait à plus de 23%.

    A noter enfin que le déficit commercial du Maroc est de 304,47 milliards de dirhams, donc une dévaluation du MAD renchérirait les importations, ce qui génèrerait ipso facto de l’inflation supplémentaire et provoquerait potentiellement une perte du pouvoir d’achat.

    Argentine, Russie, Turquie et Nigeria : Les conséquences dangereuses d’une transition forcée vers un régime flottant en contexte de crise

    Outre l’exemple égyptien, d’autres économies émergentes ont subi des dévaluations importantes post-flottaison de leur régime de change. L’Argentine en 2002, La Russie en 1998, La Turquie en 2001 ou encore le Nigeria en 2016. Toutefois, ces flexibilisations ont été déclenchées suite à de graves crises économiques ayant entraîné l’épuisement des réserves de change.

    Le point commun de ces réformes est qu’elles ont été déclenchées en période de crise :

     En Argentine, la fin du peso-dollar ou « currency board » (entre 1991 et 2001, l’Etat Argentin calquait le peso sur le dollar américain, soit 1 peso = 1 dollar) , a eu comme conséquence une baisse intensive du peso et une hyperinflation durable. Cela a entraîné également l’appauvrissement de la population.

    Lire aussi | Économie de l’espace : entre enjeux clés et menaces [Par Charaf Louhmadi]

    La Russie, frappée de plein fouet par la crise asiatique, la baisse du prix du pétrole et une mauvaise gestion des finances publiques entraînant des déséquilibres budgétaires, a acté la flottaison du rouble (qui était semi-fixe avant 1998). Par conséquent, le rouble a perdu plus de 70% de sa valeur en l’espace de quelques semaines, entraînant des faillites en cascade, de l’inflation et par ricochet une crise sociale.

    En Turquie, le gouvernement a acté en février 2001 la libéralisation du taux de change suite à une grave crise bancaire. Cela a entraîné une baisse quasi-immédiate de 50% de la valeur de la livre. 

    Entre 2014 et 2015, la chute du prix du pétrole presse les réserves de change du Nigeria. La banque centrale décide alors de faire flotter le naira en juin 2016.  Cela a comme conséquence une dévaluation immédiate de plus de 40% de la monnaie et provoque une amplification de l’inflation et des crises sociales.

    Ces cas d’études montrent les risques liés à une transition forcée vers un régime de change flottant en période de crise et de vulnérabilité économique.

    18 mai 2025 0 comments
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    Dossier

    83 % des entreprises dans l’informel. un frein à la croissance

    by A. Maïssour 18 mai 2025
    written by A. Maïssour

    Le dernier rapport régional de la Banque mondiale, publié en avril 2025, dresse un constat préoccupant sur l’économie du Maroc : 83 % des entreprises y évoluent dans l’informel. Ce taux, parmi les plus élevés de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), illustre les obstacles structurels qui freinent le développement du secteur privé et, par conséquent, la croissance économique du pays. 

    Intitulé « Changer de vitesse : Le secteur privé comme moteur de la croissance », le rapport analyse les raisons de la faible croissance observée dans la région MENA. En 2024, le taux de croissance régional plafonnait à 1,9 %. Les projections tablent sur une amélioration progressive : 2,6 % en 2025, puis 3,7 % en 2026. Mais cette reprise reste fragile, minée par une productivité atone et des marchés fragmentés.

    Lire aussi | L’informel au Maroc. Une économie parallèle qui résiste aux réformes

    Le secteur privé, censé être un moteur d’emploi et d’innovation, n’a pas joué son rôle. Selon les enquêtes menées par la Banque mondiale, la croissance des ventes par travailleur a baissé en moyenne de 8 % dans la région. Le Maroc, légèrement au-dessus de la moyenne, affiche une baisse de 1,2%, tandis que l’Égypte enregistre une chute de 15 %.

