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  • Entreprises & Marchés

    Cosmétique : pourquoi le retail beauté marocain déjoue toutes les crises

    by Wafaa Mellouk 22 novembre 2025
    written by Wafaa Mellouk

    Porté par un héritage culturel puissant, accéléré par les usages digitaux et soutenu par un écosystème productif unique dans la région, le retail beauté marocain s’affirme comme l’un des secteurs les plus solides et les plus innovants du marché. Derrière cette dynamique, une réalité rarement racontée : la beauté au Maroc est un univers hybride, ancré dans la vie quotidienne, capable de résister aux crises et désormais prêt à s’exporter. Une trajectoire que décrypte Rachid Lasri, Expert du retail et fondateur de SADURA RETAIL et SADURA AFRIDEV.

    Il suffit d’observer le parcours beauté d’une consommatrice marocaine pour saisir immédiatement l’exception marocaine. Dans une grande ville, une jeune femme peut commencer sa journée dans une pharmacie à la recherche d’un sérum à l’acide hyaluronique, continuer dans une herboristerie où elle achète de l’eau de rose distillée dans la Vallée des Roses, puis terminer sa soirée devant un live TikTok qui présente une nouvelle routine inspirée du hammam. «C’est un marché qui vit simultanément au rythme de TikTok et au rythme du hammam. C’est unique. », rappelle Rachid Lasri. Cette simultanéité, cette double vitesse culturelle, est la matrice du retail beauté au Maroc. C’est elle qui façonne les comportements, et surtout, qui donne au marché une profondeur émotionnelle rarement observée.

    Lire aussi | Le groupe marocain Heliconia vise grand en Afrique

    Cette profondeur s’exprime aussi dans la fluidité avec laquelle les clientes passent d’un univers à un autre. «La consommatrice marocaine passe sans complexe d’une crème dermocosmétique à un masque traditionnel. Il n’y a aucune contradiction pour elle, tout fait sens », souligne Lasri. Selon lui, cette capacité à naviguer entre deux mondes est un socle économique : « Cette double appartenance est une vraie force. La beauté, au Maroc, n’est pas un simple produit : c’est un ancrage identitaire. » Dans un pays où les rituels de soin se transmettent depuis des générations, où les odeurs, les textures et les gestes font partie de la mémoire collective, la beauté dépasse largement le champ de la consommation.

    Cette singularité culturelle serait insuffisante sans une base productive solide. Or, en une décennie, le Maroc s’est doté d’un véritable écosystème beauté, intégré et cohérent. Les filières d’argan, de figue de barbarie ou de rose s’appuient sur des coopératives féminines qui dynamisent l’économie locale. « Nous avons un écosystème complet, du terroir au laboratoire, du laboratoire à la marque et de la marque au point de vente. C’est extrêmement rare dans la région.», explique Lasri. Les laboratoires marocains, souvent certifiés ISO, se positionnent aujourd’hui à un niveau de qualité qui rivalise avec les standards internationaux. Les marques nationales gagnent en crédibilité, en packaging, en formulation. Et la distribution s’est densifiée comme jamais.

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    «La diversité des canaux est impressionnante : le souk, la parapharmacie, la GMS, la boutique spécialisée, la parfumerie, le mall, le concept store et maintenant le live shopping. Tout coexiste et tout se complète. », détaille Lasri. Cette pluralité est loin d’être anecdotique : elle constitue la plus grande assurance-vie du secteur. Les consommatrices ont toujours un refuge, un recours, une alternative. Elles ne se retrouvent jamais dans une impasse commerciale. C’est ce qui permet au marché de rester stable même dans les périodes les plus difficiles.

    Résilience 

    Et justement, cette résilience intrigue. Pourquoi la catégorie ne tremble-t-elle pas quand l’économie vacille ? La réponse est culturelle, sociale et psychologique. « La beauté est une dépense de quotidien et de dignité. Au Maroc, on coupe ailleurs avant de couper dans la beauté.», affirme Lasri. Les habitudes sont ancrées. Le shampooing, la coloration, la crème hydratante, le parfum du vendredi ou des fêtes : ce sont des indispensables du quotidien. Quand le pouvoir d’achat baisse, la cliente ne renonce pas, elle réajuste. Elle choisit un format plus petit, une marque locale, une offre promotionnelle. «Quand la conjoncture est tendue, la cliente change de marque ou de canal, mais elle continue d’acheter. C’est une constante.»

    Le marché est d’autant plus solide qu’il avance dans le sens des grandes tendances globales. La montée du skincare, la conscience solaire dans un pays très exposé, la quête de naturalité, l’intérêt pour les produits responsables et la digitalisation rapide des usages soutiennent la croissance. «Tant que la population reste jeune, urbaine et connectée, le retail beauté restera l’un des secteurs les plus dynamiques du pays. » Dans ce paysage en mouvement, la transformation du point de vente physique est une révolution silencieuse. Les clientes veulent être guidées, accompagnées, rassurées. « La vendeuse beauté devient conseillère. Elle doit comprendre la peau marocaine, le climat, le rythme de vie. Les clientes veulent moins de discours marketing et plus de preuves, plus de personnalisation. », explique Lasri. C’est cette montée du conseil expert qui redonne une légitimité immense aux boutiques physiques, même dans un monde ultra-digitalisé.

    Car, le digital n’est plus une couche additionnelle : c’est le nouveau point de départ. Instagram, TikTok, WhatsApp, avis clients, visio-conseils : les parcours se sont disloqués et réinventés. «Le magasin n’est plus le premier point d’entrée. Il est devenu un espace d’expérience où l’on confirme un choix fait en ligne. » Le social selling s’est installé avec une rapidité déconcertante. Les micro-influenceuses régionales jouent un rôle décisif.  «Le Maroc a complètement intégré la beauté dans l’économie de l’attention. Et les marques locales nées sur les réseaux sociaux en sont la preuve.», précise Lasri.

    Lire aussi | Rachid Lasri: «À terme, le Maroc peut jouer en Afrique un rôle comparable à celui de la Corée avec la K-Beauty»

    À ce tableau déjà complexe s’ajoute la grande exigence du moment : la durabilité. Traçabilité, transparence, packagings recyclables, certifications… Les consommatrices veulent savoir ce qu’elles achètent. «Nos ingrédients naturels iconiques ne sont pas des tendances importées. Ce sont des produits porteurs d’histoire, de territoire et d’impact social.», rappelle Lasri. Mais cette exigence a un coût. «Le défi est de rester sincère tout en restant compétitif. C’est un équilibre délicat, mais indispensable.» Enfin, une nouvelle ambition émerge : celle de l’exportation. Pour Rachid Lasri, le Maroc a le potentiel de devenir une puissance beauté africaine. « Nous avons la légitimité, les matières premières, les laboratoires, la créativité et le positionnement. Le Maroc peut devenir le hub africain de la beauté. » Mais pour exporter durablement, il faudra structurer l’effort. « Exporter un produit, c’est bien. Exporter une identité, c’est décisif. Nous devons passer de l’huile d’argan au rituel, du rituel à la marque, de la marque à l’expérience. » Le marché africain nécessite des formats adaptés, des prix maîtrisés, des partenariats solides. « L’implantation physique ne doit jamais précéder la présence digitale. Le digital est le meilleur test de marché. »

    Pour Lasri, l’avenir du secteur dépasse désormais les frontières nationales. «À terme, la Moroccan Beauty peut devenir ce que la K-Beauty est à la Corée. Un label identitaire, innovant, exportable et fier de ses racines.» Un scénario ambitieux ? Non. Un scénario logique, affirme-t-il. «C’est en combinant savoir-faire local, agilité digitale et exigence industrielle que le Maroc deviendra le référent beauté du continent. »

    22 novembre 2025 0 comments
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    Automobile

    BYD dévoile ses ambitions pour le Maroc sous la voix de sa Vice-présidente, Stella Li

    by David Jérémie 22 novembre 2025
    written by David Jérémie

    À l’occasion d’une table ronde organisée à Casablanca, quelques supports de la presse marocaine ont eu l’opportunité d’échanger directement avec Stella Li, Vice présidente exécutive de Build Your Dreams (BYD). Une rencontre a permis de dresser un panorama des enjeux liés à la mobilité électrique et de souligner la place stratégique du Maroc dans l’expansion internationale du géant automobile chinois. 

