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  • Actualité

    COP-30 : un nouveau souffle d’espoir

    by Mohamed Amine 24 novembre 2025
    written by Mohamed Amine

    Depuis plusieurs années, la Conférence annuelle des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) a été presque confisquée par les institutions étatiques et les entreprises multinationales. Cette rencontre onusienne a, de ce fait, perdu en termes de crédibilité dans la lutte contre le réchauffement/dérèglement climatique. La COP-30 semble redonner souffle et espoir à cette rencontre internationale annuelle qui doit permettre au monde entier de prendre conscience et surtout d’agir multilatéralement pour pouvoir faire face aux vrais défis planétaires de ce 21ème siècle.

    Adouble reprises, les Etats Unis d’Amérique de Trump I et II ont claqué la porte aux COP et se sont retirés de l’Accord de Paris. Le contexte mondial actuel est moins favorable à la lutte contre le réchauffement climatique, malgré la multiplication et la récurrence plus forte des catastrophes dites naturelles. Les conflits armés et les régressions politiques, caractérisées notamment par une « tolérance » et une résurgence des tendances idéologiques et politiques néofascistes et néonazies, climato-sceptiques, ont créé des conditions difficiles sur le front du climat. Une bonne partie des ressources mondiales est actuellement de plus en plus affectée à l’industrie d’armement. La hausse des dépenses militaires dans les PIB de la plupart des Etats dans le monde, et surtout en Europe, constitue l’un des principaux indicateurs de cette tendance régressive. Et pourtant, malgré cette évolution, les peuples ne baissent pas les bras. A cet égard, la COP-30 est une illustration de cette continuité de la résistance. En effet, cette année, la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP) a dû à nouveau faire face aux militants, observe le quotidien brésilien O Estado de Sao Paulo. Samedi 15 novembre, près de 70 000 manifestants, dont des représentants de mouvements sociaux, des autochtones et des membres de communautés traditionnelles du Brésil et d’Amérique Latine, ont pris part à la Marche mondiale pour le climat. Un mode d’expression populaire longtemps absent, depuis 2021, souligne le quotidien Folha de Sao Paulo. Au cœur des revendications exprimées, la justice climatique, perçue comme étant indissociable de la justice sociale, ainsi que la fin nécessaire de l’utilisation des combustibles fossiles. Au cours de cette marche, les manifestants ont organisé symboliquement un « enterrement » avec des cercueils représentant le charbon, le pétrole et le gaz. La « facture climatique » générée par ces trois combustibles est très lourde. Mais, les participants à la Marche ont aussi tenu à articuler les luttes locales et les luttes globales, en dénonçant des projets au Brésil qui constituent des menaces de dégradation de l’environnement et du climat, notamment la biodiversité forestière. Les « peuples autochtones » ont été fortement représentés dans cette Marche, avec plus de 3000 représentants scandant : « Il n’y a pas de justice climatique sans les peuples et les territoires autochtones ». A peu près 90 Munduruku ont temporairement bloqué l’entrée principale de la zone bleue des Nations Unies, pour revendiquer l’accélération de la démarcation des territoires autonomes et dénoncer le projet du gouvernement brésilien de transformer certains affluents de l’Amazone en axes prioritaires de navigation commerciale. Les populations autochtones craignent de « nouveaux dragages » et l’ « expansion accélérée des ports privés », avec des impacts environnementaux négatifs et irréversibles sur les territoires autochtones. Les manifestants ont été invités par le Président de la COP-30, André Correa do Lago et la ministre brésilienne des Peuples autochtones, Sonia Guajajara. Ainsi, par cet acte, la société civile a été reconnue à nouveau et impliquée comme acteur incontournable dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle a aussi pu démontrer sa capacité réelle  à contribuer en termes de « valeur ajoutée » à la COP-30, notamment dans la préservation des forêts tropicales et par l’annulation de projets potentiellement générateurs de gaz à effets de serre.

    COP-30 : principaux thèmes consensuels

    Deux principaux thèmes ont été consacrés aux débats :
    1. Financement de la transition énergétique et adaptation des pays du Sud. L’Accord de Paris, dans l’article 9, avait prévu que « Les pays développés Parties fournissent des ressources financières pour venir en aide aux pays en développement ». En 2023, le montant de 100 milliards de dollars par an a été atteint. Une nouvelle cible d’un montant de 300 milliards de dollars devrait être définie par la COP-30, avec un objectif de 1300 milliards de dollars en 2035.
    2. Les actuelles contributions déterminées au niveau national (CDN) mènent à une hausse des températures entre 2,3° et 2,5°C, soit un niveau supérieur à 1,5°C, fixé par l’Accord de Paris. Les politiques engagées par les 195 Etats membres se sont révélées insuffisantes. Les engagements nationaux doivent donc être renforcés à travers des pratiques effectives et la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation aux niveaux national et mondial. 

    24 novembre 2025 0 comments
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    Transport maritime

    Yassine El Omari s’offre un pétrolier

    by Adama Sylla 24 novembre 2025
    written by Adama Sylla

    Petrostar Maroc franchit un cap stratégique avec l’acquisition du pétrolier « PS OUFELLA », désormais sous pavillon marocain. En investissant dans le transport maritime, l’entreprise fondée par Yassine El Omari s’intègre plus profondément dans la chaîne de valeur pétrolière et s’inscrit dans la dynamique nationale de reconstitution d’une flotte marchande compétitive. Un mouvement qui rebat les cartes d’un segment largement dominé par des opérateurs étrangers.

    Petrostar Maroc élargit son périmètre opérationnel avec l’achat d’un tanker à double coque de 1 055 tonneaux, rebaptisé « PS OUFELLA » et immatriculé sous pavillon marocain le 1er octobre 2025. Le navire, en cours de mise en conformité à Rotterdam, sera basé à Agadir et destiné au cabotage de produits raffinés entre les ports du Royaume. Sa vitesse de 14 nœuds et son niveau de sécurité le positionnent dans les standards internationaux.

    L’opération n’a rien d’anodin : elle marque l’entrée officielle de Petrostar dans le transport maritime, dernier maillon d’une stratégie d’intégration verticale entamée depuis plus d’une décennie. Dans un marché où les marges sont étroitement liées à la maîtrise logistique, posséder un outil flottant devient un avantage compétitif décisif, capable d’optimiser les coûts, de réduire les dépendances et de sécuriser les approvisionnements.

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    Petrostar, douze ans de montée en puissance

    Depuis sa création en 2012, Petrostar s’est développée selon une logique d’expansion progressive, passant du bunkering à la distribution BtoB, puis au retail avec un réseau qui a atteint 32 stations-service fin 2023. L’entreprise a obtenu successivement les agréments de distribution puis d’importation des produits pétroliers, lancé des centres de maintenance automobile et déployé une station mobile 100 % digitalisée, destinée aux entreprises.

    Cette dynamique a permis au groupe de s’imposer parmi les acteurs les plus agiles d’un secteur marqué par une forte concurrence et par l’absence d’outil de raffinage depuis l’arrêt de la Samir en 2015. L’investissement dans le PS OUFELLA confirme une volonté d’intégration totale, allant de l’import au stockage, du transport à la distribution.

    Le cabotage pétrolier, un marché clé trop longtemps délaissé

    Le tanker arrive dans un contexte où le cabotage constitue un levier stratégique pour la sécurité énergétique du pays. Les hydrocarbures représentent 50 % des 6 millions de tonnes transportées annuellement. Faute de raffinerie opérationnelle, l’approvisionnement national s’opère désormais principalement depuis Tanger Med vers les autres ports, notamment ceux du sud.

    Ce segment reste pourtant dominé par des armateurs étrangers, malgré les appels à renforcer le pavillon national. L’intégration d’un nouveau navire marocain (un phénomène encore rare) contribue à réduire cette dépendance et renforce la capacité du Royaume à maîtriser ses flux énergétiques.

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    Un pavillon national qui commence à se reconstruire

    Avec l’entrée du PS OUFELLA, la flotte marchande marocaine compte désormais seize unités, dont six caboteurs pétroliers aux côtés de navires passagers et de porte-conteneurs opérés sous pavillon national. La dynamique reste modeste au regard des ambitions du Royaume, mais elle s’inscrit dans la continuité du discours du 6 novembre 2023 appelant à rebâtir une flotte compétitive, capable d’intégrer les grandes routes africaines et méditerranéennes.

