Le port de Casablanca traverse une phase de sollicitation opérationnelle extrême. À la date du 29 avril 2026, 69 navires au mouillage en rade, 26 sont à quai et 61 sont attendus au cours de la première décade du mois de mai 2026. Un niveau d’activité exceptionnel qui traduit à la fois la vitalité des échanges extérieurs du Maroc et l’attractivité croissante du potentiel portuaire atlantique s’étendant jusqu’à Dakhla.
Le port de Casablanca fait face à une accumulation récurrente d’entrées/sorties en flux tendus de grande ampleur. Cette situation est inédite. Entre navires au travail ou au mouillage et arrivées planifiées, on compte ainsi 156 mouvements concentrés sur la zone portuaire.
Cette situation est annonciatrice d’un phénomène appelé à s’inscrire dans la durée. Dans un contexte de reconfigurations des lignes mondiales, les places maritimes du Maroc sont actuellement au centre des confluences internationales des divers trafics qui sillonnent les océans. « Depuis 2024, dans le sillage des tensions au moyen orient, l’ensemble des grandes alliances maritimes ont identifié la façade atlantique du Maroc comme un pivot planétaire, avec les freight forwarders du Maroc en ligne de front », explique Najib Cherfaoui, Expert maritime.
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69 navires en rade : une cristallisation expansive
Le cœur du phénomène réside dans les 69 navires actuellement en rade parmi lesquels figurent ceux des majors comme MSC, CMA CGM ou bien encore Arkas. La diversité des cargaisons témoigne de l’étendue du progrès économique en devenir. Ainsi, porte-conteneurs, rouliers, bâtiments conventionnels, céréaliers et autres vraquiers y compris les chimiquiers. « La pression sur les quais mobilise une cadence de manutention bord/quai largement supérieure au référentiel des exigences normales. J’ai personnellement mesuré 40 mouvements de portique par heure, rendement dont l’excellence autorise un taux annuel de 3 000 conteneurs par mètre linéaire de quai. De plus, certains navires sont traités en une seule marée, ce qui place actuellement la productivité du port de Casablanca dans le Top 10 mondial. Par ailleurs, il convient de souligner la contribution précieuse de l’observatoire de la compétitivité des ports (ANP) et le haut niveau d’écoute des opérateurs, avec une mention spéciale tout à fait méritée pour Marsa Maroc », ajoute l’expert maritime.
Les origines des marchandises et les points d’expéditions sont multiples : Chine, Turquie, Espagne, Europe du Nord, Afrique de l’Ouest ou encore Amérique latine. Cette richesse géographique place le port de Casablanca dans le circuit des grandes chaînes logistiques mondiales.
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26 navires à quai : aux limites des capacités
Actuellement, 26 navires sont à quai, en phase de chargement/déchargement ou bien en terminaison prêts à l’appareillage. Il convient de noter la prépondérance du trafic unitarisé : au cours des dix prochains jours, le port aura à traiter 31 porte-conteneurs. Ce qui suppose une coordination intensive des forces de nos valeureux dockers. À cela s’ajoute l’ajustement au plus près des moyens matériels. Ainsi, linéaire d’accostage, portiques de quais et de terre-pleins, chariots cavaliers, tracteurs et autres engins de manutention.
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61 navires attendus : Une permanence expansive
61 navires supplémentaires sont déjà programmés pour les prochains jours, confirmant le caractère durable de l’actuelle dynamique. « L’afflux soutenu en boucles expansives des navires est un indicateur clé de l’attractivité économique de notre pays », analyse Najib Cherfaoui.
Il va de soi que ces prévisions à court termes accentuent le stress sur la planification, notamment en matière de coordination optimisée des postes à quai, de l’affectations des engins de manutentions et du débit des transferts de fret.
Selon Najib Cherfaoui, la persistance de cette pression annonce une renaissance structurelle cristallisée par les contingences internationales : La façade portuaire atlantique du Maroc est élevée au statut de ressource maritime mondiale.
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Une économie nationale en plein essor
L’ensemble de ces considérations témoigne de l’émergence organique d’un ordre nouveau générateur d’emplois et de richesses par la relocalisation des industries étrangères au sein du tissu industriel et commercial de notre pays, analyse l’expert maritime.
Toujours est-il que, jamais le port de Casablanca n’a été confronté à un tel régime de flux de cargos marchands. Entre la forte densité des navires en rade, l’occupation maximum des quais et le stress des arrivées prévues, le système fonctionne à pleine charge. Le caractère extrême de ces conditions soulève la question de la nécessaire extension des capacités dont la composante logistique est tout à fait essentielle/cruciale.
Ainsi, le port de Casablanca s’impose non seulement comme un relais/carrefour entre trafics européens, asiatiques et africains, mais aussi comme un maillon puissant au service du transbordement régional.