    Figure incontournable de l’industrie automobile mondiale, Stella Li accompagne depuis près de trente ans l’essor de BYD. Surnommée la «reine du véhicule électrique», elle a été élue «World Car Person of the Year 2025» et distinguée parmi les 100 leaders mondiaux les plus engagés pour le climat. Sous son impulsion, BYD est devenu le numéro un mondial des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables, avec une croissance spectaculaire et une présence dans plus de 100 pays. Au Maroc, BYD s’impose comme un acteur majeur de la mobilité électrique grâce à Auto Nejma, l’importateur de la marque, et à son Directeur général Adil Bennani, qui accompagnent la croissance soutenue du constructeur sur le marché national. 

    Interrogée sur les projets passés de BYD au Maroc, Stella Li est revenue sur le protocole d’accord signé en 2017 pour la mise en place d’un écosystème industriel complet de transport électrique et qui, finalement, n’a pas abouti. Elle a déclaré : «à l’époque, les conditions n’étaient pas réunies pour avancer. Rien n’exclut qu’à l’avenir une usine puisse voir le jour au Maroc, qui demeure un véritable hub stratégique vers l’Afrique et un tremplin vers l’Europe du Sud». 

    Lire aussi | Stella Li, vice‑présidente de BYD, en visite au Maroc, présente sa vision de la mobilité électrique [Vidéo]

    Pour l’heure, les priorités mises en avant par la Vice présidente exécutive de BYD concernent principalement les infrastructures. «L’urgence réside dans le déploiement d’infrastructures de recharge rapide et dans le maillage de solutions technologiques à travers des bornes», a t elle souligné. 

    Stella Li, Vice-présidente exécutive de BYD et Adil Bennani, DG de Auto Nejma, entourés de leurs équipes respectives.

    Alors que Tesla déploie déjà ses infrastructures de recharge au Maroc, BYD entend se distinguer par une ambition différente. «Nous voulons introduire une technologie de flash charging capable de révolutionner l’usage des véhicules électriques», explique Mme Li. Une innovation qui vise à dépasser largement les standards actuels, en proposant des puissances de 1 000 kW permettant jusqu’à 400 km d’autonomie en seulement cinq minutes de recharge. Par ailleurs, le constructeur chinois prévoit la mise en place de stations de recharge ultra rapides, intégrant des batteries de stockage et des panneaux solaires. «C’est une véritable révolution que nous voulons apporter : des recharges de 800 km en moins de dix minutes, supprimant l’anxiété de l’autonomie», souligne Stella Li. Pensées comme un maillage stratégique, ces stations pourraient être installées le long des grands axes routiers et autoroutes, en partenariat avec les autorités marocaines, afin d’accompagner la transition énergétique et de renforcer l’attractivité du Royaume dans le domaine de la mobilité électrique.

    Lire aussi | Auto Nejma élargit son portefeuille avec l’arrivée de smart

    Stella Li a également tenu à souligner les ambitions du groupe pour le marché marocain, confirmant la volonté de BYD d’y jouer un rôle stratégique et durable : «notre objectif est de proposer des alternatives accessibles au diesel, avec des voitures électriques capables de générer des économies substantielles et un retour sur investissement en moins de deux ans». Une stratégie qui prend tout son sens dans un pays où plus de 70 % du parc automobile fonctionne encore au diesel. Pour amorcer cette transition, BYD mise sur sa technologie hybride rechargeable DM i. «Le diesel domine encore largement, mais notre technologie DM i offre une consommation inférieure et de meilleures performances. Une fois que les clients découvrent les économies et la qualité de conduite, la transition s’accélère», affirme Stella Li. Selon elle, 60 % des acheteurs de véhicules hybrides rechargeables passent ensuite à l’électrique pur lors de leur renouvellement.

    Toujours est-il que cette table ronde a confirmé l’intérêt stratégique de BYD pour le Maroc, à la fois comme marché et comme hub africain. Entre projets industriels potentiels, innovations technologiques et infrastructures de recharge, le Royaume apparaît désormais comme un terrain privilégié pour l’expansion du leader mondial de la mobilité électrique.

    BYD, un géant mondial en pleine expansion 
    Le géant chinois de l’automobile et des batteries s’impose désormais comme un acteur incontournable de la mobilité électrique mondiale. L’entreprise revendique à son actif plus de 65 000 brevets déposés, soit une moyenne impressionnante de 45 brevets par jour, témoignant d’une capacité d’innovation hors norme. Présente dans plus de 100 pays, le constructeur s’appuie sur un effectif dépassant le million de collaborateurs, ce qui en fait l’un des groupes industriels les plus puissants et les plus structurés au monde. Sur le plan commercial, BYD est devenu le numéro un mondial des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables sur les neuf premiers mois de 2025, confirmant son avance face à ses concurrents. Fort de cette position dominante, BYD franchit une nouvelle étape en s’attaquant au segment premium. En effet, le constructeur chinois est en train de lancer Denza, sa marque haut de gamme. Cette offensive sur le marché premium illustre la volonté du groupe de diversifier son offre et de renforcer son image internationale. Cette marque premium devrait par la suite faire son apparition au Maroc. 

    22 novembre 2025 0 comments
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    Météo

    Les prévisions du samedi 22 novembre 2025

    by Challenge avec MAP 22 novembre 2025
    written by Challenge avec MAP

    Voici les prévisions météorologiques établies par la Direction générale de la météorologie pour le samedi 22 novembre 2025.

    -Temps stable.

    -Formations brumeuses matinales par endroits sur le nord-ouest des provinces sahariennes, les plaines nord et les hauts plateaux orientaux.

    -Temps assez froid avec gelée abondante sur l’atlas, le rif et les hauts plateaux orientaux.

    -Rafales de vent assez fortes sur les côtes centre et le nord des provinces sahariennes avec chasse-poussières par endroits.

    -Températures minimales de l’ordre de -04/03 °C sur l’atlas, les hauts plateaux orientaux et le rif, de 12/16 °C sur les provinces du Sud, le Souss et près des côtes, et de 04/11 °C partout ailleurs.

    -Températures journalières en légère baisse sur l’oriental et le sud-est, et en hausse partout ailleurs.

    -Mer peu agitée à agitée en Méditerranée, agitée à parfois agitée dans le Détroit et peu agitée à agitée le long du littoral atlantique.

    22 novembre 2025 0 comments
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    Politique

    Émission Décryptage – Dimanche 23 novembre 2025

    by Challenge 21 novembre 2025
    written by Challenge

    Ne manquez pas votre rendez-vous hebdomadaire avec Décryptage.
    Au programme de ce dimanche : Les dimensions sociales du projet de loi de finances, une analyse claire et directe pour comprendre les enjeux sociaux au cœur du budget national.
    Rendez-vous ce dimanche sur MFM Radio.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Monde

    Le plan de Trump pour mettre un terme à la guerre en Ukraine

    by Challenge 21 novembre 2025
    written by Challenge

    Les Etats-Unis ont présenté un projet de plan pour l’Ukraine, qui prévoit que Kiev cède les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est du pays à Moscou, et que la Russie réintègre le G8. Voici les 28 points de ce plan:

    1. La souveraineté de l’Ukraine sera confirmée.

    2. Un accord global de non-agression sera conclu entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe. Toutes les ambiguïtés laissées en suspens ces 30 dernières années seront considérées comme levées.

    3. Il est attendu que la Russie n’envahisse pas les pays voisins et que l’Otan ne s’élargisse pas davantage.

    4. Un dialogue sera mené entre la Russie et l’Otan, sous la médiation des Etats-Unis, pour résoudre toutes les questions liées à la sécurité et créer les conditions de la désescalade, afin d’assurer la sécurité mondiale et d’accroître les opportunités de coopération et de développement économique futur.

    5. L’Ukraine recevra des garanties de sécurité fiables.

    6. Les forces armées ukrainiennes seront limitées à 600.000 militaires.

    7. L’Ukraine accepte d’inscrire dans sa Constitution qu’elle ne rejoindra pas l’Otan, et l’Otan accepte d’inclure dans ses statuts une disposition spécifiant que l’Ukraine ne sera pas intégrée à l’avenir.

    8. L’Otan accepte de ne pas stationner de troupes en Ukraine.

    9. Des avions de combat européens seront basés en Pologne.

    10. Les garanties américaines:

    – Les Etats-Unis recevront une compensation pour la garantie de sécurité.

    – Si l’Ukraine envahit la Russie, elle perdra cette garantie.

