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  • DécideursSpécial 8 mars 2026

    Kenza Khalil – Secrétaire générale de l’AMDIE

    by Challenge 23 mars 2026
    written by Challenge

    Ingénieure d’État diplômée de l’École Mohammadia d’Ingénieurs en modélisation et finance des marchés, Kenza Khalil a construit un parcours à l’intersection de la stratégie, de la finance et du développement économique.

    Durant plus de quinze années au sein d’Attijariwafa Bank et du Groupe Crédit Agricole du Maroc, son fil conducteur : structurer des dispositifs financiers capables d’accompagner la croissance des entreprises et aligner la stratégie bancaire sur les priorités nationales.

    En tant que Directrice de la Stratégie et de l’Organisation au Crédit Agricole du Maroc, elle conduit des chantiers d’alignement entre ambition stratégique, architecture financière et capacité opérationnelle, y compris dans la finance durable et l’investissement à impact.

    Depuis janvier 2025, Kenza Khalil occupe le poste de Secrétaire générale de l’AMDIE. Son objectif : faire converger stratégie, ingénierie financière et efficacité institutionnelle pour renforcer l’attractivité du Maroc et soutenir les dynamiques d’investissement et de compétitivité.

    Sur la place de la femme marocaine, elle porte un regard lucide et stratégique : la participation économique des femmes n’est pas seulement une question d’équité, c’est un levier de compétitivité nationale. Mobiliser l’intégralité du capital humain du pays est une condition de souveraineté économique.

    — Challenge

    23 mars 2026 0 comments
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    DécideursSpécial 8 mars 2026

    Badra Hamdaoua – CEO de Capgemini Maroc

    by Challenge 23 mars 2026
    written by Challenge

    Il est des trajectoires qui s’analysent moins à travers une succession de fonctions qu’à travers une méthode. Celle de Badra Hamdaoua s’inscrit dans cette logique. Discipline, constance, exigence d’exécution : son parcours raconte une manière d’exercer le leadership fondée sur la confiance et la responsabilité.

    Aujourd’hui CEO de Capgemini Maroc, titulaire d’un DESS en systèmes d’information et d’un master en contrôle de gestion de l’Université Paris Dauphine, sa conviction est claire : la technologie n’a d’impact que si elle est maîtrisée, lisible et alignée sur les arbitrages concrets de l’entreprise.

    En 2024, elle est nommée à la tête du Morocco Global Delivery Center, qui regroupe les activités d’engineering, d’IT et de data. L’enjeu : positionner le Maroc comme plateforme de delivery capable de servir des clients internationaux selon des standards élevés.

    « La difficulté commence parfois après la promotion ». Être dirigeante signifie encore trop souvent jongler entre plusieurs rôles. Elle insiste notamment sur « la qualité du soutien au sein du couple », facteur déterminant dans les périodes de forte pression.

    En 2024, les femmes représentaient 39,6 % des postes de direction chez Capgemini Maroc et 48,9 % des effectifs. L’entreprise a obtenu la certification EDGE. « Une organisation qui laisse une partie de ses talents sur le bord du chemin s’affaiblit. »

    — Challenge

    23 mars 2026 0 comments
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    DécideursSpécial 8 mars 2026

    Dr Sofia Ghacham – Fondatrice de Women in AI Morocco

    by Challenge 23 mars 2026
    written by Challenge

    Dr Sofia Ghacham incarne cette génération de dirigeantes marocaines qui évoluent au cœur des technologies stratégiques tout en œuvrant à une innovation plus inclusive. Ingénieure d’État en télécommunications et systèmes, docteure en génie électrique, elle construit depuis plus de quinze ans un parcours à la croisée des infrastructures critiques, de la mobilité et de l’intelligence artificielle.

    Après une première expérience au sein d’une multinationale technologique, elle rejoint l’Office National des Chemins de Fer (ONCF), où elle évolue depuis dix ans comme Cheffe de département. Elle pilote la modernisation des infrastructures, la transformation numérique et le déploiement de systèmes critiques.

    En 2017, sa sélection au programme TechWomen du Département d’État américain marque un tournant. Elle y découvre de nouveaux modèles de leadership technologique à la Silicon Valley.

    Convaincue que l’intelligence artificielle constitue l’une des mutations majeures de notre époque, elle fonde en 2025 Women in AI Morocco, affiliée au réseau international présent dans plus de 150 pays. Son ambition : promouvoir la participation des femmes dans ces domaines d’avenir.

    Récemment invitée au Machines Can Think Summit à Abu Dhabi, elle contribue par ailleurs à la rédaction d’un papier consacré à l’AI Safety. À mi-chemin des infrastructures ferroviaires et de l’intelligence artificielle, Dr Sofia Ghacham incarne une vision d’un Maroc technologique, durable et inclusif.

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    23 mars 2026 0 comments
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    Spécial 8 mars 2026

    Céline Farhat – Fondatrice et directrice générale d’iDARi Living

    by 23 mars 2026
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    Diplômée de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en droit bancaire et financier, Céline Farhat a d’abord piloté, pour le compte de grandes familles françaises et du Moyen-Orient, un portefeuille atteignant 4 milliards d’euros d’actifs.

    Marocaine par sa mère et libanaise par son père, elle est rattrapée en 2020 par la crise économique majeure qui frappe le Liban. Dans le sud du Liban, une image la frappe : au milieu des destructions, seules les structures en acier restent debout. Cette observation agit comme une révélation. De cette réflexion naît iDARi Living.

    La solution iDARi repose sur un système constructif industrialisé en acier léger : habitats performants, rapides à assembler, conformes aux standards internationaux. Résultat : réduction des délais, maîtrise des coûts et empreinte environnementale allégée.

    Sur la place de la femme marocaine, son regard est ancré dans l’histoire. Elle rappelle l’influence de Fatima al-Fihriya, fondatrice de l’Université Al-Quaraouiyine. Ce qui change aujourd’hui n’est pas la force des femmes, mais leur visibilité accrue dans l’espace public et économique.

    L’entreprise est aujourd’hui valorisée à 180 millions de dirhams et prépare une levée de fonds destinée à accélérer son déploiement international. Céline Farhat construit un modèle où innovation, résilience et ancrage marocain se conjuguent pour répondre aux défis contemporains de l’habitat durable.

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    Spécial 8 mars 2026

    Malika Essadiq – Cofondatrice de Terra Mia Café à Marrakech

    by 23 mars 2026
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    Il y a des trajectoires qui défient les lignes droites et racontent, en creux, l’histoire d’une détermination silencieuse. Celle de Malika Essadiq, cofondatrice de Terra Mia Café, en fait partie.

    Née au Maroc en 1958, de nationalité française devenue marocaine en 2018, Malika Essadiq incarne une génération de femmes qui ont avancé sans bruit, mais sans jamais renoncer. Étudiante brillante, elle interrompt ses études avant le baccalauréat en 1976 pour se marier. Dix ans plus tard, mère de deux garçons, elle obtient son Bac littéraire en candidate libre — un premier acte d’indépendance qui annonce la suite.

