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La stabilité et la résilience du Maroc garants de la sécurité de l’Occident [Financial Times]
Séisme à Al Haouz. Comment faire de la région dévastée un modèle de régénération rurale
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Benkhadra : « pour optimiser les chances de découvertes pétrolières, il est crucial d’intensifier le forage »
Coup de tonnerre. Le Sénégal déclaré forfait en finale de la CAN-2025, le Maroc vainqueur 3-0
Hydrocarbures: le gouvernement vole au secours des transporteurs
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Les Etats-Unis sollicitent le Maroc pour les engrais
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Maroc: la banque centrale table sur une croissance à 5,6% en 2026
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  • Automobile

    BYD: le nouveau ATTO 2 DM-i a débarqué au Maroc

    by David Jérémie 17 mars 2026
    written by David Jérémie

    BYD poursuit son expansion sur le marché marocain avec le lancement du nouveau ATTO 2 DM-i, un SUV compact hybride rechargeable (PHEV) importé par Auto Nejma. Leader des véhicules à nouvelles énergies dans le Royaume, la marque confirme sa position dominante sur les segments PHEV et 100 % électrique grâce à une technologie conciliant performance, autonomie et sobriété énergétique.

    Selon Adil Bennani, Directeur général d’Auto Nejma, «le marché marocain entre dans une nouvelle ère. Les automobilistes recherchent des véhicules qui allient style, innovation et efficacité. Avec le BYD ATTO 2, nous leur offrons exactement cela». Reposant sur la technologie DM-i (Dual Mode Intelligent), le SUV combine un moteur thermique efficient et un moteur électrique, offrant une conduite fluide et silencieuse, adaptée aussi bien aux trajets quotidiens qu’aux longues distances.

    Lire aussi | Marché automobile 2026 : une croissance confirmée en février

    Concrètement, le design s’inspire du langage stylistique «Dynasty Design», avec des lignes modernes, un toit panoramique, des jantes alliage 16 ou 17 pouces et un éclairage full LED. L’habitacle quant à lui propose une connectivité avancée via un écran rotatif de 12,8 pouces, Apple CarPlay, Android Auto et commande vocale «Hi BYD». Côté sécurité, ce SUV compact intègre 6 airbags, une caméra 360°, le freinage d’urgence automatique, l’assistance au maintien dans la voie et la détection d’angle mort.

    Le BYD ATTO 2 DM-i affiche une autonomie combinée pouvant atteindre 1 000 km, une puissance de 212 chevaux et une accélération de 0 à 100 km/h en 7,5 secondes. Proposé à partir de 259 900 DH, il bénéficie de la technologie Blade Battery LFP, reconnue pour sa sécurité et sa durabilité. Faut-il souligner qu’Auto Nejma garantit à l’ensemble de la gamme BYD des coûts d’entretien parmi les plus compétitifs du marché.

    17 mars 2026 0 comments
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    Agriculture

    Campagne agricole: une récolte exceptionnelle se profile à l’horizon

    by Ismail Saraoui 16 mars 2026
    written by Ismail Saraoui

    Après plusieurs années marquées par la sécheresse, la campagne agricole 2025-2026 s’annonce particulièrement prometteuse. Une dynamique également évoquée jeudi 12 mars lors du Conseil de gouvernement par le chef du gouvernement et le ministre de l’Agriculture. Décryptage.

    Il y a de cela presque un an, dans l’un de nos papiers sur la question de l’eau nous dessinons les lignes du retour à une agriculture moins dépensière en ressources hydriques à la lumière du contexte d’urgence. Aujourd’hui ce discours semble derrière nous. En effet ; après plusieurs années marquées par une sécheresse sévère, l’agriculture marocaine semble enfin entrevoir une embellie. Les premières estimations concernant la campagne agricole 2025-2026 sont particulièrement encourageantes, au point que plusieurs acteurs du secteur parlent déjà d’une saison « exceptionnelle ».

    Cette tendance a été confirmée lors du Conseil de gouvernement du 12 mars par l’exécutif et le ministère de l’Agriculture, qui ont souligné l’amélioration notable des conditions climatiques et des indicateurs agricoles. Cette évolution positive repose en grande partie sur un retour des précipitations après près de sept campagnes difficiles.

    Lire aussi | Ahmed El Bouari : «Le programme de la campagne agricole porte un message d’encouragement et d’espoir pour les agriculteurs et les éleveurs»

    Les cumuls pluviométriques enregistrés depuis la fin de l’année 2025 dépassent largement ceux des années précédentes, atteignant environ 360 mm au niveau national, soit une progression de plus de 50 % par rapport à la moyenne historique. Ces pluies dans les détails, ont permis d’améliorer l’état des sols, de reconstituer partiellement les réserves hydriques et de relancer les perspectives de production dans plusieurs filières agricoles.  Au-delà des performances agricoles attendues, cette dynamique pourrait avoir un impact significatif sur l’économie rurale et sur l’emploi.

    Une saison agricole marquée par le retour de la pluie

    Le premier facteur expliquant les perspectives positives de la campagne 2025-2026 est le retour de conditions climatiques plus favorables. Après plusieurs années de déficit pluviométrique, les pluies enregistrées depuis la fin de l’automne ont profondément changé la donne pour les agriculteurs marocains. Dans plusieurs régions agricoles du pays, les précipitations ont dépassé les niveaux observés ces dernières années.

    Dans la région du Souss-Massa par exemple, les cumuls pluviométriques ont atteint entre 160 et 180 mm, alors qu’ils ne dépassaient souvent pas 40 à 60 mm lors des saisons précédentes. Cette amélioration des conditions climatiques permet non seulement de renforcer les cultures céréalières mais aussi de soutenir les cultures arboricoles et maraîchères.

    Lire aussi | Équipement/ANEF: partenariat contre l’envasement des barrages

    « Les effets de cette pluviométrie sont multiples. Elle contribue d’abord à améliorer l’humidité des sols et à favoriser la croissance des cultures. Elle permet également de recharger les nappes phréatiques et les barrages, indispensables à l’irrigation et à la sécurisation de la production agricole », Mona Alami, CEO d’Ecofertil.. Il faut d’ailleurs noter que l’amélioration des conditions climatiques se traduit déjà par des perspectives de production particulièrement encourageantes dans plusieurs filières agricoles.« La production céréalière, fortement affectée par les sécheresses successives, pourrait enregistrer une reprise significative.

    Les filières arboricoles devraient également afficher de bonnes performances. Il ne faudrait pas oublier l’impact positive sur le secteur de l’élevage bovin » ; nous explique introductif, Mustapha Chehhar, Directeur du Domaine Vert au sein du Groupe Crédit Agricole du Maroc. Au-delà de la production agricole, l’un des enjeux majeurs de cette campagne concerne l’emploi. L’agriculture demeure l’un des principaux secteurs d’activité au Maroc, notamment dans les zones rurales.

