Contrairement aux Etats qui s’appuient sur un arsenal législatif très contraignant, pour surveiller la toile de très près, le royaume a opté pour le droit de naviguer sans entraves sur le web. Bien lui en a pris, puisque le Maroc caracole désormais en tête des pays arabes dans l’indice de liberté d’Internet 2026.
Quand un pays résiste à prendre des mesures de contrôle du Web et que les autorités s’abstiennent de toucher à la liberté d’accès à Internet, cela se ressent forcément et tout de suite sur la perception des autres libertés. C’est pour cela que l’organisation « Cloudwards », n’a pas hésité à classer le Maroc premier de l’ensemble des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord et 77e mondial parmi 171 pays dans le dernier rapport sur «l’indice de liberté d’Internet 2026».
Le Royaume trône ainsi dans le peloton de tête auprès de la France, de l’Allemagne, du Japon et des États-Unis. Il ne faut pas être sorcier pour comprendre que les critères choisis pour mesurer la liberté d’Internet sont implacables : l’accessibilité aux contenus numériques, la liberté d’expression et les restrictions gouvernementales imposées aux services en ligne que l’on peut résumer en trois critères: l’accès à Internet, la censure des contenus et les violations des droits des internautes. L’étude de Cloudwards, «Mapped: Internet Freedom by Country in 2026», classe 171 pays selon leur liberté en ligne, rejoint ainsi les appréciations internationales concernant l’accès au numérique qui est désormais partie prenante des libertés. Concrètement, cela donne une bonne avance au royaume sur beaucoup de domaines liés au web tels que la vitesse de l’internet où le Maroc est également classé 1er en Afrique pour la vitesse de l’internet mobile, ( 39e rang mondial selon le Speedtest Global Index).
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Une situation qui n’est pas facile à tenir tant les enjeux sont délicats. Selon un rapport publié récemment par l’ONG Freedom House, la liberté d’expression sur Internet a reculé dans 32 des 65 pays étudiés par l’ONG depuis juin 2014, l’ensemble de ce panel représentant près de 90 % des utilisateurs d’Internet au niveau mondial. Or, résister à contrôler la circulation des contenus sur le web n’est pas une tâche de tout repos.
Comment faire quand des youtubeurs, installés à l’étranger, financés par d’obscures officines s’en prennent violemment aux institutions du pays et aux décideurs de ce pays ? Comment réagir quand les attaques deviennent de plus en plus nombreuses , de plus en plus convergentes et nourries par des campagnes de désinformations qui visent clairement la stabilité du pays en se concentrant sur ses hommes ?
Sous des dessous de démocratie et des motifs habillés de considérations de droits de l’homme, des réseaux sociaux profitent de manière éhontée de la liberté du web pour inonder les réseaux sociaux de fake news orientées.
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Dans le monde numérique, si le marché est entre les mains d’un petit nombre de grandes entreprises américaines ou chinoises dont l’objectif est de faire prévaloir leurs intérêts, la propagande et la manipulation de masse n’ont jamais connu un essor aussi important avec le danger que les trolls et autres bots ne faussent la perception des utilisateurs malgré les efforts faits pour créer des algorithmes qui ripostent par l’encouragement de réseaux sociaux d’intérêt public.
Cela dit, quand la liberté sur Internet recule dans le monde, le royaume continue de prôner le juste milieu, évitant le recours aux retraits de contenus, en s’abstenant de poursuivre en justice des citoyens pour avoir partagé en ligne des contenus portant sur des sujets politiques, sociaux ou religieux. Un score pas très éloigné du premier de la classe, l’Islande où l’on surfe le plus librement grâce à l’un des taux d’accès à Internet les plus élevés au monde (98% de la population) et a présenté tout récemment des projets de loi en faveur des internautes.