Challenge.ma
  • FIL INFO
    • L’essentiel
  • SECTEUR
    • SECTEUR
      • Tech – Numérique
      • Banques
      • Assurances
      • Bourse
      • Finance
      • Commerce
    • secteur
      • Distribution
      • Transport
      • Energie
      • Immobilier
      • Green business
      • Education
      • Enseignement
  • DÉCIDEURS
    • Ils font l’actu
    • Interview
    • Portrait
  • MAGAZINE
    • Scanner
    • Dossier
    • Entreprises & Marchés
    • Interview
    • Société
    • Sport
    • Culture
    • Agenda
  • AUTOMOBILE
  • POLITIQUE
  • MAROCAINES DU MONDE
  • TRIBUNES ET DÉBATS
  • ARCHIVES
    • Archives Challenge
Challenge.ma
Alertes
Argent et jetons de présence. Les étrangers résidents peuvent désormais les transférer sans tracas
Négoce international. Les opérateurs peuvent désormais payer jusqu’à 50% d’acomptes anticipés
Marchandises litigieuses. Ce qui change dans la procédure de transaction
Code des douanes et impôts indirects. Fin de la paperasserie avec la déclaration simplifiée électronique
La stabilité et la résilience du Maroc garants de la sécurité de l’Occident [Financial Times]
Séisme à Al Haouz. Comment faire de la région dévastée un modèle de régénération rurale
« Mohammed VI, un grand souverain » d’un « pays frère », dixit Nicolas Sarkozy dans son nouveau livre
Benkhadra : « pour optimiser les chances de découvertes pétrolières, il est crucial d’intensifier le forage »
Élection CGEM: le binôme Tazi-Bachiri dévoile son programme
L’ambassadeur El Ansari se réjouit de la qualité du partenariat avec la Chine
Attijari Payment transforme le smartphone en TPE
Le gouvernement dresse son bilan social
Justice internationale: une difficile gestation en cours
Réformes : comment l’UNICEF accélère la transformation des droits de l’enfant au Maroc
Décès d’Ali Fassi Fihri, premier directeur général de l’ONEE
Petits commerces: survie ou transformation face aux grandes enseignes?
Flambée du pétrole: Aramco améliore son bénéfice de plus de 25%
Bilan du Gouvernement: les cinq ans qui ont redessiné le Maroc 
  • FIL INFO
    • L’essentiel
  • SECTEUR
    • SECTEUR
      • Tech – Numérique
      • Banques
      • Assurances
      • Bourse
      • Finance
      • Commerce
    • secteur
      • Distribution
      • Transport
      • Energie
      • Immobilier
      • Green business
      • Education
      • Enseignement
  • DÉCIDEURS
    • Ils font l’actu
    • Interview
    • Portrait
  • MAGAZINE
    • Scanner
    • Dossier
    • Entreprises & Marchés
    • Interview
    • Société
    • Sport
    • Culture
    • Agenda
  • AUTOMOBILE
  • POLITIQUE
  • MAROCAINES DU MONDE
  • TRIBUNES ET DÉBATS
  • ARCHIVES
    • Archives Challenge
Challenge.ma
Challenge.ma
  • FIL INFO
    • L’essentiel
  • SECTEUR
    • SECTEUR
      • Tech – Numérique
      • Banques
      • Assurances
      • Bourse
      • Finance
      • Commerce
    • secteur
      • Distribution
      • Transport
      • Energie
      • Immobilier
      • Green business
      • Education
      • Enseignement
  • DÉCIDEURS
    • Ils font l’actu
    • Interview
    • Portrait
  • MAGAZINE
    • Scanner
    • Dossier
    • Entreprises & Marchés
    • Interview
    • Société
    • Sport
    • Culture
    • Agenda
  • AUTOMOBILE
  • POLITIQUE
  • MAROCAINES DU MONDE
  • TRIBUNES ET DÉBATS
  • ARCHIVES
    • Archives Challenge
58, av des FAR - Tours des Habous 14ème étage Casablanca - Maroc
  • +212 5 22 54 81 53 à 57
  • +212 5 22 30 97 07
  • contact@newpublicity.ma
  • Pêche

    Les débarquements en Méditerranée augmentent de 7% en 2025

    by Challenge avec MAP 12 janvier 2026
    written by Challenge avec MAP

    Les débarquements de la pêche côtière et artisanale au niveau des ports situés sur la Méditerranée ont atteint 15.069 tonnes (T) en 2025, en hausse de 7% par rapport à une année auparavant, selon l’Office national des pêches (ONP).

    En valeur, ces débarquements sont en hausse de 3% à plus de 651,15 millions de dirhams (MDH) à fin décembre 2025, par rapport à l’année précédente (633,49 MDH), a précisé l’ONP dans son dernier rapport sur les statistiques de la pêche côtière et artisanale au Maroc.

    Par espèce, les quantités de poissons pélagiques débarquées dans ces ports, situés sur la côte de Tanger à Saïdia, ont stagné à 5.272 T en 2025, pour une valeur estimée à plus de 128,33 MDH (-1%), contre plus de 129,38 MDH / 5.291 T en 2024.

