La France revient à la charge pour soigner ses intérêts économiques au Maroc. Au programme : plusieurs déplacements ministériels dans le royaume au mois d’avril et des rencontres « Be to Be » avec le monde des affaires Casablancais.
Avant de rendre les clés de l’Élysée, Emmanuel Macron semble déterminé à mettre du soleil dans les relations entre Paris et Rabat, qu’elles soient de l’ordre politique, économique ou diplomatique. Le Président français a inscrit à l’ordre du jour de l’exécutif français une série de déplacements de responsables dans le royaume. Un programme qui débutera par la virée printanière de deux ministres à Rabat, qui va démarrer avec la visite du ministre français chargé du commerce extérieur, Nicolas Forissier, prévue les 2 et 3 avril 2026, sa première sortie à l’étranger depuis sa nomination au gouvernement en octobre 2025. Pour rappel, Nicolas Forissier qui avait été Député, sous les couleurs du groupe parlementaire de la Droite républicaine faisait partie en 2024 du groupe d’amitié France-Maroc de l’Assemblée nationale française, dirigée à l’époque par l’écologiste Karim Ben Cheïkh.
Au menu, un forum business organisé, du 14 au 16 avril, dans le royaume par la branche internationale de Bpifrance avec l’objectif de promouvoir les partenariats économiques autour de la Coupe du monde de football 2030. Les marchés liés à la construction, la mobilité urbaine, ou encore l’hébergement et le tourisme seront au centre des discussions.
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C’est aussi dans ce sens qu’a été programmée le 2 avril, une visite du site de l’opérateur de transports français Transdev à Rabat, qui exploite le réseau de tramway de la région de Rabat-Salé depuis 2010. Son contrat, renouvelé en 2020, doit s’arrêter en 2030 – une échéance que Nicolas Forissier Paris tentera de revoir pour arracher un espoir de renouvellement du contrat.
L’envoyé spécial auprès du ministère des Affaires étrangères français pour les villes durables et les transports, Gérard Wolf, ancien numéro deux de l’énergéticien français EDF fera aussi partie de la délégation.
Toujours armée du souhait de booster les échanges commerciaux, ce sera au tour de Annie Genevard, titulaire du portefeuille de l’agriculture, de se rendre au Maroc vers la fin du mois d’avril. Pour brasser large, la ministre a prévu la tenue du Salon international de l’Agriculture au Maroc (Siam), qui se tiendra du 20 au 26 avril à Meknès, histoire de décrocher des partenariats d’exception pour les opérateurs économiques français du secteur qui ne manqueront pas de l’accompagner. Et ce, au moment où les frictions entre Paris et Rabat sont toujours d’actualité concernant les exportations de tomates marocaines vers l’Union européenne (UE), contre lesquelles les producteurs de fruits et légumes français et l’association Tomates et concombres de France, harcèlent la ministre de l’Agriculture pour mettre en difficultés les exportateurs Marocains.
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A la manœuvre, l’Ambassadeur de France au Maroc, Christophe Lecourtier, qui, malgré son départ imminent de Rabat continue de faire feu de tout bois pour améliorer les relations entre les deux pays.
Prévue pour la mi-avril, l’organisation d’une réunion de haut niveau entre les deux pays, avec la présence des deux Chefs de gouvernement, Aziz Akhannouch et Sébastien Lecornu devrait finir d’ailleurs par sceller ce partenariat d’exception.
Un ballet diplomatique qui témoigne de l’attractivité du royaume, surtout au moment où le Maroc est dans une spirale de projets en plein boom que ce soit dans les énergies renouvelables , l’automobile , l’aéronautique, ou encore le secteur ferroviaire. La France veut ainsi renforcer son dialogue avec son partenaire marocain en s’appuyant sur une relation commerciale qui se veut désormais dynamique.