    Or, ces dernières années, la sécheresse a fortement pesé sur le marché du travail. Entre 2023 et 2024, le secteur de l’agriculture, de la forêt et de la pêche a perdu environ 137 000 emplois au niveau national, selon les données du Haut-Commissariat au Plan Cette baisse est principalement due aux difficultés climatiques et à la contraction de l’activité agricole.  Dans ce contexte, une campagne agricole favorable pourrait contribuer à inverser cette tendance.

    Lire aussi | Décryptage/Inondations, barrages et rumeurs: Nizar Baraka met les points sur les “i” sur MFM Radio

    Une bonne récolte entraîne généralement une augmentation de la demande de main-d’œuvre pour les travaux agricoles : préparation des sols, récolte, conditionnement, transport et transformation des produits. Les filières exportatrices, notamment les fruits et légumes, mobilisent également une main-d’œuvre importante dans les stations de conditionnement et les chaînes logistiques.

    Des défis structurels persistants

    Malgré ces perspectives encourageantes, plusieurs défis structurels continuent de peser sur l’agriculture marocaine. La question de l’eau demeure au cœur des préoccupations. Même si les pluies de cette saison ont amélioré la situation, les ressources hydriques restent sous pression dans plusieurs bassins. Les barrages destinés à l’agriculture ne sont pas encore totalement reconstitués et la gestion de l’eau demeure un enjeu stratégique pour les prochaines années. « Je pense que les politiques de gestion de l’eau doivent continuer, en plus de projets de dessalement… », alerte Chehhar.

    Par ailleurs, le secteur agricole reste fortement dépendant des conditions climatiques. Les épisodes de sécheresse récurrents liés au changement climatique rendent les performances agricoles particulièrement volatiles d’une année à l’autre. Enfin, la modernisation du secteur reste un chantier important, notamment pour améliorer la productivité, renforcer la valeur ajoutée des filières et sécuriser les revenus des agriculteurs. En cela, l’expert appel à la reprise des investissements dans le domaine agricole. « Il faut une véritable reprise des investissements dans le domaine agricole. Les agriculteurs ont besoin d’investissement ».

    16 mars 2026 0 comments
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    Sport

    CAN-2025: les audiences internationales pulvérisent tous les records

    by Challenge 16 mars 2026
    written by Challenge

    La dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN-2025) tenue au Maroc a enregistré une augmentation de 61% des audiences, positionnant la compétition parmi les propriétés sportives connaissant la plus forte croissance au niveau mondial, se félicite la Confédération africaine de football (CAF).

    « Cette croissance sans précédent est portée par une couverture mondiale record assurée par des plateformes médiatiques de premier plan en Europe ainsi que sur d’autres marchés stratégiques », précise la CAF dans un communiqué.

    Le Royaume-Uni et la France figurent parmi les pays ayant contribué le plus significativement à cette progression des audiences de la CAN-2025. Dans ce sens, le partenariat commercial de la CAF avec l’agence internationale de marketing sportif IMG a permis une augmentation de 50 % du nombre de partenaires diffuseurs en Europe et sur d’autres marchés clés.

    Lire aussi I Lions de l’Atlas: Walid Regragui fait ses adieux, Mohamed Ouahbi à la barre

    Cette expansion comprend notamment de nouveaux accords conclus pour la première fois au Japon, en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en Grèce et en Colombie, faisant de l’édition Maroc 2025 de la CAN « la plus largement diffusée de l’histoire de la compétition à l’échelle mondiale ».

    En Amérique du Sud, les audiences ont continué de progresser, avec plus de 24 millions de téléspectateurs au Brésil, tandis que le Mexique a enregistré près de 2 millions de téléspectateurs. Ces derniers chiffres confirment que l’Amérique du Sud constitue un territoire où la CAF consolide sa présence tout en conquérant de nouveaux publics.

    Par ailleurs, la stratégie globale de distribution médiatique de la CAF, incluant la production interne de contenus éditoriaux complémentaires ainsi que la distribution de résumés de matches, a permis une augmentation de plus de 65 % de la visibilité médiatique des partenaires commerciaux sur les seuls marchés européens et sud-américains, d’après l’instance dirigeante du football africain.

    Lire aussi I Les langues se diluent à la CAF: les Marocains «ont été volés»

    Parmi les chiffres clés de cette édition, la CAF cite notamment une augmentation de 50 % du nombre de diffuseurs internationaux depuis l’édition 2023 organisée en Côte d’Ivoire et une progression de 32 % de la valeur médiatique pour les partenaires sur le marché européen.

    La CAF fait état également d’une hausse de 35 % des revenus globaux liés aux droits médias sur les marchés d’Amérique du Sud, d’Europe et d’Asie pour la CAN Maroc 2025 et une forte augmentation de l’audience au Royaume-Uni (finale uniquement), avec plus de 3 millions de téléspectateurs ayant suivi la finale sur Channel 4.

    Lire aussi I CAN-2025: la CAF signe son «plus grand succès commercial»

    L’Allemagne a enregistré une audience record pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations, avec plus de 4 millions de téléspectateurs qui ont suivi le match sur Sports Digital, fait remarquer la CAF, ajoutant que l’Inde s’est imposée comme un nouveau marché pour la compétition, avec une audience de 800.000 fans de football, ayant suivi le match de finale, diffusé en streaming.

    16 mars 2026 0 comments
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    Ressources hydriques

    Équipement/ANEF: partenariat contre l’envasement des barrages

    by Challenge avec MAP 16 mars 2026
    written by Challenge avec MAP

    Le ministère de l’Équipement et de l’Eau et l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) ont signé, lundi à Rabat, une convention-cadre de partenariat pour la lutte contre l’envasement des barrages.

    Cette convention, signée par le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, et le directeur de l’ANEF, Abderrahim Houmy, vise à mutualiser les efforts des deux institutions pour la réduction de l’envasement des barrages, à travers une approche intégrée d’aménagement et de gestion des bassins versants situés en amont des infrastructures hydrauliques.

    Dans une déclaration, M. Baraka, a indiqué que cette convention a pour objectif de favoriser la gestion intégrée des ressources en eau et de protéger les bassins versants et les barrages, ce qui contribuera à réduire l’envasement au niveau des retenues.

    Le ministre a souligné l’importance d’adopter une démarche préventive afin de faire face à ces problématiques, ajoutant que cette convention englobe également la lutte contre les inondations, notamment à travers la prise en compte de l’approche socio-économique.

    Lire aussi | Décryptage/Inondations, barrages et rumeurs: Nizar Baraka met les points sur les “i” sur MFM Radio

    De son côté, M. Houmy a relevé que cette convention revêt une importance particulière dans la mesure où elle permettra de mettre en place un programme intégré de gestion des ressources hydriques et de concrétiser la coopération entre le ministère de tutelle et l’ANEF en faveur de la protection des bassins hydrauliques.

    Le Maroc, a-t-il expliqué, dispose d’importants bassins versants nécessitant des opérations d’aménagement, compte tenu du rôle qu’ils jouent dans la protection des infrastructures hydrauliques, notamment les barrages, ainsi que dans la prévention des inondations, devenues l’un des défis auxquels le Royaume est confronté.