    En 2008, elle accompagne son mari dans le lancement d’un projet touristique baptisé Terra Mia, sur la route de Fès à Marrakech. Sa marque de fabrique : une exigence discrète, une capacité à se rendre indispensable sans jamais se mettre en avant.

    Avec ses deux autres fils, Daoud et Amin, elle lance Terra Mia Café en plein cœur du Guéliz, à Marrakech. Ce concept urbain prolonge l’ADN familial : qualité, accueil et sens du détail. Malika y apporte une valeur ajoutée évidente, faite d’intuition, de rigueur et d’un sens aigu de l’hospitalité.

    Son regard sur la place des femmes marocaines rappelle une réalité persistante : seules 16 % des entreprises sont dirigées par des femmes. Malika Essadiq incarne une forme de leadership patient et enraciné, où la réussite se construit dans la durée.

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    Spécial 8 mars 2026

    Hind El Hannach – Directeur Marketing & RSE Lesieur Cristal

    by 23 mars 2026
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    Ingénieure de formation, Hind El Hannach a très tôt compris que la technique ne suffisait pas à donner du sens à une carrière. Après un Bachelor en ingénierie mécanique à Concordia University, puis un Master spécialisé en aérospatial à ISAE-SUPAERO, elle choisit de s’orienter vers le marketing stratégique et le développement des marques.

    Son parcours débute en 2010 chez Procter & Gamble, où elle forge une culture de la performance, de la rigueur analytique et de l’exécution opérationnelle. Elle poursuit au sein de grandes multinationales comme Nestlé et Tetra Pak.

    Chez Lesieur Cristal, elle trouve un terrain d’expression idéal : à l’intersection de la stratégie, du marketing et du développement durable, elle construit une vision intégrée, convaincue que ces trois dimensions sont indissociables pour bâtir une performance solide et pérenne.

    Son regard sur la place de la femme marocaine est empreint d’optimisme mais aussi de lucidité. Elle constate que les femmes jouent aujourd’hui un rôle croissant dans tous les secteurs : académique, professionnel, politique et entrepreneurial. Elles assument pleinement leur légitimité, démontrant excellence, résilience et leadership.

    Pour elle, la responsabilité des dirigeantes est claire : transformer les avancées individuelles en progrès collectifs. L’égalité des chances n’est pas seulement un impératif social, c’est un levier de performance pour toute l’économie.

    Hind El Hannach incarne une dirigeante qui conjugue performance et responsabilité, et qui fait de l’innovation durable un moteur de transformation.

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    Spécial 8 mars 2026

    Hajar Dinar – Directrice des Communications de Bayer pour l’Afrique du Nord

    by 23 mars 2026
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    Le parcours de Hajar Dinar est celui d’une femme qui a su transformer sa passion pour la communication en une belle aventure professionnelle, porteuse de sens et d’influence. Diplômée d’un Master en Communication et Développement durable, puis spécialisée en Communication des Organisations, elle a bâti au fil de vingt années d’expérience, dont une grande partie dans l’automobile au Maroc, une expertise solide et reconnue.

    Son parcours chez Renault puis chez Ford lui a donné l’opportunité de gérer des enjeux de communication et d’affaires publiques dans des environnements riches et multiculturels.

    Il y a huit mois, Hajar a pris un virage audacieux : passer de l’univers automobile et technologique à celui de la recherche scientifique et de l’éthique. En intégrant Bayer, elle est sortie de sa zone de confort pour découvrir un univers inédit. « La santé pour tous, la faim pour personne » : la mission de Bayer devient pour elle une quête de sens et d’engagement.

    Aujourd’hui, en tant que Directrice des Communications pour l’Afrique du Nord, elle accompagne les dirigeants, éclaire les enjeux et construit des ponts entre le médical, l’agricole, l’institutionnel et le grand public.

    S’agissant de la place des femmes marocaines dans la société actuelle, Hajar Dinar apporte un regard à la fois lucide et porteur d’espoir. Elle observe une réalité plurielle : dans certains environnements, les femmes occupent une place reconnue et naturelle ; dans d’autres, l’accès aux opportunités reste fragile.

    2026 est une année stimulante pour Hajar. Sur le plan professionnel, elle accompagne des projets majeurs pour Bayer au Maroc, notamment l’inauguration de nouvelles lignes de production à l’usine de Casablanca. Ce site stratégique, qui exporte vers plus de 42 marchés, ambitionne de tripler son chiffre d’affaires à l’export.

    Entre science et engagement, Hajar Dinar illustre une nouvelle génération de dirigeantes marocaines : des femmes qui osent les changements, portent l’innovation et façonnent un avenir durable.

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    Entreprises & Marchés

    Retail: la nouvelle bataille des enseignes au Maroc

    by Wafaa Mellouk 22 mars 2026
    written by Wafaa Mellouk

    Supérettes urbaines, enseignes premium, hard discount et e-commerce : le paysage du retail marocain entre dans une nouvelle phase de transformation. L’arrivée annoncée de Franprix et Monoprix illustre cette dynamique, mais aussi la recomposition d’un marché où les groupes marocains jouent désormais un rôle central. Détails. 

    Le commerce moderne marocain s’apprête à franchir une nouvelle étape. L’expansion annoncée des enseignes Franprix et Monoprix, appartenant au Groupe Casino, intervient dans un marché en pleine mutation, marqué par la montée en puissance des formats de proximité, la diversification de l’offre et l’évolution rapide des habitudes de consommation.

    Contrairement à une implantation directe du groupe français, ces enseignes seront exploitées au Maroc sous forme de franchise par H&S Invest Holding, le groupe de l’entrepreneur Moncef Belkhayat, via sa nouvelle entité One Retail. L’ambition affichée est de déployer plus de 210 magasins d’ici 2035, avec un investissement estimé à près d’un milliard de dirhams.

    Cette initiative intervient dans un secteur déjà structuré par plusieurs acteurs majeurs, dont Label’Vie, détenteur de la franchise Carrefour au Maroc, ainsi que Marjane Holding, qui ont multiplié les ouvertures ces dernières années.

    Pour Amine Megzari, fondateur de l’agence MEEM et spécialiste de l’immobilier commercial depuis plus de deux décennies, l’arrivée de nouvelles enseignes internationales s’inscrit dans une transformation profonde du secteur.

    «L’arrivée des enseignes Franprix et Monoprix n’est pas vraiment une surprise. Ce secteur connaît une mutation sans précédent dans l’histoire de notre pays et une accélération exponentielle depuis deux à trois ans dans le déploiement des formats petits et moyens», explique-t-il.

    Le marché marocain a en effet vu se multiplier les formats de proximité au cœur des grandes villes. Les groupes déjà présents ont pris une longueur d’avance, notamment avec Carrefour Express ou Marjane City, des formats comparables au modèle Franprix. De leur côté, les enseignes premium comme Carrefour Market ou certaines déclinaisons de Marjane Market se rapprochent davantage du positionnement de Monoprix.