    Dans ce paysage, la démarche de Petrostar prend une dimension stratégique : elle incarne le retour progressif d’investisseurs privés marocains dans un secteur historiquement délaissé.

    24 novembre 2025 0 comments
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    Agenda

    Mercredi 26 novembre : 3ème Édition du Championnat de Pizza Maroc 2025 

    by Challenge 24 novembre 2025
    written by Challenge

    La 3e édition du Championnat de Pizza Maroc se tiendra le 26 novembre 2025, de 10h à 17h, au siège de Higel Maroc à Casablanca, situé N°10, Rue 2, Lot Mazella, Boulevard Ibn Tachfine – Casablanca. Parrainé par la Chambre de Commerce Italienne au Maroc, l’événement réunira les meilleurs pizzaiolis du Royaume, chacun disposant de douze minutes pour séduire un jury international et tenter de décrocher le titre de Champion du Maroc 2025.

    Lancé en 2022 par Dado’s Consulting, ce championnat contribue à structurer un secteur en pleine croissance, en valorisant les talents établis et en offrant une plateforme de formation et de professionnalisation. Il constitue également une étape déterminante vers la création de la première Académie Marocaine de Formation de Pizzaiolis, un projet destiné à pérenniser et à encadrer ce métier en expansion.

    Le jury réunit des figures de référence : Massimiliano Saieva, pionnier de la pizza romaine aux États-Unis et formateur international ; Federico Dado, expert gastronomique et fondateur de Dado’s Consulting ; Giulio Frascatani, président de la Chambre de Commerce Italienne au Maroc ; ainsi que le chef marocain Taki Kabbaj, passé par de grandes maisons françaises et aujourd’hui à la tête du restaurant La Braise d’Or.

    L’édition 2025 bénéficie du soutien de plusieurs partenaires engagés, parmi lesquels Italforni, Higel Maroc, Toschi et Solution Forever, témoignant d’un écosystème mobilisé autour de la valorisation du savoir-faire culinaire.

    Le lauréat remportera un voyage de trois jours en Italie, incluant une formation professionnelle exclusive, véritable immersion dans l’excellence et l’art authentique de la pizza.


    Contact : 066 92 22 87  
    • Lieu : siège de Higel Maroc à Casablanca

    24 novembre 2025 0 comments
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    Scanner

    Mediterrania Capital Partners lance son 2ème fonds d’investissement immobilier

    by Rachid Boutaleb 24 novembre 2025
    written by Rachid Boutaleb

    Quatre ans après avoir entamé les opérations de son premier fonds immobilier, dénommé MCP Real Estate, le groupe Mediterrania Capital Partners, leader marocain des métiers de private equity, s’apprête à lancer un deuxième véhicule entièrement dédié aux investissements dans la pierre.

    En effet, le groupe présidé par Saad Bendidi (ex-patron d’Al MADA et de Financecom), compte initier les premiers investissements de MCP Real Estate II dès le début de 2026 et notamment, dans les projets d’immobilier professionnel locatif qui ont fait, d’ailleurs, la réussite de son premier véhicule entré récemment en phase de désinvestissement avec la mise en vente de ses deux projets phares (un projet de plateaux de bureaux à Casa Finance City) et une clinique privée sur Boulevard Abdelmoumen.

    Rappelons, que pour le tour de table de MCP Real Estate I, Mediterrania Capital Partners avait réuni des investisseurs prestigieux à l’image de la CMR, AXA Assurance Maroc et le groupe TGCC. Pour cette fois-ci, rien ne filtre sur les protagonistes du nouveau véhicule mais il semblerait selon des sources proches du dossier, que l’actionnariat sera élargi cette fois-ci, à de nouveaux investisseurs désireux de s’exposer à l’investissement immobilier. Sur le volet de ses opérations de private equity classique, Mediterrania Capital Partners a récemment clôturé son quatrième fonds d’une taille de plus de 600 millions d’euros (plus de 6 milliards de dirhams). Ce fonds est destiné à soutenir les PME en Afrique du Nord et de l’Ouest.

    24 novembre 2025 0 comments
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    Ils font l'actu

    Mohamed Mhidia, [Wali de la région Casablanca-Settat]

    by Challenge 24 novembre 2025
    written by Challenge

    Au siège de la wilaya de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, wali de la région, a présidé une large rencontre de concertation consacrée à la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré. Autour de lui, l’ensemble des acteurs institutionnels, élus, universitaires, représentants de la société civile et partenaires socio-économiques ont répondu présent, illustrant l’importance stratégique du chantier.

    Face à un auditoire réunissant préfets, parlementaires, responsables des services déconcentrés, chambres professionnelles, syndicats et médias, le wali a rappelé que cette démarche s’inscrit directement dans la volonté royale d’un Maroc plus équitable. Citant le discours du Trône, il a insisté: « Il n’y a plus de place pour un pays à deux vitesses».

    Mohamed Mhidia a défendu une approche fondée sur l’écoute citoyenne, la concertation élargie et la coordination entre institutions. Chaque préfecture et arrondissement devra établir un diagnostic précis afin d’identifier des priorités réalistes et partagées. Les comités techniques, opérationnels dès la fin de la rencontre, devront élaborer dans des délais serrés les programmes et contrats-objectifs 2026.

    Le wali a également rappelé les engagements nationaux: un budget renforcé pour la santé et l’éducation et 27.000 recrutements dès 2026. Il a conclu en appelant à une mobilisation totale pour faire du futur PDRI de Casablanca-Settat un modèle de réussite au service des citoyens.

    24 novembre 2025 0 comments
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    Ils font l'actu

    Mostafa Terrab, [PDG du Groupe OCP]

    by Challenge 24 novembre 2025
    written by Challenge

    Fitch Ratings a confirmé la note long terme du Groupe OCP à BB+ avec perspective stable, tout en lui attribuant un profil de crédit autonome nettement supérieur (bbb-). Une reconnaissance qui souligne la robustesse intrinsèque du groupe dirigé par Mostafa Terrab, même si sa notation reste plafonnée par celle du Maroc, son actionnaire majoritaire.

    Sous l’impulsion de Terrab, OCP s’impose comme un acteur industriel mondial hors norme. Détenteur de plus de 70 % des réserves mondiales de phosphate, premier exportateur et premier employeur du pays, le groupe poursuit une stratégie d’expansion ambitieuse. Sa capacité de production d’engrais doit passer de 15,4 à 20 millions de tonnes d’ici 2027, avec des unités capables de basculer entre TSP et engrais classiques selon les conditions du marché. Fitch anticipe des ventes en forte hausse – 22 Mt en 2025, 32 Mt en 2028 – et un EBITDA moyen de 40 milliards de DH, avec des marges proches de 38 %, bien au-dessus de ses concurrents internationaux. Le groupe prévoit 95 milliards de DH d’investissements sur 2025–2028 : montée en capacité, usine d’ammoniac vert, énergie 100 % renouvelable et nouveaux débouchés comme les matériaux pour batteries LFP. Cette trajectoire reste maîtrisée grâce à une forte flexibilité des dépenses et une discipline financière renforcée, Fitch soulignant que les dividendes comme les capex seront ajustés en fonction de la conjoncture.

    Avec plus de 23 milliards de DH de trésorerie et une ligne de crédit de 500 millions de dollars totalement disponible, OCP aborde cette phase d’expansion avec une liquidité solide.  Les enjeux ESG reçoivent un score «3», jugé neutre pour la notation.

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    International

    Soudan: un pays profondément meurtri par les conflits

    by Mohamed Amine 23 novembre 2025
    written by Mohamed Amine

    Le Soudan résume le paradoxe de l’Afrique. C’est un pays ayant une histoire millénaire souvent méconnue. Autrefois «grenier de l’Afrique», disposant actuellement d’un sous-sol riche en ressources pétrolières et minières, le Soudan connait une guerre quasi-permanente, attisée de l’extérieur. Occupation coloniale, guerres civiles discontinues, coups d’Etat répétés et dictatures militaires (…) ont ainsi marqué l’évolution d’un pays profondément meurtri par les conflits. Bien que très grave, la situation actuelle du Soudan est faiblement médiatisée au niveau international, générant ainsi une méconnaissance et une indifférence qui cache difficilement la responsabilité de nombreux Etats et la faible implication des institutions internationales telles que l’ONU.

