Scrutant de près l’évolution des prix du carburant, le Conseil de la concurrence réagit du tac au tac, à toute nouvelle augmentation, rappelant une de ses missions qui consiste en « le renforcement des mécanismes de surveillance des modalités de transmission au marché national des variations des prix internationaux des produits pétroliers».
Conséquence directe de la guerre Iran/Israël, les prix du carburant à la pompe ont une fois de plus augmenté en début de semaine. Depuis le déclenchement de la guerre, les cours de l’or noir flambent et les prix à la pompe s’envolent et ce, partout dans le monde.
Si la hausse des prix des carburants met à mal le portefeuille des ménages, surtout les plus fragiles, elle met également le gouvernement sous pression. Si des solutions comme des aides aux transporteurs, des remises ou des baisses de taxes sont possibles, leur coût reste particulièrement élevé eu égard à leur efficacité.
Surtout quand un baril de Brent qui est passé de 73 dollars fin février à 114 dollars au 27 mars 2026, soit une hausse de 56% risque de s’envoler au moment où le prix de la tonne de gasoil a plus que doublé, passant de 730 à près de 1.400 dollars (+92%). Rapportés au dirham, ces niveaux se traduisent aujourd’hui par un prix international du gasoil tournant autour des 11 dirhams le litre.
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Dans un communiqué samedi 28 mars, Houcine El Yamani, Secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, s’est alarmé de l’impact direct de l’escalade militaire au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques mondiaux, rappelant qu’une série d’augmentations soutenues « serait difficilement soutenable pour les ménages, dans un contexte déjà marqué par une érosion du pouvoir d’achat » précisant au passage, que les aides ponctuelles accordées à certains secteurs, notamment le transport, ne suffiront pas à amortir l’impact de cette hausse sur l’ensemble de la population.
Anticipant cette nouvelle hausse, le Conseil de la concurrence avait annoncé le renforcement de ses mécanismes de surveillance des modalités de transmission au marché national des variations des prix internationaux des produits pétroliers et de leurs dérivés. Conformément à sa mission de veille et de suivi du bon fonctionnement concurrentiel des marchés, l’institution dirigée par Ahmed Rahhou a réagi à « ces hausses rapides et significatives des prix subie sur les marchés pétroliers et ceux des produits dérivés du pétrole (produits raffinés, matières plastiques, etc.)». Dans sa communication , le Conseil de la concurrence, a précisé que «le Maroc, en tant qu’importateur de produits pétroliers liquides, en particulier le gasoil et l’essence qui constituent une part prépondérante de la consommation énergétique nationale, demeure «fortement» exposé à ces fluctuations internationales ».
Fournissant ainsi des données chiffrées précises pour comprendre l’impact réel sur l’économie du pays, le Conseil a publié les chiffres de « Saham Research » qui actent que « chaque hausse de 10 dollars du baril au-delà des hypothèses budgétaires entraîne un surcoût de 15 milliards de dirhams pour l’économie nationale. Face à l’urgence de la situation, le gendarme de la concurrence n’est pas resté les bras croisés puisqu’un monitoring régulier du marché des carburants, en particulier de l’évolution des prix sur les marchés internationaux et de leurs modalités de transmission au marché national, a été mis en place en collaboration avec les distributeurs en gros du carburant concernés par l’accord transactionnel conclu avec le Conseil de la concurrence.
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Même son de cloche au niveau du Syndicat national du pétrole et du gaz qui s’est alarmé de l’impact direct de l’escalade militaire au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans un communiqué publié le 28 mars, Houcine El Yamani, Secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz, rappelait qu’une série d’augmentations soutenues « serait difficilement soutenable pour les ménages, dans un contexte déjà marqué par une érosion du pouvoir d’achat » précisant au passage, que les aides ponctuelles accordées à certains secteurs, notamment le transport, ne suffiront pas à amortir l’impact de cette hausse sur l’ensemble de la population.
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Il faut préciser qu’en dépit de ces répercussions malheureuses sur le marché local, la stratégie d’approvisionnement énergétique du royaume reste bien rôdée, puisque le pays importe ses besoins en hydrocarbures (gasoil, le super, le fuel, le gaz de pétrole liquéfié) de plus de 24 pays différents, une politique qui cherche justement à limiter les risques liés aux tensions géopolitiques.
Une diversification qui prend soin de faire appel à des états situés dans la plupart des continents pour éviter de limiter la dépendance à une seule zone géographique. Malgré tout, au-delà de cette spirale inflationniste, la fragilité du royaume face à ces bouleversements géopolitiques devrait remettre à l’ordre du jour les stratégies majeures lancées pour faire face aux enjeux structurels liés à la souveraineté énergétique du Maroc.