    Lire aussi | La pêche au poulpe reprend ses droits, amélioration des stocks

    Les débarquements de poissons blancs ont, quant à eux, atteint 3.006 T en 2025 (+21%), pour une valeur de plus de 109,35 MDH (+7%), contre plus de 102,26 MDH / 2.476 T en glissement annuel.

    Concernant les débarquements des céphalopodes, ils ont reculé de 6% à 4.518 T pour des recettes de plus de 309,84 MDH (+2%), tandis que pour les crustacés, les débarquements ont régressé de 9% à 1.299 T, générant des revenus de 96,08 MDH.

    Quant aux débarquements des coquillages, ils ont progressé de 1.898% à 899 tonnes pour des recettes de 6,06 MDH, contre 478.000 dirhams/ 45 T une année auparavant, tandis que pour les algues, les débarquements ont augmenté de 25% à 74 T, contre 59 T.

    Lire aussi | Le Maroc et la Russie concluent un accord de pêche de quatre ans

    Au niveau national, les débarquements des produits commercialisés de la pêche côtière et artisanale ont atteint 1.132.801 tonnes au titre de l’année 2025, en baisse de 15% par rapport à 2024. En valeur, ces débarquements ont reculé de 4% à plus de 10,11 milliards de dirhams.

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Monnaie

    Les billets de banque retirés de la circulation [IMAGES]

    by Challenge 12 janvier 2026
    written by Challenge

    En vertu du décret n° 2.25.966 du 23 décembre 2025, il a été décidé de procéder, à compter du 1er janvier 2026, au retrait de la circulation de certains billets de banque, annonce Bank Al-Maghrib (BAM).

    Sont concernés les billets de 10, 50, 100 et 200 dirhams émis en 1987; les billets de 10 dirhams émis en 1990 et les billets de 20 dirhams émis en 1996. Ces types de billets cesseront d’avoir cours légal et pouvoir libératoire à partir du 1er janvier 2026.

    Les personnes qui détiennent ces billets sont invitées à les échanger, sans condition, auprès des guichets de BAM et des guichets des établissements bancaires et ce, du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2030.

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Tribune et Débats

    Vous avez dit malédiction pétrolière ?  [Par Pr Ahmed Azirar*]

    by Challenge 12 janvier 2026
    written by Challenge

    Coups d’État, guerres, assassinats politiques, divisions territoriales… Derrière la « malédiction pétrolière », Pr Ahmed Azirar décrypte un basculement géopolitique plus profond. Selon l’économiste, le monde hérité de l’après-Seconde Guerre mondiale s’effondre au profit d’un nouvel ordre fondé sur la force, les sphères d’influence et la prédation, où la cohésion interne des États devient l’ultime rempart.

    À cause du pétrole, Mossadegh, le Premier ministre du Shah iranien, a été écarté et est mort en 1953. Le roi Fayçal a été assassiné en 1975 pour avoir décrété la guerre du pétrole. Le Soudan est divisé, son pétrole donné au Sud, et laissé en pâture à des intérêts subrégionaux.

    L’Iran ne compte plus les attaques contre son territoire et ses dirigeants, lui qui manœuvrait loin de son pays par groupes armés et idéologues interposés. Il semble faire le dos rond en attendant la foudre annoncée. Les ayatollahs gèrent leur souci urgent : le tumulte social interne grandissant.

    Kadhafi, trucidé malgré l’argent distribué ici et là, a laissé la Libye déboussolée, en scission qui ne dit pas son nom, avec la manne pétrolière gardée dans la partie Est du pays.

    Saddam, que la guerre contre l’Iran n’a pas débarqué, est tombé dans le piège koweïtien pour être exécuté le jour de l’Aïd Al-Adha.

    Maduro est capturé comme un malfrat, lui l’ex-chauffeur de bus qui a réussi à s’asseoir sur la plus grande réserve mondiale d’or noir… de la malédiction. Il a beau crier qu’il voulait tout céder à Trump, rien n’a servi. Le jeu stratégique dépasse son pays et son pétrole.

    La question n’est plus de savoir si les énergies fossiles sont menacées ou pas. Elles ont du temps devant elles.

    C’est plutôt l’ordre mondial de la Seconde Guerre mondiale qui est bel et bien enterré.

    Se construit sur ses décombres un nouvel « ordre » basé sur la force extrême et la prédation, guidées par une renaissance de l’impérialisme et une nouvelle division du monde.

    Un « Caracas deal », dira-t-on, remplace Yalta. Observons ! Les États-Unis et la Chine n’ont pas franchement condamné l’invasion russe de l’Ukraine. Ils l’ont de fait approuvée. Pour la même raison. Trump veut extraire la Russie du flanc chinois et la Chine ne veut surtout pas pousser la Russie sous l’emprise américaine. Idem pour l’invasion du Venezuela et la capture de son ex-président.

    Quant à Gaza, l’entente était parfaite. Ni l’Europe, spectatrice engagée, ni la Chine, ni naturellement la Russie n’ont concrètement réagi. Autant pour Gaza que pour Maduro. Des murmures quasi inaudibles.

