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La stabilité et la résilience du Maroc garants de la sécurité de l’Occident [Financial Times]
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  • Football

    CAN-2025: Infantino partagé entre « tournoi fantastique » et « scènes inacceptables » en finale

    by Challenge avec MAP 19 janvier 2026
    written by Challenge avec MAP

    Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a félicité, lundi 19 janvier, le Maroc pour avoir été « l’hôte exceptionnel » de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qu’il a qualifiée de « tournoi fantastique ».

    « Félicitations au Maroc pour un tournoi fantastique, à la fois en tant que vice-champion et en tant qu’hôte exceptionnel », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

    « J’adresse mes sincères remerciements à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour Son soutien constant au football, ainsi qu’à M. Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) et membre du Conseil de la FIFA, pour son leadership et son engagement en faveur de ce sport », a ajouté M. Infantino.

    Lire aussi I Motsepe: la CAN-2025 au Maroc est «la meilleure de toutes les éditions»

    « Malheureusement, nous avons également été témoins de scènes inacceptables sur le terrain et dans les tribunes (NDLR: lors du match de la finale opposant le Maroc au Sénégal). Nous condamnons fermement le comportement de certains « supporters », ainsi que celui de certains joueurs et membres du staff technique sénégalais », a relevé M. Infantino.

    La président de la faîtière du football mondial a jugé « inacceptable de quitter le terrain de cette manière », soulignant que, de la même façon, « la violence ne peut être tolérée dans notre sport : ce n’est tout simplement pas acceptable ».

    « Nous devons toujours respecter les décisions prises par les officiels de match, sur et en dehors du terrain. Les équipes doivent rivaliser sur la pelouse et dans le respect des Lois du Jeu, car toute attitude contraire met en péril l’essence même du football », a-t-il martelé.

    Lire aussi I CAN-2025: la CAF signe son «plus grand succès commercial»

    Et de souligner qu’il incombe également aux équipes et aux joueurs d’ »agir de manière responsable et de donner le bon exemple aux supporters présents dans les stades ainsi qu’aux millions de personnes qui regardent à travers le monde ».

    « Les scènes regrettables observées aujourd’hui doivent être condamnées et ne jamais se reproduire. J’ai réitéré qu’elles n’ont pas leur place dans le football et j’attends que les instances disciplinaires compétentes de la CAF prennent les mesures appropriées », a-t-il conclu.

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    Monde

    Groenland: les Bourses européennes secouées par les menaces douanières de Trump

    by Challenge 19 janvier 2026
    written by Challenge

    Les marchés boursiers européens sont dans le rouge lundi, accusant le coup des menaces de droits de douane de Donald Trump contre plusieurs pays du Vieux continent qui s’opposent à sa volonté d’annexer le Groenland.

    Vers 8H20 GMT, dans les premiers échanges, Paris perdait 1,75%, Francfort 1,46% et Milan 1,61%. Seule Londres limitait ses pertes à 0,41%. « Les menaces américaines ravivent les craintes d’une escalade protectionniste à un moment déjà délicat pour la croissance », explique John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.

    Le président américain a menacé ce week-end huit pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, de l’imposition de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux Etats-Unis, en raison de leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland.

    Lire aussi | Le déficit commercial des Etats-Unis en octobre au plus bas depuis 2009

    « Les sanctions douanières américaines prennent des allures de plus en plus grotesques », déplore Andreas Lipkow, analyste indépendant. Ces droits de douane, de 10%, seraient effectifs à partir du 1er février et pourraient s’envoler à 25% au 1er juin.

    Cela « aurait des conséquences néfastes tant sur le plan économique que géopolitique », alors que « l’Europe a besoin des Etats-Unis pour soutenir l’Ukraine », estiment les analystes de la Deutsche Bank.

    Les secteurs qui exportent le plus vers les Etats-Unis souffraient particulièrement vers 08H20 GMT. Le luxe plongeait, à l’image de LVMH (-3,59%), Hermès (-2,42%) et Kering (-2,93%) à Paris. Burberry reculait de 1,73% à Londres. L’automobile aussi: Stellantis perdait 2,52% à Paris. A Francfort, BMW cédait 4,49%, Volkswagen 4,26% et Mercedes 4,60%.

    « Le risque est de retour »

    « L’attitude de Trump a exacerbé les risques géopolitiques tout en ravivant l’incertitude commerciale (…) au risque de fragiliser l’OTAN et de compromettre la ratification de l’accord commercial UE-États-Unis », relève Kyle Rodda, analyste pour Capital.com.

    Lire aussi | Trump menace d’intervenir, que se passe-t-il en Iran ?

    Les valeurs du secteur de la défense bondissaient, profitant de cette montée des tensions. A Francfort, Renk prenait 3,66%, Hensoldt 2,64% et Rheinmetall 1,77%. A Paris, Thales gagnait 2,03%. Leonardo prenait 1,80% à Milan.

    « Le risque est de retour », résume Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. Le spectre du plongeon de début avril 2025 plane. Les Bourses européennes et américaines avaient perdu entre 4 et 6%, après l’annonce par Donald Trump d’une rafale de droits de douane « réciproques » sur ses partenaires commerciaux.

    L’accord signé à l’été 2025 entre l’UE et les Etats-Unis, qui avait permis de calmer les tensions et de faire rebondir les Bourses est en effet menacé, quelques jours avant son vote par les eurodéputés.

    L’Allemand Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, a indiqué qu’une approbation n’était « pas possible à ce stade ». Bruxelles pourrait aussi réactiver ses mesures de représailles de 93 milliards d’euros sur les marchandises américaines, suspendues par l’accord.

    Lire aussi | États-Unis: à quoi s’attendre en 2026 avec la doctrine de Trump ?

    Le président français Emmanuel Macron veut par ailleurs demander l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE, permettant de limiter les importations provenant d’un pays, l’accès à certains marchés publics, et bloquer certains investissements.

    Record pour l’or et l’argent-

    « Les bases d’une potentielle correction (baisse des cours, NDLR) boursière importante sont en train d’être posées », craint Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

    Les métaux précieux, valeurs refuges par excellence, bondissaient. Le prix de l’or s’est hissé à un nouveau record, à 4.690,59 dollars l’once, tandis que le cours de l’argent a dépassé pour la première fois les 94 dollars.

    Côté changes, le dollar reculait de 0,31% par rapport à l’euro, ce qui est souvent le cas à chaque hausse des tensions commerciales entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux.

    Autrefois considéré comme un actif refuge, le billet vert est en effet la victime collatérale de la montée des incertitudes depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

    Challenge (Avec AFP)

    19 janvier 2026 0 comments
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    Géopolitique

    Le Royaume du Maroc, acteur potentiel dans l’émergence d’un nouvel ordre international, équitable et durable

    by Mohamed Amine 18 janvier 2026
    written by Mohamed Amine

    La question du Sahara Marocain demeure une priorité dans l’activité diplomatique du Royaume. L’année 2026 sera décisive sur cette question appelée à être définitivement et irréversiblement solutionnée. La Palestine a aussi une «place centrale dans l’âme marocaine». Le Maroc est appelé à appuyer une résolution juste et durable, où le peuple Palestinien exerce pleinement et librement son droit à l’autodétermination. Enfin, le réchauffement climatique est l’un des principaux défis de l’humanité en ce 21ème siècle. Là aussi, le Royaume est bien connu pour son potentiel et son expérience exceptionnels dans la gestion des catastrophes naturelles. Trois domaines importants où la diplomatie marocaine est appelée à être fortement présente et active au niveau international. Par ailleurs, de manière transversale, la diversification des relations internationales et l’adoption d’une neutralité positive face aux conflits géopolitiques demeurent une option stratégique pour le Royaume.

    Sahara Occidental : là où l’arbre maghrébin de l’espoir peut renaitre

    C’est un conflit qui n’aurait jamais dû exister. Le principal défi actuel, pour les principaux acteurs concernés, directement ou indirectement, est de ne pas rester emprisonné dans le passé. Les sources ou racines de ce conflit remontent à la période coloniale qui a débuté en Afrique plusieurs siècles auparavant. La plupart des frontières étatiques en Afrique ont un caractère artificiel, car nées d’une logique coloniale de découpage et de partage. C’est pour cela que l’OUA a adopté, dès le début, le principe de l’intangibilité des frontières, afin de ne pas fragiliser les processus de décolonisation par des conflits interafricains. Compte tenu de la particularité historique du Maroc, en tant qu’Etat-Nation plus que millénaire, avant la mise sous le régime de «Protectorat», à l’instar d’autres Etats tels que la Tunisie et l’Egypte bien avant, l’Ethiopie (…), le Royaume a exprimé des réserves quant à ce principe d’intangibilité des frontières, considérant son indépendance comme ayant été territorialement inachevée. 

    L’Espagne et le Portugal ont d’ailleurs été, avant le Royaume Uni/Angleterre, les premières puissances navales dans le monde. Le Portugal qui a même été l’un des premiers initiateurs de la traite des esclaves à l’époque dite moderne, n’a quitté les zones colonisées en Afrique (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau, Cap Vert…) qu’au milieu des années 1970, après la chute de la dictature de Salazar. C’est dire le lien étroit entre la situation interne d’un Etat autoritaire et sa politique extérieure conservatrice qui se manifeste notamment par l’oppression coloniale d’autres peuples. Les vagues de décolonisation post-2ème guerre mondiale ont faiblement perturbé la dictature de Franco en Espagne, bien enracinée dans son passé colonial qui continue à se reproduire et à s’exprimer, aujourd’hui même, à travers des mouvements d’extrême droite en Amérique Latine, se nourrissant des gaz putrides, propagés par les «pètes trumpiens», signes avant-coureur d’une accélération des régressions et de la réémergence de nouvelles menaces bien pires que celles qu’a déjà vécues l’humanité.