    «Les deux groupes ont multiplié les ouvertures pour couvrir des quartiers stratégiques dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat, mais aussi dans des villes moyennes afin d’asseoir leur présence», souligne Amine Megzari.

    Une concurrence appelée à s’intensifier

    Dans un marché déjà occupé par plusieurs opérateurs puissants, l’arrivée de nouvelles franchises internationales pourrait logiquement intensifier la concurrence. Mais selon l’expert, cette dynamique ne signifie pas nécessairement une cannibalisation du marché.

    «Certainement. L’arrivée d’un nouvel opérateur va bousculer un peu les habitudes, ne serait-ce que par l’effet de la nouveauté. Maintenant, concurrence ne veut pas dire cannibalisation», précise-t-il.

    Le déploiement massif des formats de proximité dans les centres urbains pourrait même produire l’effet inverse. «Le déploiement actuel des formats moyens comme Marjane City ou Carrefour Express dans presque chaque coin de rue au centre-ville de Casablanca ou Rabat risque même parfois de produire l’effet inverse», observe-t-il.

    Pour Franprix et Monoprix, l’enjeu sera donc de se différencier. L’expérience client pourrait constituer un levier stratégique majeur.

    «Charge à ces derniers de se positionner différemment en offrant, en plus de ce que le consommateur attend d’une enseigne de grande distribution, une expérience client différente», estime Amine Megzari.

    Il évoque notamment le développement de concepts inspirés des modèles internationaux : shop-in-shop, espaces traiteur, boulangeries intégrées ou encore une offre plus large incluant le non-alimentaire, un élément qui constitue l’un des points forts de Monoprix à l’étranger.

    L’introduction de produits à marque de distributeur du groupe Casino pourrait également renforcer l’attractivité de ces enseignes sur le marché marocain.

    Parallèlement à la transformation du secteur, les habitudes de consommation des ménages marocains ont fortement évolué ces dernières années.

    «Les habitudes de consommation ont bel et bien changé depuis un certain temps. L’ouverture d’enseignes dans chaque coin de rue a contribué à ce changement», souligne Amine Megzari.

    Le consommateur recherche désormais une offre complète permettant d’effectuer l’ensemble de ses achats alimentaires dans un même point de vente : produits de première nécessité, fruits et légumes, produits frais ou encore rayons spécialisés comme la poissonnerie ou la boucherie.

    Dans un contexte marqué par la pression sur le pouvoir d’achat, la sensibilité au prix reste également déterminante. «Avec toutes ces ouvertures, le consommateur est également très attentif aux promotions et au facteur prix entre une enseigne et une autre», observe l’expert.

    Les enseignes de hard discount se sont d’ailleurs positionnées sur ce créneau, avec des assortiments plus limités mais des prix particulièrement compétitifs.

    Le commerce traditionnel résiste

    Toutefois, malgré l’expansion rapide du commerce moderne, le commerce traditionnel conserve une place importante dans le paysage de la distribution.

    «Le commerce traditionnel reste aujourd’hui une source d’appoint pour les courses du quotidien, mais aussi un canal privilégié pour une partie de la population qui préfère le contact humain avec l’épicier du quartier», rappelle Amine Megzari.

    Au-delà de la proximité, l’épicier joue également un rôle social, notamment en permettant parfois aux ménages de faire leurs courses à crédit grâce au système du carnet.

    Le commerce en ligne, quant à lui, reste encore limité à une clientèle urbaine relativement aisée et connectée. «Concernant le commerce en ligne, malgré les bonnes performances des plateformes des deux grands groupes, il reste avant tout destiné à une clientèle urbaine qui manque de temps pour faire ses courses», précise-t-il.

    La transformation du retail marocain ne se limite plus aux grandes métropoles. Les formats modernes commencent également à s’implanter dans les villes moyennes.

    «Le commerce moderne a déjà transformé en profondeur les habitudes de consommation dans les grandes villes (…) ce modèle pourrait se renforcer davantage dans les villes moyennes», estime Amine Megzari.

    Dans ces marchés, le facteur prix reste toutefois déterminant. Les enseignes devront donc trouver le bon équilibre entre compétitivité tarifaire et qualité de l’expérience client.

    Magasins lumineux, rayons bien approvisionnés, parcours client optimisé ou encore programmes de fidélité figurent désormais parmi les éléments clés pour attirer et retenir les consommateurs.

    Vers une nouvelle génération du retail marocain

    A moyen terme, plusieurs facteurs devraient soutenir la croissance du secteur : urbanisation, développement du tourisme, montée du e-commerce et transformation digitale du commerce.

    Pour Amine Megzari, l’avenir du retail marocain repose toutefois sur un double mouvement.

    «À la différence du secteur de la grande distribution, qui est aujourd’hui structuré et compte des acteurs locaux mais aussi internationaux, le secteur du retail au sens large reste fortement dépendant de la présence d’enseignes internationales», souligne-t-il.

    L’expert plaide ainsi pour l’émergence de véritables champions nationaux capables de rivaliser avec les grandes marques internationales.

    «Nous avons besoin de véritables champions nationaux du retail capables de soutenir durablement ce secteur», affirme-t-il.

    La transformation du retail passera également par l’innovation technologique et la digitalisation. «La digitalisation joue déjà un rôle majeur face à un consommateur ultra connecté. Le secteur devra proposer plusieurs solutions facilitant l’acte d’achat : e-commerce, personal shopper en ligne, utilisation de l’IA pour suggérer des produits ou encore exploitation de la data», explique-t-il.

    Dans un marché en pleine recomposition, la combinaison entre enseignes internationales, groupes marocains et nouvelles expériences d’achat pourrait ainsi dessiner les contours d’une nouvelle génération du commerce moderne au Maroc.

    Interview // Amine Megzari,fondateur de l’Agence MEEM et expert de plus de 22 ans dans le secteur de l’immobilier commercial

    «Nous avons besoin de véritables champions nationaux du retail capables de soutenir durablement ce secteur»

    Challenge : L’expansion annoncée des enseignes Franprix et Monoprix marque-t-elle une nouvelle étape dans le développement du commerce moderne au Maroc ? 
    Amine Megzari : L’arrivée des enseignes Franprix et Monoprix n’est pas vraiment une surprise. Ce secteur connaît une mutation sans précédent dans l’histoire de notre pays et une accélération exponentielle depuis deux à trois ans dans le déploiement des formats petits et moyens.
    Il y a aujourd’hui deux acteurs majeurs, Marjane et Carrefour, qui ont pris de l’avance avec des formats similaires aux enseignes Franprix et Monoprix : Carrefour Express et Marjane City pour Franprix, Carrefour Market/Gourmet et, dans une certaine mesure, Marjane Market dans son format premium pour Monoprix.
    Les deux groupes ont multiplié les ouvertures pour couvrir des quartiers stratégiques dans les grandes villes comme Casablanca et Rabat, mais aussi dans des villes moyennes afin d’asseoir leur présence.
    Franprix et Monoprix pourraient néanmoins introduire une approche légèrement différente, notamment en matière d’expérience client et d’offre produit.