    Le deal factuel d’intérêts américano-sino-russe semble se préciser. Les États-Unis appliqueront sans heurts leur « Donroe » (Monroe actualisée). L’hémisphère Sud est remis sous leur coupe, y compris le Brésil et le Mexique, dont la réaction est néanmoins attendue. L’Afrique atlantique aussi. Quant à la Chine, elle continuera pour le moment à travailler pour récupérer « son » Taïwan, et la Russie aura son hinterland en Ukraine. L’Europe, vieillissante et mal gouvernée, est laissée à ses problèmes, et les pays du Sud également.

    Ce n’est donc pas le lourd pétrole vénézuélien, même abondant, qui a fait agir Trump en priorité. Quoique ! C’est la définition de la sphère d’influence américaine élargie qui est en marche. Avec, bien entendu, la Chine en cible stratégique. Chine qui n’en est pas moins consciente. Sa « silk method » d’action, à la Sun Tzu, est différente. Elle laisse faire tout en œuvrant méthodiquement à reconstruire son standing d’empire millénaire qu’elle était.

    Cela étant dit, le mouvement tectonique accéléré par Trump ne s’arrêtera certainement pas : Iran, Panama, Colombie, Groenland (sous OTAN !), et même l’Europe dans le viseur… Mais en tectonique, un mouvement en cause toujours d’autres qui peuvent être plus violents, incontrôlables et destructeurs.

    L’ONU, l’intégrité des frontières, le multilatéralisme, la mondialisation heureuse, et même la démocratie… sont tous bafoués pour le moment.

    En bref, c’est la solide cohésion intérieure de chaque pays qui reste la condition sine qua non pour dissuader les convoitises étrangères.

    Universitaires, la géopolitique classique est morte. La nouvelle est à imaginer. L’intelligence artificielle, pardon, l’intelligence humaine, restera le facteur décisif.

    * Pr Ahmed Azirar, Économiste, fondateur du Cercle de l’Économie d’Entreprise du Maroc (CEREM)

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Tribune

    IA Cryptée, un frère ingénieux et une idée de la descendance: «Dans la tête de Pavel Dourov» [Par Charaf Louhmadi]

    by Charaf Louhmadi 12 janvier 2026
    written by Charaf Louhmadi

    Telegram: l’histoire d’un succès controversé

    Initialement lancée en 2013 par Pavel Dourov après avoir quitté la Russie, la messagerie chiffrée Telegram est aujourd’hui un acteur majeur du numérique. L’application revendique plus de 800 millions d’utilisateurs mensuels à l’échelle mondiale, elle est donc l’une des plateformes de messagerie les plus utilisées à travers le monde.

    Dourov, souvent décrit comme un fervent défenseur de la liberté d’expression, a bâti la réputation de son application d’une part sur la stricte confidentialité des échanges et d’autre part sur l’absence de censure. Cette stratégie purement libertaire a séduit de nombreux utilisateurs et accéléré le succès de Telegram.

    A contrario, ce succès fulgurant est accompagné de lourdes polémiques. Le refus de compromettre le chiffrement des contenus, Telegram s’est heurté à la fronde de plusieurs Etats. En Russie, le pays d’origine et de naissance de Dourov, la justice a ordonné en 2018 le blocage de l’application après le refus de Pavel Durov de coopérer avec les services de renseignement.

    Plus récemment, Pavel Dourov a été mis en examen en 2024 en Europe pour son manque de coopération dans des enquêtes criminelles. Telegram est accusée d’avoir servi à diffuser des contenus illégaux et de refuser de coopérer avec les autorités en vue de neutraliser les nombreux criminels qui utilisent la plateforme à des fins illégales. 

    L’entrepreneur à succès est donc une figure clivante, à la fois un héros courageux et libertaire pour certains, et un entrepreneur irresponsable abritant des activités illicites sur son réseau pour d’autres.

    Nikolaï Durov, le génie mathématique de l’ombre

    Si Pavel Durov incarne publiquement Telegram, l’homme de l’ombre qui a rendu possible cette prouesse technologique exceptionnelle n’est autre que son frère aîné, Nikolaï Durov.

    Co-fondateur et CTO de Telegram, Nikolaï est mathématicien, informaticien et cryptologue de très haut vol, titulaire de deux doctorats en mathématiques et médaillé aux olympiades internationales de mathématiques. Nikolaï Dourov est le principal architecte de l’infrastructure technique des protocoles (MTProto ) de la messagerie et c’est lui qui a développé le système de chiffrement garantissant la sécurité de Telegram et les algorithmes permettant d’acheminer les messages chiffrés de bout en bout. De son côté, Pavel s’est concentré sur les levées de fonds, la stratégie de l’entreprise et l’interface utilisateur. Les deux frères forment ipso facto un duo complémentaire mais la vraie matière grise n’est autre que Nikolaï.

    Cocoon : l’IA décentralisée et chiffrée de Pavel Durov

    Pavel Dourov s’attaque désormais à un nouveau défi de taille : l’intelligence artificielle confidentielle. Fin 2025, Dourov a officialisé le lancement d’un projet titanesque dénommé Cocoon (Confidential Compute Open Network), présenté comme un réseau d’IA décentralisé permettant une confidentialité absolue des requêtes utilisateurs.