    Dans leur profonde mémoire, les marocains savent bien comment le Maroc, à l’instar d’autres pays Africains, a été dépecé pendant la période coloniale. En 1955, le Maroc accède à l’indépendance sans que l’ensemble du territoire soit libéré. Le processus de libération, dans la phase ultime, a été certes moins violent, comparativement à d’autres territoires en Afrique qui ont été marqués par de longues guerres anticoloniales. En fait, l’occupation coloniale spatiale du Maroc a exigé plusieurs décennies dites de pacification, face à une résistance armée. L’un des moments symboliques ayant été la «guerre du Rif» où les principales puissances coloniales ont dû se coaliser pour vaincre la lutte armée menée par Abdelkrim el Khattabi. Et même après l’indépendance territoriale partielle de 1955, les composantes armées du mouvement de libération nationale, notamment celles au nord et au sud, n’ont pas déposé les armes. L’«Opération Ecouvillon», menée par la France et l’Espagne, en 1958, au Sahara, illustre bien cette réalité historique complexe où le processus de libération, dans sa dimension territoriale inachevée, a été nécessairement graduel, compte tenu des rapports de force à cette époque. 20 ans plus tard, en 1975, la «Marche Verte» n’a pas échappé à l’influence de ce contexte national et international, caractérisé en interne par un déficit chronique de démocratie, et au niveau international, par la «guerre froide». 

    Au début des années 2000, ce contexte va changer radicalement, marqué au niveau international par la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du «bloc socialiste», et au niveau national, par un processus de réconciliation. Sur le plan diplomatique, le Maroc opte pour une voie réaliste et constructive en proposant une solution d’autonomie régionale dans le cadre du respect de la souveraineté nationale, en 2007. C’est là une option qui s’enracine solidement dans la mémoire collective, «dépolluée» des influences antérieures, tout en ouvrant des perspectives de paix et d’intégration régionale au Maghreb. Après cette proposition, 10 ans plus tard, en 2017, le Royaume réintègre l’Union Africaine. Ce qui va permettre à la diplomatie marocaine d’entamer une nouvelle dynamique constructive et d’accumuler des acquis, pour aboutir, le 31 octobre 2025, au résultat historique qu’a été la Résolution 2797 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Néanmoins, cette Résolution, malgré son importance, n’est que la continuité d’un processus constructif et le début d’une déclinaison concrète, pratique, définitive et irréversible, devant être fondée avant tout sur l’adhésion active des principaux acteurs concernés, directement et indirectement. Pour être efficace, pertinente et solide, cette déclinaison doit se nourrir des principes de justice internationale, premier et véritable ingrédient de la paix. 

    Ainsi, 2026, devrait être une année plus que décisive pour la question du Sahara Occidental. Tourner la page, après l’avoir bien lue et relue collectivement. Non pas uniquement pour «oublier», mais aussi et surtout pour tirer des leçons, et entamer un processus d’intégration régionale qui répond aux rêves et aux aspirations profondes des populations du Maghreb. C’est refaire du Sahara Occidental un espace qui rapproche et unit dans la paix et la prospérité. Il s’agit d’une «utopie réalisable», car bien enracinée dans la mémoire collective des populations de l’Afrique du Nord. Pendant des siècles, le Grand Sahara Africain (GSA) a été un espace où règne la mobilité comme mode de vie (nomadisme). Ce mode de vie est favorable à l’échange, à la fraternité humaine, à la primauté des valeurs immatérielles, à la culture où fleurissent chants et poèmes (…). La frontière est perçue avant tout comme un obstacle à la compréhension de l’autre, à la communication (…). Les frontières séparent et divisent dans un immense espace qui a toujours uni. «Lorsque les oreilles humaines deviennent sourdes, il suffit d’écouter les dromadaires, espèce actuellement menacée, qui le savent très bien de par leur mode de vie et de survie. Leur capacité exceptionnelle de rester sans nourriture ni eau, pendant plusieurs semaines, en témoigne. Ce patrimoine immatériel, au fond de la mémoire individuelle et collective, peut être ressuscité et re-cimenter les liens entre toutes les populations autour du GSA. 

    En 2026, le Maroc est appelé à décliner de manière plus détaillée et plus explicite sa proposition d’autonomie régionale, avec un plan s’action pour la mise en œuvre. A date d’aujourd’hui, quelques consultations auprès des partis politiques ont été entamées. Ce n’est guère suffisant. Les erreurs commises au début des années 1970 envers les jeunes Marocains Sahraouis ayant proposé la reprise de la lutte pour la libération du Sahara Occidental sont à éviter. Un processus de consultation/concertation/implication/participation est à mettre en place, en impliquant notamment la société civile et les universités, en particulier les habitants des régions du sud du Royaume. Il ne s’agit pas seulement d’une affaire de technique de droit national et international. La force du plan d’action à proposer au CS de l’ONU est dans la légitimité de ce plan. Celle-ci trouve sa substance première dans la voix et l’adhésion de la population concernée, c’est-à-dire l’ensemble des marocains. Et, pour réussir cette dynamique,
    le processus gagnerait à être étendu à l’ensemble des régions du Maroc, dans le cadre de la mise en œuvre effective de la «régionalisation avancée». A cet égard, il est possible de s’inspirer des processus adoptés pour l’élaboration de la Constitution en vigueur (en 2011), ou de l’élaboration du Nouveau modèle de développement, adopté en 2021. C’est, après tout, une affaire marocco-marocaine, de réconciliation interne. Parallèlement au lancement de ce processus, un appel peut être lancé à tous les acteurs concernés, y compris le Front Polisario. Le discours Royal du 31 octobre 2025 n’écarte pas cette piste. Au contraire. Par ailleurs, les expériences et bonnes pratiques internationales sont les bienvenues, en tant que sources d’inspiration. Plusieurs exemples dans le monde peuvent être cités. C’est notamment le cas de la Colombie, où des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont conclu un accord de paix avec l’Etat, après un conflit armé qui a duré plus d’un demi siècle.

    La solution radicale est dans le processus de démocratisation, avec une réelle territorialisation des processus de décision politique dans la quasi-totalité des domaines, à l’exception des domaines de souveraineté (monnaie, drapeau, sécurité interne et externe, diplomatie…), et dans un cadre national où l’Etat central joue un rôle stratégique, en termes de cohérence et de convergence des politiques publiques nationales et territoriales et sur la base d’une solidarité interterritoriale. Résoudre définitivement la question du Sahara Occidental, c’est aussi mettre fin au lourd déficit chronique en matière de démocratie, dans le mode de gouvernance, aux niveaux national et territorial. De cette manière, l’application du principe d’autodétermination, bien au-delà de ses aspects techniques et limités dans le temps, pourra avoir une réalité pratique, concrète et dynamique, autour d’un projet de société libérateur et constructif, où le respect de la dignité humaine est le premier dénominateur commun central.      

    Palestine : un conflit de nature coloniale devenu quasi-permanent

    Après deux ans de bombardements intensifs et continus par l’Etat d’Israël, dirigé par un gouvernement d’extrême droite sioniste et ethniciste, le «plan de Trump» pour Gaza, entériné par la résolution 2803 du Conseil de Sécurité (CS) de l’ONU, a mis en place un «cessez-le-feu» fragile, souvent violé par l’entité sioniste. L’enclave de Gaza demeure prisonnière d’un blocus et sa population est toujours menacée d’extermination, voire d’effacement. En effet, la population de cette enclave est menacée de faim, de soif, de maladies, de conditions de vie inhumaines et insupportables. C’est là une situation qui reflète avant tout une volonté politique préméditée du gouvernement israélien d’extrême droite de continuer la réalisation de ses objectifs génocidaires et d’empêcher toute possibilité aux Palestiniens d’entamer une éventuelle auto-reconstruction de cette zone quasi-totalement dévastée. 

    La résolution 2803 du CS de l’ONU a placé sous tutelle d’un «comité de paix», le territoire Palestinien de Gaza. Cette résolution a été perçue par d’éminents juristes comme un «recul majeur pour le droit international et pour la crédibilité même de l’ONU» (Alfonso Dorado, avocat, et Patrick Zahnd, président de l’Association Juristes pour le respect du droit international,  dans le Monde du 9 décembre 2025). En effet, «sous couvert de la paix, le CS entérine un dispositif contraire aux principes du droit international, du droit international humanitaire et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes». Faut-il rappeler que ce «plan» a été élaboré hors de tout cadre multilatéral et n’est qu’une simple «dérivée» des accords bilatéraux conclus entre les Etats Unis d’Amérique (EUA) et Israël, deux Etats bien connus, dans leurs déclarations et pratiques effectives, pour leur hostilité vis-à-vis de la «Justice Internationale», qui est l’un des premiers acquis civilisationnels et universels. La Palestine, en tant qu’acteur international, reconnue par la majorité écrasante des Etats-membres de l’ONU, y est totalement absente.

    Le «plan de paix» de Trump, initialement projet immobilier, a donc été défini par une seule partie au conflit, avec l’appui de son allié stratégique que sont les EUA. Or cette partie qu’est Israël n’a nullement changé son objectif stratégique : briser tout espoir de création d’un Etat Palestinien indépendant et souverain. Pour atteindre ses objectifs génocidaires d’effacement du peuple Palestinien, Israël combine la violence armée à d’autres formes non moins brutales de violences systémiques et destructrices. La récente décision unilatérale d’Israël pour interdire à 37 ONG humanitaires l’entrée à Gaza en est la meilleure illustration de cette intention préméditée de «continuer le travail», c’est-à-dire le génocide. Le CS, instance suprême du système onusien, s’est donc prononcé sur une «offre empoisonnée», synonyme de «à prendre ou à laisser», avec même des pressions et des menaces de chantage formulées explicitement par le sanguinaire B. Netanyahu. A plusieurs reprises, ce dernier n’hésite pas à déclarer : «en cas de refus, je termine mon travail», c’est-à-dire le processus génocidaire, entamé depuis plusieurs décennies, et accéléré depuis le 7 octobre 2023. Et Trump, en appuyant fermement cette «option», promet l’«enfer aux Palestiniens à Gaza», portant certainement dans son inconscient, les génocides commis par ses ancêtres sur ces «terres découvertes» par un Magellan ou un Christophe Colomb. L’endossement ultérieur du «plan de Trump», entériné par le CS de l’ONU, ne pourrait en aucun cas régulariser a posteriori, un plan conçu en dehors du cadre onusien. Plus grave est cet antécédent où un «conseil de paix», doté d’une personnalité juridique internationale, est chargé de «gouverner Gaza» jusqu’à la réalisation d’un programme de réformes imposé à l’Autorité Palestinienne. Cette structure mise en place par ledit plan de Trump n’est pas une «mission de l’ONU». Elle n’est pas placée sous l’autorité du Secrétaire Général de l’ONU, accusé par l’Etat d’Israël d’antisémitisme.