    À travers ce partenariat, les deux parties renforceront l’échange de données et d’expertises techniques et mettront en œuvre des programmes conjoints d’aménagement des bassins versants et des solutions de conservation des sols, contribuant ainsi à la réduction des apports sédimentaires vers les retenues de barrages et à la préservation durable des infrastructures hydrauliques du Royaume.

    Lire aussi | Exclusive. Baraka annonce la construction d’un barrage pour soulager Oued El Makhazine

    L’envasement des retenues de barrages constitue l’un des défis majeurs pour la gestion durable des ressources en eau au Maroc. Ce phénomène, principalement lié à l’érosion des sols dans les bassins versants, entraîne une diminution progressive de la capacité de stockage des barrages et affecte, à terme, la mobilisation des ressources hydriques destinées à l’alimentation en eau potable, à l’irrigation et à la production hydroélectrique.

    16 mars 2026 0 comments
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    Consommation

    Lutte anti-gaspillage alimentaire: les recommandations du CESE

    by Challenge 16 mars 2026
    written by Challenge

    Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, récemment, les conclusions de son avis intitulé « Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc: ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace ».

    Outre l’élaboration d’une loi anti-gaspillage spécifique, le Conseil appelle à clarifier et harmoniser les dates de péremption, en distinguant « à consommer jusqu’au » (sécurité) et « à consommer de préférence avant » (qualité), tout en permettant, lorsque cela est possible, de prolonger la durée de vie des produits ou de supprimer certaines dates jugées inutiles.

    Il s’agit aussi de mettre en place un mécanisme de gouvernance fédérant les ministères, le secteur privé et la société civile, afin de coordonner les actions et assurer la cohérence des interventions de lutte contre les PGA à tous les niveaux, de créer un observatoire national des PGA chargé de centraliser les données, produire des indicateurs et analyses stratégiques et proposer des mesures correctives adaptées aux réalités locales.

    Lire aussi | Pourquoi cette frénésie de consommation au Maroc durant le mois de Ramadan?

    Le CESE recommande aussi de développer des infrastructures adaptées de stockage et de transport dans les zones à fort potentiel agricole, notamment des silos hermétiques et des chambres froides solaires, pour prolonger la durée de vie des produits périssables.

    L’effort peut également porter sur l’installation, à l’échelle communale, des unités de transformation de proximité, y compris des mini-unités mobiles pour traiter rapidement les récoltes et valoriser localement les produits périssables, en plus de favoriser les circuits courts et renforcer la régulation des marchés dans l’optique de réduire le nombre d’intermédiaires, limiter les pertes liées au transport et à la logistique et améliorer la rémunération des producteurs.

    Il s’agit également d’inciter et de soutenir les entreprises à intégrer des pratiques de recyclage et de réutilisation dans leurs processus de production et de distribution, d’encourager les entreprises intervenant à différents maillons de la chaîne alimentaire à effectuer des dons en nature, portant sur leurs surplus ou sur des produits exposés au risque de perte ou de gaspillage.

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    Dans le cadre des incitations fiscales en vigueur, le Conseil recommande développer des applications numériques dédiées à la gestion des stocks, à la traçabilité des produits et à la redistribution rapide des invendus, notamment au profit des réseaux de solidarité et d’action caritative, et de soutenir les solutions citoyennes anti gaspillage, telles que les frigos solidaires et les applications de dons alimentaires, pour renforcer les actions locales à fort impact social.

    16 mars 2026 0 comments
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    Agriculture

    Des agriculteurs américains appellent à la fin des droits compensateurs sur les engrais marocains

    by Jamal Chibli 16 mars 2026
    written by Jamal Chibli

    Des organisations agricoles américaines font pression pour obtenir la réduction des prix des fertilisants, exhortant les principaux fabricants locaux à retirer leur soutien aux droits compensateurs imposés aux importations d’engrais phosphatés en provenance du Maroc et de Russie, à la lumière des effets de la guerre au Moyen-Orient.

    Dans une lettre commune adressée aux producteurs d’engrais Mosaic et Simplot, des producteurs de maïs et de soja dans une trentaine d’Etats incitent les deux entreprises à renoncer aux mesures protectionnistes décidées à leur demande par le gouvernement fédéral, arguant que celles-ci ne font que grimper les coûts et réduire les marges des fermiers.

    « Les agriculteurs américains subissent de fortes pressions économiques, et le prix élevé des engrais ne fait qu’aggraver ces difficultés », a déclaré Scott Metzger, président de l’ASA (American Soybean Association) et producteur de soja dans l’Ohio, relevant que «les droits compensateurs sur les importations d’engrais phosphatés ont largement contribué au coût élevé des intrants pour la production de soja».

    Lire aussi | Le pétrole s’installe à 100 dollars, les marchés suspendus à la guerre au Moyen-Orient

    Les engrais phosphatés importés constituent un élément crucial pour maintenir la stabilité de l’approvisionnement de la production agricole américaine, d’autant plus que les agriculteurs doivent composer avec des marges réduites et la volatilité des prix des matières premières, insistent l’ASA et la National Corn Growers Association (NCGA).

    Les organisations agricoles soulignent qu’avant même que les récentes perturbations géopolitiques ne viennent encore accroître les tensions sur l’approvisionnement mondial en engrais, les prix des engrais phosphatés avaient déjà doublé ces dernières années. Selon elles, l’instauration de droits de douane a aggravé les contraintes d’approvisionnement existantes et contribué à la flambée des prix à laquelle de nombreux agriculteurs sont encore confrontés aujourd’hui.

    Alors que les droits compensateurs sont en cours du réexamen quinquennal au sein du département du Commerce (DOC) et de la Commission du commerce international, les organisations agricoles conecrénes et leurs partenaires affirment qu’ils continueront de plaider en faveur de politiques qui privilégient l’accessibilité financière pour les agriculteurs et l’accès aux intrants.

    Lire aussi | Conflit en Iran: jusqu’où peuvent aller les prix du pétrole ?

    Le DOC a augmenté le taux des droits compensateurs applicable sur les importations d’engrais phosphatés marocains vers les États-Unis de 14,21% à 16,60%, à compter de 2022 et jusqu’en 2026 à minima, voire plus tard dans le cas d’une éventuelle nouvelle révision administrative du barème.

    16 mars 2026 0 comments
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    International

    Le pétrole s’installe à 100 dollars, les marchés suspendus à la guerre au Moyen-Orient

    by Challenge 16 mars 2026
    written by Challenge

    Les marchés mondiaux naviguent à vue, lundi 16 mars, face à un baril de pétrole désormais installé au-dessus des 100 dollars, les investisseurs se focalisant sur les derniers développements de la guerre au Moyen-Orient.

    « La semaine a commencé selon un schéma désormais habituel », souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote. « Les prix du pétrole ont progressé à l’ouverture avant de céder une partie de leurs gains, les investisseurs digérant les dernières nouvelles en provenance du Moyen-Orient » au 17e jour de la guerre.

    Vers 08H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 3,06% à 106,30 dollars, et son équivalent américain, le WTI gagnait 2,15% à 100,83 dollars.