    L’économie informelle, poids lourd du paysage économique

    L’un des freins majeurs identifiés est l’économie informelle, omniprésente dans la région. Celle-ci représente entre 10 % et 30 % de la production totale et jusqu’à 80 % de l’emploi. Le Maroc se distingue tristement avec 83 % de ses entreprises opérant hors du cadre légal. Cette prévalence de l’informel reflète les failles structurelles du tissu économique national.

    Ce constat rejoint celui dressé par l’OCDE dans son rapport de septembre 2024 : l’informalité, bien qu’elle fournisse un revenu à de nombreux ménages, nuit à la productivité, réduit les recettes fiscales et fausse la concurrence. Les entreprises informelles, souvent de petite taille, sont peu rentables et leurs travailleurs, peu qualifiés, perçoivent des salaires faibles. Ce phénomène est particulièrement marqué dans les zones rurales.

    Exclusion des femmes : un potentiel sous-exploité

    Autre frein identifié : la faible participation des femmes à la vie économique. Avec seulement 18 % de femmes actives, la région MENA détient le taux le plus bas au monde, bien en dessous de la moyenne mondiale de 49 %. Pourtant, la réduction de ces inégalités pourrait représenter un levier de croissance majeur. La Banque mondiale estime qu’un pays moyen de la région pourrait accroître son revenu par habitant de 50 % en favorisant l’accès des femmes à l’emploi.

    Lire aussi | Une délégation espagnole s’informe de la dynamique de développement à Dakhla-Oued Eddahab

    Les données récentes montrent aussi que la promotion des femmes à des postes de direction contribue à l’intégration de davantage de femmes sur le marché du travail, créant ainsi une dynamique vertueuse pour l’économie.

    Un secteur public omniprésent

    La forte présence de l’État dans les économies de la région nuit également à l’essor du secteur privé. Dans de nombreux pays MENA, les entreprises publiques dominent des secteurs entiers, souvent avec des avantages importants. Cette situation décourage l’investissement privé, détourne les talents vers des emplois publics perçus comme plus stables, et freine l’innovation.

    La Banque mondiale appelle à une plus grande neutralité concurrentielle afin de garantir que les entreprises publiques et privées évoluent sur un pied d’égalité.

    Un climat des affaires à améliorer

    Les entreprises de la région MENA sont plus nombreuses que celles d’autres pays à revenu comparable à signaler des obstacles liés à l’environnement des affaires : corruption, instabilité politique, lourdeurs administratives… Ces contraintes freinent la création et la formalisation des entreprises, et découragent les investissements étrangers.

    Améliorer le cadre réglementaire, simplifier les procédures et renforcer la transparence des institutions publiques sont autant de mesures indispensables pour restaurer la confiance des investisseurs et dynamiser le tissu entrepreneurial.

    Investissement et innovation à la traîne

    Autre indicateur révélateur du manque de dynamisme du secteur privé : le faible niveau d’investissement. En moyenne, seulement 21,7 % des entreprises de la région investissent dans le capital physique, un chiffre bien inférieur à celui observé dans les pays à revenu comparable. En matière de formation du personnel, les chiffres sont tout aussi préoccupants : à peine 14,5 % des entreprises proposent des formations structurées.

    Ces carences en capital humain et physique se traduisent par une faible capacité d’innovation, tant dans les produits que dans les procédés, et par un sous-investissement chronique en recherche et développement.

    Un avenir possible, à condition d’agir

    Malgré ce constat préoccupant, la Banque mondiale entrevoit des perspectives encourageantes pour la région MENA – si des réformes ambitieuses sont engagées. Pour Roberta Gatti, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région, « un secteur privé performant est essentiel pour promouvoir une croissance durable et la prospérité dans la région ».

    Les gouvernements sont appelés à réinventer leur rôle : garantir un environnement concurrentiel, investir dans l’éducation et la formation, faciliter l’accès au financement, et encourager l’entrepreneuriat, notamment féminin. De leur côté, les entreprises doivent moderniser leur gestion, investir dans l’innovation, et mieux valoriser leurs ressources humaines.