    En tout cas, «quiconque est contre la politique d’expansion d’Israël est qualifié antisémite». Telle est la définition de l’antisémitisme par un Etat qui se situe hors du droit international et qui, en interne, a mis en place un système d’apartheid. Le «Conseil de paix», selon le «plan de Trump, devrait être dirigé par ce dernier, érigé ainsi comme symbole suprême de la victoire de la force sur le droit. Et le pire est à prévoir. Car l’impunité d’une guerre génocidaire, la répression des voix qui osent dénoncer cette impunité ou simplement critiquer, la mise à l’écart des juridictions intermédiaires ou la tentative de leur neutralisation, la consécration de l’unilatéralisme, basé exclusivement sur la logique de puissance, de rapports de force, et donc la marginalisation du multilatéralisme qui a pourtant nourri positivement le droit international dans presque tous  domaines (prévention et résolution pacifique des conflits, protection de l’environnement et lutte contre réchauffement climatique, aide au développement, lutte contre les épidémies, protection/prévention sanitaire…), ne peuvent pas ne pas être perçues comme des signaux forts, voire comme un prélude à un conflit mondial, bien pire que ceux qu’a déjà vécus l’humanité, qu’il s’agisse des deux grandes boucheries mondiales du 20ème siècle ou des guerres coloniales qui ont continué à ravager le monde et dont le processus génocidaire en Palestine est aujourd’hui l’un des prolongements. Nul besoin d’une «boule de cristal» pour percevoir les prochaines menaces.

    Au lendemain du 7 octobre 2023, tout a été fait par le gouvernement d’extrême droite en Israël pour créer une confusion et entamer l’accélération du processus génocidaire, en Palestine. La déshumanisation de toute une population assiégée, désarmée, affamée, assoiffée, massacrée (…) a offert un spectacle où une partie importante de la population mondiale a préféré se refugier dans l’indifférence et a contribué objectivement à la banalisation du mal, de la mort et de l’injustice, à l’acception de l’inacceptable. Prélude, car pouvant permettre, dans un avenir proche, dans les situations conflictuelles qui couvent déjà, le recours à des armes mille fois plus destructives, une fois l’«opinion mondiale» bien pétrie, habituée et préparée dans l’indifférence.

    Le conflit en Palestine, dont les racines coloniales datent depuis plus d’un siècle, aurait bien pu évoluer autrement vers une solution juste et durable. En effet, sa nature coloniale est incontestable. Le mouvement sioniste mondial a su et pu exploiter les actions criminelles et génocidaires du régime nazi commis contre les juifs, pour faire accepter le projet de création de l’Etat d’Israël, en tant que «foyer juif», devenu aujourd’hui un Etat fondé sur une idéologie d’apartheid, tirant sa force première de l’ethnicisme, d’une violence raciste systémique, et de la volonté d’expansion territoriale, dans l’objectif de mettre en place un «Grand Israël», à l’instar de l’Allemagne nazie. En cela, le sionisme, tout en piétinant la mémoire de la Shoa, ne diffère guère des pratiques nazies/néonazies ou fascistes/néofascistes. Aucune surprise donc quand on voit aujourd’hui le gouvernement actuel d’extrême droite sioniste en Israël rencontrer les mouvances européennes d’extrême droite auparavant bien connues pour leur antisémitisme. C’est notamment le cas d’un Bardella en France, dauphin de Marine le Pen, elle-même fille d’un père soldat colonial et tortionnaire en Algérie sous occupation française. 

    Dans la conscience historique, les marocains partagent cette mémoire sur le passé colonial et sur la Palestine. L’Etat au Maroc, bien qu’entretenant une relation ambivalente, ne peut pas tourner le dos à cette réalité. L’appui au Mossad avant et après le «Protectorat» dans le projet de transfert des marocains juifs en Palestine n’est plus un mystère. Oufkir, ancien officier de l’armée coloniale française, devenu bras droit et ministre de l’Intérieur du roi Hassan II, a été l’un des principaux acteurs dans cette opération de transfert. L’«entraide» avec les services secrets israéliens, actuellement suffisamment étayée et documentée, va permettre au Maroc de mettre en place une organisation des services de sécurité et d’appuyer certaines opérations clandestines telles que la disparition de Mehdi Ben Barka, en 1965, à Paris. Et ce n’est que l’un des cas les plus connus et les plus médiatisés. Néanmoins, l’appui officiel au mouvement de libération nationale de la Palestine a aussi été une réponse à une attente/aspiration/revendication populaire bien ancrée au Maroc. D’où cette ambivalence.

    En effet, la «cause Palestinienne» est officiellement reconnue comme étant une «cause nationale», juste après celle du Sahara Marocain. A cet égard, la présidence du Comité Al Qods témoigne concrètement de cette solidarité. Depuis le 7 octobre 2023, les actions de solidarité à l’égard du peuple Palestinien ont été constantes et se sont exprimées à travers de nombreuses manifestations publiques. Au Maroc, l’une des principales revendications du mouvement de solidarité avec la Palestine est la dénonciation par l’Etat des accords d’Abraham. Face au processus génocidaire mené par le gouvernement d’extrême droite d’Israël, cette dénonciation devrait permettre à la diplomatie marocaine de gagner en cohérence et en convergence aussi bien au niveau national qu’au niveau international. Le Maroc s’est d’ailleurs joint aux Etats ayant officiellement déclenché une procédure devant la Cour Pénale Internationale pour «risque de génocide» en Palestine, à Gaza. Risque largement confirmé par de nombreux rapports établis aussi bien par des organismes onusiens que par des ONG indépendantes et crédibles. 

    La vraie force de la cause Palestinienne est dans son universalité. C’est avant tout une question d’occupation et d’oppression coloniale et raciste vis-à-vis d’un peuple privé de ses droits les plus élémentaires dont celui d’exister. Un Etat Palestinien indépendant, souverain et démocratique, en tant qu’expression des luttes et des sacrifices des palestiniens est perçu comme une «menace existentielle», pas seulement pour l’Etat sioniste d’Israël, mais aussi pour un ensemble de forces étatiques et non étatiques qui œuvrent pour le statuquo, la stabilité et la reproduction d’intérêts économiques stratégiques dans toute la région dont la mainmise sur le pétrole et le gaz, ainsi que sur le marché des armes. Mais, «les répressions (aussi féroces et meurtrières soient-elles), loin de briser l’élan, scandent les progrès de la conscience nationale» (Frantz Fanon, dans «Les Damnés de la terre»).

    Le Royaume du Maroc comme acteur dynamique dans l’émergence d’un nouvel ordre international fondé sur la justice et la paix

    La diversification des relations internationales (RI), avec une priorité à la coopération Sud-Sud est un choix stratégique pour le Royaume. L’incertitude croissante dans les RI ne doit pas être un obstacle au renforcement de la visibilité stratégique du Maroc. La diversification des RI peut accroitre la marge de manœuvre de chaque Etat et permettre une réduction des risques de dépendance externe et donc un renforcement qualitatif de la souveraineté nationale, en particulier dans les domaines vitaux révélés notamment au cours des récentes crises internationales telles que la pandémie due au Covid-19 ou les conflits armés à forts impacts négatifs sur les principaux circuits de distribution et d’échange internationaux. 

    Au cours des dernières années, le Maroc a su réaliser des progrès dans cette optique. C’est notamment le cas des relations du Maroc en Afrique où le Royaume est redevenu un acteur incontournable. Ces progrès peuvent être capitalisés tout en permettant de nouvelles avancées. La «neutralité positive» vis-à-vis des principaux conflits géopolitiques actuels dans le monde : Chine-EUA ; Russie-Europe ou Russie-OTAN ; Chine-Europe ; EUA-Amérique Latine (…), s’est révélée être une option stratégique pertinente. Avec l’amélioration qualitative et continue des rapports avec l’Espagne, une double fenêtre s’est ouverte pour le Maroc, à travers l’Europe, partenaire classique, mais aussi et surtout avec l’Amérique Latine où la question nationale a commencé à sortir de la «zone grise» pour être mieux appréhendée dans sa réalité historique et dans ses vrais enjeux politiques actuels.

    En interne, un investissement particulier est à prévoir nécessairement en «matière grise», dans le domaine de la diplomatie, notamment dans les universités spécialisées, pour contribuer aux processus décisionnels officiels et à la création de conditions favorables à l’émergence d’une nouvelle génération de «savoir théorique et pratique», en matière de politique étrangère, qui se nourrit de la compréhension de la réalité internationale actuelle, dans toute sa dynamique, des défis majeurs mondialement partagés, et des meilleures expériences et pratiques diplomatiques. En effet, dans un contexte international où la gouvernance mondiale, notamment au sein de l’ONU, est en crise, le Maroc peut jouer un rôle actif et important dans la gestation en cours d’un nouvel ordre international, plus équitable, fondé sur des principes de paix juste et durable, et où l’avenir est nécessairement multilatéral, avec une prévalence systémique des règles du droit international sur la logique primaire, voire primitive, de la force/puissance. La consécration effective de cette prévalence du droit sur la force étant le meilleur indicateur de progression dans l’émergence d’une «civilisation universellement partagée», celle où fraternité humaine et paix sont deux sœurs jumelles. L’urgence actuelle est de faire front avec d’autres Etats aux régressions en cours et d’éviter une nouvelle barbarie. 

    Le front international du climat : là où s’articulent étroitement le local et le global 

    Le réchauffement climatique est un défi universel qui impose nécessairement et inévitablement un front commun au niveau international. C’est même le premier et vrai défi de ce 21ème siècle.