    Pays d’Afrique du nord-est, Etat frontalier avec 7 Etats africains, le Soudan est bordé par la Libye au nord-ouest, l’Egypte au nord, la Mer Rouge à l’est et au nord-est, l’Erythrée à l’est, l’Ethiopie à l’est et au sud-est, le Soudan du Sud, au sud, la République centrafricaine au sud-ouest et le Tchad à l’ouest. D’où sa position géostratégique exceptionnelle. C’était le premier pays africain en termes de superficie (2,53 millions de km²), avant sa division en 2011 en deux Etats. C’est un pays qui dispose d’une histoire millénaire, avec notamment le royaume de Kerma (vers 2500-1500, avant JC), et le royaume de Koush (vers 786-350, après JC). Après la chute de la dynastie Koush, les Nubiens ont formé trois royaumes : Nobatia, Makuria et Alodia. A partir du 14ème siècle, le Soudan va connaitre une arabisation/islamisation et la naissance du sultanat de Sennar, alors que le Darfour gouvernait l’ouest et les Ottomans l’est. Au 19ème siècle, l’ensemble du Soudan a été intégré à l’Egypte sous la dynastie de Mohamed Ali.

    Le mouvement nationaliste dit mahdiste sera sauvagement réprimé et vaincu par une force militaire conjointe égypto-britannique. Cette défaite du mouvement nationaliste a été suivie par le partage du Soudan entre les deux occupants, sous forme de condominium. La révolution égyptienne, en 1952, va exiger le retrait des forces britanniques, aussi bien de l’Egypte que du Soudan. Le 1er avril 1956, le Soudan accède à son indépendance. Mais le régime dictatorial de Jaâfar Numeiri, à couleur islamiste, va générer une opposition radicale, surtout au sud. C’est aussi le cas de la dictature militaire dirigée par Omar-el-Bachir, de 1989 à 2019. Entretemps, le Soudan a connu une partition, avec la création de l’Etat du Soudan du Sud, en 2011. Israël a joué un rôle important dans cette division du Soudan en deux Etats, en appliquant sa stratégie fondée sur la «doctrine de la périphérie», consistant à affaiblir de manière préventive l’ensemble des pays arabo-musulmans pour maintenir sa position dominante. Omar-el-Bachir sera renversé à son tour dans un coup d’Etat, en 2019, en plein soulèvement populaire. En 2020, le Soudan devient «Etat laïque». Une évolution mal vue surtout par les Etats pétroliers arabo-musulmans du Golfe.

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    Le Soudan, autrefois «grenier de l’Afrique», et malgré son potentiel actuel exceptionnel en ressources minières et énergétiques, est l’un des pays les plus pauvres au monde, classé au 172ème rang de l’indice de développement humain, en 2022. Plus de 35% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cependant, cette situation est loin d’être accidentelle ou fatale. En effet, depuis longtemps, le Soudan n’a pas cessé d’être convoité par les puissances. Pendant la période coloniale, le mouvement mahdiste a semé les graines d’un nationalisme unificateur bien ancré dans la formation sociale soudanaise, mais affaibli par les expéditions coloniales franco-britanniques, et la grande famine entre 1889 et 1891. 

    L’indépendance du Soudan proclamée en 1956 sera perturbée par une mutinerie des officiers du sud, car le gouvernement de Khartoum n’avait pas tenu ses promesses de création d’un Etat fédéral. La guerre civile va durer jusqu’à 1972. La situation politique interne sera instable jusqu’au coup d’Etat militaire par le colonel Jaâfar Numeiri qui va s’emparer du pouvoir, supprimer le Parlement et interdire les partis politiques. En fait, l’instabilité sociopolitique va s’aggraver. Plusieurs militants et syndicalistes vont être arrêtés et exécutés, dont l’écrivain Abdel Khaliq Mahjoub, et le dirigeant de la Confédération générale des travailleurs du Soudan, Chafi’ai Cheikh. En 1983, le dictateur J. Numeiri a décidé d’appliquer le droit musulman dans le domaine pénal. Ce qui va attiser encore plus les contradictions internes. L’aide financière des Etats Unis d’Amérique (EUA) à la dictature, dans le contexte mondial de la «guerre froide», va passer de 5 millions de dollars, en 1979, à 200 millions de dollars, en 1983, puis 254 millions de dollars en 1985, destinés principalement à des programmes militaires. Le Soudan devint ainsi le 2ème bénéficiaire de l’aide étatsunienne en Afrique, après l’Egypte. Bases aériennes militaires et grandes stations d’écoute vont être construites par les EUA au Soudan. En mars 1985, les populations soudanaises protestent contre la hausse des prix des produits de première nécessité décidée sous l’injonction du Fonds monétaire international (FMI). Un coup d’Etat mené par le Général Swar ad-Dahab tente de restaurer un gouvernement civil sans pour autant parvenir à la stabilité politique. 

    En 1989, un nouveau coup d’Etat est mené par le Général Omar El Bachir. Le nouveau dictateur restaure les lois pénales du droit musulman qui prévoient notamment la lapidation et l’amputation des mains. La guerre civile  qui éclate va provoquer le déplacement de plus de 4 millions d’habitants du sud et faire 2 millions de morts. Cette guerre s’installe durablement dans le Darfour où les milices jenjawis procèdent à des exécutions sommaires et massives. En 2005, un accord de paix a été signé à Naïrobi entre john Garang, dirigeant de l’armée populaire de libération du Soudan (APLS) et le Vice-président Ali Osmane Taha, mettant fin à 21 ans de guerre civile. L’accord a prévu un régime d’autonomie de 6 ans au Soudan du Sud, suivi de l’organisation d’un référendum d’autodétermination. La mort brutale de J. Garang dans un hélicoptère, va provoquer de nouvelles émeutes. En 2011, le référendum d’autodétermination au Soudan du Sud va mener vers la sécession. Ainsi, le territoire du Soudan est amputé de plus du quart de la superficie initiale et, en même temps, perd son statut de grand Etat d’Afrique (en superficie). Or, les ressources pétrolières et minières (mines d’or) se situent en grande partie au sud. La baisse des revenus provenant de l’exportation du pétrole va limiter les capacités du Soudan au nord dans le maintien de la «paix sociale».

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    Le régime d’Omar El Bachir applique en 2018 un plan d’austérité imposé par le FMI. Le prix du pain est doublé et celui du carburant augmente de 30%, avec un taux d’inflation de plus de 40%. Les actions de protestation sont violemment réprimées par l’Etat. En décembre 2018, un vaste mouvement social s’organise contre le régime. Au mois d’avril 2019, Omar el-Bachir est destitué par l’armée et remplacé par un Conseil militaire de transition (CMT), composé aussi de civils. Le 21 août, le CMT devient le Conseil de souveraineté. Abdellah Hamdok, ancien Economiste de l’ONU est nommé 1er ministre. Mais, le 21 septembre 2021, une tentative de coup d’Etat a lieu, annonçant une nouvelle guerre civile qui va s’accélérer, en 2023, après l’échec du plan de transition entamé vers un régime civil. En effet, des luttes de pouvoir se développent entre le Commandant de l’armée Abdel Fattah al Burhan et son adjoint Mohamed Hamdan Daglo, Chef des Forces de soutien rapide (FSR) qui lancent des attaques dans plusieurs villes.