    – Si la Russie envahit l’Ukraine, outre une réponse militaire coordonnée et décisive, toutes les sanctions mondiales seront rétablies, la reconnaissance du nouveau territoire et tous les autres avantages de l’accord seront révoqués.

    – Si l’Ukraine lance un missile contre Moscou ou Saint-Pétersbourg sans raison valable, la garantie de sécurité sera considérée comme nulle et non avenue.

    11. L’Ukraine est éligible à l’adhésion à l’UE et bénéficiera d’un accès préférentiel à court terme au marché européen pendant que cette question est à l’étude.

    12. Une panoplie mondiale solide de mesures pour reconstruire l’Ukraine, y compris, mais sans s’y limiter:

    a – La création d’un Fonds de développement de l’Ukraine pour investir dans des industries en pleine croissance, y compris la technologie, les centres de données et l’intelligence artificielle.

    b – Les États-Unis coopéreront avec l’Ukraine pour reconstruire, développer, moderniser et exploiter conjointement l’infrastructure gazière ukrainienne, y compris les pipelines et installations de stockage.

    c – Efforts conjoints pour réhabiliter les zones affectées par la guerre en vue de la restauration, reconstruction et modernisation de villes et de quartiers résidentiels.

    d – Développement d’infrastructures.

    e – Extraction des minéraux et des ressources naturelles.

    f – La Banque mondiale mettra au point un plan de financement spécial pour accélérer ces efforts.

    13. La Russie sera réintégrée dans l’économie mondiale:

    a – La levée des sanctions sera discutée et convenue par étapes et au cas par cas.

    b – Les États-Unis concluront un accord de coopération économique à long terme pour le développement mutuel dans les domaines de l’énergie, des ressources naturelles, des infrastructures, de l’intelligence artificielle, des centres de données, des projets d’extraction de terres rares dans l’Arctique et d’autres opportunités commerciales mutuellement bénéfiques.

    c – La Russie sera invitée à réintégrer le G8.

    14. Les fonds gelés seront utilisés comme suit:

    100 milliards de dollars d’actifs russes gelés seront investis dans les projets menés par les Etats-Unis pour reconstruire et investir en Ukraine. Les Etats-Unis recevront 50% des bénéfices de cette initiative. L’Europe ajoutera 100 milliards de dollars afin d’augmenter le montant des investissements disponibles pour la reconstruction de l’Ukraine. Les fonds européens gelés seront débloqués. Le reste des fonds russes gelés sera investi dans un véhicule d’investissement américano-russe séparé qui mettra en oeuvre des projets conjoints dans des domaines précis. Ce fonds visera à renforcer les relations et à accroître les intérêts communs afin de créer une forte incitation à ne pas revenir vers un conflit.

    15. Un groupe de travail conjoint américano-russe sur les questions de sécurité sera créé afin de promouvoir et de garantir le respect de toutes les dispositions du présent accord.

    16. La Russie inscrira dans la loi sa politique de non-agression envers l’Europe et l’Ukraine.

    17. Les Etats-Unis et la Russie conviendront de prolonger la validité des traités sur la non-prolifération et le contrôle des armes nucléaires, y compris le traité START I.

    18. L’Ukraine accepte de ne pas être un Etat doté de l’arme nucléaire conformément au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

    19. La centrale nucléaire de Zaporijjia sera mise en service sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et l’électricité produite sera répartie à parts égales entre la Russie et l’Ukraine à 50-50.

    20. Les deux pays s’engagent à mettre en oeuvre des programmes éducatifs dans les écoles et la société visant à promouvoir la compréhension et la tolérance des différentes cultures et à éliminer le racisme et les préjugés:

    a – L’Ukraine adoptera les règles de l’UE sur la tolérance religieuse et la protection des minorités linguistiques.

    b – Les deux pays accepteront d’abolir toutes les mesures discriminatoires et de garantir les droits des médias ukrainiens et russes et de l’éducation.

    c – Toutes les idéologies et activités nazies doivent être rejetées et interdites.

    21. Territoires:

    a – La Crimée, Lougansk et Donetsk seront reconnues comme des régions russes de facto, y compris par les Etats-Unis.

    b – Kherson et Zaporijjia seront gelés le long de la ligne de contact, ce qui signifiera une reconnaissance de facto le long de cette ligne.

    c – La Russie renoncera aux autres territoires qu’elle contrôle en dehors des cinq régions.

    d – Les forces ukrainiennes se retireront de la partie de la région de Donetsk qu’elles contrôlent actuellement, et cette partie sera ensuite utilisée pour créer une zone tampon neutre démilitarisée, internationalement reconnue comme territoire appartenant à la Fédération de Russie. Les forces russes n’entreront pas dans cette zone délimitarisée.

    22. Après avoir convenu des dispositions territoriales futures, la Fédération de Russie et l’Ukraine s’engagent à ne pas modifier ces dispositions par la force. Aucune garantie de sécurité ne s’appliquera en cas de violation de cet engagement.

    23. La Russie n’empêchera pas l’Ukraine d’utiliser le Dniepr à des fins commerciales, et des accords seront conclus sur le libre transport des céréales à travers la mer Noire.

    24. Un comité humanitaire sera créé pour résoudre les questions en suspens:

    a – Tous les prisonniers et toutes les dépouilles restants des deux côtés doivent être échangés selon le principe « tous contre tous ».

    b – Tous les détenus civils et otages seront restitués, y compris les enfants.

    c – Un programme de réunification familiale sera mis en oeuvre.

    d – Des mesures seront prises pour alléger les souffrances des victimes du conflit.

    25. L’Ukraine organisera des élections dans 100 jours.

    26. Toutes les parties impliquées dans ce conflit bénéficieront d’une amnistie totale pour leurs actions pendant la guerre et s’engageront à ne faire aucune réclamation et à ne pas envisager de plainte à l’avenir.

    27. Cet accord sera juridiquement contraignant. Sa mise en oeuvre sera contrôlée et garantie par le Conseil de paix, présidé par le président Donald J. Trump. Des sanctions seront imposées en cas de violation.

    28. Une fois que toutes les parties auront accepté ce mémorandum, le cessez-le-feu prendra effet immédiatement après le retrait des deux parties vers les points convenus pour commencer la mise en oeuvre de l’accord.

    Challenge (Avec AFP)

    21 novembre 2025 0 comments
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    Aéronautique

    Le groupe marocain Heliconia vise grand en Afrique

    by Ismail Saraoui 21 novembre 2025
    written by Ismail Saraoui

    The Helicopter Company (THC), propriété du Public Investment Fund (PIF) d’Arabie saoudite, a acquis 76% du capital d’Heliconia, un opérateur de services aéronautiques en Afrique. Fondée au Maroc, Heliconia dispose d’une présence étendue en Afrique du Nord et de l’Ouest, notamment dans les services offshores.

    Le secteur aéronautique africain vient de franchir un tournant majeur. La société Helicopter Co., détenue par le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite, a acquis une participation majoritaire de 76 % dans Heliconia, l’un des principaux opérateurs de services aériens à voilure tournante d’Afrique. L’accord, qui a été signé lors du Salon aéronautique de Dubaï, offre l’opportunité d’explorer de nouveaux marchés, de participer aux évolutions du secteur et de nouer des partenariats à travers le continent, selon un communiqué de presse.

    Basée en Arabie saoudite, The Helicopter and Jet Company s’est imposé ces dernières années comme un acteur régional de référence dans le transport aérien civil, médical, touristique et industriel. Son portefeuille comprend la maintenance aéronautique, la gestion de flotte et des services techniques à haute valeur ajoutée. Avec cette acquisition, le groupe saoudien compte étendre son empreinte sur le continent africain, en capitalisant sur la position stratégique du Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Du côté marocain, Heliconia Africa Development SAS joue un rôle de pilotage stratégique. Basée à Casablanca, elle coordonne les activités du groupe Heliconia sur le continent, assurant la planification et la représentation commerciale.

    Lire aussi | Airbus va livrer 10 hélicoptères H225M au Maroc et y installer un centre de maintenance

    Quant à Heliconia Aero Solutions SARL, elle est le bras opérationnel du groupe: cette société marocaine se consacre aux opérations héliportées, à la maintenance et aux services aériens techniques, intervenant notamment dans le transport de passagers, les missions d’inspection, le soutien logistique et les évacuations sanitaires. Arnaud Martinez, PDG de THC, a déclaré: «Cette acquisition permettra à THC de s’étendre en Afrique du Nord et de l’Ouest, de donner un coup d’accélérateur à notre entrée dans le secteur offshore et de renforcer encore notre position de catalyseur pour la création de l’empreinte mondiale de l’aviation générale de l’Arabie saoudite».