    L’objectif de Dourov est de casser la prépondérance des titans du cloud et ce en offrant une alternative strictement respectueuse de la vie privée. Son projet s’appuie sur la blockchain TON (The Open Network) développée par Telegram.

    Concrètement, Cocoon fonctionne comme une place de marché décentralisée pour les calculs d’IA. D’un côté, des propriétaires de GPU peuvent louer leur puissance de calcul inutilisée en contrepartie d’une rémunération en Toncoin, la cryptomonnaie native de TON. De l’autre, les utilisateurs ou développeurs soumettent des requêtes d’IA (à titre d’exemple : interroger un chatbot sophistiqué) qui seront traitées par ces machines réparties à travers le monde. Le tout se déroule en esquivant des centres de données centralisés : Ainsi, plus besoin d’intermédiaires comme AWS ou Azure, P.Dourov propose à la fois des économies d’échelle et une protection maximale des données personnelles et donc une garantie de confidentialité et c’est là où réside la véritable innovation. Les technologies de calcul seront censées chiffrer intégralement les données durant le traitement les rendant inaccessibles même aux opérateurs des machines qui implémentent les calculs. Les requêtes des utilisateurs, et c’est le but ultime de l’approche, resteraient strictement cryptées de bout en bout.

    Pavel Dourov mise sur les convaincus de la décentralisation (qui ont par ailleurs massivement opté pour les crypto-actifs et la blockchain au sens large) et espère faire aboutir ce projet en ralliant suffisamment de propriétaires de GPU (désormais denses dans les Data centers) et de développeurs. 

    Descendance hors du commun : le milliardaire aux 100 enfants

    En parallèle de ses aventures entrepreneuriales audacieuses, Pavel Durov bâtit un projet personnel très particulier : assurer sa descendance à grande échelle. Celui qu’on surnomme désormais le « milliardaire russe aux 100 enfants » a entrepris de « diffuser » et « transmettre » ses gènes à très large échelle.

    Le fondateur de Telegram serait déjà à 41 ans le père biologique de plus d’une centaine d’enfants nés grâce à ses dons de sperme, et il ne compte pas s’arrêter là.

    Pavel Durov pèse plus de 17 milliards de dollars selon Forbes et affirme que chacun de ses descendants biologiques devrait recevoir une part de son héritage, dans tous les sens du terme. Il a par ailleurs publiquement assuré que tous ses enfants hériteraient chacun de parts égales de sa fortune.

    Qu’il s’agisse de pousser les limites technologiques et libertaires avec une IA cryptée ou de répandre ses gènes aux quatre coins de la planète, Pavel Dourov ne cesse de surprendre, d’innover et pour ses détracteurs de provoquer.

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Tourisme

    « Maroc, Terre de Lumière » illumine le Stade Prince Moulay Abdellah [Vidéo]

    by Challenge 12 janvier 2026
    written by Challenge

    Le spot de la campagne internationale « Maroc, Terre de Lumière » de l’ONMT est diffusé sur l’écran extérieur monumental du Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, l’une des enceintes sportives les plus emblématiques du Royaume et une vitrine urbaine de tout premier plan qui contribue au rayonnement du Maroc.

    Cette projection offre une visibilité exceptionnelle aux images du Maroc. Des milliers de supporters, visiteurs et habitants, ainsi que les publics internationaux présents à Rabat lors des grands rendez-vous sportifs, découvrent une destination moderne, inspirante et accueillante. Cette exposition transforme l’espace public en véritable vitrine de la marque Maroc, au cœur d’un lieu chargé d’émotion collective et de rassemblement.

    En investissant la façade extérieure du Stade Prince Moulay Abdellah, l’ONMT affirme une approche innovante de la communication touristique, en phase avec les grandes infrastructures du pays et les événements à forte portée médiatique.

    Lire aussi | L’ONMT organise une série d’actions en marge de la CAN-2025

    Conçue et réalisée par Lamalif Group, référence marocaine en matière d’éclairage architectural et de solutions urbaines innovantes, la façade extérieure du stade se déploie comme une surface média lumineuse de grande ampleur. Grâce à une technologie LED intégrée à l’architecture du bâtiment, le stade devient un signal visuel fort, visible de loin et parfaitement intégré au paysage urbain de la capitale.

    Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre la Fédération Royale Marocaine de Football et l’Office National Marocain du Tourisme, qui œuvrent conjointement à faire du sport un levier puissant de promotion du Royaume. En associant l’univers du football à la valorisation touristique, ce partenariat renforce l’attractivité du Maroc auprès des publics nationaux et internationaux.

    À travers cette action, le Maroc porté par les exploits exceptionnels des Lions de l’Atlas, projette une image forte, contemporaine et hospitalière. Une image portée par la lumière, le sport et l’émotion partagée, qui accompagne le pays dans sa dynamique de visibilité internationale et de préparation aux grands rendez-vous à venir.