    « Malgré tout, un certain soulagement est perceptible (…) après l’annonce que deux tankers transportant du gaz de pétrole liquéfié vers l’Inde ont pu traverser le détroit » d’Ormuz, note Mme Ozkardeskaya.

    Lire aussi | Détroit d’Ormuz: la clause de non-assurabilité au cœur du risque maritime !

    Téhéran a en grande partie interrompu le trafic sur cette voie maritime clé, par où transite un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole, depuis le début de la campagne américano-israélienne de bombardements contre l’Iran.

    Le président américain fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu’ils sécurisent le trafic d’hydrocarbures dans le détroit d’Ormuz au moment où les grandes économies mondiales commencent lundi à puiser dans leurs réserves stratégiques pour prévenir un choc pétrolier.

    Donald Trump a prédit « des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’Otan » si les pays de l’alliance refusent d’obtempérer, et a menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.

    « La réponse a toutefois été mitigée: il s’agit en effet d’une demande très sensible sur les plans politique et géopolitique », souligne Ipek Ozkardeskaya.

    Lire aussi | Conflit en Iran: jusqu’où peuvent aller les prix du pétrole ?

    Pour amortir la flambée du brut, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l’Agence internationale de l’énergie, a précisé l’organisation dimanche.

    Les Bourses patientent

    « Les marchés actions mondiaux ont montré des signes de stabilisation, tandis que les prix du pétrole ont reculé par rapport à leurs sommets précédents » après l’appel de Donald Trump à « une coopération internationale afin d’assurer un passage sûr à travers le détroit d’Ormuz », note Patrick Munnelly, responsable de la stratégie de marché chez Tickmill Group.

    En Asie, « le soulagement lié au fait que le pétrole pourrait continuer à affluer vers l’Asie a poussé plusieurs indices régionaux à la hausse », note Mme Ozkardeskaya. A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé proche de l’équilibre (-0,12%). Taipei a cédé 0,17% et Sydney 0,39%. A Séoul, l’indice Kospi a en revanche terminé en hausse de 1,14%. L’indice hongkongais Hang Seng gagnait 1,45% dans les derniers échanges.

    Lire aussi | Le transport aérien une nouvelle fois victime collatérale d’un conflit armé

    L’Europe reste plus hésitante. Après avoir ouvert en timide hausse, les principaux indices européens évoluaient dans le rouge, la Bourse de Paris perdant 0,14%, Francfort 0,08% et Milan 0,41%. Seule Londres prenait 0,24% vers 08H30 GMT.

    Les banques centrales scrutées

    « Le conflit au Moyen-Orient est au centre de l’attention alors que près des deux tiers des grandes banques centrales mondiales doivent annoncer leurs décisions de politique monétaire cette semaine », rappelle Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

    La décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) est attendue mercredi, suivie entre autres de celle de la Banque du Japon (BoJ), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Banque d’Angleterre (BoE) jeudi.

    Lire aussi | Les États-Unis et Israël lancent une attaque contre l’Iran [Vidéo]

    Les grandes banques centrales devront « se positionner face à la hausse du prix de l’énergie, probablement plus dans les mots que dans les décisions encore à ce stade mais les discours nous renseigneront certainement sur le timing des réactions potentielles », soulignent les analystes de Natixis.

    « Nous nous attendons à ce que la BCE, la BoE, la BoJ et la Fed adoptent un ton très prudent lors de leurs conférences de presse, en soulignant les risques pour la stabilité des prix et l’économie mondiale », poursuit Kathleen Brooks, rappelant que « la plupart des banquiers centraux n’ont jamais connu un choc inflationniste de cette ampleur au cours de leur carrière ».

    Challenge (Avec AFP)

    16 mars 2026 0 comments
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    Société

    Femmes et Islam: entre texte et contexte

    by Amine Messaoudi 15 mars 2026
    written by Amine Messaoudi

    Toute religion a une histoire. C’est aussi le cas de l’Islam dont le texte de base est le Coran, texte sacré. L’interprétation de ce texte est un acte humain à situer dans une réalité sociale concrète, évolutive, complexe et contradictoire. Cette interprétation peut être comme un oxygène qui donne vie au texte fondamental et permet aux communautés et aux individus musulmans de s’adapter de manière continue, d’innover et d’être créatifs, tout en étant respectueux des autres cultures. C’est notamment le cas de la place de la femme dans l’Islam.

    Après presque 15 siècles, l’Islam qui s’étend sur plusieurs continents, s’est enrichi grâce à la diversité des peuples et des cultures, à tel point qu’il est possible de parler d’islams au pluriel. Dans son âge d’or, l’Islam a contribué au développement des sciences et à la transmission de connaissances fondamentales dans plusieurs domaines, en particulier les mathématiques, l’astrologie, la médecine, la géographie (…).

    Il a aussi connu des dérives à travers des manipulations/instrumentations idéologiques qui n’ont rien à voir avec la lettre et l’esprit de départ, profondément humaniste, du «message reçu par le Prophète». C’est dire que les interprétations du texte sacré ne peuvent jamais être isolées de leur contexte socio-historique. Les rapports de pouvoir et les contradictions sociales sont à la base de ces interprétations.

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    C’est notamment le cas du statut de la femme qui varie dans le temps et dans l’espace, d’une formation sociale à une autre. Les causes des inégalités sociales en général, et celles entre hommes et femmes en particulier, sont à rechercher sur terre et non pas dans le ciel. L’interprétation du Coran qui consacre ces inégalités est de nature socioéconomique et politique. 

    Souâd Ayada (1), dans «Les Femmes, l’Amour et le Sacré», en s’appuyant sur les travaux de Louis Massignon, montre que Fatima, la fille du Prophète, a incarné la résistance de la pure foi contre les tendances politiques oppressives de la pratique religieuse. En effet, L. Massignon perçoit deux visions concurrentes de la femme et se réfère à Marie et Fatima pour illustrer un «universel toujours en gestation, à jamais insatisfait, de la Vérité et de la Justice» (S Ayada).

    En effet, si «Marie est la part obscure et résistante du christianisme, la figure qui conteste ses tiédeurs dogmatiques et ses arrangements avec l’ordre du monde (…)», l’expérience existentielle de Fatima, surtout après la mort de son Père, le Prophète, fut celle d’une rebelle malmenée par les membres dirigeants de la communauté attachés au pouvoir et à l’ordre établi (…).

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    Cette similitude de Marie et Fatima permet surtout de faire transparaitre le rôle historiquement invisibilisé de la femme, dans la gestation des valeurs humanistes qui transcendent les intérêts immédiats/du moment. La défense de ces intérêts, en puisant dans une argumentation religieuse, annonce déjà la fermeture des «portes de l’Ijtihad» (Ijtihad, effort d’interprétation et de compréhension positive des principes contenus dans le Coran, dans une optique d’ouverture, d’innovation et d’adaptation continue…).