    Les interventions externes d’Etats étrangers sont en grande partie responsables de cette guerre civile ou tout au moins de sa continuité et de son aggravation. C’est notamment le cas des Emirats Arabes Unis (EAU), accusés de soutien financier et logistique aux FSR, dirigés par le Général Hemetti/Daglo. Le rapport «New weapons fueling the Sudan conflict» a mis en évidence le transfert d’armes étrangères au Soudan, en violation de l’embargo sur les armes au Darfour. De même, en 2024, Amnesty International a découvert de nombreuses importations d’armes en provenance de la Chine, des EAU, la Russie, la Serbie, la Turquie et le Yémen. C’est aussi le cas de nombreux rapports d’experts des Nations Unies et de Yale School of Public Health qui ont fourni de nombreuses preuves de fourniture d’armes aux FSR par les EAU. Tout récemment, la Turquie a même fourni des avions de combat utilisés dans des bombardements n’épargnant guère les populations civiles.

    En fait, les armes utilisées n’étant pas fabriquées au Soudan, elles ne tombent pas du ciel. Les fournisseurs d’armes aux milices qui procèdent à des massacres ethniques, sont considérés comme étant des complices et doivent être poursuivis en tant que tels et condamnés par la Cour Pénale Internationale qui a entamé des investigations sur les atrocités commises ou en cours.

    23 novembre 2025 0 comments
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    Fiscalité

    Equité fiscale et justice sociale : deux sœurs jumelles

    by Mohamed Amine 23 novembre 2025
    written by Mohamed Amine

    L’équité fiscale est la sœur jumelle de la justice sociale. Collecter l’impôt de manière équitable et assurer les dépenses publiques de manière efficiente et solidaire, c’est ce qui peut donner âme et substance à une démocratie réelle. 

    Le système fiscal en vigueur est en contradiction flagrante avec la lettre et l’esprit de l’article 39 de la Constitution qui prévoit les principes d’équité fiscale et de légalité de l’impôt. L’absence d’équité fiscale est d’abord évidente à travers les chiffres. En effet, en 2024, presque 56% des recettes fiscales proviennent des impôts indirects. C’est en particulier le cas des recettes de la TVA qui représentent presque 33% du total desdites recettes. La TVA est la première source de financement public. Les impôts indirects sont en général socialement aveugles et ne prennent pas en compte les capacités contributives des contribuables comme le stipule l’article 39 de la Constitution. Cette non équité fiscale apparait aussi au niveau des recettes de l’IR dont 75% proviennent de la retenue à la source sur les salaires et revenus assimilés. A cela, s’ajoute la non-application du barème d’imposition et donc du mécanisme de progressivité, bien que très relative et symbolique, à des catégories de revenus tels que les profits et les revenus financiers et fonciers.

    De même, compte tenu du déficit structurel de démocratie, notamment au niveau du Parlement actuel qui représente principalement la «classe des affairistes», la légalité de l’impôt, c’est-à-dire le consentement à l’impôt, souffre aussi d’un lourd déficit. C’est d’ailleurs l’un des principaux obstacles à la mise en place d’un système fiscal déclaratif qui, en principe, devrait tirer sa force première du civisme fiscal. 

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    Le projet de loi de finances de l’année 2026 (PLF-2026) permet d’illustrer cette réalité. L’année 2026 est presque une année de «pause fiscale», après les trois dernières années (2023-2025). Le PLF-2026 se contente de reconduire sur 3 ans (2026-2028), la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus (CSSBR), introduite initialement en 2013. C’est une «mesure transitoire/provisoire qui dure». Sa version initiale a été légèrement modifiée. Le PLF-2026 a reconduit les dispositions appliquées de 2023 à 2025, comme indiqué dans le tableau suivant. 

    Le maintien de la CSSBR traduit surtout l’absence de volonté politique pour mener une vraie réforme fiscale et instaurer notamment un impôt de solidarité sur les grandes fortunes, premier pas vers la concrétisation effective du principe constitutionnel d’équité fiscale (article 39 de la Constitution).

    Les autres dispositions du PLF-2026 concernent principalement le domaine du sport. En effet, l’objectif principal de ces dispositions est de contribuer/faciliter la transformation du mode associatif d’organisation du sport en un mode lucratif d’organisation du sport, s’inspirant de la logique mercantile qui a tendance à s’étendre à presque tous les domaines de la vie, à l’instar des domaines de l’éducation et de la santé. Dans cette optique mercantiliste, le sport est appelé à devenir un «service marchand» comme toute autre marchandise et non plus un droit humain, exercé individuellement et/ou collectivement.

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    L’autre mesure vise une extension de la «retenue à la source» (RAS), en matière d’IR, d’IS et de TVA. Cette extension est en fait un aveu clair de l’échec du système fiscal mis en place depuis les années 1980 et initialement fondé sur le principe déclaratif, c’est-à-dire l’adhésion volontaire et citoyenne à la conformité fiscale. L’extension du mécanisme de la RAS contredit ce principe et reflète une régression ou contre- réforme plutôt qu’une véritable réforme dans le domaine fiscal. 

    Néanmoins, pour mieux appréhender la contradiction actuelle entre le discours social et l’absence d’équité fiscale, il est nécessaire de faire un retour aux trois années précédentes (2023 à 2025).

    La Loi de finances de l’année 2023 (LF-2023) a prévu une évolution graduelle (2023-2026) du «taux normal d’imposition» en matière d’IS, de 31% à 20%, soit une baisse de 11%. A noter qu’en 1986, année d’instauration de l’IS dans le système fiscal au Maroc, le «taux normal d’imposition», en matière d’IS, était de 45%. Ainsi, en 40 ans, la baisse du «taux normal» de l’IS a été de 25%. Aujourd’hui, la grande vague néolibérale poursuit son chemin, voire s’accélère, tout en changeant d’apparence et de discours.

    Par contre, le taux réduit de 10%, en matière d’IS, prévu en principe pour les petites et toutes petites entreprises (TPE), pour encourager les micro-activités informelles à intégrer l’économie formelle, a été supprimé/abrogé. Par ailleurs, les mesures fiscales adoptées en 2023, en matière d’IS, ont complètement ignoré les principales recommandations adoptées lors des 3ème Assises nationales sur la fiscalité (ANF), en mai 2019, notamment l’imposition à un taux élevé/majoré des entreprises exerçant des activités monopolistiques et à faible valeur ajoutée (notamment les grandes entreprises d’importation et de distribution des hydrocarbures), à l’instar du secteur financier, imposable au taux de 40%.

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    Ainsi, en 2026, après la transition 2023 à 2025, la quasi-totalité des entreprises qui réalisent un bénéfice net imposable inférieur à 100 millions de dirhams, soit plus de 95% des entreprises, sont imposables au taux de 20%, en matière d’IS. La LF-2023 a donc été un «vrai régal fiscal du capital». Le «festin» s’est déroulé graduellement, «hssi mssi», en commençant par une «petite salade», avant le «méchoui», pour ensuite se faire servir le «dessert». 

    En 2024, la Loi de finances va tenir compte du manque à gagner fiscal que pourrait générer la baisse du «taux normal d’imposition» en matière d’IS, de 31% à 20%. Ce manque à gagner va être de fait compensé par la suppression des taux réduits en matière de TVA (7% et 14%), et leur réalignement sur deux taux uniques ; un taux réduit de 10% et un taux normal de 20%. Certes, les médicaments ont été totalement exonérés, après l’avoir été partiellement auparavant. Cette exonération n’est en fait qu’un alignement sur la fiscalité internationale. Le médicament n’étant pas vraiment une «marchandise». 

    Par ailleurs, il faut rappeler qu’au début, en 1985, année d’instauration de la TVA au Maroc, plusieurs taux avaient été mis en place : quatre taux réduits : 7% ; 10% ; 12% et 14%. Un taux élevé sur les produits de luxe : 30%. Et un taux normal : 19%. De même étaient prévus des taux spécifiques applicables aux produits en métaux d’or ou d’argent. Ces derniers taux ont été supprimés, de même que le taux de 30% sur les produits de luxe. A cela, s’ajoute la suppression de nombreuses exonérations appliquées souvent à des produits de première nécessité et dont la consommation n’est pas élastique. En 2024, les taux réduits de 7% et de 14% sont aussi passés à la trappe, pour être respectivement remplacés par 10% et 20%. 

