Le Maroc demeure pleinement engagé et disposé à travailler étroitement avec l’ensemble des États africains et la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC) pour faire avancer le projet structurant du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), a affirmé, jeudi à Marrakech, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh.
S’exprimant lors d’une réunion consacrée à la mise en œuvre du projet MUTAA, tenue à l’occasion de la 5e édition du Global Implementation Support Symposium (GISS 2026), M. Kayouh a rappelé que le Royaume a adhéré à ce projet en novembre 2019, avec la conviction que l’intégration du transport aérien constitue un levier essentiel pour le développement économique du continent et pour le renforcement de la connectivité intra-africaine.
« Cet engagement s’inscrit dans une vision plus large, fondée sur une expérience concrète en matière de libéralisation du transport aérien », a-t-il ajouté, expliquant que dès les années 2000, le Maroc a adopté une politique volontariste, notamment à travers l’accord « Open Sky » conclu avec l’Union européenne.
Lire aussi | GISS 2026 : le Maroc et l’OACI scellent deux partenariats stratégiques [Vidéo]
Selon le ministre, cette ouverture a produit des résultats significatifs, notamment une forte croissance du trafic aérien, qui a atteint plus de 36 millions de passagers en 2025, soit près de quatre fois le niveau de 2005, une amélioration notable de la connectivité internationale, un développement soutenu de l’offre aérienne, ainsi qu’un renforcement de l’attractivité touristique du Royaume.
Cette dynamique, a-t-il soutenu, a permis de positionner le Maroc comme un hub aérien régional, au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et des Amériques.
Sur le plan africain, cette dynamique s’est traduite par un renforcement continu de la connectivité du Royaume avec le continent, a précisé M. Kayouh, rappelant que Royal Air Maroc dessert aujourd’hui plus de 25 pays africains et contribue activement à l’intégration du réseau aérien africain à travers son hub de Casablanca.
Fort de cette expérience, l’engagement du Maroc dans le MUTAA procède d’un choix à la fois rationnel et stratégique, a-t-il poursuivi, notant que « notre conviction est claire : les bénéfices observés à travers la libéralisation peuvent être reproduits à l’échelle du continent africain ».
Lire aussi | GISS 2026 : 1 500 participants réunis à Marrakech pour renforcer l’aviation civile internationale
De même, le ministre a relevé que depuis son adhésion, le Maroc a engagé plusieurs actions concrètes pour traduire cet engagement en résultats tangibles, tout en procédant à la mise en conformité progressive de son cadre juridique et réglementaire, notamment à travers l’élaboration d’un modèle d’accord de services aériens aligné sur les principes de la Décision de Yamoussoukro.
« Parallèlement, notre pays a engagé un processus de révision et d’harmonisation de ses accords bilatéraux avec ses partenaires africains, avec, à ce jour, 19 accords ayant été signés ou paraphés dans ce cadre, traduisant une volonté commune d’avancer vers une plus grande libéralisation du transport aérien », a-t-il dit.
Il a, à cet égard, mis en avant que « ces efforts ont permis au Maroc d’être reconnu comme pays membre du Projet pilote de mise en oeuvre du MUTAA, ce qui constitue à la fois une reconnaissance de notre engagement et une responsabilité supplémentaire dans l’accompagnement de cette dynamique continentale ».
Lire aussi | easyJet inaugure sa base à Marrakech, la première en Afrique
Pour sa part, la secrétaire générale de la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC), Adefunke Adeyemi, a mis l’accent, dans une déclaration à la MAP, sur l’importance de cette réunion visant à réfléchir sur les moyens d’améliorer les connexions, faciliter l’accès aux marchés et garantir un transport aérien abordable pour les Africains.
« Si les pays africains s’ouvrent, s’unissent et libéralisent leurs échanges commerciaux grâce à l’aviation, cela injectera 4,2 milliards de dollars dans les économies du continent et créera plus de 600.000 emplois supplémentaires », a-t-elle relevé.
Elle a noté, dans la même veine, que le Maroc, ayant déjà compris les avantages de la libéralisation grâce à son accord « Open sky », promeut activement cette approche à travers l’Afrique et encourage les autres États africains à suivre son exemple.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ICAO-GISS 2026 est organisé du 14 au 16 avril dans la cité ocre par le ministère du Transport et de la Logistique, en partenariat avec l’Organisation de l’aviation civile internationale, sous le thème « Solutions régionales, bénéfices mondiaux ».