    «Femmes invisibilisées»
    La date du «8 mars» évoque  la question de la femme dans le monde. L’histoire de cette date est intimement liée aux luttes et résistances des femmes pour accéder à des droits et à une participation citoyenne pleine et entière dans la vie publique. Au Maroc, nombreuses sont les femmes devenues médecins, ingénieures, enseignantes universitaires, ambassadrices, consules, parlementaires, ministres (…). Pour autant, la grande majorité des femmes demeurent, de fait, privées de leurs droits humains les plus élémentaires. C’est en particulier le cas des femmes vivant dans des zones enclavées, n’ayant aucune chance d’apprendre à lire et à écrire, condamnées à des tâches manuelles quotidiennes consistant à ramasser du bois sec, à puiser de l’eau, pétrir et cuire le pain, cuisiner, faire la lessive, nourrir les enfants, faire le ménage, alimenter bêtes et volailles (…). Tout cela, en commençant avant l’aube jusque tard dans la nuit.  C’est aussi le cas de ces femmes, ouvrières agricoles, saisonnières ou occasionnelles, sans protection sociale, travaillant dans les serres plus de dix heures par jour, sans compter les longues distances parcourues pour se rendre au lieu de travail et revenir chez elles, le soir, exténuées. Et, même si elles sont scolarisées et arrivent rarement à poursuivre leurs études, le chômage les attend souvent, beaucoup plus que les diplômés de sexe masculin. En effet, d’après les chiffres du HCP, le taux de chômage des femmes est de 19,4 à 20,5% contre un taux moyen général de 13%. Il en est de même du taux d’activité, plus révélateur, qui est inférieur à 20% pour les femmes, contre 68,5% pour les hommes. Certes, un premier pas a été fait pour protéger la dignité de ces femmes que l’on qualifiait, il y a quelques années « femmes mulets », chargées de transporter sur leur dos des marchandises de contrebande, au nord du Royaume, en échange d’une centaine de dirhams par trajet. Dans leur majorité, ces femmes perçoivent actuellement une aide sociale directe, insuffisante pour pouvoir faire face aux besoins fondamentaux. Mais beaucoup reste à faire, sur le plan structurel, en termes de renforcement quantitatif et qualitatif des infrastructures scolaires et de formation professionnelle, surtout dans les zones rurales et les régions enclavées, d’appui à la création des coopératives, de développement des transports publics, de protection des droits des travailleuses dans les lieux de travail où les conditions actuelles dans la plupart des entreprises, et dans tous les secteurs, sont propices aux accidents de travail, aux maladies professionnelles, au harcèlement sexuel et autres pratiques arbitraires et/ou humiliantes.

    Ainsi, lire le Coran et surtout ses anciennes interprétations «avec les yeux d’aujourd’hui» ne peut que mener à des perceptions erronées d’une réalité historique radicalement différente. La contextualisation historique de l’Islam est incontournable pour la compréhension du Texte fondateur. Dans sa traduction anglaise du Coran, «The Sublime Quran», Laleh Bakhtiar tente de déterminer si ce Texte est intrinsèquement patriarcal et androcentrique. L. Bakhtiar répond négativement. «La domination masculine a presque toujours été et reste bien souvent, hélas, une propriété endémique de la plupart des religions et des sociétés, qu’elles soient occidentales ou non, musulmanes ou non» (Leila Ahmed) (2). Néanmoins, dans le Coran, dans le verset 35 de la Sourate XXXIII, il est possible de lire :«Ceux et celles qui se soumettent, les croyants et les croyantes, les dévotieux et les dévotieuses, les hommes et les femmes de véridicité, de patience et de crainte…». Pour L. Ahmed, dans les textes religieux, c’est le seul exemple de rupture où l’homme et la femme sont évoqués côte à côte, en tant qu’êtres humains égaux devant faire face ensemble aux mêmes défis. Et d’insister sur les facteurs contextuels qui donnent un sens différent au contenu du Coran, selon les enjeux et les rapports de force. C’est notamment le cas du «voile», devenu «symbole», mais aussi une source de confusion et de déformation. En réalité, très souvent, le voile est utilisé pour voiler des réalités et des contradictions sociales, véritables causes des inégalités et des conflits sociaux. C’est «le voile qui voile». Pour L. Ahmed, «le voile peut être investi d’une multiplicité de significations. Selon le cas, il peut être signe de soumission de la femme, de foi profonde, de résistance à l’impérialisme occidental (surtout dans sa dimension culturelle) de loyauté à un héritage communautaire dont on est fier (…)». Pour les femmes musulmanes portant le voile dans un pays non musulman, ce qui apparait le plus dans leurs réponses, c’est ce besoin légitime d’exprimer un attachement à un référentiel culturel, à une différence, un «refus de fondre ou de se laisser diluer», dans une autre culture (in Le Monde des religions, novembre-décembre 2008, n°32). Cette résistance est souvent plus active que passive, basée sur une prise de conscience du droit à la différence. Asma Barlas (3), Professeur de sciences politiques, s’inscrit dans la même optique en déclarant que si les femmes sont opprimées dans le monde islamique, c’est le fait des hommes, pas de la religion. Par conséquent, la déconstruction des stéréotypes s’impose. Abordant la question du voile, elle rappelle la généalogie exacte de ce bout de tissu : «Je sais qu’il appartient aussi à l’histoire religieuse de l’Europe, puisque c’était une coutume juive et chrétienne».  A. Barlas relève quatre versets dans le Coran qui abordent ce sujet, sans pour autant parler de «hidjab». Mieux, «le port d’un voile intégral qui couvre le visage est absolument contraire à l’esprit du Coran ; j’en veux pour preuve que les femmes musulmanes doivent accomplir le hadj, le pèlerinage rituel, «à visage découvert». Et si les médias dominants en Europe accusent souvent l’Islam de soumettre ou d’opprimer les femmes, A. Barlas accuse plutôt les musulmans, «parce que les religions ne s’interprètent pas d’elles-mêmes, ce sont toujours des êtres humains qui le font» dans une réalité à scruter pour mieux comprendre les positions adoptées. Pour A. Barlas, «Toute compréhension du Coran dépend de trois choses : de qui elle émane, comment elle est élaborée et dans quel contexte ? La vraie question est la suivante : pourquoi les musulmans ont-ils toujours choisi l’interprétation la plus dure ? Pour y répondre, il faut examiner les relations entre histoire et herméneutique, entre connaissance et pouvoir, entre méthode et sens, entre texte et contexte». L’auteur de «Believing Women in Islam» (Femmes croyantes dans l’Islam, 2002) montre aussi comment les musulmans et les musulmanes peuvent défendre l’égalité des sexes, au sein même du cadre posé par les enseignements coraniques. Ce regard critique de la femme dans l’Islam n’est pas nouveau. Déjà, au début du 20ème siècle, Jamal Sidqi Al Zahawi avait osé dénoncer le port du voile, certes dans un contexte historique différent, en Iraq, comme étant une pratique qui n’a rien à voir avec le Texte fondateur de l’Islam, allant jusqu’à évoquer plusieurs méfaits de cette pratique sur l’individu et la société. C’est surtout le cas lorsqu’une manière de s’habiller est imposé à la femme par l’Etat dans une société musulmane. C’est le cas du Tchador en Iran, de la Burqa en Afghanistan ou du Niqab dans certains pays du Golfe persique. Mais, au-delà de cet aspect vestimentaire, ce qui est le plus contestable, c’est la privation de la femme de ses droits humains fondamentaux et de sa mise sous tutelle. Ainsi, Parvin Darabi (4), militante des droits des femmes, dénonce le traitement des femmes dans certains pays musulmans tels que l’Arabie Saoudite où elles «n’ont ni certificat de naissance ni carte d’identité en Arabie Saoudite», à moins que leur tuteur l’accepte. Mais la gravité réside surtout dans la privation du droit de vote aux élections, et donc la privation du statut de citoyenneté. Pour F. Mernissi, sociologue, et grand symbole du féminisme progressiste au Maroc, «Le prophète, dirigeant hostile aux hiérarchies, vivait une époque où les femmes avaient leur place, partenaires incontestées d’une révolution qui faisait de la mosquée un lieu ouvert, et du foyer un temple de contestation» (Le Harem politique, le Prophète et les Femmes», Albin Michel, 1987). A l’ère du numérique, où l’intelligence artificielle n’a pas de sexe, l’humanité de la femme et de l’homme ne peut être que source d’égalité et de respect réciproque.