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Tribune et Débats

    Professeur Edward E. Barbey: «notre société moderne est implacablement en proie à un vide existentiel»

    by Challenge 12 janvier 2026
    written by Challenge

    La société contemporaine semble s’éloigner d’une trajectoire fondée sur le bon sens et la cohérence, laissant apparaître une perte de repères préoccupante. Ce vide existentiel, qui touche à la fois les individus et les structures collectives, interroge sur les dynamiques sociétales en cours. Dans ce contexte, l’intelligence artificielle (IA) occupe une place centrale. En effet, ses avancées ouvrent des perspectives inédites, mais soulèvent également des risques majeurs qu’il convient d’analyser avec lucidité. 

    La cause profonde du vide existentiel qui traverse notre société semble aujourd’hui évidente. Depuis près de vingt-cinq ans, les avancées technologiques ont connu une accélération spectaculaire, portées notamment par l’essor de l’IA. Or, dans le même temps, les progrès en matière de santé mentale sont restés largement en retrait, comme figés au sol. Ce décalage est d’autant plus préoccupant que les besoins dans ce domaine ne cessent de croître. Selon les rapports publiés en 2025, plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent avec des troubles de santé mentale, dont la dépression et l’anxiété. L’OMS estime qu’environ 285 millions de personnes souffrent de dépression à l’échelle mondiale, et près de 450 millions de personnes sont concernées par de nombreuses formes d’addiction. Des chiffres, vous en conviendrez, qui parlent d’eux-mêmes. 

    Cette réalité apparaît d’autant plus frappante aujourd’hui, à l’heure où les frontières de la connaissance s’étendent bien au-delà de notre seul cerveau pour explorer le fonctionnement global du corps humain et, plus largement, son interaction avec l’univers dans son ensemble. Bien entendu, le cerveau demeure au cœur de cette exploration «neuroscience». En effet, il abrite une véritable galaxie : environ 86 milliards de neurones, autant de cellules gliales, et près de 850 billions de connexions synaptiques. Une complexité fascinante qui confère à la neuroscience une puissance d’attraction naturelle, tant sur le plan scientifique que philosophique. Au-delà de la science officielle, cette quête renvoie à un enjeu plus vaste : le vide existentiel qui traverse notre société. Pour y faire face, il devient crucial de relier neurosciences et spiritualité, cette dernière représentant un besoin fondamental et universel trop souvent ignoré. De cette rencontre pourraient naître des réponses pertinentes aux défis de notre époque.

    Lire aussi | Aziz Akhannouch renonce à un troisième mandat à la tête du RNI

    Selon Carl Gustav Jung, psychiatre et psychanalyste suisse et pionnier de la psychologie analytique, connu notamment pour avoir développé les concepts d’«inconscient collectif» et d’«archétypes», l’inconscient n’est pas seulement un espace de refoulement, il est aussi porteur de messages. Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, a quant à lui démontré que l’être humain possède un inconscient individuel, dont le refoulement peut provoquer des troubles comme la névrose. Viktor Frankl, neurologue et psychiatre autrichien, a pour sa part élargi cette vision en introduisant un troisième niveau, à savoir l’inconscient spirituel, lié à la culture et au besoin de sens. Selon lui, son refoulement conduit à une «névrose noogénique», une souffrance née de la perte de sens ou de la frustration existentielle. Le «vide existentiel» en est justement le premier symptôme, pouvant mener à la dépression, aux addictions ou à la violence. Cette réflexion, bien qu’historique, trouve un écho puissant dans notre société actuelle, elle aussi marquée par un profond manque de liens et de sens.

    Un vide existentiel persistant

    Malgré les avancées technologiques, l’hypermodernité et la surconsommation, notre société demeure prisonnière d’un mal profond : un vide existentiel qui persiste depuis près de huit décennies. Les médias et les réseaux sociaux, censés éveiller les consciences, diffusent au contraire des contenus qui accentuent ce malaise. S’y ajoutent des phénomènes tels que la «smartphomanie» (dépendance au smartphone) et «l’infobésité» (surcharge informationnelle), révélateurs d’une société saturée, mais toujours en quête de sens et de véritables liens. Ce vide existentiel, que Viktor Frankl qualifie de «névrose noogénique», se traduit par quatre conséquences majeures : frustration, dépression, dépendance et violence. Ces troubles ne sont pas nouveaux, mais leur persistance soulève une interrogation : combien de temps notre société pourra-t-elle continuer ainsi sans se réinventer ? Face à cette impasse, une question centrale émerge : l’intelligence artificielle peut-elle contribuer à mieux comprendre, voire à dépasser ce vide existentiel, ou risque-t-elle au contraire de l’amplifier ?

    L’IA : avenir ou fin de l’humanité ?

    Pour comprendre l’IA, il faut d’abord préciser le sens du mot «intelligence». Dans son usage non humain, il désigne surtout la collecte et le traitement d’informations, comme l’illustre Alan Turing qui, dès 1950, imaginait des machines capables de simuler l’intelligence humaine. Mais un malentendu demeure : l’IA n’est pas «intelligente» au sens humain. Elle ne ressent rien, car elle est dépourvue de ressenti, cette faculté d’éprouver émotions et conscience de soi. D’où l’importance de distinguer l’homo sapiens (l’homme qui pense) de l’homo sentiens (l’homme qui ressent), selon Max Tegmark.

