Bourse

Bourse de Casablanca. Le retour tant attendu des dividendes

Après une conjoncture en demi-teinte, la Bourse de Casablanca renoue avec la confiance des investisseurs portée par la perspective de dividendes en hausse.

Sujet aux intempéries boursières, le marché action ravive la confiance des investisseurs, avec une hausse attendue des dividendes propres à l’exercice 2023. Selon les projections de la société de Bourse M.S.IN, la quote-part des bénéfices versée aux actionnaires des sociétés cotées au titre de l’exercice 2023 s’élève à près de 21,43 milliards de Dh, soit une appréciation de 13,8% par rapport à une année auparavant.

Ce bond significatif dans la distribution des dividendes est le résultat direct des performances des firmes cotées, notamment dans le secteur bancaire, mais également, par l’allègement des charges exceptionnelles relatives à l’exercice précédent: «L’amélioration des dividendes s’explique par l’amélioration de la masse bénéficiaire de 15 % en 2023, profitant de l’effet conjugué de la bonne dynamique du secteur bancaire sur la même période et de la non-récurrence des charges liées à la liquidation de l’astreinte imposée par l’ANRT à Maroc Telecom d’une valeur de 2,45 milliards de DH», précise Naoufal Aouragh, Analyste auprès de M.S.IN. Une bouffée d’optimisme prompte à restaurer la confiance en Bourse et à fidéliser davantage les investisseurs institutionnels et privés.

Regain d’optimisme
Ce regain de confiance survient dans un contexte où le Price Earning Ratio (PER) se maintient à un niveau considéré comme modéré par les analystes financiers, s’établissant à 21,9, contre 22 en 2022. Cette croissance anticipée s’inscrit dans un cadre où la performance des dividendes est évaluée par rapport à l’évolution du taux des actifs sans risque, tels que les bons du Trésor à 10 ans, comme le souligne Naoufal Aouragh.

Lire aussi | Stéphane Séjourné aux Affaires étrangères : un coup dur à la reprise des relations Maroc-France

En effet, malgré un contexte économique morose, le rendement des dividendes actuel se maintient à 3,6%, soit un niveau proche du taux des bons du Trésor à 10 ans, évalué à 3,8%. En ce sens, la convergence entre le rendement des actions et ceux des valeurs refuge (voir infographie) offre aux investisseurs une indication claire sur la viabilité des dividendes dans un paysage où la stabilité des gains se révèle essentielle.

Perspectives prometteuses
Toujours est-il que l’appréciation anticipée des dividendes en 2023 s’inscrit dans un marché toujours en quête d’une orientation claire. Rappelons que cette dynamique positive, caractérisant l’exercice écoulé, fait suite à une année 2022 en demi-teinte, marquée par une distribution de bénéfices modérée. Cette période, bien que mitigée, sert de tremplin pour une année 2024 qui se profile sous le signe de la relance du marché boursier.

Selon les projections de Bank Al Maghrib, un contexte économique stabilisé est attendu pour 2024, avec une baisse de l’inflation sous les 3%. Ce scénario promet une période de relative accalmie, ouvrant la voie à une croissance économique soutenue.
Dans cette atmosphère de confiance renouvelée, le secteur des entreprises cotées se distingue par une croissance de 15% des bénéfices en 2023, soutenue par la robustesse du secteur bancaire. Une tendance consolidée par d’autres secteurs clés.

Lire aussi | L’Algérie décidée à payer plus cher son fret maritime pour éviter de transiter par Tanger Med

L’investissement dans le BTP, porté par le processus de reconstruction d’Al Haouz suite au séisme qui a ébranlé la ville de Marrakech et son hinterland. Auquel s’ajoute le renforcement du secteur immobilier grâce au nouveau programme de soutien au logement, contribuant ainsi à renforcer ce climat positif.
La dynamique du marché a été nettement stimulée par la candidature maroco-ibérique pour l’organisation de la Coupe du Monde 2030 et l’attribution de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Ces événements, accueillis positivement par les investisseurs, sont perçus comme des catalyseurs de développement pour plusieurs secteurs clés de l’économie, notamment dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie et de la construction.

Dans la même lignée, les perspectives d’une reprise agricole et les projets de privatisation de certaines entreprises publiques, conformément au Projet de Loi de Finances 2024, s’alignent pour renforcer les prévisions économiques et stimuler les initiatives de croissance. Autant de facteurs qui convergent, augurant une année 2024 dynamique pour la Bourse de Casablanca.
Bien que la Bourse n’ait pas enregistré de superprofits, l’évolution anticipée des dividendes suggère des perspectives économiques plus prometteuses pour le Maroc à court terme.

 
Article précédent

Car Of The Year Morocco 2024. Et voici les 7 véhicules finalistes

Article suivant

Casablanca-Rabat. L'avenir de l’autoroute continentale se dessine