    (1) Souâd Ayada : Agrégée et Docteur en philosophie, auteur de «Avicenne», Ellipses, 2002, et de «L’Islam des théophanies. Une religion à l’épreuve de l’art», CNRS Editions, 2010. Elle a participé à l’édition des «Ecrits mémorables» de Louis Massignon, Robert Laffont, 2009.

    (2) Leila Ahmed : Chercheuse égyptienne, professeur de Women’s studies in religion, (études sur les femmes dans la religion) à la Harvard Divinity School. Dans «Woman and gender in Islam» (la femme et le genre dans l’Islam, Yale University Press, 1992), elle développe une vision féministe de l’Islam, fermement opposée à l’instrumentalisation patriarcale qui en est faite depuis des siècles. 

    (3) Asma Barlas : Professeure de sciences politiques et directrice du Centre pour l’étude des cultures, races et ethnies à Ithaca College (New York). Dans ses œuvres récentes, comme «Re-understanding Islam» (Réenvisager l’Islam), Van Gorcum, 2008, elle déconstruit l’interprétation traditionnellement phallocentrique du Coran. 

    (4) Parvin Darabi : Ingénieur, militante  dans la défense des droits des femmes, elle a créé la Fondation Homa Darabi, en hommage à sa sœur qui s’est immolée avec le feu, en 1994, pour protester contre l’interdiction d’exercer son métier de médecin pédiatre, en Iran. Elle a notamment publié «Rage against the Veil» (Colère contre le voile, 1999, biographie de sa sœur), ainsi que de nombreux articles qui dénoncent la situation précaire des musulmanes. 

    15 mars 2026 0 comments
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    Automobile

    F1 : la guerre au Moyen-Orient bouleverse le calendrier

    by David Jérémie 14 mars 2026
    written by David Jérémie

    La Formule 1 est rattrapée par la géopolitique. La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a annoncé ce dimanche l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, prévus mi-avril. La décision, prise depuis Shanghai où se tenait le Grand Prix de Chine, intervient après plusieurs jours de rumeurs dans le paddock et confirme les inquiétudes liées au conflit qui secoue la région du Golfe.

    Ces deux rendez-vous, programmés du 10 au 12 avril à Sakhir et du 17 au 19 avril à Jeddah, attiraient chaque année des centaines de milliers de spectateurs et représentaient des enjeux économiques considérables. Selon des médias britanniques, le manque à gagner pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars. La FIA a précisé que ces courses ne seraient pas remplacées par d’autres épreuves en Europe ou ailleurs.

    «La sécurité et le bien-être de nos équipes resteront toujours notre priorité», a insisté Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA. L’Emirati a exprimé l’espoir d’un retour rapide à la stabilité, alors que Bahreïn et l’Arabie saoudite, alliés des États-Unis, sont régulièrement visés par des frappes de drones et de missiles en provenance d’Iran.

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    Cette annonce est intervenue à quelques heures du départ du Grand Prix de Chine, marqué par la domination de Mercedes. Le jeune Andrea Kimi Antonelli, 19 ans, est devenu le plus jeune poleman de l’histoire de la discipline, tandis que son coéquipier George Russell s’impose comme favori pour le titre après sa victoire en course sprint. Derrière eux, Ferrari et McLaren tentent de suivre le rythme, alors que Red Bull peine à retrouver son éclat des saisons précédentes. La saison 2026 comptera finalement 22 Grands Prix. Après Shanghai, la caravane de la F1 mettra le cap sur Suzuka au Japon fin mars, avant de rejoindre Miami début mai.

    14 mars 2026 0 comments
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    Entreprises & Marchés

    Idarati X.0: un nouveau puzzle dans la brique de l’administration en ligne 

    by A. Maïssour 14 mars 2026
    written by A. Maïssour

    Lancée en février 2026, le projet ‘’Idarati X.0’’, porté par le ministère de la Transition numérique, vise à rapprocher l’administration des citoyens en regroupant plusieurs services via l’identité numérique. Cette nouvelle architecture des services publics en ligne intègre les nouvelles technologies, telles le ‘’Privacy by design’’, le ‘’Security by design’’ et l’IA, pour une gestion interopérable et proactive.

    Dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique ‘’Maroc Digital 2030’’, le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration (MTNRA), avait initié depuis plusieurs mois, un projet de mise en place d’une plateforme qui devrait permettre aux citoyens d’effectuer la plupart de leurs démarches administratives via leurs smartphones. Objectif, réduire les déplacements physiques au minimum et simplifier les procédures administratives au maximum, dans l’espoir de rapprocher l’administration du citoyen. Cette démarche répond également aux recommandations formulées lors des Assises nationales de l’intelligence artificielle (IA), tenues à Rabat en juillet 2025, où experts, chercheurs et décideurs avaient insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire clair pour encadrer l’IA et la donnée publique.

    Ce chantier structurant a été initié par la proposition, en octobre 2025, d’une nouvelle loi-cadre baptisée ‘’Digital X.0’’, actuellement à l’examen au Secrétariat général du gouvernement. Une loi destinée à encadrer et structurer les usages de l’IA, la gouvernance des données, l’identité numérique et l’interopérabilité entre administrations et acteurs privés. Cette initiative marque une volonté claire de doter le Royaume d’un cadre juridique et stratégique cohérent, capable d’accompagner l’essor rapide des technologies émergentes tout en garantissant la sécurité, la transparence et la souveraineté des données nationales.