    Challenge : Dans un marché déjà occupé par plusieurs grands groupes, l’arrivée de nouvelles enseignes internationales va-t-elle intensifier la concurrence ?
    Certainement. L’arrivée d’un nouvel opérateur va bousculer un peu les habitudes, ne serait-ce que par l’effet de la nouveauté.
    Maintenant, concurrence ne veut pas dire cannibalisation. Le déploiement actuel des formats moyens comme Marjane City ou Carrefour Express dans presque chaque coin de rue au centre-ville de Casablanca ou Rabat risque même parfois de produire l’effet inverse.
    Il y a des parts de marché à prendre pour Franprix et Monoprix. Charge à ces derniers de se positionner différemment en offrant, en plus de ce que le consommateur attend d’une enseigne de grande distribution, une expérience client différente, à l’instar de ce que font ces enseignes à l’étranger : du shop-in-shop (offre traiteur à l’intérieur de l’enseigne, boulangerie, etc.) ou encore une offre plus complète incluant le non-alimentaire, ce qui fait notamment la force de Monoprix en France.
    De plus, l’appartenance de ces enseignes au groupe Casino apportera son lot de nouveautés avec des produits MDD du groupe Casino. Cet ensemble peut positionner durablement ces enseignes dans cet univers déjà bien riche.

    Challenge : Le développement du commerce moderne peut-il transformer durablement les formats de distribution au Maroc, notamment dans les villes moyennes ?
    Le commerce moderne a déjà transformé en profondeur les habitudes de consommation dans les grandes villes à travers les micros et moyens formats de points de vente.
    Ce modèle a également commencé à se développer dans les villes moyennes et pourrait, à mon sens, s’y renforcer davantage. Néanmoins, dans ces villes où le panier moyen reste relativement faible, le facteur prix reste l’une des premières raisons de fréquentation.
    Les enseignes de hard discount l’ont bien compris et sont aujourd’hui bien positionnées dans ces villes.
    Mais le prix ne doit pas être la seule raison d’attraction. L’expérience client reste un facteur essentiel : rayons bien achalandés, plus de références, des espaces frais plus importants, des magasins lumineux et bien organisés, un parcours client étudié, un service client présent, des services annexes non adressés par les enseignes de hard discount ou le commerce traditionnel.
    La fidélisation est également devenue centrale pour capter et retenir les clients, notamment avec les systèmes de cashback dont les consommateurs sont très friands.

    Challenge : À moyen terme, quels seront selon vous les principaux moteurs de croissance du retail au Maroc ?
    À la différence du secteur de la grande distribution, qui est aujourd’hui structuré et compte des acteurs locaux mais aussi internationaux, le secteur du retail au sens large (équipement de la personne, équipement de la maison, etc.) reste fortement dépendant de la présence d’enseignes internationales.
    Cela s’explique notamment par l’absence d’une véritable stratégie nationale visant à faire émerger de grandes enseignes retail marocaines capables de répondre aux besoins d’une large frange de la population.
    Les enseignes marocaines restent malheureusement peu nombreuses, alors que nous avons pourtant plusieurs success stories dont nous pouvons être fiers.
    À l’aune des grands chantiers que connaît notre pays, du développement du tourisme et des échéances majeures comme la Coupe du Monde 2030, le secteur du retail doit effectuer une véritable transformation pour répondre à ces opportunités.
    Il est nécessaire de soutenir le développement d’enseignes locales dans tous les secteurs du retail : habillement, équipement de la maison, food, etc. Nous avons besoin de véritables champions nationaux du retail capables de soutenir durablement ce secteur.
    Il faut également soutenir les groupes marocains qui investissent dans des enseignes internationales. Ces groupes devraient bénéficier d’une fiscalité plus adaptée, car aujourd’hui ils sont lourdement taxés. Cela a un impact direct sur les prix pour le consommateur.
    C’est d’ailleurs une situation paradoxale : certaines enseignes mass market à l’étranger deviennent plus chères au Maroc, alors même que le niveau de charges opérationnelles est logiquement inférieur à celui de l’Europe ou des États-Unis.
    C’est la conjugaison de ces deux dynamiques -développement d’enseignes locales et attractivité pour les marques internationales- qui permettra d’offrir au consommateur des produits de qualité à des prix plus accessibles et ainsi soutenir le pouvoir d’achat. L’expérience client restera également un facteur clé de succès. La digitalisation joue déjà un rôle majeur face à un consommateur ultra connecté. Le secteur devra proposer plusieurs solutions facilitant l’acte d’achat : e-commerce, personal shopper en ligne, utilisation de l’IA pour suggérer des produits, exploitation de la data pour mieux comprendre le client, phygital, click & collect.Ce sont aujourd’hui ces éléments qui font la force d’une enseigne.

    22 mars 2026 0 comments
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    FOCUS

    Echéances fiscales: les obligations à ne pas oublier

    by Challenge 21 mars 2026
    written by Challenge

    La conformité fiscale volontaire ou «discipline fiscale» permet d’éviter les mauvaises surprises. Déclarer et payer l’impôt dans les délais et ne rien oublier, c’est le principal acte permettant de se prémunir contre le contrôle fiscal (CF). En effet, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et à la Big Data, voire l’intelligence artificielle, le CF n’est plus programmé «au pif»/au hasard, ou dans un souci unique de rentabilité, d’accroissement des recettes fiscales complémentaires, en plus des recettes fiscales versées spontanément. 

    Les «radars fiscaux» mis en place dans les systèmes d’information de l’administration fiscale (AF), sur la base d’une «approche risque fiscal», permettent de mieux détecter les irrégularités et les pratiques frauduleuses, et de cibler ces pratiques, tout en renforçant la qualité du CF, en termes de pertinence et d’efficience. Très souvent, le respect des droits est étroitement conditionné par le respect des obligations (une équation qui n’existe pas seulement dans le domaine fiscal). 

    Le système fiscal mis en place au Maroc depuis les années 1980 se veut principalement déclaratif. Le contribuable/redevable doit procéder lui-même à l’assiette, la liquidation et le paiement de l’impôt, de manière spontanée, selon des règles et des délais fixés par la loi fiscale. Le rôle principal/central de l’AF est de contrôler à distance, directement et indirectement, le comportement fiscal des contribuables/redevables. Et le premier contrôle porte sur le respect des obligations fiscales, en particulier les obligations déclaratives et le paiement de l’impôt. A cet égard, le mois de mars est par excellence un «mois fiscal» pour les entreprises dont la majorité écrasante adopte un exercice comptable correspondant à l’année civile. 