    Au Maroc, au cours des dernières décennies, le phénomène de la sécheresse qui n’est que l’aspect le plus apparent et le plus urgent de la dégradation de l’environnement, est devenu plus récurrent et plus durable, en rapport avec la répartition inégale des pluies dans le temps et dans l’espace. D’où une crise hydrique structurelle due en même temps à la baisse des pluies ou leur mauvaise répartition spatio-temporelle, et à la surexploitation des réserves d’eaux superficielles et souterraines. Face à cette crise, le Maroc a entamé des actions visant à remédier au manque d’eau, à travers notamment la construction de nouveaux barrages, le traitement des eaux usées, l’interconnexion des bassins hydrauliques, et la construction d’usines de dessalement de l’eau de mer. En parallèle, un nouveau mode de gouvernance hydrique est en cours de mise en œuvre. Néanmoins, ce mode de gouvernance gagnerait certainement à être inclusif. Il en est de même des politiques publiques dont principalement la politique agricole, où les priorités actuelles, devenue inadaptées, sont à confronter avec la réalité actuelle et évolutive du potentiel hydrique national et territorial.

    Au niveau international, le Maroc figure parmi les acteurs les plus dynamiques en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de l’environnement à travers sa participation et ses engagements. L’importance des investissements en matière d’énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, au cours des dernières décennies, illustre bien la volonté du Royaume à participer à la baisse de la consommation des énergies fossiles, principales sources des gaz à effets de serre (GAES). Le Maroc s’est aussi illustré, au niveau international, en organisant la COP 22, à Marrakech, en 2016, immédiatement après celle organisée à Paris, en 2015, et qui a donné lieu à l’adoption de l’un des principaux accords historiques (Accord de Paris sur le réchauffement climatique), après le Protocole de Kyoto, adopté en 1997. Cependant, l’évolution récente, surtout après la réélection de D. Trump à la Maison Blanche, aux Etats Unis d’Amérique (EUA), a connu un ralentissement, voire une régression, par rapport aux ambitions et aux objectifs affichés dans l’Accord de Paris, en 2015. Les résultats mitigés de la dernière COP organisée au Brésil, en 2025, attestent bien de cette réalité. L’exploitation des ressources énergétiques fossiles, y compris le charbon, dominent largement le bouquet énergétique primaire mondial (81% en 2022), bien que leur consommation augmente légèrement moins rapidement que la consommation  totale (+ 69% depuis 1990), en raison de la croissance moins dynamique de la consommation des produits pétroliers, et compte tenu de la forte implication de la Chine (dans la lutte contre le réchauffement climatique, contrairement aux EUA) qui a exceptionnellement réussi à développer ses capacités de production de ressources énergétiques propres/renouvelables (Voir encadré ci-contre).

    Cette évolution peu favorable à la réalisation des objectifs fixés par l’Accord de Paris, notamment le non dépassement de la hausse de la température à 1,5°C maximum, en réduisant les émissions de GAES de 55% avant 2035, pour atteindre zéro émission nette en 2050, est inséparable du contexte mondial actuel où les tensions et les conflits armés ont tendance à se multiplier et à s’intensifier. C’est aussi le cas de l’objectif financier collectif de la «solidarité climatique» ou «justice climatique», consistant à mobilier 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement, entre 2020 et 2025. Un objectif non atteint et constamment reconduit sine die.

    Aujourd’hui, la plupart des principaux Etats concernés ont revu leurs priorités en augmentant les budgets militaires. L’administration étatsunienne dirigée par Trump s’est même à nouveau retirée de l’Accord de Paris et a fermé presque tous ses robinets à la coopération internationale, notamment en matière de climat. 

    Armée de prudence, la diplomatie marocaine, dans le domaine du climat et de la protection de l’environnement, maintient fortement sa présence internationale active, aussi bien sur le plan bilatéral que multilatéral. Cette position est le fruit de la prise de conscience d’une réalité climatique à la fois locale et globale, exprimée au plus haut sommet de l’Etat, à maintes reprises. De par sa position géographique exceptionnelle et de par son expérience accumulée dans la gestion des catastrophes naturelles (incendies, inondations, tremblements de terre…), et malgré la rareté des ressources, le Maroc dispose d’une crédibilité et d’un potentiel mondialement reconnus qui lui permettent de jouer un rôle très actif et positif dans la dynamique de changement et de progrès en matière de prévention et de lutte contre le réchauffement/dérèglement climatique. Pour le Maroc, comme pour de nombreux Etats dans le monde, et surtout en Afrique, le principal défi est de concilier la croissance et la protection de la nature pour assurer un développement humain et durable.

    Un monde toujours énergivore
    La consommation mondiale d’énergie primaire a atteint 172 821 TWh en 2022, en augmentation de 71 % depuis 1990. Les énergies fossiles continuent à dominer largement le bouquet énergétique primaire mondial (81 % en 2022). Toutefois, leur consommation a augmenté légèrement moins rapidement que la consommation totale (+ 69 % depuis 1990), en raison de la croissance moins dynamique de la consommation de produits pétroliers. Celle-ci a augmenté de 39 % sur la période, à un rythme bien plus bas que le charbon (+ 85 %) et le gaz naturel (+ 107 %).
    La consommation de biomasse et de déchets a connu une hausse de 56% depuis 1990 et a représenté 9 % du bouquet énergétique primaire en 2022. L’hydraulique a augmenté de 103 % (2,5 % du bouquet en 2022) et le nucléaire de 33 % (4,7 % de la consommation d’énergie primaire en 2022). La consommation des autres énergies (solaire, éolien, géothermie) est multipliée par 12, pour atteindre une part de 3,1 %.

    Source :  SDES, d’après les données de l’AIE.

    18 janvier 2026 0 comments
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    IDE

    Le Maroc défie la conjoncture mondiale et attire les capitaux étrangers

    by Hassan Manyani 18 janvier 2026
    written by Hassan Manyani

    En 2024, alors que les flux mondiaux d’Investissements Directs Étrangers (IDE) reculent de 11 % sous l’effet des tensions géopolitiques et de l’inflation persistante, le Maroc affiche une avancée fulgurante avec une progression de ses IDE frôlant les 55 %. Cette performance, bien que devant être nuancée par rapport aux sommets historiques de la décennie passée, repositionne le pays au rang d’acteur incontournable de la « nouvelle géographie des capitaux ». 

    Le Maroc a su, au milieu de cette situation mondiale fragilisée, capter 1,64 milliard de dollars d’entrées de capitaux en 2024. Ce flux net représente un bond spectaculaire par rapport aux 1,1 milliard de dollars enregistrés en 2023. Selon le rapport 2025 de la CNUCED, le climat d’incertitude, exacerbé par le conflit en Ukraine et les guerres commerciales, a poussé les multinationales à une prudence extrême.

    Cette tendance ne semble pas être un feu de paille. Les données de l’Office des Changes pour l’année 2025 confirment la consolidation de cette attractivité : à fin mai 2025, l’afflux net d’IDE s’élevait déjà à 1,4 milliard de dollars, soit une hausse de 41,7 % par rapport à la même période l’année précédente. Ce dynamisme repose sur une augmentation significative des recettes (2,2 milliards de dollars) qui surpasse largement la légère hausse des dépenses liées aux investissements.

    Industrie et Énergies Vertes, ces séducteurs clés :

    Le secret de cette remontée réside dans une stratégie de diversification industrielle agressive. Le Maroc ne se contente plus d’être une destination de sous-traitance, mais s’impose comme un véritable hub manufacturier régional.

    Lire aussi I Exportations marocaines: le CBAM change les règles du jeu

    L’écosystème automobile et aéronautique reste le fer de lance de cette transformation. Des géants mondiaux tels que Renault, Stellantis, Lear ou Yazaki continuent de renforcer leur ancrage local, profitant d’infrastructures de classe mondiale comme les zones franches de Tanger Med et de Kénitra. La proximité géographique avec l’Europe, couplée à un réseau de plus de cinquante accords de libre-échange, offre aux investisseurs un accès privilégié à un marché de plus d’un milliard de consommateurs.

    Parallèlement, le Royaume mise sur les secteurs de demain pour séduire les fonds institutionnels :

    • Énergies renouvelables : Avec des projets emblématiques comme le complexe Noor Midelt II et l’extension du parc éolien de Tarfaya, le pays attire des financements massifs venus d’Europe et du Golfe.

    • Hydrogène vert et Ammoniac : Le Maroc se positionne sur les segments à fort impact, avec des projets de carburants synthétiques soutenus par des capitaux chinois, français et émiratis.

    • Gigafactories : L’émergence d’unités de fabrication de composants pour batteries électriques marque une nouvelle étape dans l’intégration du pays aux chaînes de valeur mondiales de la mobilité électrique.

    Le Maroc face aux géants africains : un classement en trompe-l’œil

    SuSur l’échiquier continental, la situation du Maroc est contrastée. S’il domine largement ses voisins directs comme l’Algérie (1,44 milliard $) et la Tunisie (936 millions $), il reste le deuxième réceptacle d’IDE en Afrique du Nord, loin derrière l’Égypte.

    Lire aussi I Motsepe: la CAN-2025 au Maroc est «la meilleure de toutes les éditions»

    L’Égypte a en effet pulvérisé les records avec 46,6 milliards de dollars d’IDE en 2024, un chiffre colossal principalement dû au mégaprojet touristique et financier de Ras El-Hekma, porté par un fonds souverain émirati pour 35 milliards de dollars. A l’échelle de l’Afrique entière, le Maroc se classe entre la 10ème et la 13ème place selon les critères retenus, devancé par des pays comme le Sénégal, la Namibie ou la Côte d’Ivoire.

    Toutefois, en termes de stock d’IDE – indicateur crucial de la confiance à long terme – le Maroc conserve une position de leader avec 62 milliards de dollars accumulés à fin 2024, se hissant au 4ème rang africain derrière l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Nigeria.

    Une croissance durable

    Malgré cet optimisme, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les analystes soulignent que le volume actuel des IDE reste bien en deçà des sommets de 2015 et 2018, où les recettes dépassaient les 3 milliards de dollars. Plus inquiétant encore, le poids des IDE dans le PIB a fondu, passant de 3,22 % en 2015 à seulement 0,88 % en 2024.