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    Le 9 février, la Ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni a officiellement lancé l’ambitieux chantier ‘’Idarati X.0’’, une méta-application qui vise une refonte en profondeur des services publics numériques et appelée surtout à devenir la porte d’entrée intelligente vers les services publics. Porté par ce ministère, en coordination avec la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), le projet ambitionne de structurer un véritable écosystème autour d’un ‘’Wallet numérique national’’. Cette brique centrale permettra aux citoyens d’accéder, via une interface unique, à plusieurs services administratifs en s’appuyant sur la Carte nationale d’identité électronique (CNIE) fournie par la DGSN. Concrètement, Idarati X.0 ne se limitera pas à rediriger l’usager vers différentes plateformes administratives, elle ambitionne de créer une architecture unifiée et intelligente, capable d’orchestrer les services publics autour d’une identité numérique robuste comme socle d’authentification.

    Conçu comme un outil évolutif, Idarati X.0 a pour ambition de dépasser une logique d’applications dispersées pour instaurer un point d’entrée unifié, capable de fluidifier les interactions entre citoyens et administration. Plus encore, Idarati X.0 est une application intelligente qui va être capable d’interagir et de dialoguer avec les citoyens. En plus de pouvoir mener ses démarches administratives quotidiennes via l’application, le citoyen pourra également stocker dans son portefeuille numérique ses cartes, ses attestations, ses documents officiels. Et pour les personnes non connectées ou peu portées sur le numérique, des guichets traditionnels resteront maintenus. 

    Le projet s’appuie sur les travaux menés en 2024 par la CNDP autour de la protection des données personnelles et du concept de ‘’Wallet numérique’’. Il adopte dès sa conception les principes de ‘’Privacy by Design’’ et de ‘’Security by Design’’, garantissant l’intégration native des exigences de protection des données. Dans cet esprit, le Président de la CNDP, Omar Seghrouchni, a rappelé que «La protection des données ne relevait pas uniquement d’un cadre réglementaire, mais reposait avant tout sur des choix d’architecture ». Il a notamment mis en avant la nécessité de limiter la centralisation des informations sensibles et de privilégier des mécanismes de cloisonnement destinés à réduire les risques en cas de cyberattaque. La séparation entre données d’authentification et données d’usage constitue, selon lui, «une garantie essentielle pour préserver la vie privée des citoyens et instaurer un climat de confiance autour des services numériques ». 

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    L’opérationnalisation du projet Idarati X.0 a été actée par la signature, le 10 février 2026 à Rabat, de huit conventions entre le MTNRA et la CNDP, d’une part, et plusieurs partenaires publics et entreprises technologiques, d’autre part. Il s’agit notamment du Ministère du Transport et de la Logistique, du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication soucieuse de promouvoir son ‘’Pass Jeunes’’ , de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ainsi que l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA).

    Trois entreprises spécialisées, SHAREID, iDAKTO et La Marocaine électronique des E-Services, ont également été associées à ce projet afin d’en accompagner le développement technique.«La signature de ces huit conventions est une étape qui consacre la mise en place d’un cadre de coopération associant régulateur, administrations sectorielles et partenaires technologiques autour d’une architecture commune », précisa la Ministre déléguée A.F. Seghrouchni. 

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    Avec le lancement de cette plateforme, l’administration marocaine franchit un nouveau cap après avoir déjà mis en ligne plus de 660 services via le portail national des démarches administratives. Pour la ministre déléguée « La transition numérique dépasse la simple digitalisation des procédures existantes. Elle implique une transformation en profondeur de la manière dont l’administration conçoit, délivre et gouverne les services publics».

    Idarati X.0 fait recours à des Technologies innovantes
    Au cœur du dispositif Idarati X.0 figure la notion de ‘’Wallet numérique’’ conçu comme un espace numérique sécurisé permettant au citoyen de stocker, gérer et partager ses données et justificatifs de manière contrôlée. Le projet repose sur deux principes méthodologiques structurants : ‘’Privacy by Design’’, qui intègre la protection des données dès la conception des systèmes, et ‘’Security by Design’’, garantissant un haut niveau de sécurité technique et organisationnelle dès l’architecture initiale.

    1- « Wallet numérique » : C’est une application sécurisée sur smartphone, tablette ou ordinateur qui dématérialise vos cartes bancaires, billets de transport, cartes de fidélité et pièces d’identité. Il permet de payer en ligne ou en magasin sans contact, sans utiliser de carte physique. 

    2- « Privacy by Design » : C’est une approche qui intègre la protection des données personnelles au cœur même du développement de produits, services ou systèmes, dès leur phase de conception et non comme un ajout tardif. Cette approche vise à garantir le plus haut niveau de confidentialité, de sécurité et de transparence pour les utilisateurs de manière proactive. La protection y est garantie tout au long du cycle de vie des données, de leur collecte à leur destruction. 

    3- Le « Security by design » : C’est une approche où la sécurité informatique est intégrée dès la phase initiale de conception d’un logiciel ou d’un système, plutôt que d’être ajoutée comme une couche après coup. Cette méthode vise à prévenir les vulnérabilités et à réduire les risques de failles.

    Deux innovations se détachent :
    • Identité numérique à identifiants sectoriels : Au lieu d’exposer tout le «sac de données» d’un citoyen à chaque interaction, l’accès est borné à ce qui est strictement nécessaire par secteur. Par exemple, le banquier n’a pas, par principe, à connaître l’historique médical, de même que la CNSS n’a pas à connaître la totalité des revenus du citoyen. 
     • Interopérabilité sous consentement traçable : L’architecture met en place des «demi-connexions» techniques où seules les données expressément autorisées circulent entre administrations et, demain, avec des acteurs privés dans des cadres précis. 

    14 mars 2026 0 comments
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    Entreprises & Marchés

    La dynamique entrepreneuriale marocaine face au défi de l’impact réel

    by Challenge 14 mars 2026
    written by Challenge

    Avec près de 110 000 entreprises créées en 2025, le Maroc confirme la vitalité de son tissu entrepreneurial. Les données de l’OMPIC illustrent un essor de l’initiative privée, une structuration accrue des sociétés et un intérêt croissant pour la propriété intellectuelle. Mais derrière ces performances, Driss El Allaoui (Financis) et Abdelilah Atid (Next Consulting), invités de l’émission Almoqawil sur MFM Radio, appellent à mesurer l’impact réel sur l’emploi et la création de richesse. 

    Les chiffres de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) pour l’année 2025 confirment une dynamique entrepreneuriale soutenue. Au total, 109 644 entreprises ont été créées, soit une progression d’environ 15 % par rapport à 2024.

    Pour de nombreux observateurs, cette performance traduit une transformation progressive des mentalités économiques au Maroc. L’entrepreneuriat apparaît de plus en plus comme une alternative crédible au salariat traditionnel, notamment auprès des jeunes diplômés et des porteurs de projets.

    Selon Driss El Allaoui, PDG de Financis et expert économique et financier, ces données témoignent d’« une dynamique globalement positive pour l’économie nationale ». Il estime que cette évolution reflète « une volonté croissante de se tourner vers l’initiative privée, plutôt que d’attendre des opportunités d’emploi classiques ».

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    Même constat pour Abdelilah Atid, DG de Next Consulting, consultant, expert media et professeur d’université, pour qui ces résultats constituent «un signal positif pour l’économie marocaine», révélant un changement progressif dans la culture entrepreneuriale du pays.