    Lire aussi I Climat des affaires: la fiscalité locale contre le « climat des petites affaires »

    Déclarer ou payer l’impôt tardivement ou insuffisamment/partiellement déclenche un «clignotant» chez le fisc et permet à l’AF d’établir un «scoring» pour chaque entreprise en vue de segmenter la population fiscale, pour mieux isoler le «segment à risque fiscal élevé» et programmer le CF de manière intelligente et dissuasive. Pour cela, l’entreprise (personne morale), en général, gère trois principaux impôts : IS, TVA et IR sur les revenus salariaux et assimilés. La TVA est déclarée et payée mensuellement ou trimestriellement, selon l’option de l’entreprise ou son chiffre d’affaires (CA) annuel. Pour cette taxe, l’entreprise joue un rôle de collecteur. C’est aussi le cas de l’IR/revenus salariaux et assimilés, prélevé à la source par l’entreprise-employeur, et reversé au Trésor public, mensuellement, avec une déclaration récapitulative à déposer avant le 1er mars de chaque année. Au mois de mars, c’est surtout l’impôt sur les sociétés (IS) qui est concerné par les obligations fiscales, notamment en matière de déclaration et de paiement.

    La déclaration principale à souscrire, dans les trois mois qui suivent la clôture de l’exercice comptable est la «Déclaration du résultat fiscal et du chiffre d’affaires» (DRFCA) ; accompagnée de la «liasse fiscale» comprenant le bilan et ses annexes. A travers cette déclaration, l’AF dispose des informations clés de l’entreprise. Le «contrôle d’assiette» ou «contrôle sur pièces» permet à l’AF d’apprécier la cohérence, la régularité et la sincérité  du contenu des déclarations souscrites en ligne. Le défaut de déclaration et/ou de paiement est automatiquement détecté par l’AF qui, dès le 1er avril de chaque année, c’est-à-dire après l’échéance, peut générer, grâce à son système d’information, une liste des entreprises défaillantes en matière d’obligations déclaratives et/ou de paiement de l’impôt. L’entreprise s’expose à des sanctions en termes de majorations, d’amendes, et d’intérêts de retard, mais aussi et surtout à un CF.

    Certains secteurs sont en plus assujettis à des obligations fiscales spécifiques. C’est notamment le cas des établissements hôteliers qui doivent établir un «Etat du CA réalisé en devises par établissement hôtelier» et le joindre à la DRFCA. Il en est de même de certains promoteurs immobiliers qui procèdent à des opérations de construction de cités, résidences et campus universitaires. Ces derniers doivent aussi joindre à la DRFCA un «Etat du nombre de chambres réalisées dans chaque opération de construction». C’est aussi le cas de l’ «Etat des ventes par client», véritable «mine d’or» pour l’AF, en termes d’informations à caractère fiscal. Le tableau ci-contre comprend la liste des principales déclarations fiscales et des documents qui doivent être joints à cette déclaration ou figurer en annexe. 

    Pour les entreprises qui déclarent un résultat déficitaire ou nul, un «Etat explicatif de l’origine du déficit ou résultat nul» doit être joint à la DRFCA. Cette obligation est incontournable. Elle permet à l’entreprise elle-même de renforcer sa visibilité sur sa propre situation. A titre d’exemple : pour une entreprise qui vient de procéder à des investissements en termes de renforcement de ses actifs immobilisés, il est tout à fait normal qu’elle se retrouve déficitaire au début de cet investissement, compte tenu de l’importance des dotations aux amortissements. Ce n’est pas le cas d’une entreprise ancienne, qui n’effectue pas d’investissements nouveaux, et qui déclare continuellement des résultats déficitaires (déficit chronique). Là, l’AF procède à des investigations, notamment au niveau du «train de vie» et du patrimoine des associés (examen de la situation fiscale d’ensemble, en matière d’IR). 

    Par ailleurs, le Code général des impôts (CGI) encourage les entreprises, surtout celles formant des groupes, à se restructurer. L’impact est positif aussi bien pour les entreprises concernées (impact microéconomique) que pour l’économie nationale (impact macroéconomique). Pour cela, est prévu un «régime d’incitation fiscale aux opérations de restructuration des groupes de sociétés et des entreprises» (RIFORGSE). Ce régime est optionnel. Il permet d’éviter la taxation des plus-values pouvant résulter de ces opérations de restructuration. La demande doit être déposée dans les 3 mois suivant la date d’ouverture du 1er exercice d’option. A cette demande, doit être jointe une liste des sociétés membres du groupe, concernées par cette option. Plusieurs «états» sont prévus et doivent être joints à la DRFCA, afin de permettre à l’AF d’assurer le suivi et le contrôle des opérations de transferts d’immobilisations, le sort des plus-values en sursis d’impôt, et les changements dans la composition du groupe (Voir tableau ci-contre). 

    Lire aussi | Comment le Maroc a fait de l’impôt un levier du climat des affaires

    Enfin, le paiement est l’opération fiscale ultime après assiette et liquidation de l’impôt. Administration régalienne, «le fisc se régale, mais pas trop». Car «la poule (l’entreprise) doit continuer à être capable de pondre des œufs». Le paiement de l’IS se fait par acompte provisionnel trimestriel, tout au long de l’année. Après clôture de l’exercice, et dans les trois mois qui suivent cette clôture, doivent être payés : le reliquat IS, après imputation des acomptes provisionnels déjà payés, et le 1er acompte trimestriel de l’année en cours. Même en cas d’absence de bénéfice, un minimum de la cotisation minimale doit être payé (3000 DH), avant le 3 avril.

    Par ailleurs, il ne faut pas oublier le paiement de la contribution sociale de solidarité (CSS), prorogée par la loi de finances de l’année 2026, jusqu’en 2028, pour les grandes entreprises dont le bénéfice net est égal ou supérieur à 1 million de dirhams. Le versement doit être effectué dans les trois mois qui suivent la clôture de l’exercice comptable.

    De manière générale, l’entreprise, en se dotant d’un «calendrier fiscal» bien adapté à sa situation, pourra renforcer qualitativement son «image fiscale» et «naviguer loin des eaux troubles».  