    Il a ajouté: «L’engagement commun avec Heliconia à fournir des services de qualité et à respecter les normes de sécurité les plus strictes souligne l’importance de ce partenariat pour les deux parties. THC bénéficiera de l’expertise d’Heliconia dans les services offshores en Afrique, et Heliconia aura ainsi accès à la proposition de valeur stratégique et aux perspectives de croissance prometteuses de THC».

    Heliconia, un pionnier discret mais essentiel

    Si Heliconia demeure relativement discrète sur la scène publique, son rôle stratégique dans plusieurs secteurs africains est indéniable. Dans l’offshore pétrolier et gazier, notamment au large de la Mauritanie, du Sénégal ou du Golfe de Guinée, la société assure le transport de personnel, le support aux plateformes et les missions critiques pour les majors énergétiques. Le groupe marocain a également développé une expertise reconnue dans le transport médical urgent, un domaine où la rapidité et la fiabilité sont vitales. En Afrique, où les distances, la géographie et les infrastructures terrestres compliquent les interventions, ce type de service est devenu incontournable. Depuis Marrakech, le groupe est présent en Tunisie, au Mali, au Sénégal ou encore en Mauritanie.

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    « En mettant la main sur 76 % d’Heliconia, THC gagne un accès direct à un marché africain à très fort potentiel. Le continent connaît une croissance rapide de la demande aérienne dans plusieurs segments: exploitation minière et énergétique, projets d’infrastructures, opérations humanitaires, logistique pour zones isolées, sécurité et surveillance aérienne, tourisme haut de gamme. », nous confie une de nos sources chez Heliconia. 

    Et d’ajouter: «Au-delà de l’aspect financier, cette acquisition témoigne d’une volonté de structuration du secteur aérien spécialisé au Maroc. Elle pourrait générer des retombées positives sur la formation, l’emploi et la modernisation des infrastructures. Elle marque une nouvelle étape dans l’ouverture du ciel marocain à des opérateurs internationaux dotés d’une expertise reconnue, et contribuera à inscrire le Royaume dans la dynamique d’intégration régionale du transport aérien».

    Sénégal, un point d’ancrage stratégique pour Heliconia

    Le Sénégal s’impose désormais comme l’un des pivots majeurs du développement d’Heliconia en Afrique de l’Ouest. Il y a deux ans, le groupe inaugurait sa base opérationnelle à l’aéroport international de Dakar, une implantation pensée pour accompagner la montée en puissance du bassin « MSGBC » — Mauritanie, Sénégal, Guinée-Bissau, Gambie et Guinée Conakry. Cette région, transformée en nouvelle frontière pétrolière et gazière grâce aux découvertes réalisées par Cairn Energy et Kosmos Energy, attire aujourd’hui de nouveaux opérateurs et génère des besoins croissants en services héliportés spécialisés. Dans ce contexte, Heliconia Sénégal bénéficie d’un environnement propice à l’expansion de son activité, qu’il s’agisse du transport offshore, de missions techniques ou d’un futur maillage régional plus ambitieux.

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    L’opérateur continue pour l’heure d’exercer depuis l’ancien aéroport de Yoff, désormais sous gestion de l’Armée de l’air sénégalaise. Un protocole de 18 mois a été conclu pour garantir la continuité des opérations, tout en ouvrant la voie à une coopération renforcée, notamment dans les volets de formation et de contrôle de navigabilité. Cette période transitoire doit permettre de définir les contours d’infrastructures plus durables, en lien avec les priorités stratégiques de l’État sénégalais.

    Les pistes envisagées concernent aussi bien le développement des services héliportés pour les urgences médicales et la protection civile que l’accompagnement des grands projets énergétiques en cours d’émergence. À mesure que se structure le secteur aérien utilitaire dans la région, le Sénégal apparaît ainsi comme un maillon central de la stratégie africaine d’Heliconia.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Automobile

    Africa Motors fête les 10 ans de DFSK au Maroc

    by David Jérémie 21 novembre 2025
    written by David Jérémie

    Africa Motors, filiale du Groupe Auto Hall et représentant exclusif de la marque DFSK au Maroc, a célébré récemment le dixième anniversaire de l’implantation de la marque sur le marché national. Cette étape marque une décennie d’engagement et de contribution au développement du secteur automobile marocain.

    Depuis l’arrivée de DFSK en 2015, Africa Motors indique avoir accompagné la croissance de la marque en mettant en place un réseau de distribution étendu et en introduisant des modèles adaptés aux besoins des professionnels comme des particuliers. Selon le staff de la marque, l’entreprise a, au fil des années, diversifié ses gammes, renforcé son offre et consolidé son relationnel client, positionnant la marque parmi les acteurs de référence dans les segments des véhicules utilitaires légers et des SUV familiaux. Cette progression continue a permis de répondre à une demande croissante pour des véhicules fiables, accessibles et adaptés aux usages locaux, confirmant le rôle de DFSK dans l’évolution du paysage automobile marocain

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    Selon la direction de la marque, l’action d’Africa Motors ne s’est pas limitée à l’expansion commerciale. L’entreprise a également introduit sur ses véhicules de nouvelles technologies et en rendant accessibles des solutions modernes et durables. L’arrivée des véhicules électriques SERES en 2021, suivie du lancement du E5 hybride rechargeable, illustre son engagement dans la transition énergétique et consolide la position de DFSK parmi les pionniers des énergies nouvelles au Maroc. C’est dans ce contexte d’évolution continue que s’inscrit le message de Yassine Benmassi, Directeur général d’Africa Motors. «Ce 10ᵉ anniversaire marque une étape essentielle dans le développement de la marque DFSK au Maroc et reflète la solidité de la stratégie que nous menons depuis 2015. Grâce à une offre adaptée, une relation client renforcée et une ambition tournée vers l’innovation, Africa Motors a su installer DFSK comme un acteur incontournable du marché.

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    Et d’ajouter : «nous abordons l’avenir avec détermination, en poursuivant nos investissements dans le développement du réseau, la qualité de service et l’élargissement de notre gamme, notamment dans les nouvelles énergies. Notre engagement est clair : continuer à proposer une mobilité moderne, durable et accessible à tous nos clients». Toujours dans le cadre du dixième anniversaire de l’implantation de DFSK au Maroc, Africa Motors, a mis en avant l’importance de la relation client dans sa stratégie. Au fil des années, l’entreprise a renforcé et modernisé son service après-vente afin de répondre aux besoins d’un parc automobile en constante expansion, en garantissant la disponibilité des pièces d’origine, l’amélioration des processus qualité et un accompagnement personnalisé.

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    Pour marquer cette étape, l’importateur de la marque lance deux initiatives exclusives destinées à ses clients : une tombola nationale offrant la possibilité de gagner un DFSK E5 PHEV, et un an d’entretien gratuit sur une sélection de modèles. Ces actions traduisent la volonté de rendre les nouvelles technologies plus accessibles et de renforcer la confiance des propriétaires. Au-delà de la célébration, ce dixième anniversaire constitue le point de départ d’une nouvelle phase de développement. Forte d’une décennie de croissance, Africa Motors confirme son ambition de poursuivre l’expansion de DFSK, d’accompagner les évolutions du marché et de consolider son rôle d’acteur engagé dans la mobilité de demain.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Automobile

    Renault 5 E-Tech : le retour d’une icône en version électrique au Maroc

    by David Jérémie 21 novembre 2025
    written by David Jérémie

    Icône des années 70, avant-gardiste et populaire, la Renault 5 a marqué plusieurs générations. Depuis son retour sur le marché automobile, elle s’impose comme une nouvelle référence de la transition énergétique, son succès sur différents marchés internationaux confirmant son attractivité. Elle vient désormais de faire son entrée au Maroc dans une version 100 % électrique.

    En effet, depuis son lancement, cette citadine néo-rétro a rapidement séduit les automobilistes européens. En France, elle s’est hissée en tête des ventes de véhicules électriques en 2025 et a également enregistré de solides performances en Espagne, où elle a pris la première place des ventes électriques. A vrai dire, ce dynamisme s’explique par plusieurs facteurs. Outre sa grille tarifaire qui s’est voulue attractive dans le segment, c’est aussi son design rétrofuturiste, qui rend hommage à l’iconique R5 tout en adoptant les codes modernes, et qui séduit un large public attaché à l’histoire de la marque.

