Faute de visibilité sur la situation au Moyen-Orient, la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair a renoncé, lundi 18 mai, à présenter des prévisions annuelles, après avoir annoncé de bons résultats pour l’exercice achevé fin mars, avec un bénéfice en hausse de 35%, à 2,174 milliards d’euros, et un chiffre d’affaires en progrès de 11%, à 15,544 milliards d’euros.
« Compte tenu de l’absence totale de visibilité sur le second semestre et de la forte volatilité des prix du carburant et de l’approvisionnement, il est bien trop tôt pour fournir des prévisions de bénéfices significatives pour l’exercice 2027 à l’heure actuelle », souligne la compagnie dans un communiqué.
Et de relever: «Les tarifs ont quelque peu baissé ces dernières semaines en raison de l’incertitude économique causée par la hausse des prix du pétrole, la crainte d’une pénurie de carburant et le risque que l’inflation ait un impact négatif sur les dépenses de consommation », précise la compagnie aérienne dans un communiqué.
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Selon son directeur général Michael O’Leary. le conflit « a créé une incertitude économique et nous ne savons toujours pas quand le détroit d’Ormuz rouvrira ». La compagnie, qui dessert 36 pays, principalement en Europe, selon son site internet, bénéficie d’une couverture pour 80% de ses besoins en carburant sur l’exercice en cours, grâce à des achats anticipés à un coût d’environ 67 dollars le baril de kérosène.
Mais celui-ci a « grimpé à plus de 150 dollars le baril » et les prix mondiaux devraient « rester élevés par rapport aux niveaux d’avant-conflit pendant quelques mois », prévient le patron de Ryanair. « Si le prix du carburant non couvert reste à ses niveaux élevés actuels », les coûts sur l’exercice pourraient augmenter, poursuit-il.
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Par ailleurs, Michael O’Leary, connu pour son franc-parler, s’en est pris aux taxes environnementales dans l’Union européenne, qui « devraient augmenter de 300 millions d’euros supplémentaires cette année, pour atteindre environ 1,4 milliard d’euros, ce qui rend les voyages aériens en Europe encore moins compétitifs ».
Il entend allouer la croissance du groupe « aux régions et aéroports qui ont réduit les taxes sur l’aviation et encouragent la croissance du trafic (comme l’Albanie, l’Italie, le Maroc, la Slovaquie et la Suède) » et s’éloigner « des marchés à forte fiscalité, peu compétitifs, comme l’Autriche, la Belgique, l’Allemagne » et certaines parties de l’Espagne.
Challenge (Avec Agences)