    La mobilisation du potentiel inexploité, notamment celui des femmes et des jeunes, pourrait transformer le secteur privé en un véritable moteur de développement inclusif pour le Maroc et la région MENA.

    18 mai 2025 0 comments
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    Dossier

    L’informel au Maroc. Une économie parallèle qui résiste aux réformes

    by Adama Sylla 18 mai 2025
    written by Adama Sylla

    Malgré des réformes ambitieuses, l’économie informelle continue de prospérer au Maroc, pesant lourdement sur le marché du travail et les finances publiques. Mais quelles sont les raisons de cette persistance et comment transformer cette réalité ?

    Le secteur informel au Maroc, malgré des efforts pour l’intégrer à l’économie formelle, reste un phénomène endémique et complexe, englobant une large partie des activités économiques et des emplois. Selon un rapport récent de la Banque mondiale, ce secteur informel représente une part colossale de l’économie du pays, avec 83 % des entreprises opérant en dehors du cadre formel. Un chiffre frappant qui place le Maroc parmi les nations les plus affectées de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA).

    Depuis plusieurs décennies, le secteur informel est un moteur de l’économie marocaine, notamment depuis les années 1970. L’émergence d’une économie moderne et structurée semble compromise par cette réalité, dont les racines plongent profondément dans le tissu économique national.

    Lire aussi | Chômage et crise économique. Le retour en grâce du secteur informel ?

    Malgré les efforts de la Banque mondiale et d’autres institutions internationales pour pointer du doigt l’ampleur du phénomène, l’informel ne cesse de se développer, impactant directement l’emploi, la production, ainsi que les finances publiques. Une étude de Bank Al-Maghrib révèle que ce secteur informel représente environ 30 % du Produit Intérieur Brut (PIB) marocain, un poids considérable dans une économie qui cherche à se moderniser.

    Une économie parallèle : entre flexibilité et exclusion

    L’économie informelle, ou économie parallèle, est souvent perçue comme un havre pour les travailleurs exclus du formel, sans accès aux emplois réguliers, et une réponse aux déséquilibres sociaux et économiques. Cette économie, dominée par des petites productions, des emplois précaires et des activités de rue, est en réalité une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles, notamment en milieu urbain et rural. Selon certains experts, elle joue même un rôle d’amortisseur social, en offrant une forme de résilience face à la pauvreté.

    Dans ce contexte, de nombreux travailleurs et petites entreprises n’ont d’autre choix que de se tourner vers le secteur informel pour survivre. Le gouvernement et plusieurs organismes internationaux commencent cependant à reconnaître les avantages d’un tel secteur dans des économies fragiles, bien que les effets de cette informalité restent ambigus et souvent perçus comme un frein à l’innovation et à la compétitivité.

    L’informel : des coûts invisibles mais réels

    Si l’informel peut offrir des solutions immédiates à certains défis économiques, il n’en demeure pas moins que ses coûts sont colossaux à long terme. L’une des conséquences les plus visibles de l’informalité est le manque à gagner pour les finances publiques. En effet, l’évasion fiscale, le recours à des fausses factures et la dissimulation de revenus sont des pratiques courantes qui privent l’État de milliards de dirhams chaque année. Selon les estimations, l’économie informelle représente entre 50 et 60 milliards de dirhams en termes de pertes fiscales.

    Lire aussi | L’informel, cet arbre qui cache la forêt

    Les entreprises formelles, qui respectent les obligations fiscales et légales, subissent la concurrence déloyale des acteurs informels, ce qui nuit à leur rentabilité, freine l’investissement et empêche l’innovation. L’informel génère ainsi une spirale de déclin, où la qualité des produits et services se dégrade, où les prix chutent, et où les normes de sécurité et de qualité sont souvent ignorées.

