Le Renault Tech Tour a fait escale récemment sur le site industriel de Renault à Tanger, transformant pour quelques heures la plus grande usine automobile d’Afrique en vitrine de l’excellence industrielle marocaine. Devant une presse internationale venue découvrir les coulisses de la filière, Renault Group a présenté un modèle qu’il qualifie de pionnier : une plateforme bas-carbone, alimentée par une centrale biomasse et connectée par voie ferrée au premier port d’Afrique et de Méditerranée. Une étape qui illustre, au-delà de l’événement, la place stratégique du Maroc dans l’industrie automobile mondiale.
Dans le cadre de sa tournée internationale destinée à valoriser ses sites industriels stratégiques et leur rôle dans la transformation technologique et durable du groupe, l’étape marocaine du Renault Tech Tour a mis en avant, devant la presse internationale, l’usine bas-carbone de Melloussa et sa puissance logistique, directement connectée au port Tanger Med.
En effet, il suffit de quelques kilomètres pour relier le site industriel de Melloussa à ses fournisseurs, puis au port Tanger Med. Une proximité géographique qui est précisément ce que la firme au losange a tenu à mettre en lumière. Car en choisissant le nord du Maroc comme étape de sa tournée internationale, elle a voulu montrer ce qu’elle considère comme un «cas d’école» en matière de logistique industrielle.
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«Dans un rayon de quelques kilomètres, le Maroc concentre l’usine de Tanger, la zone franche fournisseurs et le port Tanger Med, créant un modèle d’efficacité unique dans l’industrie automobile», a souligné Thomas Denis. Et le Directeur Supply Chain chez Renault Group d’ajouter : «cette proximité exceptionnelle entre production, fournisseurs et logistique fait du nord du Maroc l’un des écosystèmes automobiles les plus intégrés au monde».

Il faut dire que le Maroc n’est plus un simple maillon de la chaîne de production du constructeur automobile français. Il est aujourd’hui la deuxième plateforme industrielle en volume de Renault Group dans le monde, avec plus de 394 000 véhicules produits en 2025, soit près d’un véhicule sur six vendu par la marque à l’échelle planétaire. Il convient de rappeler que les véhicules Renault et Dacia destinés aux marchés local et international ne sont pas uniquement assemblés sur le site de Melloussa, mais également au sein de la plateforme de Casablanca (SOMACA). Du coup, la performance industrielle se mesure aussi à l’export puisque près de 82 % de la production combinée des usines de Melloussa et de Casablanca est expédiée vers 63 destinations à travers le monde.
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L’humain au coeur de la réussite
Face aux journalistes, Mohamed Bachiri, Directeur général de Renault Group Maroc, a rappelé l’ancienneté de l’ancrage du constructeur dans le Royaume, fort de près d’un siècle de présence continue. Un lien de longue date qui, selon lui, n’est pas le fruit du hasard, et qui repose sur un partenariat stratégique noué avec le Royaume, consolidé par des accords successifs, lesquels ont permis de renforcer la chaîne de valeur locale et d’accélérer la structuration d’un réseau dense de fournisseurs. Mais au-delà des chiffres et des accords institutionnels, c’est un autre message que le patron de Renault Group Maroc a tenu à faire passer : celui de l’humain. En effet, derrière cette réussite industrielle, ce sont bel et bien des femmes et des hommes qui font tourner les chaînes de montage.
Aujourd’hui, près de 10 000 collaborateurs travaillent pour le groupe dans le Royaume, dont environ 6 000 rien que sur le site de Tanger. Cet investissement dans le capital humain trouve d’ailleurs un relais concret avec l’IFMIA (Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile). Administré par Renault depuis 2011, l’institut a dispensé pas moins de 3,2 millions d’heures de formation, un effort qui dépasse largement le seul périmètre du constructeur, puisqu’il irrigue l’ensemble de l’écosystème automobile marocain.
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Faut-il souligner que la dynamique industrielle de Renault au Maroc s’inscrit dans un contexte de marché local particulièrement porteur. En 2025, les ventes de voitures neuves ont bondi de 33 %, hissant le Royaume parmi les marchés les plus dynamiques du continent. Une embellie dont la marque au losange est le premier bénéficiaire puisqu’elle y occupe une position de leader incontesté, avec 38 % de parts de marché cumulées pour Dacia et Renault. Et à fin mai 2026, la hiérarchie ne laisse guère de place au doute : la Logan et la Sandero trustaient les deux premières marches du podium, devant la Clio et l’Express.
Quand l’automobile rime avec bas-carbone
Gilet fluorescent sur le dos et chaussures de protection aux pieds, nous avons suivi le parcours d’un véhicule au sein de l’usine Renault de Melloussa, du premier emboutissage des tôles jusqu’à son expédition vers le port Tanger Med. Tout commence dans le vacarme métallique de l’atelier carrosserie. Les tôles brutes y sont embouties, découpées et soudées pour donner forme au châssis. C’est la première étape d’une chaîne où précision et durabilité sont indissociables. Ici rien ne se perd : les chutes d’acier issues de ce processus sont collectées, puis recyclées et réintégrées dans la filière locale grâce à un partenariat avec Maghreb Steel. Une boucle courte, presque circulaire, qui donne le ton du reste de la visite.