    Lire aussi | Décès de Hassan Ouriagli : le monde économique marocain perd une figure majeure

    L’intelligence artificielle demeure avant tout une interface algorithmique entre la technologie et le cerveau humain. Si elle gagne en autonomie dans ses processus, elle reste, encore aujourd’hui, dépendante des décisions humaines. Elle peut être un allié précieux, notamment en médecine, mais aussi un risque majeur lorsqu’elle est mal utilisée. Le véritable problème réside dans notre manque de discernement : nous peinons à distinguer l’utile du nocif. Et si, demain, l’IA développait une forme d’intelligence réelle, serions-nous prêts à en assumer les conséquences ? Depuis des années, des voix alertent sur ces dangers. A titre d’exemple, Stephen Hawking, dès 2014, évoquait le risque que l’IA dépasse l’humanité. En 2025, Geoffrey Hinton, pionnier de l’IA moderne, a lui aussi mis en garde contre ses dérives, notamment avec les modèles de dernière génération. 

    Nous sommes à un tournant : soit l’IA nous remplace, avec la menace d’une extinction, soit nous instaurons une coexistence maîtrisée. Cela suppose un cadre mondial, inspiré des institutions qui régulent déjà des secteurs sensibles, pour encadrer les technologies intelligentes. Si Dieu est le créateur de l’humanité, alors l’humanité est celle du IIIe millénaire, créatrice de l’IA. Mais cette création tend à nous échapper. Si le vide existentiel et l’inconscience spirituelle persistent, notre civilisation pourrait ne pas dépasser les prochaines décennies. L’IA sera-t-elle l’avenir ou la fin de l’humanité ? La réponse dépend de notre sagesse collective. Comme le rappelait Marc Aurèle : «donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence».

    Bio express 
    Le Professeur Edward E. Barbey, Chercheur en Neuroscience Opérationnelle et Expert international en Facteurs Humains, intervient auprès d’organisations et d’institutions de premier plan à l’échelle internationale. En Suisse, il collabore avec le laboratoire de neurophysiologie appliquée de l’Université de Fribourg. En France, il intervient auprès de l’APNA (Air France) ainsi que la SNCF. Au Maroc, après avoir dirigé pendant dix ans le département Facteurs Humains-CRM de Royal Air Maroc, il dirige aujourd’hui le programme de Neuro-management au sein de l’École Hassania des Travaux Publics (EHTP), dédié à la gouvernance et au leadership. Il contribue également aux activités du Centre International Mohammed VI de la Simulation en Sciences et Santé (CIM6S).

    12 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Politique

    Aziz Akhannouch renonce à un troisième mandat à la tête du RNI

    by Challenge 11 janvier 2026
    written by Challenge

    Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a décidé de ne pas briguer un troisième mandat à la tête du Parti du Rassemblement national des indépendants (RNI). Son successeur sera connu lors du prochain congrès extraordinaire prévu le 7 février à El Jadida.

    «J’ai consacré dix ans de ma vie au parti et il est temps de passer le relais aux membres, malgré leur attachement à moi. Je les ai convaincus de la nécessité de promouvoir une image positive de la démocratie au sein du Rassemblement national des indépendants», a déclaré M. Akhannouch à nos confrères de Hespress.

    Et d’ajouter: «Il est temps de donner à d’autres l’opportunité de diriger le parti et ils doivent maintenant choisir qui dirigera notre formation politique».

    Lire aussi | Décès de Hassan Ouriagli : le monde économique marocain perd une figure majeure

    Aziz Akhannouch a annoncé cette importante décision à l’occasion de la session ordinaire du Conseil national du RNI, tenu samedi 10 janvier 2025 à Raba, arguant qu’il «ne veut pas s’éterniser à la tête du parti».

    Au cours de cette même réunion, il a exclu tout amendement du règlement intérieur du parti, qui prévoit seulement deux mandats à la présidence, estimant que «la démocratie a besoin de sang neuf pour renforcer la confiance des électeurs et rompre avec les pratiques des dirigeants éternels».

    Selon Hespress, des membres du bureau politique ont tenté de l’en dissuader, mais le chef du parti a insisté qu’il tient à honorer cet engagement et que sa décision est définitive.

    11 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Habitat

    Immobilier: l’impasse des logements vides

    by Wafaa Mellouk 11 janvier 2026
    written by Wafaa Mellouk

    Avec près de 2,4 millions de logements urbains inoccupés ou utilisés comme résidences secondaires, soit près de 30 % du parc urbain, le Maroc fait face à un paradoxe immobilier de plus en plus criant. Alors même que le déficit en logements demeure supérieur à 330 000 unités et que des centaines de milliers de ménages vivent en situation de cohabitation subie, l’offre produite continue de peiner à répondre aux besoins réels de solvabilité et d’usage. Pour Nawfal Bellakhdar, co-fondateur d’Akare.ma, société spécialisée dans la gestion immobilière, cette situation est le fruit d’une inadéquation structurelle ancienne entre production, pouvoir d’achat et cadre réglementaire, aggravée par une logique d’investissement patrimonial peu incitative à la mise sur le marché.

