On sait que la CGEM est apolitique. Pourtant, les profils issus de la sphère économique et patronale sont très chouchoutés par les partis pour former l’ossature des listes pour les prochaines élections législatives, dans un contexte où la proximité avec le monde des affaires est désormais considérée comme un véritable atout pour l’investissement. En clair, si le monde des affaires n’est pas habitué à s’engager en politique, certains ont sauté le pas pour cette campagne électorale, alors que d’autres attendent encore et jouent sur l’effet de surprise, tandis que d’autres hésitent toujours à s’engager. Profils.
Karim Zidane : Viel Erfolg Herr Zidane
C’est une des valeurs sûres de l’actuel gouvernement et membre du RNI qui se présente à Youssoufia. Avant d’être nommé ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’évaluation des Politiques publiques, Karim Zidane, ingénieur de formation, a derrière lui des années d’expérience dans le monde de l’entreprise et celui des affaires. L’homme, qui a débuté une brillante carrière en Allemagne, avait réussi à intégrer l’industrie automobile allemande, travaillant pour BMW pendant près d’une décennie en se spécialisant dans le développement de moteurs à essence. Son expérience l’a amené à participer à des projets innovants, répondant aux exigences croissantes de l’industrie en matière de durabilité et d’efficacité.
En parallèle, il s’est donné à fond dans des initiatives visant à promouvoir les compétences marocaines en Allemagne, créant des réseaux pour transférer des connaissances et défendre les intérêts du Royaume, incarnant ainsi l’esprit d’un décideur et d’un homme d’affaires engagé, qui n’a pas renié ses racines marocaines tout en étant parfaitement intégré dans la société allemande.
Lahcen Essaadi : L’entreprise au programme
Une certitude : le secteur privé est prédominant dans la sociologie professionnelle des candidats du RNI aux législatives. Certains sont à la tête de PME, et même de quelques start-up. Cette proportion de «petits patrons» est cohérente avec la volonté affichée dès le départ par l’actuel chef du gouvernement (qui occupait également jusqu’à il y a quelques mois le poste de patron du RNI) de soutenir l’entrepreneuriat. C’est le cas notamment de l’actuel secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Essaadi, qui se présente à Taroudant-Nord. Avant d’occuper ses fonctions ministérielles au sein du gouvernement, il s’est distingué dans le domaine de l’entrepreneuriat à la tête de sa propre agence de conseil en stratégie et communication (Strat Up).
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Il a été justement choisi parce qu’il connaît bien le monde de l’entreprise avec une prédilection pour le secteur des services, de la veille stratégique et du conseil en communication politique et institutionnelle. Une expérience de chef d’entreprise qui lui a permis notamment de gérer avec succès le secteur des très petites et moyennes entreprises (TPME), actives dans l’économie sociale et solidaire.
Ayant réussi ainsi à sauver des métiers de l’artisanat menacés par le biais de la fameuse certification «Made in Morocco».
Mbarka Bouaida : Cap sur le Sud
Mbarka Bouaida n’est pas une inconnue du monde politique, comme elle fait partie des femmes d’affaires qui comptent dans le pays. Même si elle ne s’est pas encore officiellement déclarée candidate pour les législatives de 2026, dans les couloirs du RNI, son parti de prédilection, on avance son nom pour reprendre le flambeau du parti de la Colombe et rempiler à la tête de la présidence de la région de Guelmim-Oued Noun. Ce pilier incontournable de l’échiquier politique national et l’une des figures politiques féminines majeures au cœur de la stratégie du Rassemblement National des Indépendants (RNI) est aussi une femme d’affaires prospère du sud du pays.
Faisant partie d’une fratrie d’entrepreneurs originaires du Sud du Maroc (Guelmim), Mbarka Bouaïda a dirigé de nombreuses structures économiques familiales comme le groupe Holsatek/Petrom (un conglomérat qui pèse plusieurs milliards de dirhams et opère dans les hydrocarbures, la logistique, l’agroalimentaire – minoteries – et l’immobilier), où elle a occupé notamment des postes exécutifs clés (tels que directrice du pôle Produits chimiques et GPL ou directrice de l’audit) chez Petrom.
Sans oublier que la famille Bouaïda fait aussi partie des acteurs majeurs de la pêche maritime au Maroc, un secteur où le groupe continue de s’agrandir en rachetant régulièrement de nouveaux armateurs hauturiers dans le Sud.
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Beaucoup d’observateurs la classent explicitement parmi les dirigeantes clés «qui vont faire la différence» lors de ces législatives, surtout que la dame a déjà exercé des fonctions dans la haute administration, notamment comme ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères (2013-2016), puis comme secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime en 2017.