    A travers la suppression des taux réduits de TVA, de 7% et de 14%, et leur alignement sur les taux de 10% et de 20%, c’est donc le consommateur, et en particulier les ménages pauvres ou modestes, qui passe à la caisse, de manière presque invisible, puisque la TVA est intégrée dans les prix des produits et des services. Cette invisibilité de la TVA renforce le «brouillard fiscal» en vigueur.  

    La Loi de finances de l’année 2025 (LF-2025) s’est contentée d’une actualisation du barème d’imposition, en matière d’IR, avec une baisse du taux marginal d’imposition de 38% à 37%, soit une baisse de 1%. Les tranches de revenus imposables ont été légèrement réaménagées, sans changement majeur. Ainsi, la première tranche exonérée ou seuil d’imposition est passé de 30 000 DH à 40 000DH (revenu net global annuel imposable). La tranche supérieure demeure limitée à 180 000 DH (15 000 DH/mois). Cela veut dire qu’au-delà de ce montant, ce n’est plus la progressivité qui s’applique mais la proportionnalité. Ce qui neutralise l’unique mécanisme qui existe actuellement dans la déclinaison effective et possible du principe d’équité fiscale, et favorise les gros revenus. 

    Par ailleurs, la LF-2025 a prévu l’exonération en deux tranches des pensions de retraites (50% en 2025 et 50% en 2026). En fait, cette exonération ne s’applique qu’à une infime minorité de personnes âgées disposant d’une pension de retraite d’un montant mensuel net supérieur à 12 000DH. En effet, plus de 80% de la population âgée (plus de 60 ans) ne dispose pas de pension de retraite. Et pour les 20% qui en disposent, plus de 80% n’atteignent pas le seuil annuel d’imposition qui est passé de 30 000 DH à 40 000 DH, en 2025. C’est donc moins de 4% du total de la population âgée qui a été bénéficiaire de cette exonération et de manière très inégale. A noter, que cette mesure est tout à fait contraire à la lettre et à l’esprit de l’article 39 de la Constitution. 

    Ainsi, de ce qui précède, le constat est évident : le processus dit de réforme fiscale, entamé depuis 2023, sur la base de la loi-cadre adoptée en juillet 2021, et suite aux Assises nationales sur la fiscalité organisées en 2019, révèle en fait une continuité des anciennes politiques publiques régressives. La politique fiscale suivie et appliquée révèle une contradiction flagrante entre le mode inéquitable de répartition des recettes fiscales et le discours social. En effet, cette politique fiscale risque de maintenir, voire d’aggraver les inégalités sociales, cause première de la pauvreté.

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    Consommation

    E-commerce: un marché évalué à 22 milliards de DH

    by Wafaa Mellouk 22 novembre 2025
    written by Wafaa Mellouk

    En quelques années, les Marocains ont adopté un nouveau réflexe : acheter en ligne. Smartphones en main, ils commandent, comparent, paient et se font livrer en un clic. Ce n’est plus une tendance, mais une transformation durable des modes de vie. Derrière cette révolution silencieuse, un écosystème numérique est en train de s’imposer.

    Le Maroc vit une révolution tranquille. Ce n’est pas celle des grandes infrastructures ou des mégaprojets industriels, mais celle du quotidien : celle du clic. En 2019, le commerce en ligne n’était qu’une option pour une minorité de citadins connectés. Cinq ans plus tard, il s’est imposé comme un réflexe naturel pour des millions de Marocains. Selon l’Enquête nationale TIC 2024-2025 de l’ANRT, près d’un quart de la population (24,9 %) a acheté en ligne en 2024, contre 15,1 % seulement en 2019. En cinq ans, le pays a gagné 3,7 millions de nouveaux cyberacheteurs (une hausse spectaculaire de 65 %) et un marché désormais évalué à 22 milliards de dirhams, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce. Et ce n’est qu’un début : la croissance devrait se poursuivre à un rythme soutenu les prochaines années. 

    Pour Anouar El Basrhiri, Directeur général de TMS Consulting, cette évolution n’est pas un hasard. Elle résulte d’une convergence entre connectivité, jeunesse et nouveaux usages. «Cette croissance spectaculaire du e-commerce marocain s’explique par une combinaison de facteurs structurels et comportementaux. D’abord, la démocratisation de la connectivité : l’accès à Internet mobile s’est largement généralisé, même dans les zones semi-urbaines, grâce à la baisse du coût des données et à la couverture 4G », explique-t-il. Le smartphone est devenu le pivot du commerce moderne, transformant la manière d’acheter, de comparer et de payer. Plus de 90 % des foyers marocains disposent aujourd’hui d’un smartphone connecté, ce qui a profondément changé la relation au commerce. « Le profil du consommateur marocain a évolué. Il est devenu plus jeune, plus connecté et plus exigeant en matière de confort et de rapidité. L’achat en ligne est désormais un réflexe, surtout pour les produits du quotidien, la mode et l’électronique. »

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    Ce basculement vers le digital ne concerne plus uniquement les grandes plateformes internationales : il a aussi ouvert la voie à une génération de petits commerçants, d’artisans et de créateurs locaux qui utilisent les réseaux sociaux comme vitrine. Instagram, TikTok ou WhatsApp Business ne servent plus seulement à échanger, mais à vendre. « Le smartphone est devenu la première vitrine commerciale du pays. Il a transformé la manière dont les marques et les vendeurs interagissent avec leurs clients. Aujourd’hui, un Marocain peut découvrir un produit sur TikTok, poser une question sur WhatsApp et finaliser son achat sur Instagram, tout cela sans quitter son téléphone. » Cette fluidité a humanisé le commerce. L’achat n’est plus un acte froid ou distant : il devient une conversation. « Les réseaux sociaux marchands ont humanisé la relation commerciale. Les échanges sont devenus directs, rapides et souvent personnalisés. Le vendeur n’est plus une marque distante, mais une personne accessible derrière son écran. »

    La confiance, le vrai capital

    Mais si la technologie a facilité la mise en relation, la confiance reste le vrai capital du e-commerce. Beaucoup d’acheteurs hésitent encore à payer en ligne par crainte d’arnaques ou de livraisons ratées. « Malgré les progrès, la confiance reste le nerf de la guerre. Beaucoup d’acheteurs hésitent encore à payer en ligne, par crainte d’arnaques ou de problèmes de livraison qu’on voit malheureusement sur certaines marketplaces », reconnaît El Basrhiri. Pour y remédier, il appelle à agir sur plusieurs fronts : « Il faut agir sur trois leviers : technique, avec la généralisation de solutions de paiement sécurisées ; opérationnel, en améliorant la logistique du dernier kilomètre ; et réglementaire, via un cadre clair de protection du consommateur. » Une conviction qu’il résume en une phrase : « La confiance ne se décrète pas ; elle se construit par la transparence, la qualité du service et la responsabilité des acteurs. »

    Les pouvoirs publics, conscients des enjeux, ont enclenché des réformes de fond. En avril 2025, un accord stratégique a été signé entre les ministères de l’Industrie et de la Transition numérique pour encadrer et stimuler le secteur. Objectif : faire émerger un e-commerce inclusif, compétitif et sécurisé, tout en soutenant la montée en compétences des commerçants à travers des programmes comme le Moroccan Retail Tech Builder (MRTB). Ce dispositif accompagne les jeunes pousses et les commerçants traditionnels dans leur digitalisation, en leur offrant un cadre technique et juridique adapté.

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    Cette transformation du commerce s’accompagne d’une montée en gamme du consommateur. Les acheteurs ne se contentent plus de la simple transaction : ils veulent une expérience complète. Rapidité, fiabilité, droit au retour, service après-vente réactif… Les standards changent, et les plateformes locales s’y adaptent. « Les acheteurs marocains comparent, vérifient et notent. Leur comportement se rapproche de celui observé sur les marchés européens. Ils ne veulent plus simplement “acheter en ligne” ; ils veulent vivre une expérience fluide, fiable et valorisante », souligne El Basrhiri.

    D’ici 2030, le Maroc pourrait compter près de 10 millions d’utilisateurs actifs du e-commerce. Mais plus que la croissance du chiffre d’affaires, c’est la maturité du modèle qui se joue. Le digital et le commerce physique se rejoignent désormais dans un parcours client sans frontières. « Nous allons vers un modèle hybride, où la frontière entre commerce en ligne et commerce physique s’efface. L’acheteur peut découvrir un produit en boutique et le commander plus tard sur une application, ou inversement. L’important, c’est la cohérence de l’expérience client », analyse le consultant.