    Lire aussi I CAN-2025: la CAF signe son «plus grand succès commercial»

    Pour transformer l’essai et regagner des places au classement continental, le Maroc doit s’attaquer à des freins persistants :

    1. Simplification administrative : Malgré les avancées, la bureaucratie reste un obstacle comparé à certains rivaux africains.

    2. Fiscalité incitative : La concurrence est rude et le pays doit affiner ses dispositifs pour rester compétitif face aux politiques agressives d’autres nations.

    3. Transparence réglementaire : Un renforcement de la clarté juridique est nécessaire pour sécuriser davantage les investisseurs institutionnels.

    Perspectives : Le catalyseur de 2030

    L’horizon s’annonce néanmoins prometteur. L’organisation conjointe de la Coupe du Monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal agit déjà comme un aimant pour les investissements dans les infrastructures et le tourisme. De plus, le déploiement de la Nouvelle Charte de l’Investissement et de stratégies comme «Maroc Digital 2030» visent à démultiplier les investissements privés annuels.

    Le Maroc a su donc faire preuve de résilience dans un monde fragmenté. Si la remontée est réelle et spectaculaire en pourcentage, le pays doit maintenant transformer cette dynamique en un flux massif et constant pour retrouver ses records d’antan et confirmer son statut de locomotive économique du continent.

    18 janvier 2026 0 comments
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    Football

    Motsepe: la CAN-2025 au Maroc est «la meilleure de toutes les éditions»

    by Challenge avec MAP 17 janvier 2026
    written by Challenge avec MAP

    En termes d’infrastructures, de transport, d’hôtels, de stades ou encore de terrains d’entraînement, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2025) au Maroc reste «la meilleure de toutes les éditions», a indiqué, samedi 17 janvier à Rabat, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe.

    A cette occasion, le président de la CAF, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, la veille de la finale entre le Maroc et le Sénégal, a tenu à exprimer ses vifs remerciements à SM le Roi Mohammed VI, au gouvernement marocain et à la Fédération royale marocaine de football.

    Par ailleurs, M. Motsepe a souligné que le développement des infrastructures est une condition sine qua non pour le développement du football dans le continent. « Le football africain doit être le meilleur au monde. Nous devons exceller au plus haut niveau. Mon souhait est que les cinq régions de l’Afrique puissent organiser la CAN, à condition que les infrastructures répondent aux standards requis », a-t-il dit. 

    Lire aussi I CAN-2025: la CAF signe son «plus grand succès commercial»

    « Mon souhait est d’asseoir des bases solides pour le développement du football africain et qui porteront leurs fruits dans les années à venir », a ajouté M. Motsepe.

    En outre, le président de la CAF a affirmé que la ligue des Nations africaines se tiendra en 2029 avec la participation de 54 pays. « Imaginez Kenya contre Tanzanie, Ghana contre Nigeria, Égypte contre Maroc, Côte d’Ivoire contre Cameroun », a laissé entendre Motsepe au sujet de cette nouvelle compétition, annoncée en décembre dernier à Rabat, notant que les meilleurs joueurs seront présents car le tournoi se déroulera pendant la trêve internationale de la FIFA. Le format sera régional et les vainqueurs de zone s’affronteront pour le titre suprême.

    Lire aussi I CAN-2025: un nombre record de diffuseurs en Europe, y compris la Grèce et la Norvège

    « De nombreux pays veulent abriter la CAN 2028 et la ligue des nations africaines en 2029 », a laissé entendre le président de la CAF, défendant l’idée de tenir la CAN tous les quatre ans. « La CAN chaque quatre ans sera dans l’intérêt du football africain. C’est une décision mûrement réfléchie », a-t-il noté, insistant sur l’indépendance des décisions prises par la CAF.

    « Nous devons nous libérer en tant qu’Africains et ne pas croire que chaque décision que nous prenons est dictée par la FIFA ou l’Europe », a-t-il martelé.

    S’agissant de la performance des arbitres lors de la CAN 2025, Motsepe a indiqué que « nous avons confiance en nos arbitres africains. Tous les 54 pays du continent doivent être traités au même pied d’égalité ».

    17 janvier 2026 0 comments
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    Ressources hydriques

    Mohammed Jadri: l’amélioration des réserves en eau « risque de rester une simple parenthèse » sans réformes structurelles

    by Wafaa Mellouk 17 janvier 2026
    written by Wafaa Mellouk

    La récente remontée des réserves des barrages offre un répit bienvenu à l’agriculture marocaine, éprouvée par plusieurs années de sécheresse. Mais pour Mohammed Jadri, économiste, ce soulagement reste avant tout conjoncturel. Sécurité alimentaire, dépendance aux importations, revenus ruraux et arbitrages dans l’allocation de l’eau : il alerte sur l’illusion d’un tournant durable sans réformes profondes, une gouvernance renforcée de l’eau et une véritable stratégie de résilience climatique à long terme. 

    Challenge : La remontée des réserves des barrages marque-t-elle un véritable tournant économique pour l’agriculture, ou seulement une parenthèse après la sécheresse ?

    Mohammed Jadri : La hausse récente des réserves en eau des barrages constitue avant tout un soulagement conjoncturel pour le secteur agricole, après plusieurs années de stress hydrique aigu. Elle permet de rétablir une visibilité à court terme pour les agriculteurs, notamment dans les périmètres irrigués, et de réduire la pression sur les nappes phréatiques. Toutefois, parler de véritable tournant économique serait prématuré. Un changement structurel suppose une régularité hydrique sur plusieurs campagnes et, surtout, une transformation profonde des modes de production et de gestion de l’eau. Sans réformes structurelles, cette amélioration risque de rester une simple parenthèse climatique plutôt qu’un basculement durable du modèle agricole.

    Challenge : Quel impact concret peut-on attendre sur la sécurité alimentaire et la réduction de la dépendance aux importations agricoles ?

    M.J. : L’amélioration de la disponibilité en eau peut avoir un effet positif mesurable sur la sécurité alimentaire nationale, mais dans des proportions limitées. Elle permet une reprise partielle de certaines productions locales, notamment les céréales irriguées, les cultures fourragères et l’élevage, contribuant ainsi à atténuer la volatilité des prix sur le marché intérieur. Cependant, le Maroc demeure structurellement dépendant des importations pour plusieurs produits stratégiques, en particulier les céréales. Tant que l’allocation de l’eau ne sera pas davantage orientée vers les cultures renforçant la souveraineté alimentaire, la réduction de cette dépendance restera marginale et exposée aux aléas climatiques et géopolitiques internationaux.

    Challenge : Cette amélioration de la disponibilité en eau peut-elle rapidement se traduire par une hausse de la production agricole et des revenus ruraux ?

    M.J. : À court terme, l’augmentation des réserves hydriques peut effectivement se traduire par une amélioration des rendements agricoles et une reprise de certaines activités mises en veille durant la sécheresse. Cela peut bénéficier aux exploitations irriguées et contribuer à une légère amélioration des revenus ruraux. Toutefois, cet impact reste conditionné par plusieurs facteurs, notamment le niveau élevé des coûts de production, l’accès inégal à l’eau entre petits et grands exploitants, ainsi que l’évolution des prix agricoles. La disponibilité en eau est donc une condition nécessaire, mais non suffisante, pour une hausse durable de la production et des revenus dans le monde rural.

    Challenge : La situation actuelle justifie-t-elle un recalibrage des choix économiques et de l’allocation de l’eau entre l’agriculture et les autres usages ?

    M.J. : La situation actuelle justifie clairement une révision des choix économiques et des priorités en matière d’allocation de l’eau. Le contexte de rareté structurelle impose désormais des arbitrages assumés entre les usages agricoles, l’eau potable et les besoins industriels. Il devient essentiel de privilégier les cultures présentant une forte valeur économique par mètre cube d’eau consommé, tout en garantissant un accès équitable aux ressources hydriques pour les petits agriculteurs. Ce recalibrage doit également s’accompagner d’une accélération de la modernisation de l’irrigation et d’une meilleure efficacité dans l’utilisation de l’eau.

    Challenge : Comment inscrire cette dynamique dans une stratégie de résilience climatique durable, au-delà de l’effet conjoncturel des pluies ?

    M.J. : Pour inscrire cette amélioration hydrique dans une dynamique durable, il est impératif de dépasser la logique de réaction aux aléas climatiques et d’adopter une véritable stratégie de résilience. Cela passe par une réorientation progressive vers des cultures moins consommatrices d’eau, le développement de variétés agricoles résistantes au stress hydrique et la diversification des sources de revenus en milieu rural. Sur le plan institutionnel, une gouvernance intégrée de l’eau, associée à une tarification incitative et à une meilleure coordination entre politiques agricoles, hydriques et énergétiques, est indispensable. La résilience climatique ne se construit pas lors des années pluvieuses, mais par des choix structurants et anticipés face aux périodes de sécheresse.

    Son parcours 
    Économiste comptant plus de dix-huit ans d’expérience, Mohammed Jadri a construit son parcours au sein de cabinets d’expertise de premier plan, où il s’est distingué par la conduite de projets complexes financés notamment par l’Union européenne et le système des Nations unies. Depuis octobre 2021, il est à la tête de l’Observatoire de l’Action Gouvernementale, qu’il a contribué à positionner comme un acteur de référence de l’analyse des politiques publiques. Sous son impulsion, l’institution a publié des rapports périodiques structurés et documentés sur l’action gouvernementale, couvrant notamment les bilans des 100 jours, d’une année et de mi-mandat.Parallèlement, l’Observatoire a développé des études thématiques approfondies sur des enjeux économiques et sociaux majeurs – tels que les programmes Awrach et Forsa, l’aide au logement, le dialogue social, l’inflation, les produits pétroliers ou encore la réforme des retraites –, apportant des éléments d’analyse utiles au débat public. En complément de ses activités de recherche et de conseil, Mohammed Jadri intervient depuis 2017 en tant que consultant économique auprès de plusieurs radios et chaînes de télévision, au niveau national comme international.