    Quelques bons conseils face au contrôle fiscal

    Le contrôle fiscal (CF) n’est ni une sanction ni une punition. C’est un ensemble de procédures légales permettant à l’administration fiscale (AF) d’exercer sa principale mission/fonction. Néanmoins, le contribuable peut se prémunir des conséquences éventuelles d’un CF en renforçant qualitativement la «conformité fiscale volontaire» de son entreprise. Il s’agit du respect rigoureux des règles comptables et des obligations fiscales. 
    Ainsi, outre les obligations comptables dont le respect rigoureux est un préalable fondamental et incontournable, avant de finaliser les déclarations fiscales et de procéder au versement de l’impôt, il est possible d’opérer des «tests de cohérence». Pendant toute l’année, des prélèvements à la source des salaires ont été effectués et versés au Trésor public. En matière de TVA, la taxe ayant grevé les charges a été déduite/récupérée/imputée sur la TVA collectée. Une déclaration périodique (mensuelle ou trimestrielle) a été déposée. Le premier test consiste à «croiser» les chiffres contenus dans des déclarations périodiques différentes : montant de la masse salariale ou des charges du personnel de l’entreprise et prestataires externes, indiqué dans le bilan comptable, à rapprocher avec la déclaration annuelle récapitulative des revenus salariaux, souscrite avant le 1er mars; chiffre d’affaires hors taxe indiqué dans le bilan à comparer avec la somme des chiffres d’affaires déclarés en matière de TVA ; bénéfices distribués ou non et IS prélevé sur les dividendes distribués (…).De même, un autre croisement peut être effectué avec la fiscalité locale. En effet, les éléments ayant servi à l’assiette de la taxe professionnelle et de la taxe des services communaux, figurent dans le bilan comptable joint en annexe à la déclaration du résultat fiscal et du chiffre d’affaires en matière d’IS (…). Cette cohérence globale est un premier indicateur de transparence. Elle permet de réduire le risque d’être programmé au CF. Et en cas de CF, les conséquences de celui-ci peuvent être bien moindres.

    21 mars 2026 0 comments
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    Actualité

    Guerre au Moyen-Orient: quelles répercussions pour le royaume ?

    by Abdelaziz Bouabid 21 mars 2026
    written by Abdelaziz Bouabid

    Alors que la guerre au Moyen-Orient semble s’éterniser, doit-on s’attendre à des chocs énergétiques et économiques majeurs sur le royaume ? Faut-il craindre un épisode d’inflation exponentiel des prix de l’énergie ? Le Maroc pourra-t-il y faire face ? Y a-t-il un risque de pénurie ?

    Sur les possibles retombées du conflit qui fait rage au Moyen-Orient et dont personne ne peut prévoir la fin jusqu’à présent, les responsables gouvernementaux se veulent rassurants sur les éventuelles répercussions négatives sur l’économie nationale. Que ce soit Nadia Fettah, qui est montée au front sur la chaîne BFM TV pour préciser que les autorités marocaines restaient vigilantes face aux conséquences potentielles du conflit tout en rassurant sur la capacité du pays à absorber n’importe quel choc externe, ou encore Ahmed Bouari, le ministre de l’Agriculture, qui ne manque pas, à chacun de ses déplacements, de rappeler que les pluies salvatrices qui se sont abattues sur différentes régions du Royaume laissent présager d’une excellente campagne agricole. Sur ce plan-là, les Marocains n’auront pas trop à se soucier du panier de la ménagère puisque l’essentiel des produits agricoles sera disponible grâce à une amélioration attendue des rendements des différentes cultures, notamment les céréales, les cultures maraîchères et les arbres fruitiers.

    Selon le ministère de tutelle, la superficie labourée a atteint 4,5 millions d’hectares, dont environ 10 % en zones irriguées, avec un taux de mécanisation estimé à 95 %. Les grandes cultures d’automne couvrent plus de 4 millions d’hectares, en progression de 40 % par rapport à la campagne précédente. Cette superficie comprend notamment 3,7 millions d’hectares de céréales, 430 000 hectares de cultures fourragères, 113000 hectares de légumineuses alimentaires et 44 500 hectares de cultures sucrières, en hausse de 24 % sur un an.

    Lire aussi | Guerre au Moyen-Orient: les éclairages de l’économiste Adnane Benchekroune [TROIS QUESTIONS]

    Les filières arboricoles enregistrent également une nette amélioration. La production d’agrumes est estimée à 1,9 million de tonnes, en progression de 24 %, tandis que celle de l’olive avoisine les 2 millions de tonnes, affichant une hausse spectaculaire de 106 %. La production de dattes est estimée à 160 000 tonnes, en augmentation de 55 % par rapport à la précédente campagne.

    Les prix de la viande devraient se stabiliser en raison du programme de reconstitution du cheptel national, dont le nombre de bénéficiaires a atteint 1,13 million à ce jour, pour une enveloppe financière globale de 5,306 milliards de dirhams.

    Reste la question du blé importé. Bien que le Maroc soit fortement dépendant des importations massives de céréales, avec des estimations atteignant environ 11 millions de tonnes, le circuit d’importation ne devrait pas être perturbé par la guerre, en raison du fait que les importations de céréales proviennent essentiellement de France, avec une diversification vers la Russie et le Canada pour le blé dur, et sont acheminées à travers l’Atlantique ou la Méditerranée.

    Reste la question hautement sensible des prix du carburant. Dès les lendemains du choc Iran/États-Unis/Israël, le prix de l’essence a légèrement augmenté à la pompe. Un phénomène normal puisque les prix sont indexés sur les marchés du Brent, dont les cours ont progressé de plus de 12 % du 28 février au 3 mars 2026, avec un prix de 85 dollars le baril. Si le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole, continue d’être fermé, les contrats à terme sur le gaz naturel liquéfié, qui ont également enregistré une hausse contenue, peuvent avoir un impact direct sur le Maroc, importateur net d’hydrocarbures couvrant plus de 90 % de ses besoins énergétiques par des achats extérieurs, accentuant ainsi les pressions sur les réserves en devises et sur la balance courante. Sachant qu’en 2025, la facture énergétique représentait déjà plusieurs milliards de dollars, soit une part substantielle du déficit commercial.

    L’impact inflationniste est réel puisque l’augmentation des prix des carburants se répercutera forcément sur les coûts de transport et, par conséquent, sur l’industrie, l’agriculture et les services. Une forte hausse des coûts logistiques impacte sans aucun doute l’indice des prix à la consommation, avec un effet significatif sur le pouvoir d’achat des ménages.

    Mais on peut estimer qu’à quelque chose malheur est bon, puisque le blocage des échanges commerciaux, notamment via une route maritime stratégique comme le détroit d’Ormuz, et l’allongement des routes maritimes devraient profiter à ce hub international qu’est TangerMed, qui a notamment montré sa capacité à fonctionner à plein régime au moment où d’autres ports étaient à l’arrêt, comme cela s’était produit au cours de la crise du Covid.

    Des transporteurs majeurs comme Maersk et MSC, qui ont suspendu leurs traversées dans la région du Moyen-Orient, devraient forcément rediriger leurs navires vers des ports sécurisés comme celui de Tanger afin de réduire les risques pour leurs équipages et leurs cargaisons. Même si ces déroutages obligatoires impliquent des trajectoires plus longues, notamment autour du cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud, cela ajoute jusqu’à 30 % de durée de navigation supplémentaire comparée à la route via le canal de Suez.

    Lire aussi | La Bourse de Casablanca lourdement impactée par le Moyen-Orient

    L’escalade militaire dans la région, marquée par les tensions entre États-Unis et Israël d’un côté, et l’Iran de l’autre, risque de provoquer de fortes perturbations sur les marchés énergétiques mondiaux, mais il semble qu’une économie marocaine dont la résilience n’est plus à démontrer saura encore une fois surmonter cette énième crise. Le gouvernement a déjà réfléchi à des mécanismes de compensation ciblés ou à des modulations fiscales temporaires, même si ces mesures représentent néanmoins un coût budgétaire important.

