Pour couvrir près de 90 % de ses besoins énergétiques, le Maroc s’appuie sur un réseau de 24 pays fournisseurs. Une diversification qui limite les risques de rupture, mais qui révèle aussi des dépendances marquées selon les produits. Essence, butane, gasoil, fuel ou charbon : la géographie des importations, avec ses pourcentages précis, met en lumière les équilibres et les fragilités d’un modèle énergétique encore largement tourné vers l’extérieur.
En 2024, le Maroc a importé ses hydrocarbures auprès de 24 pays. L’Europe constitue le principal pôle avec 14 fournisseurs, dont l’Espagne, l’Italie, la Belgique, la Grèce, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France. L’Asie suit avec cinq partenaires -notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et la Turquie – tandis que l’Afrique compte quatre fournisseurs, dont l’Afrique du Sud et le Sénégal. Les États-Unis, eux, représentent l’unique partenaire du continent américain.
Essence : un approvisionnement éclaté
L’essence super, importée à hauteur de 763 kt, provient de dix pays. L’Espagne domine avec 29,3 %, suivie de l’Arabie saoudite (16,2 %), de l’Italie (11,9 %), de la Finlande (11,4 %), de la Belgique (8,2 %) et de la Grèce (7,5 %). Le reste est réparti entre plusieurs fournisseurs européens. Cette dispersion limite les risques, d’autant que seule une part minoritaire provient du Golf.
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Le gaz butane, produit clé pour les ménages, reste fortement dépendant des États-Unis, qui assurent 77,1 % des 2.894 kt importées. L’Espagne suit avec 14,2 %, devant le Royaume-Uni (4,1 %) et la France (1,8 %). Une concentration élevée, mais sans exposition directe aux zones de conflit actuelles.
Gasoil : une dépendance au Golfe
Le gasoil constitue le principal point de vulnérabilité. Sur 6.509 kt importées, l’Espagne fournit 28,9 %, l’Arabie saoudite 26,9 %, les États-Unis 13,4 %, les Émirats arabes unis 6,2 % et Bahreïn 4,2 %. Plus du tiers des volumes provient ainsi du Golfe, exposant le Maroc aux tensions géopolitiques.
Fuel et charbon : des piliers énergétiques
Le fuel (1.155 kt) provient surtout de Turquie (32,7 %), du Kazakhstan (16,4 %), de l’Italie (15,2 %), de l’Arabie saoudite (4,2 %), des États-Unis (3,3 %), du Sénégal (3 %) et de l’Azerbaïdjan (2,6 %).
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Le charbon (9.409 kt), essentiel pour l’électricité, est dominé par les États-Unis (76,7 %), suivis de l’Afrique du Sud (9,5 %) et du Kazakhstan (9,1 %).
Au total, la diversité des fournisseurs – Espagne, États-Unis, Arabie saoudite, Italie, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, Émirats arabes unis, Turquie, Kazakhstan, Afrique du Sud, Sénégal, Azerbaïdjan, Bahreïn, Belgique, Grèce, Finlande -constitue un atout. Mais la dépendance au gasoil et la concentration sur certains produits rappellent que la souveraineté énergétique du Maroc reste un défi majeur.