    Son actu  
    La récente amélioration des réserves en eau ouvre une nouvelle séquence pour le secteur agricole. Cette amélioration intervient alors que l’agriculture sort fragilisée de cycles successifs de sécheresse, avec des impacts directs sur la production, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire. Au moment où les pouvoirs publics réajustent leurs choix budgétaires, agricoles et hydriques, et où la question de la résilience climatique s’impose comme un axe central des politiques publiques, cette évolution relance le débat sur la capacité du pays à capitaliser économiquement sur ce regain hydrique, au-delà de l’effet immédiat des pluies.

    17 janvier 2026 0 comments
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    Environnement

    Exportations marocaines: le CBAM change les règles du jeu

    by Wafaa Mellouk 17 janvier 2026
    written by Wafaa Mellouk

    L’entrée en vigueur effective du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’Union européenne marque un tournant silencieux mais profond pour les exportations marocaines. Au-delà d’une simple taxe carbone appliquée à certains produits industriels, le dispositif installe de nouveaux standards de compétitivité fondés sur la donnée, la traçabilité et la crédibilité environnementale. Pour Hikma Bachegour, Consultante en gouvernance climatique, l’enjeu n’est pas tant le coût du carbone que la capacité des entreprises marocaines à démontrer, preuves à l’appui, leur performance climatique dans un commerce international en pleine mutation. Explications. 

    L’impact immédiat du CBAM sur les exportations marocaines reste, à ce stade, relativement circonscrit. Le mécanisme cible aujourd’hui un nombre limité de secteurs industriels à forte intensité carbone, généralement composés d’acteurs structurés et déjà engagés dans des trajectoires de décarbonation. «Ces secteurs disposent pour la plupart des capacités financières, techniques et organisationnelles nécessaires pour s’aligner sur les exigences européennes », souligne Hikma Bachegour. En revanche, des filières clés comme l’agroalimentaire et le textile ne sont pas encore concernées juridiquement par le dispositif.

    Pour autant, réduire le CBAM à son périmètre réglementaire serait une lecture incomplète. La transformation qu’il induit dépasse largement les secteurs officiellement couverts. Selon l’experte, « la compétitivité à l’export ne repose plus uniquement sur le prix ou la qualité du produit, mais de plus en plus sur la capacité à démontrer de manière crédible et vérifiable sa performance carbone ». Cette exigence se diffuse progressivement le long des chaînes de valeur, y compris dans des secteurs encore hors champ du mécanisme.

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    Dans cette nouvelle configuration, le CBAM agit aussi comme un puissant révélateur des fragilités structurelles liées à la gouvernance des données environnementales. «On parle beaucoup de carbone, mais dans la réalité, le CBAM se joue aussi dans la mécanique douanière », explique Hikma Bachegour, évoquant des enjeux très concrets de déclaration, de qualité des données et de responsabilité en cas d’erreur. Le commerce international européen entre ainsi dans une phase où la traçabilité, l’auditabilité et la fiabilité des informations deviennent centrales. « L’absence de données carbone fiables n’est plus neutre : elle constitue progressivement un désavantage compétitif, indépendamment de l’existence d’un coût CBAM explicite», insiste-t-elle.

    À court terme, le dispositif est perçu par de nombreuses entreprises comme une contrainte. Il impose de nouvelles obligations de mesure et de vérification, souvent complexes, et pénalise les exportateurs incapables de produire des données robustes. « Lorsque les données spécifiques font défaut, le recours à des valeurs par défaut tend à sanctionner les fournisseurs », observe la consultante. Le message envoyé au marché est clair : sans preuve, la performance environnementale ne peut être valorisée.

    Cette pression réglementaire se traduit également par une redistribution du risque au sein des chaînes de valeur. Certains intermédiaires européens, soucieux de limiter leur exposition financière et juridique, renforcent leurs exigences contractuelles et transfèrent une partie de la charge vers leurs fournisseurs. Des clauses carbones plus strictes et des demandes accrues de reporting deviennent progressivement la norme.

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    Mais le CBAM n’est pas uniquement un facteur de contrainte. Il peut aussi devenir un levier stratégique pour le Maroc. Le Royaume dispose d’atouts indéniables, notamment en matière d’énergies renouvelables et de capacités industrielles partiellement bas-carbone. « L’enjeu n’est pas seulement de produire vert, mais de rendre cette performance démontrable et valorisable selon les standards européens », précise Hikma Bachegour. Cela suppose la mise en place de dispositifs crédibles de certification, de traçabilité et de mesure, capables de transformer un potentiel environnemental en avantage compétitif tangible.

    Dans cette perspective, le CBAM opère un glissement fondamental : « il ne pénalise pas la décarbonation, il pénalise l’incapacité à la prouver ». La compétitivité carbone devient ainsi un enjeu stratégique, fondé sur la crédibilité des données dans un cadre réglementaire encore évolutif, générateur d’incertitudes pour la planification à moyen terme.

    Les arbitrages auxquels sont confrontées les entreprises marocaines sont donc avant tout stratégiques. Le premier concerne le calendrier. « Investir dès maintenant dans la structuration des données carbone permet de sécuriser l’accès au marché », avertit l’experte, tandis que l’attentisme expose à une dégradation progressive des conditions commerciales. Le second arbitrage touche au positionnement : une conformité minimale peut suffire à court terme, mais seule l’intégration du carbone comme critère structurant de la stratégie industrielle et commerciale offre une véritable résilience à moyen terme.

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    Le point de bascule se situera toutefois dans l’élargissement progressif du CBAM. Les secteurs actuellement couverts sont globalement préparés. Le véritable défi émergera lorsque le mécanisme concernera des filières dominées par les petites et moyennes entreprises, qui représentent près de 90 % du tissu économique marocain. Dans ce contexte, « la mutualisation des outils, l’anticipation sectorielle et l’accompagnement collectif deviennent des conditions clés » pour éviter une pénalisation diffuse des PME.

    Sur le plan macroéconomique, l’impact du CBAM sur la balance commerciale marocaine dépendra largement de cette capacité d’adaptation. Tant que le périmètre reste limité, l’effet direct demeure contenu. En revanche, un élargissement à des produits plus transformés pourrait accroître progressivement l’exposition de l’économie nationale. « L’érosion des exportations se manifesterait moins par un choc brutal que par une perte graduelle de parts de marché », prévient Hikma Bachegour, si la décarbonation ne peut être valorisée faute de dispositifs opérationnels.

    À l’inverse, les économies capables de transformer leur potentiel bas-carbone en avantage démontré préserveront durablement leur accès au marché européen. Pour le Maroc, le CBAM apparaît ainsi moins comme une sanction que comme un test de maturité : celui de sa capacité à inscrire ses exportations dans une gouvernance carbone crédible, condition désormais incontournable de la compétitivité internationale.

    Interview // Hikma Bachegour,Consultante en Gouvernance Climatique

    Challenge : Dans quelle mesure le CBAM risque-t-il de redéfinir la compétitivité des exportations marocaines vers l’Union européenne, notamment pour l’agroalimentaire et le textile ?
    Hikma Bachegour : À ce stade, l’impact direct du CBAM demeure circonscrit à un nombre restreint de secteurs industriels à forte intensité carbone. Ces secteurs sont majoritairement composés d’entreprises disposant déjà des capacités financières, techniques et organisationnelles nécessaires pour s’aligner sur les exigences européennes. L’agroalimentaire et le textile ne sont pas encore concernés juridiquement par le mécanisme.
    La redéfinition de la compétitivité s’opère cependant ailleurs. L’accès au marché européen repose de moins en moins exclusivement sur le prix ou la qualité, et de plus en plus sur la capacité des fournisseurs à démontrer, de manière crédible et vérifiable, leur performance carbone. Cette logique dépasse le périmètre formel du CBAM et se diffuse le long des chaînes de valeur, y compris dans des secteurs aujourd’hui hors champ.
    On parle beaucoup de carbone, mais dans la réalité, le CBAM se joue aussi dans la mécanique douanière, à travers des questions très concrètes de déclaration, de qualité des données et de responsabilité en cas d’erreur. Il s’inscrit ainsi dans une transformation plus large des pratiques commerciales et douanières européennes, où la donnée, la traçabilité et l’auditabilité deviennent centrales. 
    Le CBAM ne change pas seulement le prix du carbone, il modifie plus profondément la gouvernance du commerce. Dans ce contexte, l’absence de données carbone fiables n’est plus neutre et constitue progressivement un facteur de désavantage compétitif, indépendamment de l’existence d’un coût CBAM explicite sur le produit final.

    Challenge : Peut-on considérer le CBAM comme une contrainte commerciale ou plutôt comme un levier de montée en gamme environnementale pour l’offre exportable marocaine ?
    H.B. : À court terme, le CBAM agit clairement comme une contrainte. Il impose des exigences nouvelles de mesure et de vérification et, lorsque les données spécifiques ne sont pas disponibles ou jugées insuffisamment robustes, le recours à des valeurs par défaut tend à pénaliser les fournisseurs. Le signal envoyé au marché est sans ambiguïté. Sans preuve, la performance environnementale ne peut être valorisée.
    Dans ce contexte, le CBAM redistribue également le risque le long des chaînes de valeur. Certains intermédiaires européens cherchent à limiter leur exposition réglementaire et financière et transfèrent une partie de la pression vers les fournisseurs, notamment à travers des clauses carbones plus strictes et des demandes accrues de données.
    Mais le CBAM constitue aussi un levier de transformation. Le Maroc dispose déjà d’un potentiel significatif en matière d’énergies renouvelables et d’un socle industriel en partie bas-carbone. L’enjeu n’est donc pas uniquement de produire de l’énergie verte, mais de la rendre démontrable et valorisable selon les standards européens, à travers des dispositifs crédibles de certification, de traçabilité et de mesure.
    Dans cette configuration, le CBAM ne pénalise pas la décarbonation. Il pénalise l’incapacité à la prouver. Pour les entreprises marocaines, la compétitivité carbone devient ainsi un enjeu stratégique fondé sur la crédibilité des données, dans un cadre qui reste encore en phase d’ajustement et qui crée une certaine incertitude, notamment en matière de planification à moyen terme.