    21 mars 2026 0 comments
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    Dossier

    Dr. Mohammed Chattou: «L’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens ne fera qu’aggraver la situation économique et financière des pharmaciens»

    by Adama Sylla 21 mars 2026
    written by Adama Sylla

    Alors que le débat sur l’ouverture du capital des pharmacies d’officine refait surface au Maroc, Dr. Mohammed Chattou, pharmacien économiste et enseignant en gestion pharmaceutique, met en garde contre les effets d’une telle réforme. Selon lui, l’arrivée d’investisseurs non pharmaciens pourrait fragiliser davantage un secteur déjà sous pression. Il plaide plutôt pour une refonte du modèle économique officinal et pour des mesures ciblées afin d’améliorer la viabilité des pharmacies, notamment celles des jeunes pharmaciens.

    Challenge :Alors que le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a tenu à rassurer les pharmaciens sur l’ouverture du capital des officines, estimez-vous que l’application des recommandations du Conseil de la concurrence pourrait, à terme, fragiliser le modèle économique des pharmacies d’officine ?  

    Dr Mohammed Chattou : PLes 5 et 6 mars 2026, il y avait deux sorties médiatiques concernant votre question :

    La première, du 5 mars, émane de nos instances professionnelles lors de leur réunion avec le ministre de la Santé : « ce sujet (ouverture partielle du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens) ne figure pas parmi les orientations actuellement retenues par le ministère…» et d’ajouter «… que toute évolution éventuelle dans ce domaine, si elle devait être envisagée à l’avenir, s’inscrirait dans une démarche participative, basée sur la concertation et la coordination préalable avec les instances représentatives concernées…»

    La deuxième sortie médiatique émane du président du Conseil de la concurrence en personne. Ce dernier apporte des clarifications sur les avis du Conseil de la concurrence. Le premier avis concerne le décret relatif à la fixation des prix des médicaments : «cet avis a été finalisé et a été envoyé au gouvernement» ; le deuxième avis traite de la distribution des médicaments et, parmi ses recommandations, figure «l’ouverture du capital des pharmacies pour diversifier les sources de revenus des pharmaciens…»

    Bien sûr, cette recommandation va fragiliser le modèle économique des pharmacies d’officine dans la mesure où le nouveau marché sera dominé par des chaînes de pharmacies avec un pharmacien comme simple salarié, et à côté des pharmacies indépendantes qui, à terme, risquent de disparaître (100 pharmacies indépendantes disparaissent chaque année en France).

    Challenge : Le ministre de la Santé a indiqué que toute évolution éventuelle sur l’ouverture du capital des officines se ferait dans le cadre d’une concertation avec la profession. Selon vous, cette évolution est-elle inévitable à terme au Maroc, et comment la question de la propriété des pharmacies est-elle encadrée dans des pays souvent cités en référence comme la France ?

    M.C : Vous pensez qu’on doit s’inspirer du modèle français ; alors comment fonctionne le modèle français :

    • La quasi-totalité des pharmacies d’officine sont sous forme de sociétés indépendantes, ou pas ;

    • Il n’y a pas d’ouverture du capital des officines de pharmacies aux investisseurs non pharmaciens ;

    • L’ouverture du capital se fait entre pharmaciens, parfois sous forme de participations croisées, où le pharmacien titulaire reste toujours majoritaire ;

    • La plupart des pharmacies d’officine opèrent sous forme de groupements de pharmaciens (stratégie de contournement, proposant des offres privilégiées à leurs adhérents via des centrales d’achats et des centrales de référencement) ;

    • Et si je ne me trompe pas, il y a trois types de rémunération du pharmacien en France : à la marge, sur la boîte délivrée et sur des actes précis.

    Donc, il n’y a aucune ouverture du capital des officines en France aux investisseurs non pharmaciens, et je ne vois pas pourquoi la proposer aux pharmaciens d’officine au Maroc, alors qu’on peut faire autrement pour améliorer le quotidien des officinaux.

    Challenge : Aujourd’hui, les banques n’accordent plus de crédits pour la création d’une pharmacie sur le seul nantissement du fonds de commerce et exigent souvent des garanties immobilières. Cette réticence des banques à financer les officines ne tend-elle pas, d’une certaine manière, à conforter le diagnostic du Conseil de la concurrence sur les fragilités économiques du secteur ?

    M.C : C’est un peu simpliste. En fait, depuis une dizaine d’années, le système bancaire marocain a fait sa mue en adoptant des lois et des règles, pour ne pas dire contraignantes, quant à l’octroi de tous les types de crédits clients. Les banques sont devenues regardantes sur les garanties fournies lors de l’étude des dossiers, en se basant sur des scores. Elles s’entourent de toutes formes de garanties pour minimiser les risques de défaillance des clients. Leur nouvelle approche concerne tous les secteurs d’activité, y compris le secteur pharmaceutique.

    Challenge : Le débat sur l’ouverture du capital des pharmacies rappelle celui qui avait précédé l’ouverture du capital des cliniques privées aux investisseurs non médecins, une réforme qui a finalement été adoptée. Faut-il y voir un précédent et les pharmaciens doivent-ils nourrir des craintes face à une éventuelle évolution similaire pour les officines ?

    M.C : Comparer les cliniques aux pharmacies d’officine, c’est aller trop vite en besogne et comparer l’incomparable. Les cliniques ont une activité de services nécessitant des investissements capitalistiques très lourds en matériel et en consommables, qui se chiffrent en millions de dirhams. En revanche, les pharmacies d’officine, exerçant une activité commerciale, nécessitent uniquement un local répondant aux normes définies dans la loi 17-04.

    L’ouverture du capital des pharmacies d’officine aux investisseurs non pharmaciens ne fera qu’aggraver la situation économique et financière des pharmaciens, et plus particulièrement des jeunes pharmaciens.

    Challenge : Selon les professionnels du secteur, près d’un tiers des pharmacies d’officine au Maroc seraient en grande difficulté économique et un autre tiers survivrait grâce au crédit fournisseurs. Cela signifie-t-il que le modèle économique traditionnel de l’officine est aujourd’hui à bout de souffle et qu’une refonte devient nécessaire ?

    M.C : Ce n’est plus un secret de Polichinelle de parler des difficultés économiques et financières du secteur officinal au Maroc. J’en ai fait l’une de mes spécialités, dans la mesure où je réalise des études biannuelles sur les officines et je les envoie aux instances professionnelles à leur demande.

    Oui, il y a des difficultés, mais il y a des solutions pour améliorer le quotidien des officinaux, et parmi ces mesures :

    • Instauration du numerus clausus en plus du chaînage 300 m à vol d’oiseau, c’est-à-dire la viabilité économique du projet d’officine ;

    • Le retour des vaccins aux officines ; leur détention et leur vente illégales par les pédiatres représentent un manque à gagner non négligeable pour les officinaux ;

    • Également le retour aux officines des produits vétérinaires ;

    • La détention et la vente exclusive en pharmacie des compléments alimentaires à effet thérapeutique ;

    • La détention et la vente des dispositifs médicaux stériles en pharmacie.