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    Première Renault développée sur la nouvelle plateforme «AmpR Small», entièrement conçue pour les véhicules électriques du segment B, la Renault 5 E-Tech bénéficie d’un plancher plat, d’un empattement de 2,54 m et d’un centre de gravité abaissé. De quoi assurer une habitabilité remarquable avec un coffre de 326 litres. À bord, l’engin intègre un écran multimédia de 10 pouces animé par le système OpenR, garantissant une ergonomie fluide et intuitive. L’habillage graphique mise sur la personnalisation, avec des couleurs vives, des ambiances dynamiques et des thèmes inspirés du logo Nouvel’R. A noter que la plateforme intègre les dernières innovations, dont un chargeur AC 11 kW bidirectionnel compatible V2L.

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    Sous le capot, l’iconique petite citadine de la marque au losange est proposée au Maroc avec un moteur électrique de 122 chevaux. Sa batterie de 40 kWh offre une autonomie allant jusqu’à 312 km WLTP, adaptée aux trajets urbains et périurbains. La recharge peut s’effectuer en AC jusqu’à 11 kW pour un usage domestique ou en borne accélérée, et en DC jusqu’à 80 kW pour les longs trajets, permettant de passer de 15 % à 80 % en environ 31 minutes. Cette combinaison assure une expérience électrique simple, rassurante et économique.

    La Renault 5 E-Tech sera disponible dans le Royaume dès le 3 décembre prochain en finition « Équilibre ». Pour son lancement, les clients bénéficieront d’une offre spéciale comprenant une borne de recharge offerte et un financement inédit via Mobilize Financial Services, avec un taux à 0 %, zéro frais de dossier et un apport réduit. Proposée en quatre teintes (Jaune, Vert, Blanc Nacré et Noir Étoilé), elle est affiche un prix de 290 000 DH TTC.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Digitalisation

    Maroc Digital 2030: lancement du dispositif de soutien aux fonds startups

    by Challenge CP 21 novembre 2025
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    Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale « Maroc Digital 2030 », le ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration (MTNRA), le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement (FM6I), la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et TAMWILCOM ont signé, vendredi 21 novembre 2025 à Rabat, une convention portant sur le lancement du dispositif catalytique de soutien aux fonds startups.

    Ce partenariat entérine l’opérationnalisation par TAMWILCOM du dispositif de soutien du MTNRA pour les fonds startups sélectionnés dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt lancé par le FM6I, en étroite collaboration avec le MTNRA et la CDG. Ces fonds de capital-risque pourront bénéficier d’un mécanisme de couverture contre le risque de premières pertes ou d’un investissement de TAMWILCOM, pour le compte du MTNRA, dans des conditions alignées avec les meilleurs standards internationaux du Venture Capital.

    Le mécanisme de couverture vise à orienter davantage de capitaux vers cette classe d’actifs en réduisant significativement le risque des investisseurs. Il s’agit d’un dispositif inédit pour soutenir l’amorçage et la croissance des startups marocaines.

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    Par ailleurs, une première liste de neuf (9) sociétés de gestion de fonds startups a été présélectionnée. Ces premiers fonds projettent d’investir près de 2,5 milliards de dirhams dans des startups marocaines incluant les contributions du MTNRA à travers TAMWILCOM, du FM6I, de la CDG et d’investisseurs tiers locaux ou étrangers qui devront être mobilisés par les sociétés de gestion présélectionnées.

    La première liste de société de gestion présélectionnées comprend trois (3) Fonds Startups dans la catégorie « Pre-Seed », deux (2) dans la catégorie « Seed » et quatre (4) dans la catégorie « Séries A et plus » permettant ainsi d’assurer un continuum de financement aux startups sur des étapes clés de leur développement.

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    Ces sociétés de gestion couvrent un large éventail de secteurs incluant notamment la fintech, l’agritech, l’edtech, la healthtech, la climatetech, etc. Elles présentent des profils diversifiés et complémentaires, comprenant trois (3) gestionnaires nationaux, cinq (5) internationaux et un (1) consortium mixte.

    Cette initiative confirme le potentiel de l’industrie du Venture Capital au Maroc et l’engagement des partenaires institutionnels à contribuer à l’émergence du Royaume comme un hub d’innovation à l’échelle internationale en proposant une offre adaptée aux nouvelles dynamiques qui marquent le paysage entrepreneurial national.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Cinéma

    FIFM 2025: Marrakech embrasse tous les cinémas

    by Challenge 21 novembre 2025
    written by Challenge

    La programmation vient d’être dévoilée et confirme la signature du Festival International du Film de Marrakech : une voix claire pour la diversité. Du 28 novembre au 6 décembre 2025, films et invités des cinq continents se retrouveront. Ici, tous les cinémas se croisent et la jeune création reste au cœur : les œuvres en compétition sont, rappelons-le, des premiers et deuxièmes longs métrages. Une invitation à découvrir des auteurs qui renouvellent l’émotion.

    La rencontre de grandes personnalités internationales

    Cette 22e édition sera placée sous le regard de Bong Joon Ho, président du jury. Le cinéaste sud-coréen, qui a fait sensation avec Parasite, vient décerner l’Étoile d’or à l’un des 14 films en lice. Sa présence présage un jury stimulant dont la composition ne devrait pas tarder à être dévoilée, promesse de débats exigeants et de choix audacieux, à l’image d’un festival qui pense le cinéma autant qu’il le célèbre.

    Bong Joon Ho

    Côté hommages, quatre noms règnent en haut de l’affiche. Jodie Foster, actrice et réalisatrice doublement oscarisée, qui incarne une trajectoire où liberté et exigence se répondent, viendra présenter son dernier film « Vie Privée ». Guillermo del Toro, maître du fantastique aux trois Oscars, dévoilera Frankenstein, nouvelle variation humaniste sur le mythe. Raouya, présence majeure du cinéma marocain, symbolise une mémoire vive faite de dignité, de tendresse et de transmission, se verra également décerner une Étoile d’Or, tout comme Hussein Fahmy, icône du cinéma égyptien, acteur-réalisateur-producteur, qui résume cinq décennies d’élégance populaire et de modernité arabe.

    La fête de tous les cinémas

    Pour les amoureux du 7e art, la fête sera totale. La sélection 2025 réunit 82 films issus de 31 pays, dont 8 premières mondiales ou internationales, 14 candidats aux Oscars et 9 titres passés par les Ateliers de l’Atlas. Outre la Compétition officielle, les spectateurs retrouveront les Séances de Gala – de l’ouverture avec Dead Man’s Wire de Gus Van Sant à la clôture avec Palestine 36 d’Annemarie Jacir –, la section Horizons, le 11e Continent, le Panorama du cinéma marocain, et un programme Jeune Public & Famille. Une pluralité de récits intimes, politiques, historiques, fantastiques, pour une programmation pensée autant pour les cinéastes confirmés que pour les cinéastes en herbe.

    Jodie Foster

    Le cinéma de demain s’écrit à Marrakech

    Au-delà de la vitrine, Marrakech agit pour l’écosystème. Les Ateliers de l’Atlas, créés en 2018, soutiennent la conception et la postproduction de projets marocains, arabes et africains et ont fait émerger des signatures. En 2025, l’élan franchit un cap avec Atlas Programs, bannière qui regroupe désormais les actions professionnelles : les Ateliers de l’Atlas (cœur historique), Atlas Station (montée en compétences des producteurs et, désormais, accompagnement de courts métrages), Atlas Press (formation à la critique) et, pilier clé, Atlas Distribution, qui favorise la circulation des œuvres.

    Nouveauté majeure : les Atlas Distribution Meetings, quatre jours de rencontres réunissant à Marrakech des distributeurs d’Afrique, du monde arabe et d’Europe pour découvrir des films et des œuvres en postproduction des Ateliers. Parrainée par Cristian Mungiu, l’édition 2025 se tient du 30 novembre au 4 décembre avec des projets d’Afrique et du Moyen-Orient, en développement ou en fin de montage. Objectif : renforcer chaque maillon de la chaîne, de l’écriture à la diffusion, et donner plus de voix aux cinémas de la région.

