Dans un contexte marqué par la pression climatique, la volatilité des marchés agricoles internationaux et la hausse des coûts de production, la question de la sécurité alimentaire s’impose plus que jamais comme une priorité stratégique pour le Maroc. C’est dans cette perspective que la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER) a organisé, le 2 avril à Salé, une conférence nationale consacrée à la filière céréalière, sous le thème : « Filière céréalière au Maroc : quels leviers pour renforcer la production nationale et contribuer à la souveraineté alimentaire ? ».
Tenue au Palais des Congrès Bouregreg, cette rencontre a réuni l’ensemble des parties prenantes du secteur : représentants du gouvernement, institutions publiques, organisations professionnelles agricoles, opérateurs économiques, ainsi que chercheurs et experts. L’objectif affiché était clair : engager une réflexion collective sur les moyens de consolider la production nationale et d’améliorer la résilience d’un secteur qui constitue l’un des piliers de la sécurité alimentaire et de l’équilibre socio-économique du monde rural.
Au cœur des échanges, un constat partagé : la filière céréalière marocaine reste confrontée à des défis structurels importants. Les aléas climatiques, notamment les épisodes récurrents de sécheresse, continuent d’affecter les rendements agricoles. Parallèlement, la volatilité des marchés internationaux et l’augmentation des coûts des intrants – semences, engrais, énergie – fragilisent la rentabilité économique des producteurs.
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Dans ce contexte, les participants ont rappelé l’importance des Hautes Orientations Royales qui font de la sécurité alimentaire une priorité stratégique nationale. Cette vision se traduit notamment par la mise en place progressive d’un système intégré de stocks stratégiques et par la volonté de renforcer la souveraineté alimentaire du Royaume.
Les travaux de la conférence se sont articulés autour de deux panels consacrés respectivement à l’amont et à l’aval de la filière. Ces discussions ont permis d’aboutir à un diagnostic partagé mettant en évidence plusieurs enjeux clés : la nécessité d’améliorer la productivité agricole, de renforcer l’organisation de la chaîne de valeur et de mieux valoriser la production nationale.
La modernisation des systèmes de collecte, de stockage et de logistique a également été identifiée comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité du marché. Les intervenants ont notamment insisté sur l’importance d’accroître les capacités de stockage et d’améliorer les mécanismes de régulation afin de garantir une meilleure stabilité des prix et une valorisation plus équitable du travail des producteurs.
Moment marquant de cette rencontre, la conclusion d’un accord de modération relatif à la collecte et à la commercialisation du blé tendre issu de la production nationale. Cet accord traduit la volonté commune des pouvoirs publics et des professionnels du secteur d’améliorer l’organisation du marché et de renforcer les conditions de valorisation de la production locale.
Au-delà de ces mesures immédiates, les discussions ont mis en avant la nécessité d’une vision stratégique renouvelée pour la filière céréalière. Celle-ci devra intégrer plusieurs priorités : l’amélioration de la rentabilité économique de la production, l’adaptation aux changements climatiques, la modernisation de la logistique agricole et le développement d’une meilleure articulation entre production, stockage et transformation.
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En filigrane, l’objectif est de construire un modèle agricole plus résilient, capable de réduire la dépendance du Maroc aux importations tout en garantissant un équilibre durable entre production nationale et approvisionnement extérieur.
La conférence s’est clôturée par la lecture d’un message de fidélité et de loyalisme adressé à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, réaffirmant l’engagement des acteurs du secteur agricole à accompagner les orientations stratégiques du Royaume en matière de souveraineté alimentaire et de développement rural.