    Les derniers chiffres du Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirment une tendance lourde : la croissance du parc immobilier urbain ne s’est pas traduite par une amélioration proportionnelle de l’accès au logement. Au contraire, la montée en puissance des logements vacants et des résidences secondaires souligne un déséquilibre profond entre l’offre immobilière produite et la demande effective des ménages marocains.

    Pour Nawfal Bellakhdar, cette rupture n’est ni nouvelle ni conjoncturelle. Elle s’inscrit dans la structure même du marché immobilier national. « Force est de constater qu’au Maroc, nous avons toujours eu cette inadéquation entre l’offre et la demande dans le marché national de l’immobilier », observe-t-il. Il explique que, du côté de la production, les promoteurs se concentrent historiquement sur des segments précis : «D’un côté, les promoteurs immobiliers produisant de l’immobilier neuf s’attaquent aux programmes immobiliers présentant des avantages fiscaux – typiquement le logement social – ou présentant une demande naturelle, comme les lots de terrain pour maison marocaine R+2 et R+3. D’autres s’attaquent à une niche assez aisée et dotée des capacités financières lui permettant d’acheter des biens haut-standing.»

    Lire aussi | Décès de Hassan Ouriagli : le monde économique marocain perd une figure majeure

    En face, la demande réelle peine à suivre. « Les potentiels acquéreurs imaginent leur bien de rêve mais sont rapidement confrontés à la réalité du pouvoir d’achat et de la capacité d’endettement dès qu’ils souhaitent passer à l’acte», souligne le co-fondateur d’Akare.ma. Faute de produits correspondant à leurs besoins et à leurs moyens, nombre de ménages « finissent par reporter ou annuler leur achat ». Ce décalage est tout aussi visible sur le marché de la seconde main, où « les prix proposés par les propriétaires de biens résidentiels sont nettement supérieurs à la valeur marché, et donc inaccessibles aux potentiels acquéreurs, surtout si le prix de la seconde main sur certaines zones s’approche de celui du neuf ».

    Ce déséquilibre est accentué par l’essor spectaculaire des résidences secondaires, dont le nombre est passé de moins de 200 000 en 2004 à plus de 1,29 million en 2024. Pour Nawfal Bellakhdar, cette évolution s’explique avant tout par la place centrale de l’immobilier dans les stratégies patrimoniales des ménages. Il rappelle que « l’investissement le moins risqué reste l’investissement dans la pierre », l’immobilier demeurant une valeur refuge historique. Le résidentiel concentre ainsi l’essentiel de la production et des transactions, représentant près du double des transactions foncières et dix fois celles de l’immobilier professionnel, selon les données de l’IPAI. « Les primo-investisseurs s’attaquent dans 90 % des cas au résidentiel – studios et appartements – ce qui constitue un stock important de biens résidentiels secondaires sur le marché », précise-t-il.

    Acela, s’ajoutent certains effets indirects des politiques publiques elles-mêmes. Des programmes comme le logement économique, initialement conçus pour répondre aux besoins des ménages à revenus limités, peuvent devenir des logements secondaires une fois le délai légal d’occupation respecté et la situation financière de l’acquéreur améliorée. « L’acquéreur peut alors emménager vers un logement meilleur, laissant son premier bien hors du marché locatif ou occupé de manière intermittente », explique Nawfal Bellakhdar.

    Lire aussi | Casablanca : le nouveau terminal de croisières confirme son rôle stratégique

    La question de la vacance immobilière va toutefois au-delà du seul résidentiel. Elle touche également les locaux commerciaux et parfois même les bureaux. Selon le co-fondateur d’Akare.ma, cette vacance est intimement liée au rapport des Marocains à la location. « Certains propriétaires ont vécu des expériences tellement décevantes qu’ils n’ont plus qu’un souhait : fermer leur bien à clé et attendre une plus-value future ou le conserver comme héritage», confie-t-il. Un comportement largement alimenté par un cadre juridique jugé déséquilibré. « Le fait que la loi sur le bail au Maroc soit en faveur du locataire et protège très peu les intérêts du propriétaire constitue la principale raison de la vacance des biens », tranche-t-il.

    Cette situation pèse particulièrement sur un segment aujourd’hui largement sous-offert : celui du moyen standing. Nawfal Bellakhdar le définit clairement : «Dans les grandes métropoles, il s’agit de logements compris entre 450 000 et 700 000 dirhams, et dans les petites villes, en dessous de 450 000 dirhams.» Or, lorsque ce produit existe, il est souvent localisé dans des zones « manquant d’accessibilité, d’équipements et de transports publics », limitant son attractivité pour les ménages.

    La concentration géographique de la vacance dans les grands pôles économiques et littoraux – Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra ou Tanger-Tétouan-Al Hoceïma – n’est pas, selon lui, une anomalie. «Les chiffres de l’IPAI montrent que le développement et les transactions immobilières sont massivement concentrés dans les grandes villes; il est donc naturel d’y observer davantage de vacance », analyse-t-il. Pour y remédier, il plaide pour une approche globale combinant incitation à la production ciblée et réforme réglementaire.