    Guillermo del Toro

    Marrakech rappelle ainsi sa vocation : faire dialoguer le monde par le cinéma, encourager l’audace et transmettre aux plus jeunes le goût des images. À vos agendas : du 28 novembre au 6 décembre 2025, le FIFM promet une édition généreuse, ouverte sur les cinq continents et portée par l’énergie des talents émergents. Rendez-vous dans les salles !

    Raouya

    21 novembre 2025 0 comments
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    Interview

    Najib Akesbi: «Une assiette fiscale mieux maitrisée permettra de repenser les taux d’imposition»

    by Mohamed Amine 21 novembre 2025
    written by Mohamed Amine

    A travers cet entretien, le Professeur Najib Akesbi, Economiste et spécialiste en économie de développement et en finances publiques, nous offre une lecture critique et pertinente du système fiscal actuellement en vigueur, avec des perspectives constructives. Cette lecture permet surtout de comprendre les vrais enjeux et défis de la « réforme fiscale » qui sont avant tout de nature politique. 

    Challenge : Plus de six ans après les 3èmes Assises nationales sur la fiscalité et cinq ans après la publication de la loi-cadre portant réforme fiscale, quel regard portez-vous sur cette « réforme », à la veille de la discussion et de l’adoption du PLF-2026, par le Parlement ? 

    Najib Akesbi : Puisque vous évoquez les Assises nationales sur la fiscalité, permettez-moi d’abord de souligner le grand écart qu’il y a entre les « recommandations » unanimes de telles rencontres et ce qui a ensuite été effectivement réalisé. Déjà, les « Assises » de 2013 avaient vivement recommandé un meilleur équilibre dans la structure du système fiscal, entre impôts directs et impôts indirects, entre imposition du travail et celle du capital, la rationalisation et l’homogénéisation du système d’imposition des différentes catégories de revenus soumises à l’impôt sur le revenu et l’élargissement de son assiette, une meilleure progressivité du barème du même impôt, une réelle fiscalisation de l’agriculture, une réévaluation des dépenses fiscales et leur contractualisation, la taxation du capital non productif…Rien de tout cela n’avait été fait, et quelques années plus tard, les « Assises » de 2019 apparaissaient tellement nécessaires, avec un système fiscal qui s’avérait plus inéquitable que jamais, au point qu’elles allaient se tenir précisément sous le thème de « l’équité fiscale ».

    A nouveau, les « Assises » de 2019 allaient aboutir à pas moins de 167 recommandations… Le fait est que, dès la clôture de leurs travaux, le Ministre des Finances avait tenu une conférence de presse au cours de laquelle il avait présenté une dizaine de mesures dites «à forte portée», et qui devaient constituer «l’ossature» de la loi-cadre qui allait voir le jour en 2021. Les responsables se donnaient ainsi le droit de choisir dans les 167 recommandations celles qui leur convenaient, jetant à « la poubelle » celles qui ne leur convenaient pas, au mépris de la volonté des centaines de spécialistes et de professionnels qui ne se retrouvaient guère dans les mesures privilégiées.

    Ce sont donc ces mesures bien « élues » qui constitueront le cœur de la loi-cadre et partant de ce que le gouvernement appellera « réforme fiscale », et sur laquelle on va revenir. Mais je me dois d’abord et encore une fois de rappeler quelques-unes des « recommandations » des Assises de 2019 qui sont passées à la trappe, comme si elles n’avaient jamais existé ! : Mise en œuvre du principe de l’imposition du revenu global et adoption d’un barème réellement redistributif, réforme de la fiscalité du patrimoine, avec notamment un régime fiscal spécifique au patrimoine non productif et aux activités spéculatives, et surtaxe de la plus-value foncière, imposition à un taux de l’IS majoré des grandes entreprises exerçant dans des secteurs protégés et oligopolistiques (à commencer par les « pétrolières »…), instauration au niveau de la TVA d’un taux majoré pour les produits de luxe, rationalisation des incitations fiscales, encouragement de l’épargne à long terme pour soutenir le financement des investissements productifs, renforcement des sanctions des infractions les plus graves, transparence, droit à l’information et sécurité juridique des contribuables, mise en place d’un « Conseil National des Prélèvements Obligatoires »…

    Une fois de plus, non seulement rien de tout cela n’a été fait, mais ce qui a été fait est aux antipodes des nobles principes sans cesse réaffirmés lors des «Assises». Au point que personnellement, je ne qualifie pas «ce qui se fait » depuis quelques années de «réforme» mais de «contre-réforme fiscale», au sens où l’on s’est appliqué à mettre en œuvre des mesures qui sont aux antipodes de celles promises dans les discours, voire annoncées dans les programmes partisans ou gouvernementaux.

    Challenge : Pouvez-vous préciser cette idée ?

    N.A. : Oui, en complétant la réponse à votre question sur « la réforme » engagée ! Car pour illustrer cette idée, le mieux est de procéder à un bref rappel des principales mesures dites de « réforme fiscales engagées par ce gouvernement entre 2023 et 2025, avant d’aboutir à ce qui est contenu dans le projet de loi de finances pour 2026.

    Ainsi avait-on commencé en 2023 par l’Impôt sur les Sociétés. Alors que chacun sait que le premier vrai problème de cet impôt n’est autre que son « assiette » dont les règles de détermination sont si laxistes qu’elles autorisent toutes les dérives déguisées en évasion fiscale, rien n’a été fait à ce niveau. Par contre, on s’est appliqué à baisser la charge fiscale des grandes entreprises au moment où on a alourdi celle pesant sur les TPE et PME ! Sous prétexte d’homogénéisation des taux, on a ainsi abaissé de 31 à 20 % le taux d’imposition des entreprises qui réalisent entre 1 et 100 millions de dirhams de bénéfices, et augmenté le taux de 10 à 20 %, celles dont les bénéfices sont inférieurs à 300 mille dirhams… Certes, on a aussi augmenté le taux de 31 à 35 % pour les entreprises dont les profits dépassent 100 millions de dirhams, mais l’on sait parfaitement que ces dernières disposent de tous les moyens pour se payer les services des meilleurs « experts en optimisation fiscale », et être ainsi, légalement, en mesure de ne payer que l’impôt qu’elles veulent bien payer. Dans ce type de situation, on a coutume de dire que «les taux aboient mais ne mordent pas… ».

    Du reste, il faut savoir que la hausse des recettes de l’impôt sur les sociétés dont se félicite le gouvernement est principalement le résultat de cet alourdissement de la charge fiscale sur les TPE et PME. Selon les derniers chiffres connus (contenus dans le Rapport de la Cour des Comptes paru en 2020), 84% des sociétés inscrites à l’IS ne déclarent aucun bénéfice imposable et 4% à peine déclarent des bénéfices supérieurs à 300 mille dirhams. De sorte que, pour faible qu’elle soit, la population des sociétés imposées est bien dans sa très grande majorité composée de TPE et PME, et même si les grandes entreprises assurent la plus grande part des recettes de cet impôt, cela ne signifie nullement qu’elles soient conséquemment imposées puisque, en proportion de leurs profits réels, leur charge fiscale reste plutôt faible. En réalité, l’augmentation du taux d’imposition des sociétés déclarant un bénéfice supérieur à 100 millions de dirhams n’était là que pour mieux faire passer la « pilule » du doublement du taux d’imposition des TPE et PME. Et comme si ces cadeaux au grand capital ne suffisaient pas, même le taux auquel étaient soumis les dividendes avait été abaissé de 15 à 10%. En tout cas, le message était on ne peut plus clair : le « gouvernement du patronat » commençait bien par se servir et servir les siens… 

    L’année suivante, en 2024, on passait à la TVA. Là aussi, sous prétexte de simplifier le barème, on décréta que désormais les taux de 7 et 14% disparaissaient pour ne laisser place qu’à deux taux : 10 et 20%. Par nature injuste (puisque, dissimulée dans les prix, elle est insensible à la « capacité contributive » des consommateurs acheteurs), la TVA voit les taux de la plupart des biens et services auparavant soumis à 7 et 14% augmenter à 10 ou 20%. Cependant, au moment où l’on alourdit la charge fiscale des biens et services les plus courants, voire les plus vitaux, on se garde de réactiver ce taux majoré de 30% sur les biens de luxe, « recommandé » par les précédentes Assises fiscales et qui avait même fait partie des taux de la TVA au Maroc jusqu’en 1993 ! Si l’on sait que désormais, ce sont plus de 90% des recettes de la TVA qui sont collectées à travers le taux commun de 20%, on voit bien que les cadeaux fiscaux donnés aux grandes firmes n’ont pas été récupérés seulement sur les PME, mais aussi sur l’immense majorité des consommateurs contribuables, et pour cause puisque la TVA reste de loin l’impôt qui rapporte le plus de recettes fiscales (près de 40% du total des recettes fiscales). 