    Cette hybridation pourrait bien donner naissance à un modèle marocain du commerce digital ancré dans les spécificités culturelles, mais ouvert sur le monde. Pour El Basrhiri, le défi dépasse le simple acte d’achat : « Le e-commerce doit devenir un levier d’autonomisation économique, notamment pour les jeunes et les femmes. C’est aussi un moyen de valoriser la production locale et de connecter les régions au marché national et international. » En d’autres termes, le commerce en ligne est en train de tisser un réseau invisible, reliant le rural à l’urbain, le petit producteur au consommateur connecté, la création locale à la demande mondiale.

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    Le e-commerce marocain n’est plus un marché émergent : c’est une culture en devenir. Dans les salons, dans les bus, dans les cafés, les Marocains naviguent entre stories et vitrines digitales, comparent les prix, likent un produit avant de le recevoir deux jours plus tard. Ce geste anodin résume la mutation d’un pays entier. Comme le conclut Anouar El Basrhiri : « Le e-commerce marocain n’est pas seulement un marché en expansion, c’est le miroir d’une société en mouvement». 

    Interview avec Anouar El Basrhiri,DG de TMS Consulting

    Challenge : Le e-commerce marocain a connu une hausse de plus de 65 % du nombre d’acheteurs en cinq ans. Quels sont, selon vous, les facteurs clés qui expliquent cette accélération ?
    Anouar El Basrhiri : Je peux dire que cette croissance spectaculaire du e-commerce marocain s’explique par une combinaison de facteurs structurels et comportementaux. D’abord, la démocratisation de la connectivité comme l’accès à Internet mobile s’est largement généralisé, même dans les zones semi-urbaines, grâce à la baisse du coût des données et à la couverture 4G. J’ajoute également, que le profil du consommateur marocain a évolué, il est devenu plus jeune, plus connecté et plus exigeant en matière de confort et de rapidité. L’achat en ligne est devenu un réflexe, surtout pour les produits du quotidien, la mode, et l’électronique et il faut reconnaître aussi le rôle des plateformes locales et régionales qui ont popularisé les achats en ligne, mais aussi celui des petits commerçants et créateurs qui, grâce aux réseaux sociaux, ont trouvé un canal direct vers leurs clients.

    Challenge : Le programme Moroccan Retail Tech Builder (MRTB) ambitionne de structurer un écosystème d’innovation. Comment ce type d’initiative peut-il favoriser l’émergence de champions marocains du e-commerce et des solutions “made in Morocco” ?
    Le programme MRTB représente un avantage stratégique. Il ne s’agit pas seulement d’un incubateur, mais d’un véritable catalyseur d’écosystème parce que en soutenant les startups marocaines dans la fintech, la logistique, la data ou le marketing digital, ce programme peut créer des solutions “made in Morocco” adaptées au marché local. Réellement ce que le Maroc attend, ce ne sont pas uniquement des plateformes de e-commerce, mais des technologies de support dans paiement, IA, traçabilité, logistique, CRM et qui permettront de bâtir un modèle durable et compétitif.

    Challenge : L’accord stratégique entre les ministères de l’Industrie et de la Transition numérique marque une nouvelle étape. Quels changements majeurs attendez-vous en matière de cadre juridique, de fiscalité et de compétitivité pour les cinq prochaines années ?
    L’accord entre le ministère de l’Industrie et celui de la Transition numérique marque une volonté claire de tous les acteurs pour créer un cadre plus équitable, plus digital et plus compétitif. Sur le plan juridique, on peut s’attendre à une mise à jour du cadre du commerce électronique, avec plus de clarté sur la responsabilité des plateformes et la protection des consommateurs. Sur le plan fiscal, une simplification des régimes pour les e-commerçants et auto-entrepreneurs digitaux serait un grand pas vers la formalisation du secteur et je termine par le plan de la compétitivité, la digitalisation des PME, la logistique intelligente, et la formation des talents digitaux seront des leviers déterminants pour faire du Maroc un hub du e-commerce africain dans les cinq ans à venir.

    22 novembre 2025 0 comments
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    Fiscalité

    Impôts locaux : une fiscalité locale faiblement territorialisée

    by Mohamed Amine 22 novembre 2025
    written by Mohamed Amine

    Le projet de loi de finances de l’année 2026 ne fait aucune référence à la fiscalité locale. Le report de cette réforme reflète la continuité de l’une des principales faiblesses relevées dans le rapport sur le Nouveau modèle de développement : la faible coordination entre les principaux acteurs politiques/publics dans la gestion des politiques publiques et surtout des principaux chantiers stratégiques tels que celui relatif au développement territorial intégré. L’émergence d’acteurs locaux responsables est-elle possible dans l’autonomie financière locale effective ?

    La fiscalité locale est constituée de 17 impôts et taxes dont 11 concernent les communes urbaines et rurales, 3 taxes sont prévues au profit des préfectures et provinces et 3 autres taxes au profit des régions (Voir encadré ci-contre). L’ensemble de ces 17 impôts et taxes ont rapporté, en 2024, un montant global de recettes fiscales de 43,40 MMDH, d’après le bulletin de statistiques des finances locales, publié par la Trésorerie Générale du Royaume (Site de la TGR).

    Parmi ces impôts et taxes, la Taxe professionnelle (TP) a une assiette bien connue pour sa lourdeur et sa complexité, voire son anachronisme. C’est surtout le cas des établissements industriels qui se trouvent pénalisés du fait que la «valeur locative» (VL), base de calcul de la TP, ne peut pas être inférieure à 3% du coût de revient des terrains, constructions, agencements, matériel et outillage. Certes, en 2001, un plafonnement de la VL a été fixé à 50 MDH. Néanmoins, ce plafonnement est favorable surtout aux grandes et super grandes entreprises. Pour les PME, en particulier, le mode de calcul de la VL est décourageant en matière d’investissement industriel et d’extension des immobilisations.

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    En fait, ce mode de détermination de la VL est devenu anachronique, compte tenu de la dématérialisation croissante des processus de production. La hausse du niveau de production ne dépend plus exclusivement des investissements physiques et matériels. Une adaptation s’impose  à ce niveau à la lumière des évolutions technologiques récentes. Par ailleurs, le mode actuel de répartition du produit de la TP prévoit 80% dudit produit au profit des budgets des communes du lieu d’imposition, 10% au profit des Chambres professionnelles et 10% au budget général, au titre des frais de gestion. Manifestement, ce mode de répartition favorise les communes situées dans les régions où le tissu économique est concentré, en particulier le secteur industriel. C’est aujourd’hui le cas de la région de Casablanca-Settat, suivie de Rabat-Salé-Kenitra, de Marrakech-Asfi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Cette situation va à l’encontre des principes de solidarité et d’équité territoriale. 

    Pour les «petits contribuables», les dispositions actuelles, en matière de TP, afférentes aux «marchands ambulants sur la voie publique», sont inadaptées et méritent d’être revues pour tenir compte des objectifs d’intégration graduelle des micro-activités informelles. 

    Impôt foncier, la Taxe d’habitation (TH) est relative aux constructions affectées à l’habitation  des propriétaires ou de leurs conjoints, ascendants ou descendants (…). En cas d’occupation à titre d’habitation principale, un abattement de 75% est appliqué à la VL. Par contre, cet abattement n’est pas appliqué à l’habitation secondaire. Le produit de la TH est réparti à raison de 90% aux budgets des communes du lieu d’imposition et de 10% au budget général au titre des frais de gestion. 

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    La Taxe des services communaux (TSC) est une taxe qui se greffe sur la TP ou la TH. «Elle en dérive», puisque l’assiette est identique, avec application d’un taux de 10,5%, ou de 6,5% lorsqu’il s’agit de biens situés dans les zones périphériques des zones urbaines. 95% du produit de la taxe est affecté aux budgets des communes et 5% aux budgets des régions. Les deux taxes précitées peuvent être fusionnées en une seule taxe.

