À l’approche de l’Aïd Al-Adha 2026, le marché du bétail amorce un rééquilibrage après plusieurs campagnes sous tension. Dans un contexte marqué par l’absence de sacrifice l’an dernier, les professionnels se veulent rassurants, portés par une offre plus abondante et une amélioration des conditions climatiques.
Le marché 2026 se distingue d’abord par son contraste avec l’année précédente. En 2025, la suspension du sacrifice de moutons, décidée pour préserver le cheptel national, avait profondément bouleversé les équilibres du secteur.
Cette année, la situation apparaît plus favorable. «L’offre devrait être suffisante pour couvrir les besoins du marché », assure un professionnel de la filière ovine, évoquant un cheptel dépassant les 30 millions de têtes. Cette base d’approvisionnement permet d’aborder l’Aïd dans des conditions plus sereines.
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Les précipitations abondantes enregistrées durant la campagne agricole ont également joué un rôle déterminant, en favorisant la régénération des pâturages et en améliorant l’alimentation du bétail.
Des prix sous pression, mais mieux maîtrisés
Malgré ces signaux positifs, les coûts de production restent élevés. Le prix du fourrage et les charges logistiques continuent de peser sur les éleveurs. « Un mouton nécessite une alimentation soutenue jusqu’à sa mise en vente, ce qui maintient des coûts élevés », souligne un acteur du secteur.
Toutefois, l’abondance de l’offre introduit une dynamique concurrentielle qui limite les hausses. «Même avec des coûts élevés, les prix ne peuvent pas s’envoler dans un marché bien approvisionné», explique un professionnel.
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Certains se montrent même confiants quant à l’accessibilité : «Avec 2.000 dirhams, il est possible de trouver un mouton cette année», affirme un responsable, illustrant une relative détente des prix par rapport aux années précédentes.
Le rôle clé des circuits de distribution
Les professionnels insistent également sur l’importance du lieu d’achat. «Il est préférable d’acheter dans les marchés à bestiaux plutôt que via des intermédiaires », recommandent-ils. Dans les “rahba”, la confrontation directe entre l’offre et la demande favorise des prix plus transparents. À l’inverse, la multiplication des intermédiaires – particulièrement active à l’approche de l’Aïd – contribue à renchérir les tarifs.
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«Chaque intermédiaire ajoute une marge, ce qui pèse sur le prix final», résume un opérateur. Après une année 2025 sans sacrifice, la campagne 2026 marque ainsi un retour progressif à la normale. Porté par une meilleure pluviométrie et une offre conséquente, le marché semble retrouver un certain équilibre.
«Le pouvoir d’achat devrait être relativement préservé cette année», estime un professionnel, tout en appelant à rester vigilant face aux coûts structurels encore élevés.