Le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, était l’invité de l’émission « Décryptage » sur MFM, aux côtés de plusieurs acteurs politiques et analystes. Cette rencontre a donné lieu à un débat riche, abordant les enjeux politiques nationaux et internationaux, ainsi que le rôle de l’opposition dans le Maroc actuel.
Lachgar a d’abord insisté sur l’évolution du rôle de l’opposition, qui ne se limite plus à la contestation, mais s’inscrit désormais dans une logique «propositionnelle ». Il a défendu une opposition responsable, capable de formuler des alternatives concrètes face aux défis sociaux, notamment la cherté de la vie, le pouvoir d’achat et les défaillances des services publics. Cette approche vise, selon lui, à restaurer la confiance entre citoyens et institutions.
Sur le plan institutionnel, il a mis en garde contre toute lecture réductrice de la Constitution de 2011, appelant à en respecter l’esprit à travers le renforcement de l’équilibre des pouvoirs et de la reddition des comptes. Il a exprimé la crainte d’un recul démocratique si ces principes ne sont pas pleinement appliqués.
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Les échanges ont été marqués par des critiques sur l’insuffisance des propositions partisanes et les perspectives électorales. Lachgar a répondu en soulignant la crédibilité du programme de l’USFP, affirmant que plusieurs mesures actuelles du gouvernement s’inspirent de ses propositions. Il a également dénoncé le populisme et le nihilisme politique, considérés comme des menaces pour la stabilité institutionnelle.
Concernant les alliances, il a défendu une approche pragmatique fondée sur des convergences idéologiques solides, notamment avec le parti de l’Istiqlal, tout en rejetant les alliances opportunistes.
Sur la question nationale, Lachgar a salué les acquis de la diplomatie marocaine sous l’impulsion du Roi Mohammed VI. Il a souligné le rôle de l’USFP dans la diplomatie parallèle et au sein de l’Internationale socialiste, notamment pour défendre l’intégrité territoriale et influer sur les positions internationales. Il a également réaffirmé son attachement aux solutions politiques dans les conflits internationaux, notamment la solution à deux États pour la Palestine.
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Critiquant l’action gouvernementale, il a pointé les insuffisances en matière d’emploi et de gestion sociale, tout en alertant contre le risque d’«hégémonie politique» susceptible de menacer le pluralisme. Il a aussi plaidé pour une approche rationnelle et scientifique dans des débats sensibles comme celui de l’heure d’été.
Enfin, Lachgar a mis en avant l’importance de la régionalisation avancée comme levier de développement intégré, en cohérence avec les orientations royales. Il a conclu en appelant à une réforme politique progressive, adaptée aux mutations contemporaines, et à une opposition responsable capable de préserver les équilibres démocratiques.
Au-delà d’un simple débat médiatique, cette émission a ouvert une réflexion approfondie sur l’avenir de la démocratie marocaine, le rôle des partis et l’importance de renouveler la confiance en l’action politique.