    De plus, l’emploi dans l’informel se caractérise par une précarité criante : les travailleurs sont souvent privés de protections sociales, de droits au chômage, de conditions de travail décentes et d’un salaire équitable. Les salariés informels sont ainsi piégés dans un cercle vicieux d’instabilité et de faibles revenus.

    Les solutions gouvernementales : réformes et incitations

    Face à ce phénomène persistant, le gouvernement marocain a mis en place plusieurs réformes visant à intégrer progressivement l’économie informelle à l’économie formelle. Parmi les mesures phares, on trouve la simplification du statut de l’auto-entrepreneur, qui permet à un large éventail d’activités de se structurer sous un cadre juridique simplifié. Le programme Intelaka, dédié au financement des jeunes entrepreneurs, a également été renforcé pour faciliter l’accès aux crédits à des conditions avantageuses.

    La digitalisation de l’économie est vue comme un levier clé pour accélérer cette transition. L’introduction de la facturation électronique et l’encouragement des paiements mobiles visent à réduire les coûts administratifs et à améliorer la traçabilité des transactions, facilitant ainsi le passage du secteur informel vers le formel.

    Des secteurs spécifiques confrontés à des défis uniques

    La réforme du secteur informel ne peut pas être uniforme : chaque secteur présente des spécificités qui nécessitent des solutions adaptées. Dans le domaine de l’artisanat, par exemple, il est crucial de mettre en place des plateformes de soutien à l’exportation pour permettre aux petites entreprises de se faire connaître au-delà des frontières marocaines. Quant au commerce ambulant, qui représente une part importante du secteur informel (près de 270 000 petits commerces), des licences simplifiées et des espaces dédiés pourraient permettre de régulariser cette activité et de mieux encadrer les petits commerçants.

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    Dans le secteur agricole, où 77% des exploitations fonctionnent sans être enregistrées, des programmes d’accompagnement à la transition vers la formalité sont urgents. L’accès aux crédits et à des formations spécialisées serait essentiel pour soutenir les agriculteurs dans cette démarche.

    Enfin, le secteur du transport informel, qui emploie plus de 500 000 travailleurs, a besoin d’un cadre réglementaire clair pour éviter les dérives et améliorer les conditions de travail des conducteurs et des usagers.

    Malgré la mise en place de dispositifs incitatifs et de réformes pour encourager la formalisation, la tâche reste ardue. L’obstacle majeur à la transition vers une économie formelle réside dans le cadre institutionnel et réglementaire complexe. Les procédures administratives sont souvent perçues comme lourdes et décourageantes pour les petites entreprises, qui préfèrent rester dans l’informalité plutôt que de faire face à des coûts et des démarches administratives élevés.

    Textile : l’informel menace un secteur clé
    L’industrie du textile et de l’habillement fait face à une concurrence déloyale alimentée par l’économie informelle, qui représente 54 % de l’activité du secteur, selon une étude de la CGEM. Ce taux dépasse celui du BTP, du transport routier ou de l’agroalimentaire. La confection et le tissu d’ameublement sont les filières les plus affectées, en raison de la facilité de production dans des unités clandestines, souvent installées à Casablanca, Tanger, Fès ou encore Guercif.
    L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (Amith) ne cesse de tirer la sonnette d’alarme : ces ateliers, employant quelque 200 000 personnes dans des conditions précaires, inondent le marché de produits de qualité médiocre, parfois 50 % moins chers que ceux issus des circuits formels. Résultat : chute des prix, contrefaçon de modèles, fermeture d’unités structurées.
    Face à cette menace, les professionnels appellent à un plan d’action global : contrôles renforcés, incitations à la formalisation, régulation stricte, campagnes de sensibilisation, et soutien accru aux entreprises conformes. Il y va de l’avenir d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.