Adib Benbrahim : Stop aux conflits d’intérêts
C’est un profil atypique que celui d’Adib Benbrahim, qui rempile à Rabat-Agdal aux couleurs du PAM. En effet, dès qu’il a été nommé par le Souverain secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, chargé de l’Habitat, ce patron d’une entreprise prospère avait créé la surprise en déposant sur-le-champ sa démission de ses fonctions au sein de son entreprise afin de se consacrer pleinement à sa nouvelle mission.
À cet effet, Adib Benbrahim avait ainsi cédé ses parts dans la société Horwath Maroc Audit, conformément à la réglementation en vigueur, ainsi que son poste d’International Liaison Partner auprès du réseau Crowe Global.
Anass ElAnsari : Affaires et politique font bon ménage
A Meknès, Anass El Ansari a décidé de se lancer dans la bataille à l’occasion des législatives. Le patron de l’industrie textile marocaine, qui a déjà une carrière politique bien remplie entre l’héritage paternel istiqlalien et le virage vers le PAM, vise non seulement la députation, mais il espère faire partie du futur gouvernement, comme il l’a déjà confié à des partisans.
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Membre influent d’une famille istiqlalienne bien connue dans la capitale ismaélienne et dont l’influence est palpable jusque dans leur fief d’origine, le Tafilalet, Anass, qui a un pied dans les usines et les affaires, a également un faible pour la politique.
Hicham AïtMenna : Football et politique
L’actuel président du Wydad Athletic Club, l’un des clubs les plus emblématiques de Casablanca, Hicham Aït Menna joue sur sa proximité avec la présidence du RNI pour faire durer le suspense avant d’annoncer sa candidature pour rempiler dans la cité des fleurs. Mais selon des sources à Mohammédia, l’homme, qui occupe déjà une place de choix au Parlement, compte bien doubler sa passion pour la politique. Il semble avoir pris goût aux joutes politiques depuis qu’il avait accepté, en 2020, l’appel à entrer en politique de l’ami de longue date de la famille et chef du gouvernement, Aziz Akhannouch.
Parmi les candidats investis par le PAM figure le député Aziz Lebbar, qui briguera un siège dans la circonscription de Fès-Sud, dotée de quatre sièges. Dans celle de Fès-Nord, c’est l’homme d’affaires Mouhssine Azami, nouveau venu sur la scène législative, qui a été désigné pour succéder à l’actuelle parlementaire Khadija Hajjoubi. Cette dernière aurait reçu des promesses de la direction du parti pour conduire la liste régionale des femmes à Fès-Meknès.
Anouar Sabri : L’intelligence économique au service de l’action publique
Entrepreneur, parlementaire et acteur engagé des transformations économiques et numériques, Anouar Sabri fait partie de cette nouvelle génération de responsables qui cherchent à rapprocher le monde de l’entreprise et celui de la décision publique.
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Fondateur du groupe Imperium il y a plus de vingt-cinq ans, il a développé un écosystème spécialisé dans la data, la veille stratégique, les médias, les études, les technologies digitales, la communication et l’intelligence économique. Son parcours l’a conduit à accompagner, au Maroc comme à l’international, aussi bien des entreprises privées que des institutions publiques dans leurs stratégies d’information, de communication et de transformation.
Parallèlement à son activité entrepreneuriale, il a fondé et préside Les Impériales, plateforme de référence dédiée à la réflexion sur les mutations économiques, sociétales et technologiques du Maroc à travers les industries du marketing, de la communication, des médias, du digital et de l’événementiel.
Député à la Chambre des représentants, il a fait le choix de siéger au sein de la Commission des secteurs sociaux, convaincu que le développement économique ne peut être dissocié des enjeux de santé, d’éducation, d’emploi, de jeunesse et de cohésion sociale. Il s’est par ailleurs particulièrement investi dans les questions liées à la transition numérique, à l’innovation et à l’intelligence artificielle. Il préside notamment le groupe de travail thématique consacré à l’intelligence artificielle, avec l’ambition de contribuer à l’émergence d’un cadre marocain conciliant innovation, souveraineté numérique, compétitivité économique et intérêt général.
Convaincu que la puissance des nations se mesure désormais autant à leur capacité à produire, maîtriser et valoriser la donnée qu’à leurs infrastructures traditionnelles, Anouar Sabri défend une vision plaçant l’innovation, la souveraineté technologique, l’investissement productif, la création d’emplois et la modernisation de l’action publique au cœur du développement du Maroc. Il a également décidé de se lancer dans la bataille à l’occasion des législatives.