    Une économie plus structurée

    Au-delà du volume de créations, l’évolution de la forme juridique des entreprises constitue l’un des faits marquants de l’année 2025. Environ 78 000 entreprises ont été constituées sous forme de personnes morales, soit près de 71 % des nouvelles créations. Cette tendance tranche avec la structure traditionnelle du tissu économique marocain, historiquement dominé par les entreprises individuelles.

    Pour Driss El Allaoui, cette évolution traduit un tournant important dans la structuration de l’économie nationale. «Nous assistons à un basculement vers un tissu économique plus structuré, plus transparent et potentiellement plus créateur d’emplois durables », souligne le PDG de Financis.

    Une analyse partagée par Abdelilah Atid, qui y voit le signe d’une maturité croissante de l’écosystème entrepreneurial. «Nous évoluons vers une économie plus organisée, capable de générer de la valeur et de l’emploi de manière durable», estime le dirigeant de Next Consulting.

    Un rééquilibrage territorial en marche

    Autre enseignement majeur des statistiques de l’OMPIC : la dimension territoriale de la dynamique entrepreneuriale. Certaines régions connaissent une progression notable du nombre de créations d’entreprises.

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    La région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma figure parmi les territoires les plus dynamiques, tandis que l’Oriental enregistre également une progression significative. Pour les analystes, cette évolution pourrait refléter les premiers effets du nouveau pacte d’investissement, dont l’objectif est de renforcer l’attractivité économique des territoires en dehors des grands pôles traditionnels. Ce dispositif prévoit notamment des subventions pouvant atteindre 30 % du montant des investissements.

    Dans ce contexte, Driss El Allaoui estime que ces signaux pourraient annoncer un changement structurel important. «Si cette tendance se confirme, nous pourrons parler d’une véritable justice territoriale, avec à terme un impact positif sur la cohésion sociale», affirme-t-il.

    Marques et “Made in Morocco” : l’essor des actifs immatériels

    L’année 2025 se distingue également par une forte progression des dépôts de marques. Plus de 32 000 demandes ont été enregistrées, dont près de 68 % d’origine marocaine.

    Pour Abdelilah Atid, cet indicateur est particulièrement révélateur de la maturité croissante des entreprises marocaines. «Déposer une marque, c’est investir dans son image, dans sa crédibilité et dans son positionnement à long terme. C’est un acte stratégique», souligne-t-il.

    Dans la même logique, Driss El Allaoui insiste sur la dimension économique de la propriété intellectuelle. «Une marque n’est pas simplement un nom commercial. C’est un actif immatériel capable de générer de la valeur, de renforcer la compétitivité et de consolider l’image du “Made in Morocco” à l’international», explique-t-il.

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    Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la montée en puissance de plusieurs secteurs industriels non agricoles, notamment l’automobile et l’aéronautique. La présence renforcée de groupes internationaux tels que Safran, qui étend ses activités industrielles de haute précision au Maroc, illustre l’intégration progressive du Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.

    Innovation et brevets : un levier encore à consolider

    Sur le plan technologique, les demandes de brevets ont enregistré une progression modérée mais encourageante. Les entreprises marocaines représentent désormais environ 34 % des dépôts, un niveau jugé prometteur par plusieurs experts.

    Pour Abdelilah Atid, l’innovation constitue un facteur déterminant pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale. «On ne peut pas développer des secteurs stratégiques sans investissement massif dans la recherche et le développement. L’innovation est le véritable moteur de la compétitivité», affirme-t-il.

    Même son de cloche du côté de Driss El Allaoui, qui rappelle que l’intégration du Maroc dans les industries à forte valeur ajoutée dépendra largement de sa capacité à développer un écosystème d’innovation solide.

    Le véritable enjeu : mesurer l’impact économique

    Malgré ces indicateurs encourageants, plusieurs spécialistes appellent à une analyse plus approfondie de la dynamique entrepreneuriale.

    Pour Driss El Allaoui, la création d’entreprises ne doit pas être analysée uniquement à travers le prisme quantitatif. «La dynamique entrepreneuriale doit désormais prouver son impact réel sur l’emploi et la valeur ajoutée », insiste-t-il.

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    Il estime notamment nécessaire de comparer le nombre de créations d’entreprises avec celui des faillites enregistrées durant la même période, afin d’évaluer la contribution nette des nouvelles structures à l’économie.

    Dans le même esprit, Abdelilah Atid plaide pour une approche plus qualitative de l’analyse entrepreneuriale. «Créer plus de 109 000 entreprises est une performance, mais la question essentielle reste leur impact réel sur l’emploi et la valeur ajoutée», explique-t-il.

    Parmi les indicateurs à suivre de près figurent notamment le taux de survie des entreprises sur les cinq premières années, le nombre d’emplois effectivement créés et la capacité des nouvelles structures à compenser les pertes liées aux défaillances d’entreprises.

    Vers une nouvelle phase de la transformation économique

    Au final, les statistiques de 2025 confirment que le Maroc poursuit sa transformation vers une économie plus entrepreneuriale, plus structurée et plus attentive à la protection des actifs immatériels.

    Mais pour les experts, la prochaine étape sera décisive : il s’agira de passer d’une logique de volume à une logique de performance durable.

    Car, au-delà du nombre d’entreprises créées, c’est leur capacité à survivre, à innover et à générer de la richesse qui déterminera la solidité du tissu économique national et son rôle dans la croissance future du Royaume. 

    14 mars 2026 0 comments
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    Digital

    Hackathon Ramadan IA : l’innovation marocaine récompensée à Tanger

    by Challenge 14 mars 2026
    written by Challenge

    Le hackathon national «RamadanIA», dédié à l’intelligence artificielle, s’est achevé vendredi soir à Tanger en présence de la ministre de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni. Cette initiative, organisée dans les douze régions du Royaume durant le mois de Ramadan, avait pour objectif de stimuler l’innovation numérique, de valoriser les jeunes talents et de renforcer l’équité territoriale. 

    Dans son intervention, la ministre a rappelé que ce programme s’inscrit dans la stratégie «AI Made in Morocco» et la vision Morocco Digital 2030, qui visent à positionner le Maroc comme un pôle numérique continental. Elle a également souligné l’importance stratégique de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, notamment grâce au port Tanger Med, considéré comme une plateforme logistique majeure et un symbole de la convergence entre infrastructures modernes et transformation digitale. 

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    Trois projets ont été primés lors de cette étape finale. Le Grand Prix RamadanIA a été attribué à Ichara pour une solution traduisant le langage des signes en darija écrite. Le Prix Innovation et créativité est revenu à Brain avec Forsa IA, une plateforme facilitant l’accès aux offres d’emploi via WhatsApp. Enfin, le Prix Impact territorial et utilité publique a récompensé Chafafia pour un projet d’optimisation de la chaîne logistique dans le transport et le maritime.

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    A noter que les projets retenus bénéficieront d’un accompagnement comprenant incubation, encadrement et mise en relation avec des partenaires institutionnels et économiques, afin de favoriser leur maturation et leur intégration dans l’écosystème national de l’IA.

    14 mars 2026 0 comments
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