L’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) s’attaque au secteur de la nutrition animale. En effet, plusieurs fabricants et importateurs de graisses végétales destinées à l’alimentation et à l’engraissement des bovins se sont retrouvés, au cours des dernières semaines, avec des avis de redressement douloureux.
Aussi, dans le sillage, en fin d’année 2025, d’un changement de nomenclature de la graisse végétale, produit fortement réglementé pour garantir la traçabilité et la sécurité sanitaire du cheptel (loi 28-07), l’institution publique dirigée par Abdellatif Amrani a reconsidéré sa position sur les droits de douane auxquels sont assujetties les importations de cette matière… et ce depuis 2022 !
Du coup, une demi-douzaine d’importateurs se sont vus réclamer au total plus d’une centaine de millions de dirhams cumulés au titre d’arriérés de droits de douane et de pénalités de retard, l’ADII ayant soumis rétroactivement les opérations d’importation « incriminées » à des droits allant à 30 %, contre 0 % initialement, sachant que, pour soutenir les éleveurs, le Maroc a instauré une exonération des droits de douane sur plusieurs types d’alimentation animale (aliments composés et intrants).
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Il n’en fallait pas plus pour crier au scandale chez lesdits importateurs, qui estiment cette injonction de l’ADII des plus injustes et dangereuses. Injustes, car pour un produit vendu au client final (les éleveurs) avec une marge nettement inférieure à 20 %, venir réclamer, plusieurs années après, l’acquittement de droits de 30 % (sans compter les pénalités de « retard »), cela revient, pour les contribuables concernés, à des ventes à perte ! Et dangereuses, car de telles pratiques de notre administration viennent confirmer les cris d’orfraie quant au risque d’« insécurité juridique » qui entache, hélas encore, le climat des affaires au Maroc et qui nuit à la prévisibilité pour les citoyens et les investisseurs.