Traditionnellement considérée comme l’étape la plus gourmande en énergie, l’atelier peinture de Melloussa se distingue par une innovation majeure : il fonctionne sans combustibles fossiles, nous dit-on. Toute la chaleur nécessaire est produite par une centrale biomasse, alimentée par les résidus de l’industrie oléicole locale et du bois recyclé. Une solution qui transforme l’un des points faibles de la production automobile en vitrine de transition énergétique et de sobriété écologique, dixit le staff de Renault Group.
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Sur les lignes d’assemblage de l’usine, moteurs, boîtes de vitesses et équipements intérieurs viennent s’intégrer à la carrosserie peinte. Chaque geste est standardisé, chaque étape calibrée selon les normes ISO 9001, garantissant une qualité constante, souligne l’un de nos interlocuteur. Et avant de quitter l’usine, chaque véhicule passe une batterie de tests de conformité et de performance.
Le rail, levier de compétitivité
La visite a également mis en avant le raccordement ferroviaire du site. En effet, deux voies pénètrent directement au cœur de l’usine, permettant plusieurs rotations quotidiennes vers le port Tanger Med. Un choix qui répond à un double objectif : pallier la pénurie de chauffeurs routiers sur les longues distances et réduire l’empreinte carbone du transport d’environ 90 % par rapport à la route. Concrètement chaque année, la supply chain de Renault Group mobilise 69 100 camions pour les flux amont, auxquels s’ajoutent 12 000 conteneurs. Pour les flux aval, l’organisation est tout aussi impressionnante : 26 400 camions, 1 440 trains transportant chacun 240 véhicules, et 290 navires assurent la distribution mondiale, indique Thomas Denis. En moyenne, ce sont 8 000 véhicules qui sont expédiés chaque semaine, renforcés par un atout stratégique, à savoir un quai dédié à Renault Group au sein du port Tanger Med.

Précisément, il est impossible de comprendre la stratégie industrielle de Renault au Maroc sans évoquer Tanger Med. Avec 161 millions de tonnes de marchandises traitées en 2025 et plus de 11,1 millions de conteneurs manutentionnés, le complexe portuaire s’impose comme le premier port d’Afrique et de Méditerranée, et le 17e mondial. Son terminal véhicules, d’une capacité d’un million d’unités par an, relie directement 24 pays.
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Bien au-delà de ses seules activités industrielles et logistiques, Renault Group Maroc entend aujourd’hui s’imposer comme un acteur clé de la transformation de l’écosystème automobile national. Le constructeur a en effet élargi son champ d’action ces dernières années, à travers plusieurs initiatives structurantes.

C’est le cas côté ingénierie, avec le lancement en 2025 de Renault Technology Maroc, dont l’ambition est de renforcer les capacités locales de recherche et développement. Côté numérique ensuite, avec la création, dès 2023, de Renault Digital Maroc, chargée d’accompagner la transition digitale du secteur. À ces deux piliers s’ajoute un troisième volet, plus orienté client : celui du financement. Via Mobilize Financial Services, le groupe propose des solutions destinées à faciliter l’accès au véhicule et à soutenir la mobilité de ses clients marocains.
Enfin, et c’est sans doute le fil rouge de cette stratégie, Renault Group revendique un engagement fort en faveur du développement des talents et de la montée en compétences industrielles. Un investissement humain qui, plus que tout autre, consolide dans la durée l’attractivité et la résilience de toute la filière automobile marocaine.