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Afrique. Vers des zones économiques spéciales plus soucieuses de l’environnement  

Prendre en compte les défis de l’écologie, afin de tendre vers une économie verte, et adopter de nouveaux critères de compétitivité, tel est l’un des objectifs inscrits dans la feuille de route de l’African Special Economic Zones pour ces cinq prochaines années, l’objectif étant de favoriser une industrie africaine plus verte et plus compétitive.

L’innovation et la technologie, vecteurs de développement des zones économiques spéciales, c’est, de l’avis des experts, ce que doit prendre en compte la politique industrielle de l’Afrique afin de tendre vers une économie verte et adopter de nouveaux critères de compétitivité. Justement, la feuille de route que comptent appliquer les membres l’AEZO au sein de leurs pays respectifs s’articule notamment sur la mise en avant du principe de développement durable et soutenu afin de favoriser une industrie compétitive, mais surtout plus soucieuse de l’environnement.

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«Il faut avoir des ressources efficientes et il faut aider nos pays à atteindre l’objectif économique et de développement en prenant en considération les changements climatiques, la pénurie d’eau. Il faut pouvoir adopter un écosystème qui inclut les énergies renouvelables au sein de l’industrie, sachant que beaucoup de pays du continent disposent notamment de ressources éoliennes ou solaires», a indiqué  Adil Chikhi, Directeur & Head of Corporate for north Africa region de la BERD. Et de poursuivre : «ce même écosystème devrait nous aider, par exemple, à réduire la consommation d’eau, à favoriser l’économie circulaire, à maîtriser la gestion des déchets et, en somme, à favoriser une meilleure efficience des ressources énergétiques. Compte tenu du réchauffement climatique et du stress hydrique qui touche certaines de nos régions, il faut inciter les opérateurs à opter pour des technologies nouvelles et toujours plus respectueuses de l’environnement, comme c’est le cas par exemple dans le secteur agro-industriel avec l’agritech. Au sein de la BERD, nous essayons d’inclure les nouvelles technologies dans notre package de financement».

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En se spécialisant de plus en plus dans les secteurs verts, les ZES peuvent tirer parti de flux d’investissement dans des domaines liés aux Objectifs de Développement Durable (ODD). «Le fait de s’inscrire dans une dynamique où le développement durable est un élément fondamental est plutôt une opportunité pour le continent africain. Nous avons aujourd’hui une carte à jouer qui n’est pas des moindres. Le développement durable et les énergies renouvelables font partie de la feuille de route africaine d’une façon générale et il faudrait que les zones économiques puissent en profiter pour répondre encore une fois plus efficacement aux enjeux de décarbonation et surtout, aux demandes des investisseurs par rapport à leurs projections futures et à leur développement commercial à partir du continent africain pour servir le continent africain, et à partir du continent africain pour servir d’autres destinations», a souligné Ahmed Bennis, Directeur général de Tanger Med Zones et Secrétaire général de l’AEZO.

Témoignage
Moustapha Cisse,Secrétaire permanent Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) du Sénégal 

S’agissant des leviers à activer afin qu’il y ait une meilleure intégration économique du continent dans les chaînes de valeurs mondiales, nous devons faire beaucoup d’efforts pour la mise en place des infrastructures d’appui à la production. Aujourd’hui, l’Afrique est une destination privilégiée d’investissement, mais les investisseurs ont besoin d’infrastructures et de connexions au marché émetteur, que ce soit au niveau des infrastructures, du transport aérien, maritime, ferroviaire ou routier, nous avons beaucoup d’efforts à faire pour nous mettre aux normes internationales. Le deuxième levier qui me paraît, c’est qu’il nous faut mettre l’accent sur l’amélioration continue de la qualité des services qui doit être au niveau des standards internationaux. 
Un autre levier qui est tout aussi important pour nous, c’est de toujours essayer de tout faire pour simplifier et améliorer l’environnement des affaires, c’est-à-dire que ces réformes qui visent à mettre beaucoup plus de célérité et de transparence dans les procédures administratives. Je pense qu’on doit toujours continuer à pouvoir le faire, et le dernier point sur lequel il faut insister, c’est de renforcer la coopération et la circulation entre nos Etats pour en faire une zone de libre-échange avec une réelle volonté politique. 

 
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