Le rideau est tombé sur le sommet international « Karamah 2026 », le 14 juin 2026 à Fès. Ce rendez-vous de premier plan a réuni de nombreux décideurs, diplomates, intellectuels et artistes issus des cinq continents qui ont plaidé pour faire de la dignité humaine le socle d’un nouvel ordre mondial.
A l’heure où les guerres font rage partout, où les droits humains sont bafoués allègrement dans de nombreuses contrées du monde, au moment où les discours de haine fleurissent sur le net, imagine-t-on passer sous silence les questions «de société» liées à la « dignité de la personne humaine » ? C’est pour cela qu’on ne peut qu’adhérer aux termes de la «Déclaration de Fès sur la dignité humaine et l’humanisme universel» qui a rendu hommage à la vision centrale du Souverain basée sur « cette notion de co-développement, qui constitue un modèle inspirant pour la promotion de la dignité humaine, de la solidarité internationale et du dialogue entre les peuples».
Le texte final, adopté dimanche à l’issue des travaux du Sommet international «Karamah 2026», met ainsi en avant la référence à ce concept éthico-juridique qui semble apte à apporter des réponses clés à nos valeurs sociales fondamentales. En effet, cette conception royale de co-développement, définie comme un « développement fraternel entre égaux », estimant qu’elle traduit une approche fondée sur le respect mutuel, la coopération solidaire et la reconnaissance de l’égale dignité des nations et des peuples. Aujourd’hui, plus d’un dixième de la population mondiale vit encore dans l’extrême pauvreté.
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En parallèle, les sécheresses, les inondations et vagues de chaleur poussent des humains à émigrer au-delà des limites de leurs pays. Le réchauffement climatique, la pauvreté et les inégalités sont aussi les conséquences prévisibles de choix politiques : elles découlent de la manière dont le pouvoir politique est réparti et du poids que nous accordons aux différents intérêts et selon la conception du chef de l’état, lorsque des personnes ne sont pas en mesure de vivre dans la dignité et de participer pleinement à la vie de leur société, leurs droits fondamentaux sont forcément bafoués.
Il a fallu ainsi, deux journées chargées de débats et de réflexions entrecroisées d’experts, de ministres, d’universitaires et acteurs de la société civile qui ont fait le déplacement de plusieurs pays, qui ont été suffisantes pour appeler à placer la dignité humaine au cœur de la gouvernance mondiale et des politiques publiques, tout en plaidant pour l’élaboration d’une Déclaration universelle sur la dignité humaine sous l’égide des Nations Unies et de l’UNESCO. Le texte rappelle que la dignité humaine constitue le socle commun des grandes traditions spirituelles, philosophiques et culturelles de l’humanité et qu’elle doit devenir un principe normatif guidant les relations internationales, le développement durable, les avancées scientifiques et technologiques, ainsi que les mécanismes de coopération internationale.
Les travaux du Sommet «Karamah 2026» ont durant l’espace d’un weekend à Fès, avec la participation de personnalités politiques, diplomatiques, intellectuelles et académiques issues de différents continents, fixé l’objectif avoué d’impulser une nouvelle dynamique internationale faisant de la culture, du patrimoine et de la dignité humaine des leviers essentiels de coopération et de paix. Au menu notamment, quatre panels consacrés entre autres à la médiation culturelle et à la préservation du patrimoine, à l’investissement touristique et à l’ingénierie patrimoniale, ainsi qu’à la diplomatie culturelle et au soft power.
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Dans le patchwork de ce panel sur «la Diplomatie culturelle et le Soft Power» les intervenants ont confronté leurs points de vue sur «Comment ériger le dialogue inter-civilisationnel et la culture en piliers de la prévention des conflits et de la consolidation de la paix. Concernant «le Patrimoine et le Tourisme», plusieurs tables rondes ont été consacrées à la médiation culturelle, à la préservation du patrimoine mondial et à l’ingénierie patrimoniale comme moteurs de développement et de dignité économique. Alors que sur les «Enjeux environnementaux» la rencontre a également été l’occasion de mettre en avant la politique proactive et visionnaire du Maroc en matière de gestion de l’eau.
Cerise sur le gâteau, pour rendre hommage au rôle historique de la cité spirituelle en tant que carrefour du savoir, du dialogue interculturel et du rapprochement entre les civilisations ,une version calligraphiée de la Déclaration de Fès est aujourd’hui solennellement exposée à la bibliothèque de l’Université Al Quaraouiyine, qui avait été fondée en 859, soit dit en passant.