Lancée en novembre 2025, la 5G amorce une montée en puissance au Maroc. Selon l’Anrt à la fin de l’année, près de 38% de la population était déjà couverte par le nouveau réseau, qui totalisait 2,63 millions d’utilisateurs. Un bilan d’étape de la technologie.
Lancée officiellement en novembre 2025, la cinquième génération de réseau mobile, plus connue sous le nom de 5G, amorce déjà une montée en puissance notable dans le Royaume. En quelques mois seulement, cette technologie s’est imposée comme l’une des infrastructures numériques les plus stratégiques du pays, appelée à transformer aussi bien les usages des consommateurs que les modèles économiques de nombreux secteurs. Selon les dernières données communiquées par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications, le déploiement du nouveau réseau connaît une progression rapide. À la fin de l’année 2025, près de 38% de la population marocaine était déjà couverte par la 5G, tandis que 2,63 millions d’utilisateurs avaient adopté cette technologie. Un démarrage qui confirme l’appétit croissant des consommateurs pour des connexions mobiles toujours plus rapides, mais aussi la volonté du Maroc de se positionner dans le peloton des économies engagées dans la transition numérique.
Au-delà des performances techniques promises — débits largement supérieurs à la 4G et temps de latence fortement réduit — la 5G est perçue comme un véritable levier de transformation économique. Elle doit permettre le développement de nouveaux usages dans des domaines aussi variés que l’industrie, la santé, l’agriculture ou encore les villes intelligentes. « Cette adoption rapide de la technologie 5G illustre la forte appétence des marocains pour les services mobiles à très haut débit et marque une étape dans sa transformation numérique en attendant que l’industrie s’embarque aussi dans cet élan », nous confie Ahmed Khaouja, Consutant en TIC.
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De son côté Hicham Kasraoui, Senior consultant Africa & International Development chez BearingPoint déclare : «la montée en puissance rapide de la 5G au Maroc confirme la capacité du pays à se positionner comme un leader régional des infrastructures numériques. Atteindre près de 38 % de couverture de la population et plus de 2,6 millions d’utilisateurs en 2 mois traduit à la fois un engagement fort du régulateur et des opérateurs, et une appétence réelle du marché ».
D’une part, fait-il remarquer, on peut constater que la stratégie de mutualisation et de co-investissement des infrastructures déployée par les opérateurs Télécom a été pertinente, et d’autre part, que l’ANRT a réussi à incarner un rôle de régulation pro investissement et pro concurrence. Au-delà de la performance technologique, ces résultats envoient un signal aux investisseurs et aux écosystèmes numériques : le Maroc assume une trajectoire de modernisation accélérée de ses réseaux, socle indispensable de la compétitivité économique.
Vers un nouveau paradigme
Le lancement de la 5G s’inscrit dans la continuité de la stratégie de modernisation du secteur des télécommunications engagée depuis plusieurs années au Maroc. Après l’introduction de la 3G puis de la 4G, qui ont profondément transformé l’accès à l’internet mobile dans le pays, la nouvelle génération de réseau ouvre désormais la voie à une connectivité beaucoup plus performante. Concrètement, la 5G se distingue par des vitesses de connexion nettement supérieures, pouvant atteindre plusieurs gigabits par seconde dans certaines conditions, ainsi qu’une latence extrêmement faible, permettant une transmission quasi instantanée des données. Ces caractéristiques techniques ouvrent la voie à une nouvelle génération de services numériques, allant du streaming en très haute définition aux applications industrielles avancées.
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Les premiers mois du déploiement confirment l’intérêt du marché. Les opérateurs télécoms ont choisi de concentrer leurs premières infrastructures dans les grandes agglomérations et les principaux centres économiques du pays. Des villes comme Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger ou encore Agadir figurent parmi les premières zones bénéficiant d’une couverture 5G. Ce choix stratégique permet d’atteindre rapidement une masse critique d’utilisateurs, tout en accompagnant les besoins des entreprises et des acteurs économiques installés dans ces territoires. Au total, le parc Internet national a franchi la barre des 41,46 millions de souscriptions à la fin de l’année 2025. Cela représente une progression de 3,09% par rapport à l’année précédente, soit plus de 1,24 million d’abonnements supplémentaires. Le taux de pénétration de l’Internet s’élève désormais à 112,59 %, un niveau qui confirme la généralisation de l’accès au réseau dans la population.
Au-delà du grand public, la 5G représente surtout un enjeu stratégique pour l’économie nationale. Dans l’industrie, elle permet par exemple de connecter en temps réel des machines et des capteurs, ouvrant la voie au développement d’usines intelligentes et automatisées. Dans le secteur de la santé, elle pourrait favoriser l’essor de la télémédecine ou des dispositifs médicaux connectés. L’agriculture, quant à elle, pourrait tirer profit de capteurs et d’outils d’analyse permettant d’optimiser l’irrigation et la gestion des cultures. Les villes intelligentes constituent également un champ d’application majeur pour cette technologie.
Grâce à la 5G, les municipalités pourraient améliorer la gestion de nombreux services urbains, comme la circulation, l’éclairage public ou encore la consommation énergétique. Dans un contexte d’urbanisation rapide, ces innovations pourraient contribuer à rendre les villes marocaines plus efficaces et plus durables. « Pensée comme une plateforme transversale, la 5G devient ainsi un accélérateur de performance économique, de durabilité et de cohésion territoriale, au cœur de la modernisation du pays. Comme souvent, la technologie n’est qu’un moyen : le véritable défi réside dans la capacité des acteurs publics et privés à co construire des cas d’usage à fort impact, inclusifs et adaptés aux priorités nationales de développement. », précise Kasraoui.
Une stratégie de transformation numérique
« Une bonne ‘ connectivité’ est un prérequis au développement du digital et aussi de l’IA », explique Mohcine Benachir, Secrétaire Général de l’APEBI. Le déploiement de la 5G s’inscrit ainsi dans une vision plus large portée par la stratégie nationale de transformation numérique. Les autorités ambitionnent de renforcer l’écosystème technologique du pays, de soutenir l’innovation et d’attirer davantage d’investissements dans les secteurs numériques.
La 5G pourrait ainsi jouer un rôle déterminant dans l’émergence de nouveaux services et de nouvelles startups technologiques. Pour les opérateurs télécoms, ce déploiement représente cependant un défi financier et industriel majeur. La mise en place d’un réseau 5G nécessite des investissements importants, notamment pour l’installation d’antennes supplémentaires et le renforcement des infrastructures de fibre optique. Ces investissements devraient se poursuivre dans les prochaines années afin d’étendre progressivement la couverture du réseau à une part croissante de la population. Les perspectives d’expansion sont d’ailleurs ambitieuses. Les autorités souhaitent voir la couverture 5G s’étendre progressivement au-delà des grandes villes pour toucher un nombre toujours plus important de territoires. À terme, l’objectif est de faire de cette technologie un outil de réduction de la fracture numérique, en améliorant l’accès à l’internet haut débit dans différentes régions du pays.
Selon les chiffres de l’ANRT, sur le segment de l’Internet fixe, la fibre optique poursuit son expansion rapide. Le parc FTTH dépasse désormais 1,4 million d’abonnés, enregistrant une croissance annuelle de 32,87%. Plus de 61% de ces connexions bénéficient d’un débit supérieur à 50 Mb/s, ce qui témoigne de l’amélioration progressive de la qualité des infrastructures et des performances offertes aux utilisateurs.