    Enfin en 2025, on en arrive à aborder l’Impôt sur le revenu… pour qu’une montagne accouche d’une souris ! Quelques légers aménagements au niveau des premières tranches d’un barème qui n’avait pas été mis à jour depuis 2010 ; Baisse du taux marginal de 38 à 37% alors que c’est le relèvement d’un tel taux qui était requis pour une meilleure progressivité ; Exonération en deux étapes des pensions de retraite les plus élevées (une infime minorité !). Pour le reste (c’est-à-dire l’essentiel !), l’IR demeure un impôt marqué par la logique « cédulaire » (celle-là même qu’il devait dépasser par sa propension globalisante dès sa naissance), son système des déductions reste anachronique et incohérent, et son barème toujours aussi régressif… 

    En 2026, on semble marquer une «pause», mais en réalité celle-ci n’empêche guère les responsables de continuer à distribuer çà et là faveurs et privilèges : Exorbitantes exonérations fiscales (IS, IR, TVA…) au profit des sociétés sportives, après les encore plus exorbitantes exonérations accordées l’année dernière à la FIFA (comme si celle-ci n’avait pas de quoi payer ses impôts comme tout le monde !) ; Exonération des engrais (TVA) dont on sait que les principaux bénéficiaires sont les gros exploitants agricoles ; Par contre, les jeunes créateurs d’entreprises ne pourront plus bénéficier de l’exonération des droits d’enregistrement et devront désormais s’acquitter d’un droit proportionnel conséquent (Bonjour la cohérence avec le discours sur l’encouragement à la création d’entreprises…) ; Côté droits de douanes, quelques « protections de connivence » en faveur de certaines industries pharmaceutiques (qui pourtant continuent d’opposer leur « véto » à la diminution des prix des médicaments…) ; Et enfin, et non des moins, report de deux ans encore de l’obligation de marquage fiscal pour les produits énergétiques, qui devait entrer en vigueur le premier janvier 2026, et était pourtant officiellement considérée absolument nécessaire pour la traçabilité et la lutte contre la fraude et la contrebande dans ce secteur… Décidément, il faut croire que le tout-puissant « lobby des pétroliers » est au-dessus même du bon sens !

    Au total, on voit bien qu’on est dans un processus, non de réforme mais de contre-réforme fiscale qui érige l’inégalité devant l’impôt en mot d’ordre opératoire majeur, au service d’un « modèle de développement » qu’on promettait pourtant « inclusif » et qui se révèle plutôt « exclusif », en tout cas particulièrement excluant.

    Challenge : Cette «réforme fiscale», a-t-elle permis d’avancer vers un système fiscal équitable, ou au contraire ?

    N.A. : J’ai répondu en partie à cette question en essayant de mettre en évidence les nombreuses iniquités qui s’accumulent tout au long de cette prétendue réforme fiscale des dernières années. On peut aussi y répondre en essayant de présenter le système fiscal marocain aujourd’hui, tel qu’il apparaît à travers les données du PLF-2026. Ainsi, en termes de niveau d’abord, c’est-à-dire de pression fiscale (Recettes fiscales / PIB), celle-ci devrait atteindre selon les statistiques officielles 20.1%. En réalité, ce chiffre ne tient pas compte des parts de la TVA et de l’IS-IR affectées aux collectivités territoriales, lesquelles ne sont guère négligeables (près de 57 milliards de dirhams). En réintégrant ces recettes fiscales dans le calcul de l’agrégat, la pression fiscale atteint près de 24%, ce qui n’est pas rien, mais reste tout de même proche d’une fourchette moyenne des pays à revenu intermédiaire comparables au Maroc (autour de 22%). Mais il est vrai que l’amélioration des recettes fiscales déjà évoquée rehausse la pression fiscale depuis cette année 2025 de quelques deux à trois points.

    Le problème est que cette amélioration -comme je viens également de le montrer- se fait au détriment des règles les plus élémentaires de l’équité. De sorte que, aujourd’hui encore, la structure du système fiscale est la première à témoigner de son caractère inégalitaire. Ainsi, les impôts indirects (génétiquement injustes) permettent encore de collecter 60% des recettes fiscales totales, et à elle seule, la TVA devrait rapporter 180 milliards de dirhams, soit plus de 40% de l’ensemble des recettes en question. Les impôts directs ne sont guère moins inégalement répartis. Pour l’IS, je viens de montrer comment sa charge fiscale s’est accentuée sur les petites (voire très petites) et moyennes entreprises, au moment où elle s’est considérablement allégée sur les grandes entreprises. L’impôt sur le revenu pour sa part demeure plombé par ses tares congénitales : la plupart des revenus catégoriels restent soumis à des taux spécifiques «libératoires» (proportionnels et plutôt faibles), les revenus agricoles restent quasiment hors du champ de l’impôt et en tout cas ceux des gros agriculteurs à peine symboliquement mis à contribution, la progressivité du barème reste plus régressive que jamais, collectant l’essentiel des recettes fiscales sur les revenus des salariés (près de 75%) et de la classe moyenne…

    Enfin, comment ne pas réaffirmer que le dispositif des dites « dépenses fiscales », en fait un régime d’exception parallèle au régime de droit commun, fait d’exemptions et de faveurs fiscales de toute sorte, est en réalité l’incarnation même d’un système qu’on s’accorde depuis longtemps à considérer à la fois financièrement ruineux, économiquement inefficace et socialement inéquitable. Et depuis plus de vingt ans, on promet sa disparition, ou du moins sa refonte radicale. Or, le dispositif se maintient et même ne cesse de se redéployer. En 2025, on ne compte toujours pas moins de 274 mesures relevant de ce système de privilèges et d’exceptions, et depuis 2020 seulement, si on a supprimé quelques mesures, on en a créé 37 nouvelles ! On sait que le manque à gagner pour l’État est considérable. Même si on a encore « négligé » en 2025 d’évaluer 15% des mesures (peut-être parmi les plus coûteuses ?), les 236 mesures évaluées représentent un « coût » pour l’État de 32 milliards de dirhams, soit près de deux points de PIB, et 7% des recettes fiscales totales. C’est totalement irrationnel au regard des résultats obtenus, mais il faut croire que les lobbies qui profitent d’une telle manne, notamment dans l’agriculture, l’industrie, l’immobilier, l’export, sont toujours en mesure d’imposer leur diktat, au mépris, encore une fois, du simple bon sens.

    Challenge : Quelles pistes pour des alternatives crédibles en matière de réforme effective du système fiscal et pour une consécration réelle de l’équité fiscale ?

    N.A. : La situation n’ayant guère évolué (quand elle n’a pas plutôt mal évolué) depuis plusieurs années, je ne peux que vous rappeler les grandes lignes de ce que j’estime être une véritable réforme fiscale génératrice autant d’équité que d’efficacité, et pour laquelle je plaide depuis bien longtemps… Une refonte d’ensemble du système fiscal actuel devrait avoir pour objectif ultime un réel élargissement de l’assiette fiscale, mais un élargissement qui va chercher la matière imposable là où celle-ci couvre de vrais «gisements fiscaux» à ce jour encore non ou mal explorés. Ces «gisements», tout le monde les connait : ce sont principalement les hauts revenus et les grandes fortunes.

    Concrètement, il faudrait travailler à instaurer un meilleur équilibre entre impôts directs et impôts indirects, les premiers étant renforcés par une plus grande contribution du capital, avec un impôt sur les grandes fortunes, un impôt sur les successions, un impôt sur le revenu soumettant à la même base d’imposition revenus du travail et revenus du capital, et doté d’une forte progressivité au niveau des hauts revenus. L’impôt sur les sociétés, comme je l’ai déjà indiqué, a d’abord « mal à son assiette », et a donc besoin de réformes focalisées sur une ferme volonté de maîtrise du processus de détermination du « résultat fiscal », coupant court aux mille et une pratiques d’évasion fiscale, furent-elles déguisées sous la séduisante expression d’optimisation fiscale. Une assiette mieux maitrisée permettra de repenser les taux d’imposition, en fait surtout pour mettre plus à contribution les mégas profits et les rentes plus ou moins déguisées…La TVA également a besoin d’une révision fondamentale au niveau de ses mécanismes de déduction (truffés aujourd’hui d’incohérences, voire d’aberrations incompréhensibles), tout comme elle a besoin d’une nouvelle structure de taux d’imposition assez différenciés pour marquer le souci d’alléger la charge fiscale sur les produits de grande consommation, et de l’accroître sur les biens et services de luxe. 

