Economie

PLF 2024. La taxe sur l’alcool va faire mousser les prix, surtout des produits bon marché

En 2024, l’augmentation de la taxe sur les boissons alcoolisées pourrait changer la donne pour les consommateurs et l’industrie.

A l’approche de 2024, les distributeurs d’alcool tremblent devant la hausse de la TIC. De leur côté, les consommateurs se préparent à des cocktails plus corsés. En effet, dans le cadre du PLF 2024, le gouvernement marocain prévoit une augmentation de la taxe intérieure de consommation (TIC) appliquée sur les boissons alcoolisées. Cette réforme suscite des inquiétudes et des réserves de la part des distributeurs d’alcool, qui estiment que cela pourrait avoir un impact négatif sur les consommateurs et l’industrie. Selon un distributeur d’alcool, cette augmentation de la TIC se traduira par une hausse des prix des produits bon marché, notamment les bières d’entrée de gamme largement consommée. Par exemple, le prix d’une bière de format 25cl augmentera de 2,20 dirhams par unité, tandis qu’une bière de format 33cl augmentera de 2,80 dirhams. Pour le distributeur, « cette hausse des prix risque de réduire la demande, car les consommateurs sont déjà sensibles aux variations de prix en raison de la diminution de leur pouvoir d’achat ces dernières années ».

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De plus, l’augmentation sélective des taxes sur différents types d’alcool pourrait nuire à la compétitivité de certains produits, ce qui pourrait modifier les préférences des consommateurs et leur comportement d’achat. Cependant, les gammes de produits haut de gamme ne devraient pas être affectées par cette réforme. Néanmoins, il est important de souligner que l’opinion du distributeur d’alcool sur l’augmentation de la TIC est positive dans la mesure où elle contribue à promouvoir la responsabilité sociale et à soutenir les finances publiques ainsi que des programmes sociaux, de santé ou d’éducation. Cette perspective souligne l’importance de l’effort collectif pour financer ces initiatives. Cependant, une diminution de la demande due à l’augmentation des prix pourrait avoir des conséquences économiques plus larges au niveau local. Cela pourrait se traduire par des répercussions sur l’emploi, une réticence à l’expansion des entreprises et une réduction des investissements dans le secteur.

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L’augmentation de la TIC sur les boissons alcoolisées prévue par le PLF 2024 représente donc un défi pour les consommateurs et l’industrie de l’alcool au Maroc. Si elle vise à soutenir les finances publiques et à financer des programmes sociaux, elle nécessite une évaluation minutieuse de ses implications économiques plus larges. Il est donc essentiel pour les décideurs de trouver un équilibre entre la mobilisation des recettes budgétaires et la protection du pouvoir d’achat des consommateurs, ainsi que la compétitivité de l’industrie de l’alcool.

Dissuader certains consommateurs

Rappelons que dans le cadre du projet de loi de finances pour l’année 2024, la mesure vise à mobiliser des recettes budgétaires supplémentaires et à réguler la consommation d’alcool dans le pays. La TIC sera augmentée selon les quotités suivantes pour différentes catégories de boissons alcoolisées : Vins : de 850 à 1.500 dirhams par hectolitre (HL) ; Bières : de 1.150 à 2.000 dirhams par HL ; Alcools éthyliques destinés à la préparation ou contenus dans les eaux-de-vie, liqueurs, apéritifs, vermouths, fruits conservés à l’alcool, vins de liqueurs, mistelles, confiseries à l’alcool et autres spiritueux : de 18.000 à 30.000 dirhams par HL (alcool pur). Des ajustements de la TIC qui s’appuient sur l’article 9 du dahir portant loi n°1-77-340 du 9 octobre 1977, qui établit les quotités applicables aux marchandises et ouvrages soumis à la taxe intérieure de consommation.

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L’objectif principal de cette augmentation de la taxe sur l’alcool est de générer des revenus supplémentaires pour le budget de l’État. En augmentant les quotités de la TIC, le gouvernement anticipe une augmentation des recettes fiscales provenant de la vente d’alcool sur le marché intérieur. Cette mesure reflète également une volonté de réguler la consommation d’alcool dans le pays. En augmentant les taxes, les autorités espèrent dissuader certains consommateurs de boissons alcoolisées, en particulier ceux qui pourraient être sensibles aux variations de prix. Une augmentation des prix peut entraîner une réduction de la demande, ce qui pourrait avoir des implications sur la santé publique. Cependant, il convient de noter que cette mesure peut également avoir des effets économiques indirects. Une augmentation des taxes sur l’alcool pourrait entraîner une baisse de la demande, ce qui pourrait affecter les producteurs et les distributeurs du secteur des boissons alcoolisées.

 
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