    Et enfin, je vous renvoie au cahier revendicatif de nos instances professionnelles, qui est en discussion, en concertation avec le ministre de la Santé et l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé.

    Challenge : Pourtant, le débat revient souvent sur les marges réalisées par les pharmacies sur la vente des médicaments. Les pharmaciens d’officine bénéficient-ils réellement de marges élevées ? Concrètement, quelles sont aujourd’hui les marges réglementées dont ils disposent ?

    M.C : Le tableau ci-dessous résume les marges et les forfaits réglementaires appliqués aux médicaments ayant une AMM.

    On voit clairement que le chiffre d’affaires des officinaux se réalise surtout avec les médicaments de la première tranche, à bas prix, souvent non remboursables et sans impact sur les finances des organismes gestionnaires.

    Mais on constate qu’il y a un large débat autour de la question des marges des officinaux et du prix des médicaments, sachant que seuls les médicaments onéreux (au-delà de 10 000 DHS PPV) grèvent effectivement la trésorerie des organismes gestionnaires. Malheureusement, c’est un circuit qui échappe aux officinaux.

    Pour conclure, ce que l’on peut dire, c’est qu’il faut revoir en profondeur le mode de fonctionnement du modèle économique actuel (devenu obsolète et à bout de souffle) à travers toute sa chaîne de valeur : production / distribution / dispensation.

    21 mars 2026 0 comments
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    Automobile

    Classement des constructeurs : Toyota reste leader mondial en 2025

    by David Jérémie 21 mars 2026
    written by David Jérémie

    Leader incontesté de l’industrie automobile, Toyota consolide en 2025 sa position de numéro un mondial pour la sixième année consécutive. Avec 11,3 millions de véhicules vendus à l’échelle internationale, le groupe japonais démontre une fois de plus la solidité de son modèle industriel, la pertinence de sa stratégie multi‑technologies et sa capacité à répondre aux attentes d’un marché global en pleine mutation.

    Cette performance mondiale, portée par une croissance soutenue sur les principaux continents, trouve un écho particulier au Maroc, où Toyota enregistre également une année remarquable, marquée par une progression significative de ses ventes et un renforcement de ses positions sur plusieurs segments stratégiques.

    Dans un contexte international complexe, marqué à la fois par des tensions logistiques persistantes, des mutations technologiques rapides et une concurrence toujours plus vive, Toyota parvient néanmoins à maintenir une trajectoire clairement ascendante. En 2025, le groupe affiche ainsi une croissance de +4,6 % par rapport à 2024, confirmant la solidité de son modèle industriel et la pertinence de sa stratégie multi‑technologies.

    Lire aussi | Othman Ktiri, un Marocain à la tête d’un empire européen de la mobilité

    Cette progression se reflète sur l’ensemble de ses marchés clés, où les performances demeurent particulièrement robustes. En Asie, Toyota enregistre 3,2 millions de véhicules vendus, soit une hausse de +2,2 %, portée par la dynamique de plusieurs marchés émergents. En Amérique du Nord, le constructeur signe l’une de ses meilleures progressions avec 2,9 millions de véhicules, en augmentation de +7,3 %, confirmant la vigueur de la demande sur ce continent.

    Au Japon, marché historique et stratégique, Toyota atteint 1,5 million de ventes, soit +4,1 %, malgré un environnement économique prudent. Enfin, en Europe, le groupe totalise 1,22 million de véhicules vendus, consolidant sa présence dans un marché en pleine transition vers l’électrification.

    Cette progression confirme la pertinence de la stratégie multi‑technologies du constructeur, qui mise sur une offre diversifiée : hybrides auto‑rechargeables, hybrides rechargeables, véhicules 100 % électriques, pile à combustible ou encore solutions flex‑fuel selon les spécificités régionales. Une approche pragmatique qui permet à Toyota de répondre aux besoins variés des consommateurs tout en poursuivant son objectif de neutralité carbone.

    Lire aussi | Marché automobile 2026 : une croissance confirmée en février

    Des ventes record en Europe

    L’année 2025 marque également un tournant pour Toyota Motor Europe, qui signe la meilleure performance de son histoire avec 1,22 million de véhicules Toyota et Lexus vendus. Plus de 75 % des modèles écoulés sont électrifiés, confirmant l’avance technologique du groupe sur ce segment. Les ventes de véhicules 100 % électriques progressent de 46 %, celles des hybrides rechargeables de 76 %, tandis que les hybrides auto rechargeables — cœur historique de la stratégie Toyota — enregistrent une hausse de 3 %. La marque Toyota atteint 1,1 million d’unités, portée notamment par les utilitaires Toyota Professional, qui signent un record historique avec 158 270 unités (+19 %). De son côté, Lexus affiche 85 075 ventes, soutenues par le succès du SUV compact LBX, en progression de 19 %.

    Toyota Maroc : une année de croissance

    Dans la continuité de cette dynamique internationale, Toyota du Maroc enregistre une année 2025 particulièrement performante, confirmant la solidité de son positionnement sur le marché national, peut‑on lire dans un communiqué. Les marques Toyota et Lexus totalisent 7 954 véhicules vendus, soit une progression notable de 26 % pour Toyota et de 8 % pour Lexus par rapport à 2024, signe d’une demande en hausse et d’une attractivité renforcée.  Cette croissance s’explique à la fois par le renforcement des positions de la marque sur les segments SUV, utilitaires et véhicules particuliers, et par la montée continue de la demande pour les motorisations hybrides, un domaine dans lequel Toyota conserve une avance technologique indiscutable, fruit de près de trente ans d’expertise.

    Lire aussi | Casablanca Finance City crée 7.000 nouveaux emplois en 2025

    Avec 41 % de part de marché sur le segment hybride pour Toyota et 2 % pour Lexus, le groupe s’impose comme le leader incontesté de l’hybride au Maroc. Cette performance illustre la confiance durable des automobilistes marocains dans la fiabilité, l’efficience et la performance des motorisations de la marque, mais aussi leur adhésion croissante à des solutions de mobilité plus propres et plus économiques. Dans un marché marocain en pleine évolution, marqué par une concurrence de plus en plus forte et par la montée des technologies électrifiées, Toyota parvient à maintenir une trajectoire stable et ascendante.

    La marque bénéficie d’une clientèle fidèle, d’une gamme adaptée aux besoins locaux et d’une stratégie cohérente, alliant innovation, qualité et durabilité. En 2025, Toyota confirme ainsi son statut de référence sur le marché national, tout en s’inscrivant dans la vision mondiale du groupe : une mobilité plus propre, plus efficiente et accessible au plus grand nombre.

    21 mars 2026 0 comments
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