    Les activités informelles ont besoin d’un traitement particulier, qui ne peut se limiter à la dimension fiscale. L’univers numérique, dont chacun peut constater que son assiette évolue de manière exponentielle, doit également faire l’objet d’une approche fiscale spécifique et appropriée, mais toujours soucieuse d’équité et d’efficacité. Il est urgent d’instaurer une fiscalité environnementale digne de ce nom, capable de dissuader les dégradations écologiques de toute sorte et d’encourager la préservation des ressources naturelles (à commencer par l’eau…) et la durabilité des patrimoines et des écosystèmes.

    La réforme nécessaire devra également concerner le redéploiement spatial du système fiscal ainsi que sa gouvernance. On ne le dira jamais assez, le test de vérité de toute politique de décentralisation n’est autre que son système de financement, et tant qu’on ne mettra pas en œuvre une décentralisation progressive mais réelle du système fiscal pour mieux le situer au niveau des régions et des territoires, le discours sur la « régionalisation avancée » restera creux. Enfin, comment imaginer réussir un tel projet sans une démocratisation des processus d’élaboration et de mise en œuvre des politiques fiscales et budgétaires, à travers une implication des citoyens et de leurs représentants, notamment dans le cadre d’une Instance de concertation et de dialogue qui pourrait être celle d’un Conseil des prélèvements obligatoires…?

    Ce sont là les grandes lignes d’une véritable réforme fiscale, autant respectueuse des droits et des capacités contributives des citoyens que soucieuse des besoins financiers légitimes de l’État. On voit bien que, avec «ce qui a été fait» ces dernières années, on reste très loin du compte…

    Challenge : Un impôt sur la fortune au Maroc est-il possible ? 

    Réponse. Bien évidemment ! et j’ajouterai : dans le Maroc d’aujourd’hui, un tel impôt est plus nécessaire que jamais. On ne compte plus les études qui montrent que, à l’échelle mondiale, et quasiment dans tous les pays, les politiques néo-libérales conduites depuis une quarantaine d’années ont généré une accentuation des inégalités, notamment l’essor d’une caste d’oligarques milliardaires qui s’accaparent la part du lion des richesses nationales d’une ampleur tout à fait inédite dans l’histoire contemporaine. Par ailleurs, les études de Thomas Pickety et Gabriel Zukman, entre autres, ont montré que précisément, les plus fortunés sont ceux qui arrivent à payer le moins d’impôts, beaucoup moins en tout cas que la moyenne des contribuables ordinaires. D’où cette vague de projets d’imposition des grandes fortunes que nous pouvons actuellement observer un peu partout dans le monde.

    Au Maroc, nous ne disposons malheureusement pas de données appropriées pour nous livrer à de telles études. Mais qui peut douter que cet état de fait inégalitaire est au moins aussi grave, s’il ne l’est pas encore plus ?D’où l’ardente nécessité d’un tel impôt dans notre pays, sachant que cet impôt (j’y insiste chaque fois que je plaide en sa faveur) n’est pas fort que de sa fonction sociale et politique, de réduction des inégalités et de contribution solidaire des plus fortunés. Sa fonction économique est tout aussi importante, puisqu’il contribue puissamment à mobiliser le capital (souvent en situation improductive), et partant à promouvoir l’investissement, l’emploi…

    Certes, la conception et la mise en œuvre d’un tel impôt est ardue, et celui qui vous dirait le contraire vous raconterait des histoires à dormir debout… Mais si la volonté politique existe, toutes les difficultés peuvent être surmontées, et quelquefois de manière originale. Tenez, par exemple, on sait que l’une des questions les plus épineuses lors de l’élaboration d’un tel impôt est la détermination de son « assiette » : quel est le périmètre des biens concernés par l’imposition et à partir de quel « seuil » ? On sait que c’est là un des obstacles les plus redoutables, qui sont d’ailleurs responsables des échecs qui ont pu avoir été constatés çà et là, et même aujourd’hui, dans le débat sur la « taxe Zukman » en France, on voit bien que le principal argument de ses opposants est bien à ce niveau, l’inclusion des « biens professionnels » dans l’assiette de l’impôt étant considérée contreproductive… 

    En bien, au Maroc on dispose d’une référence utile qui peut aider fortement à dépasser un tel obstacle. Il suffirait pour cela de retenir l’assiette même de la Zakat ! Puisque celle-ci est d’essence religieuse et que personne ne remet en cause son assiette. Eh bien, il suffirait de convenir que l’assiette de l’impôt sur les grandes fortunes -IGF- au Maroc serait la même, ou du moins fortement inspirée de celle de la Zakat. Qui contesterait une assiette qu’il est censé en principe « pratiquer » depuis toujours mais dans le cadre d’un impôt le liant directement à son Créateur ? On peut rappeler que le champ de la Zakat s’étend aux avoirs et biens de toute sorte, mobiliers et immobiliers (à l’exception tout de même de la résidence principale et de la voiture d’usage) : Espèces, dépôts en banque ou comptes d’épargne, valeurs mobilières, créances, immeubles, métaux précieux, récoltes et bétail, revenus de toute sorte, héritage… Même s’il est toujours possible de chercher à mieux adapter certaines parties de cette assiette à certaines réalités du pays, il n’en demeure pas moins qu’on dispose là d’une base solide et en principe incontestable pour une détermination appropriée de l’assiette de l’impôt sur les grandes fortunes. Du reste, en faisant une telle proposition il y a quelques années, et pour marquer ce caractère mixte de ce qui pourrait être une version marocaine de l’IGF, je l’avais intitulée : La ZGF, La Zakat sur les Grandes Fortunes… C’est dire que, encore une fois, si la volonté politique s’affirme et se confirme, tout devient possible.

    21 novembre 2025 0 comments
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    Automobile

    DONGFENG Maroc lance le nouveau pick-up RICH6

    by David Jérémie 21 novembre 2025
    written by David Jérémie

    DONGFENG Maroc poursuit le développement de son offre sur le marché national avec le lancement du pick-up RICH6, proposé en deux déclinaisons : simple cabine et double cabine. Des modèles qui visent à répondre aux besoins des professionnels comme des particuliers en quête d’un véhicule polyvalent et fiable.

    Lors de sa présentation, Abdelhak Khadraoui, Directeur général de DONGFENG Maroc, a souligné : «avec le lancement du RICH6, nous confirmons notre ambition de renforcer la présence de DONGFENG sur le segment stratégique des utilitaires. Ce pick-up incarne notre philosophie : offrir des véhicules puissants, fiables et accessibles, capables de répondre aux exigences des professionnels tout en garantissant un confort de conduite supérieur». Le RICH6 simple cabine, affiché à un prix de lancement de 199 000 DH, cible principalement les professionnels à la recherche d’un outil de travail performant et endurant, dixit l’importateur.

    Lire aussi | DONGFENG Maroc ouvre deux nouveaux showrooms dans le Nord

    Le RICH6 double cabine, proposé à 219 000 DH, combine espace et confort pour un usage mixte, professionnel et personnel. Sous le capot, le RICH6 est équipé d’un moteur diesel 2,5 litres, reconnu pour sa puissance et son efficacité énergétique. La sécurité est renforcée par des dispositifs tels que l’ABS, l’ESP, les doubles airbags et un radar de recul facilitant les manœuvres. Côté confort, le modèle se distingue par des équipements modernes : démarrage sans clé Start & Stop, sièges en cuir, jantes aluminium 16 pouces, ainsi que des finitions chromées sur les poignées et le hayon. Son design musclé et ses prestations techniques en font un véhicule adapté aux conditions locales, pensé autant pour les entrepreneurs et artisans que pour les amateurs d’aventure. A noter que l’ensemble de la gamme bénéficie d’une garantie de 5 ans ou 150 000 km.

    21 novembre 2025 0 comments
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