    Lutte contre l’informel : Le plan en quatre axes du patronat
    La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) propose un plan d’action structuré autour de quatre chantiers prioritaires pour freiner l’économie informelle. Le premier vise à renforcer l’attractivité du secteur formel. Pour cela, le patronat suggère de réduire le gap fiscal entre formel et informel, en allégeant la fiscalité sur le travail, en simplifiant la TVA et en augmentant les droits de douane sur les produits finis importés. À l’instar de la Turquie, qui a réduit son taux d’informalité de 20 % en baissant TVA et cotisations sociales, le Maroc pourrait s’inspirer de ces réformes.
    Deuxième axe : accompagner les unités de production informelles vers le formel grâce à un cadre réglementaire incitatif, un meilleur accès au marché et le renforcement de leurs capacités. Troisième priorité, la CGEM souhaite être associée au processus de détection des fraudes et à l’élaboration des référentiels.
    Enfin, le quatrième pilier cible l’assèchement de la contrebande, via le transfert progressif de la main-d’œuvre vers l’économie productive et le renforcement des contrôles. En soutien, deux leviers transversaux sont identifiés : l’éducation et la lutte contre la corruption, notamment par la digitalisation des services publics et la réduction des paiements en cash.

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    Mines

    Mine d’argent de Zgounder.  Le canadien Aya Gold & Silver augmente ses revenus de 566 %

    by Adama Sylla 18 mai 2025
    written by Adama Sylla

    Portée par la hausse des cours mondiaux de l’argent et l’agrandissement de sa mine marocaine de Zgounder, la compagnie canadienne Aya Gold & Silver annonce une croissance spectaculaire de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2025 : +566 % en un an.

    La société minière Aya Gold & Silver a enregistré une hausse de 192 % de sa production d’argent sur un an, atteignant 1,07 million d’onces au premier trimestre 2025. Les ventes ont suivi le même rythme, grimpant de 346 %, avec 1,06 million d’onces écoulées. Une performance inédite que l’entreprise attribue à l’achèvement des travaux d’agrandissement de la mine de Zgounder, située dans le Haut Atlas marocain.

    Livrée fin 2024, la nouvelle usine de traitement a permis à Aya d’augmenter drastiquement sa capacité de production. L’objectif pour 2025 est ambitieux : entre 5 et 5,3 millions d’onces d’argent, contre 1,63 million en 2024.

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    Effet conjugué de la production et des prix

    La montée en puissance de la mine coïncide avec un contexte international très favorable. Le prix moyen de vente de l’argent a atteint 31,87 dollars l’once sur le trimestre, en hausse de 50 % sur un an. Résultat : Aya Gold & Silver a réalisé un chiffre d’affaires de 33,8 millions de dollars, soit une augmentation de 566 % en glissement annuel.

    Selon la Banque mondiale, cette flambée des cours s’explique par une forte demande industrielle, un déficit persistant sur le marché de l’argent, et un regain d’intérêt pour les valeurs refuges dans un climat économique et géopolitique incertain. En octobre dernier, l’once d’argent avait même atteint 34,25 dollars sur le marché à terme CME, un sommet jamais vu depuis 2012.

    Résultats financiers en nette amélioration

    Malgré cette explosion des revenus, les bénéfices ont progressé dans une moindre mesure. Le groupe a affiché un bénéfice net de 6,9 millions de dollars, contre une perte nette de 2,6 millions au premier trimestre 2024. Une amélioration notable, mais qui dépendra pour les mois à venir d’un maintien des prix élevés de l’argent et de la poursuite de la montée en puissance de Zgounder.

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    Une stratégie de croissance durable

    Pour Benoit La Salle, PDG d’Aya Gold & Silver, ces résultats sont le fruit d’une stratégie long terme axée sur l’efficacité opérationnelle et la solidité financière : « Grâce à une forte génération de flux de trésorerie, à l’amélioration des performances en matière de coûts, à l’augmentation de la production et à une solide position de liquidité, Aya est bien placée pour stimuler une croissance durable, maximiser la rentabilité et offrir un rendement élevé à ses actionnaires. »

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