    La taxe sur les terrains urbains non bâtis (TTUNB) est un impôt étroitement lié au phénomène accru de l’urbanisation. Sa gestion, pour être efficiente, exige une forte coordination entre les multiples acteurs institutionnels détenteurs d’informations et concernés par la gestion du foncier urbain. Cette taxe peut être mobilisée dans une optique de lutte contre la spéculation foncière/immobilière. La taxe sur les opérations de construction est aussi étroitement liée au phénomène de l’extension urbaine, à l’instar de la taxe sur les opérations de lotissement. 

    Les six taxes et impôts rappelés concernent principalement le foncier destiné à l’exercice d’activités économiques ou à l’habitation. Il existe aussi dans la fiscalité locale des taxes en rapport avec la consommation et les services. C’est le cas des débits de boisson qui font l’objet d’une taxe sur les recettes hors TVA, réalisées par l’établissement concerné. Il en est de même des eaux minérales et de table, taxées à raison de 0,10 DH/litre. Nous retrouvons ici les «petites sœurs égarées» de la TVA et de la Taxe intérieure à la consommation (TIC). La taxe de séjour, perçue par les établissements d’hébergement touristique est appliquée en sus du prix de la chambre, en fonction du classement de l’établissement. De même, les voyageurs utilisant le transport public supportent indirectement une taxe due par les propriétaires et exploitants de taxis et de cars (affectés au transport public). L’extraction des produits de carrière est aussi assujettie à une taxe locale due par l’exploitant autorisé, à raison de la nature des produits extraits (roche, marbre, sable…). Les 11 taxes précédemment citées relèvent des communes urbaines et rurales. 

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    Pour les préfectures et provinces, sont prévues 3 taxes : la taxe sur les permis de conduire, la taxe sur les véhicules automobiles soumis à la visite technique et la taxe sur la vente des produits forestiers. Les deux premières portent sur les véhicules et leur usage, et sont aisément contrôlables. Ce n’est pas le cas de la 3ème taxe qui concerne en particulier les villes situées en zones forestières et dont la gestion aurait pu être confiée à l’institution responsable de la gestion du domaine forestier.

    Au niveau des régions, il existe 3 taxes dont chacune dépend là aussi, des spécificités territoriales. Ainsi, la taxe sur les permis de chasse, prévue au profit des régions, est «cousine» de la taxe sur la vente des produits forestiers. Le montant annuel de cette taxe sur les permis de chasse est de 600 DH. Et attention aux chasseurs sachant chasser qui ne s’acquittent pas de leur taxe avant de partir à la chasse. Le garde forestier est aux aguets.  La 2ème taxe régionale est la taxe sur les exploitations minières. Là aussi, certaines régions sont favorisées par rapport à d’autres. Ainsi, en principe, les régions où le Groupe OCP extrait du phosphate, devraient être assez riches. Ce n’est malheureusement pas le cas de Jerrada, où l’activité d’extraction de charbon/houille a été officiellement arrêtée depuis plusieurs décennies. Seules des activités informelles d’extraction ont pris la relève. La taxe est appliquée aux quantités extraites des exploitations minières. Le tarif de la taxe est de 1 à 3 DH la tonne extraite.

    La 3ème taxe régionale est la taxe sur les services portuaires. Cette taxe est appliquée par les organismes concernés sur les services portuaires rendus dans l’enceinte du port relevant du ressort territorial de la région, à l’exclusion des services liés au transport international et relatifs aux marchandises en transit non destinées au marché national. La taxe, à la charge des usagers, est assise sur la valeur globale des services rendus. Le taux varie de 2% à 5% du chiffre d’affaires hors taxe. C’est donc là aussi, une petite cousine lointaine, au croisement de la TVA et des droits de douane. Elle ne concerne que les régions du littoral disposant de ports.

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    Voici donc, sommairement,  le «panorama» actuel de la fiscalité locale qui garde beaucoup de séquelles de l’ancien système fiscal et où de nombreux impôts et taxes font en fait double emploi avec la «fiscalité nationale», aggravant ainsi la complexité du système fiscal dans sa globalité, malgré les efforts de simplification entrepris au niveau des principaux impôts que sont la TVA, l’IS, l’IR et les droits d’enregistrement et de timbre (DET). 

    Combien rapporte la «fiscalité locale» ? L’absence d’une administration chargée de la gestion de la fiscalité locale, dotée d’une organisation et de ressources, rend la réponse difficile à cette question. En 2024, sur un total de 53 067 MDH, les recettes fiscales totales représentent 82,48%, soit 43 769 MDH. La ventilation de ces dernières permet de constater que les «taxes et redevances locales» diverses gérées par les CT, soit un montant de 6 248 MDH, représentent 14,27% du total des recettes fiscales. Alors que les «ressources gérées pour le compte des CT» (TSC, TP et TH), par la Direction générale des impôts (DGI) et la TGR, soit 10 300 MDH, y représentent 23,53% du total des recettes fiscales. Quant aux «ressources transférées» (non compris les fonds de concours et les subventions), limitées aux recettes fiscales transférées, soit un montant de 27 221 MDH, elles représentent 62,20% du total des recettes fiscales.

    Ainsi, il est évident que les recettes fiscales des CT dépendent principalement des ressources transférées provenant de la «Part du produit TVA», soit 20 608 MDH (première source de financement public des CT, avec 47,08% du total des recettes fiscales des CT), la «Part dans le produit IS et IR, soit 5 976 MDH (13,65% du total des recettes fiscales des CT), et la « Part dans le produit de la taxe sur les contrats d’assurance, soit 637 MDH (1,45% du total des recettes fiscales des CT). Cette faible autonomie financière ne peut pas ne pas avoir un impact négatif sur le processus de déconcentration et de régionalisation, en tant que processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques publiques territoriales, ainsi que dans la prise de décision publique aux niveaux local et régional. Nous nous retrouvons donc face à des CT qui ne peuvent pas apprendre à marcher seules, sans «béquilles financières» de l’«Etat central». L’autonomie financière est au cœur de l’autonomie régionale avancée.

    Faiblesse des recettes fiscales propres
    En 2024, les recettes fiscales propres ont représenté à peine 14,27% du total des recettes fiscales et à peine 11,77% du total des recettes/ressources des CT (53 067 MDH). Les CT dépendent ainsi fortement  des «ressources gérées pour le compte des CT» (23,53% du total des recettes fiscales CT) et des «recettes fiscales transférées» (62,20% du total des recettes fiscales CT). Cette situation résulte de l’état actuel du système fiscal dans sa globalité, aggravée par l’absence de volonté politique de créer une véritable administration fiscale locale. A la lecture du bulletin de statistiques des finances locales de fin 2024, publié par la TGR, le montant global des recettes fiscales propres, c’est-à-dire gérées par les CT elles-mêmes, est de 5 878 MDH. L’unique impôt direct local qui rapporte le plus de recettes fiscales propres est la taxe sur les terrains urbains non bâtis (TTUNB). Cette taxe a rapporté, en 2024, des recettes d’un montant de 2 497 MDH, soit 42,48% du total des recettes fiscales propres. En fait, le potentiel fiscal de cette taxe est beaucoup plus important, compte tenu de l’extension en cours des périmètres urbains et donc de l’intégration de nouveaux espaces urbains relevant auparavant des zones rurales et agricoles. A cela, s’ajoute la facilité d’identifier les terrains nus et les propriétaires, ainsi que la relative stabilité de l’assiette de cette taxe. En plus de la TTUNB, impôt direct local, les autres impôts indirects locaux ont représenté, en 2024, 57,52% du total des recettes fiscales propres des CT, avec en tête la taxe sur les opérations de construction qui a rapporté 1 019 MDH, soit 17,33% du total des recettes fiscales propres des CT, ou 30,13% des impôts indirects propres aux CT. En fait, et à l’image de la «fiscalité d’Etat», l’importance des recettes des impôts indirects locaux par rapport aux impôts directs au niveau local, confirme le caractère non équitable de l’ensemble du système fiscal en vigueur, dans sa globalité, aux niveaux national et territorial. 