    Challenge : Quels arbitrages stratégiques les entreprises marocaines devront-elles opérer pour préserver leur accès au marché européen ?
    H.B. : Les arbitrages à opérer sont avant tout stratégiques. Le premier concerne le timing. Investir dès maintenant dans la structuration des données carbone permet de sécuriser l’accès au marché, là où l’attentisme expose à une dégradation progressive des conditions commerciales. Les acheteurs européens anticipent déjà les évolutions futures du cadre réglementaire.
    Le second arbitrage porte sur le positionnement. Une conformité minimale peut suffire à court terme. En revanche, l’intégration du carbone comme critère structurant de la stratégie industrielle et commerciale constitue un facteur de résilience bien plus solide à moyen terme.
    L’enjeu majeur réside toutefois, dans l’anticipation de l’élargissement progressif du CBAM. Les secteurs aujourd’hui couverts sont globalement bien préparés. Le véritable point de bascule interviendra lorsque le mécanisme concernera des filières composées majoritairement de petites et moyennes entreprises, qui représentent près de 90 % du tissu économique marocain. 
    Dans ce contexte, la mutualisation des outils, l’anticipation sectorielle et l’accompagnement collectif deviennent des conditions clés pour éviter une pénalisation diffuse des PME.

    Challenge : Quels effets macroéconomiques le CBAM pourrait-il avoir sur la balance commerciale marocaine à moyen terme ?
    H.B. : À moyen terme, l’impact du CBAM dépendra essentiellement de son évolution et de la capacité d’adaptation du tissu productif. Tant que le périmètre reste limité, l’effet direct sur les exportations demeure contenu.
    Un élargissement progressif à des produits plus transformés modifierait toutefois l’exposition de l’économie marocaine. L’impact serait graduel, à travers des mécanismes de sélection des fournisseurs, de durcissement contractuel et de pression accrue sur la compétitivité des entreprises insuffisamment préparées.
    Les économies capables de transformer leur potentiel bas-carbone en avantage démontré préserveront durablement leur accès au marché européen. À l’inverse, lorsque la décarbonation ne peut être valorisée faute de dispositifs opérationnels, l’érosion des exportations se manifeste moins par un choc brutal que par une perte progressive de parts de marché.

    17 janvier 2026 0 comments
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    Entreprises & Marchés

    Création d’entreprises en 2025: boom entrepreneurial ou simple embellie ?

    by Wafaa Mellouk 17 janvier 2026
    written by Wafaa Mellouk

    Avec plus de 92 000 entreprises créées à fin octobre 2025, le Maroc enregistre l’une des dynamiques entrepreneuriales les plus soutenues de ces dernières années. Portée par la simplification administrative, la formalisation progressive de l’économie et une culture entrepreneuriale en mutation, cette accélération interroge toutefois sur sa profondeur réelle. S’agit-il d’un véritable tournant structurel ou d’un mouvement encore largement conjoncturel ? Décryptage.

    L’année 2025 marque une accélération notable de la création d’entreprises au Maroc. Selon les données communiquées par le ministère de l’Inclusion économique, 72 343 entreprises ont été créées durant les huit premiers mois de l’année, soit une hausse de 17,5 % par rapport à la même période de 2024 .

    Cette tendance s’est confirmée au fil des mois. Les statistiques de l’OMPIC, font état de plus de 92 000 nouvelles entreprises enregistrées à fin octobre 2025, traduisant une dynamique entrepreneuriale soutenue à l’échelle nationale.

    Pour Anouar El Basrhiri, cette évolution n’est pas anodine. «Cette dynamique récente de création d’entreprises traduit avant tout une vitalité entrepreneuriale réelle, portée par plusieurs facteurs convergents comme la simplification progressive des démarches administratives, l’amélioration de l’accès à l’information et la montée en puissance d’une culture entrepreneuriale, notamment chez les jeunes », observe-t-il.

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    Il souligne également, que cette progression reflète «une volonté accrue de formaliser des activités auparavant exercées de manière informelle », un point central pour la structuration de l’économie.

    Derrière la dynamique globale, la structure des créations appelle toutefois à la prudence. Les données sectorielles montrent une forte concentration dans le commerce, les services et certaines activités à faible intensité capitalistique, des secteurs traditionnellement plus sensibles aux cycles économiques .

    Dans ce contexte, Anouar El Basrhiri nuance la portée structurelle du phénomène : «Il serait prématuré d’y voir un basculement structurel pleinement abouti. Une part importante de ces créations reste concentrée dans des activités de services à faible valeur ajoutée et fortement dépendantes de la conjoncture», estime-t-il.

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    Selon lui, la dynamique actuelle relève à la fois « d’un mouvement conjoncturel, stimulé par un contexte économique et institutionnel incitatif, et des prémices d’une transformation plus profonde », dont la consolidation dépendra de la capacité des entreprises à se pérenniser et à monter en gamme.

    Au-delà du volume, la question clé de la qualité

    Si le nombre de créations constitue un indicateur encourageant, il ne suffit pas à mesurer l’impact réel sur la croissance et la productivité. «L’évaluation de la qualité des nouvelles entreprises passe avant tout par leur capacité à durer dans le temps», insiste le DG de TMS Consulting.

    Le taux de survie à trois ou cinq ans, la stabilité du modèle économique et la capacité à générer un chiffre d’affaires récurrent constituent, selon lui, des critères déterminants.

    À cela, s’ajoutent d’autres dimensions structurantes : «La création d’emplois qualifiés, la capacité à répondre à des besoins productifs locaux ou à se projeter vers l’export sont des éléments essentiels pour mesurer la contribution réelle à la croissance ». Autrement dit, la dynamique entrepreneuriale ne peut être appréciée uniquement en volume, mais à travers « la valeur ajoutée effectivement produite et la productivité générée par ces nouvelles structures ».

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    L’un des enseignements majeurs des données récentes réside dans la progression de la formalisation. Le nombre d’entreprises déclarant leurs salariés à la CNSS est passé de 255 000 en 2019 à 344 000 à fin 2024, soit une hausse de 34 %.

    Cette évolution constitue un signal positif pour le marché du travail.

    Pour Anouar El Basrhiri, «la formalisation est un levier essentiel pour structurer le marché du travail», car elle améliore la protection sociale et la stabilité des parcours professionnels. Mais il met en garde contre une approche uniquement réglementaire : «Si la formalisation ne s’accompagne pas d’un soutien à la montée en compétences et à l’amélioration de la productivité, certaines structures risquent d’être fragilisées ».

    Le véritable enjeu réside donc, selon lui, «dans l’équilibre entre incitation, accompagnement et exigence ».

    Au-delà du constat, la question centrale reste celle de la durabilité. « L’enjeu majeur se situe dans les premières années de vie des entreprises », souligne Anouar El Basrhiri. Accès au financement, accompagnement stratégique, structuration organisationnelle et accès au marché constituent autant de facteurs critiques souvent insuffisamment adressés. « Pour moi, la priorité réside dans l’accompagnement post-création des entreprises. Si les dispositifs d’incitation à la création sont aujourd’hui relativement développés, l’enjeu majeur se situe dans les premières années de vie des entreprises, où les besoins en financement, en conseil, en structuration organisationnelle et en accès au marché sont les plus critiques. Renforcer les mécanismes d’accompagnement et d’ingénierie entrepreneuriale est essentiel pour consolider cette dynamique », précise-t-il.

    Il plaide ainsi pour un renforcement de l’accompagnement post-création, tout en appelant à poursuivre les réformes visant à améliorer la lisibilité du cadre réglementaire, la prévisibilité fiscale et l’accès au financement pour les PME.

    « Il est aussi nécessaire de poursuivre les réformes institutionnelles visant à améliorer la lisibilité du cadre réglementaire, la prévisibilité fiscale et l’accès au financement, notamment pour les petites et moyennes entreprises.  C’est à ces conditions que la dynamique actuelle pourra dépasser le simple effet volume et devenir un véritable moteur durable de croissance et de création de valeur au Maroc », conclut-il.

    3 questions à Anouar El Basrhiri,DG de TMS Consulting 

    Challenge : Comment analysez-vous la dynamique récente de création d’entreprises au Maroc ? Peut-on y voir les premiers signes d’un changement structurel du tissu productif, ou s’agit-il avant tout d’un mouvement conjoncturel lié au cycle économique ?
    Anouar El Basrhiri : A mon avis, cette dynamique récente de création d’entreprises au Maroc avec plus de 92 300 créations, traduit avant tout une vitalité entrepreneuriale réelle, portée par plusieurs facteurs convergents comme la simplification progressive des démarches administratives, amélioration de l’accès à l’information et montée en puissance d’une culture entrepreneuriale, notamment chez les jeunes. Cette évolution témoigne d’un tissu économique plus réactif et d’une volonté accrue de formaliser des activités auparavant exercées de manière informelle.
    Donc, il serait prématuré d’y voir un basculement structurel pleinement abouti. Une part importante de ces créations reste concentrée dans des activités de services à faible intensité capitalistique et fortement sensibles à la conjoncture. La dynamique actuelle semble donc relever à la fois d’un mouvement conjoncturel, stimulé par un contexte économique et institutionnel incitatif, et des prémices d’une transformation plus profonde, dont la consolidation dépendra de la capacité de ces entreprises à se pérenniser, à monter en gamme et à s’inscrire dans des chaînes de valeur plus productives.

    Challenge : Au-delà du nombre d’entreprises créées, quels critères permettent, selon vous, d’évaluer la qualité et la contribution réelle de ces nouvelles structures à la croissance et à la productivité de l’économie marocaine ?
    A.E.B. : Il faut noter, que l’évaluation de la qualité des nouvelles entreprises passe avant tout par leur capacité à durer dans le temps. Le taux de survie à trois ou cinq ans constitue un indicateur clé, tout comme la stabilité de leur modèle économique et leur aptitude à générer un chiffre d’affaires récurrent. Une entreprise qui crée de la valeur est celle qui parvient à structurer son activité, à investir progressivement et à s’adapter aux évolutions du marché, au-delà de la phase de lancement.
    D’autres critères sont tout aussi déterminants, notamment la création d’emplois qualifiés ainsi que la capacité à se projeter vers l’export ou à répondre à des besoins productifs locaux. La contribution réelle à la croissance ne se mesure donc pas uniquement en volume de créations, mais dans l’impact économique concret, la productivité générée et la valeur ajoutée effectivement produite par ces nouvelles structures.