    Fiscalité locale : une source de complexité et d’opacité 
    Quasi-orpheline, la fiscalité locale est actuellement alimentée principalement par les «recettes fiscales transférées» dont la gestion est assurée par le ministère de tutelle (ministère de l’Intérieur). Par ailleurs, la multiplicité des taxes et impôts locaux constituant la source des recettes fiscales des CT est aussi un facteur qui impacte négativement le «climat des affaires» et donc l’investissement. C’est surtout le cas des TPE et des PME. En fait, l’investissement, quelle que soit son importance, a besoin de «visibilité fiscale». Ainsi, en matière de TP, l’assiette est constituée de la valeur locative (VL), c’est-à-dire le montant annuel du loyer, auquel s’ajoute 3% de la valeur des immobilisations corporelles, surtout à caractère fixe. C’est aussi le cas de la TSC.
    Exemple : un jeune entrepreneur loue un local/fonds de commerce destiné à une activité commerciale (restauration) :
    Montant mensuel du loyer =  5 000 DH ; Coût des immobilisations corporelles (aménagement, agencement, matériel fixe…) = 5 MDH ; VL = (5 000 x 12) + (5 000 000 x 3%) = 210 000 DH
    Montant annuel de la TP = 210 000 x 20% = 42 000 DH.
    Ainsi, après 5 années d’exonération, le jeune entrepreneur va recevoir un avis d’imposition d’un montant de 42 000 DH, auquel s’ajoute la TSC, soit un montant de 210 000 x 10,5% = 22 050 DH. Sans oublier, la «taxe sur les débits de boissons», la «taxe sur les eaux minérales et de table», la «taxe de licence» en cas d’alcool, l’IS en tant que personne morale, ou l’IR en tant que personne physique, l’IR prélevé à la source des salaires versés aux employés, la TVA sur le chiffre d’affaires à verser mensuellement ou trimestriellement et les cotisations CNSS (…). Sans compter le «bakchich» à verser, «impôt informel», comme «prix de la tranquillité». Tout cela en contrepartie de «services publics dans un état souvent catastrophique». De quoi décourager, voire faire fuir  toute bonne volonté qui envisage de s’impliquer économiquement et socialement. Comment ne pas comprendre la «préférence» d’un jeune pour un «petit poste» dans la «fonction publique», à l’abri des regards, des aléas et des incertitudes de plus en plus nombreuses en ces temps qui courent ?  

    22 novembre 2025 0 comments
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    PME

    Kénitra : L’IFE finance dix ateliers modulaires dans l’Atlantic Free Zone

    by Challenge 22 novembre 2025
    written by Challenge

    Dans le cadre de sa stratégie de soutien à l’industrialisation et à la création d’emplois, la Facilité Investissements pour l’Emploi (IFE) a signé une convention de financement de 2,31 millions d’euros en faveur du projet «Ateliers relais AFZ», porté par AFZI, filiale de MEDZ, au sein de la Zone d’Accélération Industrielle Atlantic Free Zone (AFZ) de Kénitra.

    Concrètement, le projet prévoit la construction de dix ateliers modulaires et flexibles, représentant une superficie bâtie totale de 6 325 m² sur un terrain de 9 690 m². Chaque atelier offrira une surface modulable comprise entre 300 et 650 m², permettant aux petites et moyennes entreprises industrielles de s’installer rapidement et de démarrer leur production sans délai, tout en réduisant leurs coûts d’investissement initial. Cette approche vise à faciliter l’accès au marché et à offrir aux jeunes entreprises un environnement favorable dès les premières étapes de leur développement.

    Lire aussi | Le Forum Investissement Maroc–CCG reporté au début de 2026

    Une partie des ateliers sera réservée aux sociétés en phase de lancement, leur permettant de recruter du personnel, tester leurs équipements et préparer la construction de leurs unités industrielles permanentes. Inspiré du modèle revolving, ce dispositif temporaire ambitionne de maximiser l’impact économique et social sur la zone et de soutenir l’émergence d’un écosystème industriel dynamique.

    Le projet devrait générer 1 200 emplois et s’inscrit dans la continuité du Plan d’Accélération Industrielle et de la Stratégie Nationale d’Investissement, qui visent à mobiliser 550 milliards de dirhams d’investissements privés et à créer 500 000 emplois d’ici 2026. Cette initiative illustre la volonté du Maroc de tirer parti des opportunités de relocalisation des chaînes de valeur mondiales et de renforcer l’attractivité de ses zones industrielles.

    Lire aussi | SGTM obtient le visa de l’AMMC pour son introduction en bourse

    La cérémonie de signature, organisée le 12 novembre dernier, a réuni des représentants du Ministère de l’Industrie et du Commerce, de l’Ambassade d’Allemagne à Rabat, de la Banque de Développement allemande KfW, du groupe CDG, de MEDZ ainsi que plusieurs acteurs économiques nationaux et institutions publiques.

    22 novembre 2025 0 comments
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    Automobile

    Le nouveau MG HS Hybrid+ débarque au Maroc

    by David Jérémie 22 novembre 2025
    written by David Jérémie

    MG Motor enrichit sa gamme avec le lancement du MG HS Hybrid+, un SUV compact qui mise sur la technologie, le confort et la performance. Ce modèle intègre désormais la chaîne de traction Hybrid+ chère à MG, une innovation déjà introduite sur la citadine MG3 puis sur le MG ZS. 

    Concrètement, cette chaîne de traction Hybrid+ repose sur cinq éléments clés : un moteur thermique, une boîte de vitesses, une batterie, un moteur électrique et un générateur. Cette combinaison permet au nouveau HS Hybrid+ d’afficher des performances remarquables dans sa catégorie, avec un 0 à 100 km/h en 7,9 secondes. Le groupe motopropulseur quant à lui délivre 224 chevaux, tout en restant sobre, dixit le constructeur. La consommation mixte WLTP est annoncée à 5,5 l/100 km, pour des émissions de 126 g de CO2/km. Grâce à une batterie de 1,83 kWh, l’engin devrait favoriser une conduite électrique plus fréquente, réduisant ainsi la consommation et les émissions. Toujours est-il que par rapport au modèle essence qu’il remplace, la consommation baisse de 31 % et les émissions de CO2 de 25 %, précise la marque.

    Lire aussi | Nouveau MG ZS Full Hybrid+ : confort renforcé, technologie avancée

    Le nouveau HS Hybrid+ gagne en gabarit avec 4,67 m de long (+6 cm), 1,89 m de large (+1,4 cm) et 1,66 m de haut (-2,2 cm). L’empattement progresse à 2,75 m, améliorant l’habitabilité et offrant des proportions plus dynamiques. Dès la finition ELITE, il intègre un système d’info-divertissement HD de 12,3 pouces avec navigation et compatibilité Apple CarPlay/Android Auto, un écran numérique de 12,3 pouces coté conducteur, des capteurs de stationnement arrière avec caméra de recul, ainsi que des fonctions pratiques telles que l’allumage automatique des phares, les essuie-glaces automatiques et le démarrage sans clé.

    Lire aussi | Nouveauté : la MG3 Hybrid+ fait ses débuts au Maroc [Vidéo]

    La finition ULTIMATE renforce le confort et le style, avec des jantes en aluminium de 19 pouces, des vitres et une lunette arrière surteintées, une caméra 360°, des sièges avant en simili-cuir marron chauffants et réglables électriquement, sans oublier un volant chauffant livré de série. Côté sécurité, le MG Pilot équipe toutes les versions et propose douze aides à la conduite, parmi lesquelles le régulateur de vitesse adaptatif, le freinage d’urgence actif avec détection des piétons et cyclistes, l’assistance au maintien dans la voie, l’alerte de sortie de voie, la surveillance des angles morts, l’alerte de collision avant, l’assistance en circulation dense ou encore l’alerte de trafic transversal arrière, garantissant une conduite plus sûre et sereine. 

    Toujours est-il que le MG HS Hybrid+ est désormais disponible à la réservation à partir de 269 000 DH. Tout comme le reste de la gamme MG dans le Royaume, il bénéficie d’une garantie de 6 ans/200 000 km.

    22 novembre 2025 0 comments
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