    Challenge : La progression de la formalisation des entreprises et de l’emploi déclaré est souvent mise en avant. Dans quelle mesure ce mouvement peut-il renforcer durablement le marché du travail et améliorer la qualité de l’emploi au Maroc ?
    A.E.B. : La formalisation constitue un levier essentiel pour structurer le marché du travail. En favorisant l’emploi déclaré, elle permet une meilleure protection sociale des travailleurs, une plus grande stabilité des relations professionnelles et une visibilité accrue des parcours d’emploi. Par contre, l’impact durable de cette formalisation dépendra de la capacité des entreprises à supporter les coûts associés et à évoluer vers des modèles plus productifs. Si la formalisation ne s’accompagne pas d’un soutien à la montée en compétences, à la formation et à l’amélioration de la productivité, le risque existe de voir certaines structures fragilisées. Donc, je peux dire que le véritable enjeu réside dans l’équilibre entre incitation, accompagnement et exigence, afin que la formalisation devienne un facteur de qualité de l’emploi et non une contrainte limitante.

    17 janvier 2026 0 comments
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    Alerte météo

    Bulletin d’alerte : neige, pluies et vents violents attendus dans plusieurs provinces

    by Challenge 17 janvier 2026
    written by Challenge

    Des chutes de neige, de fortes pluies ou averses orageuses, une vague de froid et de fortes rafales de vent sont prévues, de samedi à mardi, dans plusieurs provinces du Royaume, a annoncé la Direction générale de la météorologie (DGM).

    Ainsi, des chutes de neige à partir de 1 300 mètres d’altitude (50-90 cm), toucheront de samedi à 10H45 à lundi à 23H00 les provinces d’Al Haouz, Azilal et Ouarzazate, indique la DGM dans un bulletin d’alerte de niveau de vigilance orange. Durant la même période, des chutes de neiges entre 30-50 cm sont attendues dans les provinces de Chichaoua, Midelt, Beni Mellal, Tinghir, Ifrane, Khénifra, Sefrou, Boulemane, Al Hoceima, Guercif, Taza et Taroudant.

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    Des chutes de neige à partir de 1 200 m sont prévues, durant la même période, dans les provinces de Driouch, Figuig, Jerada, Errachidia, Taourirt, El Hajeb, Chefchaouen, Chtouka Ait Baha et Tiznit.

    De fortes pluies ou averses orageuses (30-50 mm) sont également prévues, de samedi à 22H à dimanche à 12H00, dans les provinces de Tanger-Assilah, Fahs-Anjra, Mdiq-Fnideq, Tétouan, Larache, Kénitra, Safi, Chtouka Ait Baha et Tiznit, et entre 25-35 mm dans les provinces de Rabat, Salé, Skhirate-Témara, Benslimane, Casablanca, Mohammédia, Mediouna, Berrechid, Nouaceur, El Jadida, Sidi Bennour, Essaouira, Agadir Ida Outanane, Sidi Slimane, Sidi Kacem, Khémisset, Youssoufia, Inezgane Ait Melloul et Sidi Ifni.

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    En outre, une vague de froid avec des températures comprises entre -09 et -03°C est attendue, de dimanche au mardi, dans les provinces de Tinghir, Al Haouz, Midelt, Boulemane, Sefrou, Guercif, Taza, Ouarzazate, Taroudant, Chichaoua, Azilal, Beni Mellal, Ifrane et Khénifra.

    Par ailleurs, de rafales de vent fortes (75-85 km/h) sont prévues, samedi de 10H45 à 17H00, dans les provinces de Tiznit, Tata et Taroudant et de dimanche à 09H00 à 23H00 dans les provinces de Tata, Chtouka Ait Baha, Tiznit, Taroudant, Sidi Ifni, Tan-Tan, Guelmim, Assa-Zag, Tarfaya et Es-semara.

    17 janvier 2026 0 comments
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    Football

    Match Maroc-Sénégal : voici l’heure d’ouverture des portes du stade Prince Moulay Abdellah

    by Challenge avec MAP 17 janvier 2026
    written by Challenge avec MAP

    Les portes du stade Prince Moulay Abdellah à Rabat seront ouvertes dimanche à partir de 15h00 à l’occasion de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) devant opposer le Maroc au Sénégal, annonce le Comité d’organisation.

    Cette mesure vise à faciliter l’accès du public et à éviter les encombrements, ajoute le comité dans un communiqué publié sur le site officiel de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF). La cérémonie de clôture débutera à 18h30, tandis que le coup d’envoi de la finale sera donné à 20h00, précise la même source.

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    Ces mesures organisationnelles ont été mises en place afin d’assurer le bon déroulement de cet événement sportif majeur dans les meilleures conditions, fait noter le communique. A cette occasion, le comité d’organisation «appelle l’ensemble des supporters appelés à assister à cette rencontre à arriver tôt, à faire preuve d’esprit sportif, à respecter les consignes des organisateurs et à se conformer à toutes les instructions organisationnelles en vigueur aux abords du stade et à l’intérieur de celui-ci».

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    Nomination

    Yassin Halhoul prend la tête de la Chambre de Commerce Suisse au Maroc

    by David Jérémie 17 janvier 2026
    written by David Jérémie

    La Chambre de Commerce Suisse au Maroc (CCSM) a annoncé la nomination de Yassin Halhoul en tant que nouveau président. Il succède à Christophe de Figueiredo, qui a présenté sa démission.

    Salué pour son leadership et ses contributions, ce dernier continuera à accompagner la Chambre en qualité de président d’honneur.  De nationalité marocaine et suisse, M. Halhoul, est un entrepreneur ayant développé des activités en Suisse et au Maroc, notamment dans l’hôtellerie de luxe, la mode, l’agroalimentaire et les médias. Sa double expérience lui confère une connaissance approfondie des deux écosystèmes économiques.  

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    À la tête de la CCSM, ses priorités s’articuleront autour du renforcement des relations d’affaires entre la Suisse et le Maroc, du développement de nouvelles opportunités économiques pour les membres de la Chambre, ainsi que de la consolidation du rôle de la CCSM comme plateforme de référence pour la coopération bilatérale. La Chambre réaffirme par ailleurs sa mission : soutenir les entreprises, encourager les partenariats et contribuer au rapprochement économique entre les deux pays.

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    Industrie

    JTI renforce son ancrage industriel au Maroc

    by David Jérémie 17 janvier 2026
    written by David Jérémie

    Trois ans après avoir installé son hub opérationnel au Maroc pour superviser le cluster Afrique du Nord et de l’Ouest, JTI (Japan Tobacco International) franchit une nouvelle étape dans son développement régional. L’entreprise a officialisé l’inauguration de son usine implantée au sein de Tétouan Park, marquant un renforcement de sa présence industrielle dans le Royaume.

    La construction de cette usine ultramoderne a reçu l’aval de la Commission nationale de l’investissement en janvier 2024. Elle s’inscrit dans le cadre de la nouvelle Charte de l’investissement adoptée en 2023, ainsi que dans la politique de substitution aux importations «Made in Morocco» lancée en 2020. Au total, JTI a mobilisé plus de 930 millions de dirhams pour ce projet, qui devrait générer 170 emplois locaux.

    Selon Jose Luis Amador, Directeur général de JTI pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, «cette étape clé confirme notre engagement fort en faveur du développement économique et social du Maroc, et marque le début d’une nouvelle ère pour JTI en Afrique du Nord et de l’Ouest. Le Maroc réunit tous les atouts nécessaires pour planifier et développer durablement nos activités, grâce à des talents de qualité, des infrastructures solides et des partenaires de confiance qui nous ont accompagnés tout au long de ce projet».

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    Avec une capacité initiale de production de cinq milliards de cigarettes par an, l’usine s’inscrit pleinement dans la politique nationale de substitution aux importations, en répondant prioritairement aux besoins du marché domestique. À moyen terme, JTI indique collaborer également avec les autorités marocaines afin d’explorer des opportunités d’exportation, notamment vers les marchés d’Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur les capacités d’extension prévues dès la conception du site. Cette évolution pourrait porter la capacité de production à dix milliards de cigarettes par an, renforçant ainsi le positionnement du Maroc comme hub industriel et logistique régional, précise le staff de JTI.

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    Achevé en moins de 18 mois, le nouveau site s’étend sur un terrain de 4,7 hectares et comprend une surface bâtie de 18 000 m². Conçu selon des standards de haute efficacité énergétique, il couvrira, selon JTI, plus de 30 % de ses besoins grâce à l’énergie solaire. L’usine intègre par ailleurs plusieurs dispositifs en ligne avec les objectifs de durabilité du groupe, notamment l’éclairage LED, la collecte des eaux de pluie, des systèmes de recyclage de l’eau, ainsi que des solutions de gestion automatisée pour l’éclairage, la climatisation et le chauffage.

    Toujours selon le staff de JTI, la nouvelle usine applique les mêmes contrôles qualité rigoureux que l’ensemble des sites du Groupe à travers le monde, à chaque étape du processus de production. L’entreprise réaffirme ainsi son engagement à fournir de manière constante des produits fiables et de haute qualité, répondant aux normes les plus élevées de l’industrie.

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    Faut-il souligner que cette cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence des membres de la haute direction de JTI, à savoir Phil Livingston, Vice-Président senior Global Supply Chain, John Freda, Président régional MENEAT (Moyen-Orient, Proche-Orient, Afrique et Turquie), Jose Luis Amador, Directeur général pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, ainsi que Ahmed Bennis, Directeur Général de Tanger Med Zones (TMZ), et des représentants des autorités publiques. Par ailleurs, S.E. M. Nakata Masahiro, Ambassadeur du Japon au Maroc, et S.E. M. Valentin Zellweger, Ambassadeur de Suisse au Maroc étaient également présents.

    17 janvier 2026 0 comments
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