    Lire aussi | Baitas: le taux de remplissage des barrages dépasse les 45%

    «Il faut absolument créer des mécanismes qui encouragent les développeurs de projets neufs à aller vers des segments où la demande n’est pas desservie, tout en préservant leur marge», estime-t-il, citant le programme d’aide au logement comme une première réponse partielle. En parallèle, il juge tout aussi nécessaire d’inciter les propriétaires de biens de seconde main à vendre ou louer, «tout en préservant au minimum leur capital investi». Enfin, Nawfal Bellakhdar insiste sur un levier clé : «Il est primordial de revoir la loi sur le bail et d’y apporter des améliorations afin de préserver les intérêts du propriétaire en cas de défaillance du locataire ; cela pousserait les détenteurs de biens non loués à passer à l’action».

    Au-delà des chiffres, le paradoxe des logements vides révèle ainsi une faille systémique : tant que la production immobilière, le pouvoir d’achat des ménages et le cadre réglementaire évolueront à des rythmes dissociés, l’offre continuera de s’accumuler sans répondre pleinement à la fonction sociale du logement.

    3 questions à Nawfal Bellakhdar,Co-fondateur d’Akare.ma, société de gestion immobilière

    Challenge : La progression spectaculaire des résidences secondaires traduit-elle, selon vous, une financiarisation et une logique spéculative du logement au détriment de sa fonction sociale ? Quels mécanismes ont favorisé cette évolution sur les vingt dernières années ?
    Nawfal Bellakhdar : Tout d’abord, il est important de définir le logement secondaire, qui est le deuxième bien résidentiel acquis par un particulier disposant déjà d’un titre foncier à son nom. Le principe d’occupation n’a pas de rapport direct avec le logement secondaire, ce qui veut dire qu’un logement secondaire peut être un bien qui n’a jamais été habité ou loué. De même, nous devons garder en tête l’hypothèse historique : l’investissement le moins risqué est l’investissement dans la pierre ; l’immobilier est la valeur refuge.
    L’immobilier résidentiel vient en tête du podium en termes de production de biens immobiliers et de transactions immobilières (presque deux fois le nombre de transactions de foncier et dix fois le nombre de transactions de l’immobilier professionnel, selon l’IPAI). Il faut également ajouter que les primo-investisseurs s’attaquent, dans 90 % des cas, au résidentiel (studios, appartements), ce qui constitue un stock important de biens résidentiels secondaires sur le marché.
    Rajoutons à cela, que certains programmes immobiliers, tels que le logement économique, à la base conçus pour combler le besoin en logement de certains ménages aux capacités limitées, peuvent se transformer en logements secondaires à partir du moment où l’acquéreur a respecté le délai d’occupation minimale à titre de résidence principale et que sa situation financière s’améliore, lui permettant ainsi d’emménager vers un logement de meilleure qualité.

    Challenge : Le fait que plus de 93 % des logements vacants soient des appartements et des maisons modernes, remet-il en question les politiques publiques de l’habitat menées jusqu’ici, notamment en matière de ciblage de la demande réelle et de solvabilité des ménages ? Où se situe, selon vous, la principale rupture entre l’offre produite et les besoins effectifs de la population ?
    La vacance des biens immobiliers au Maroc n’est pas une constatation récente, et ce phénomène n’est pas observé uniquement dans l’immobilier résidentiel, mais également au niveau de l’immobilier commercial (locaux commerciaux vides et inoccupés) et parfois même de l’immobilier professionnel (les bureaux).
    La vacance a un lien direct avec le rapport des Marocains à l’opération de mise en location, certains d’entre eux ayant vécu des expériences tellement décevantes qu’ils n’ont plus qu’un souhait : fermer leur bien à clé et attendre une plus-value future ou le conserver comme héritage pour les ayants droit. Le fait que la loi sur le bail au Maroc soit en faveur du locataire et protège très peu les intérêts du propriétaire constitue la principale raison de la vacance des biens. Comme évoqué précédemment, puisque l’immobilier résidentiel est le plus développé et le plus acheté par les Marocains résidents et non-résidents, il va de soi qu’il représente la part du lion.
    Du côté de la rupture de l’offre, s’il y a aujourd’hui un segment qui n’est pas servi, ou très peu servi, c’est celui du logement moyen standing, défini dans les grandes métropoles par des budgets compris entre 450 000 et 700000 DH, et dans les petites villes à moins de 450 000 DH. Et lorsque ce produit existe, il est généralement situé dans des zones manquant d’accessibilité, d’équipements et de transports publics.

    Challenge : La concentration de la vacance immobilière dans les grands pôles économiques et littoraux pose la question de la régulation territoriale du marché. Faut-il aller vers des instruments fiscaux, réglementaires ou incitatifs pour remettre ces logements sur le marché résidentiel et rééquilibrer l’accès au logement ?
    La concentration de la vacance immobilière dans les grandes métropoles n’est pas le fruit du hasard. En analysant les chiffres de l’IPAI depuis que cet indice existe, on constate que le nombre de biens développés et transactés est concentré dans les grandes villes. Il est donc naturel d’observer ce phénomène par rapport à d’autres villes du Royaume.
    Pour remédier à cette situation, il faut absolument créer des mécanismes qui encouragent, d’un côté, les développeurs de projets neufs à aller vers des segments de produits où la demande n’est pas desservie, tout en préservant leur marge sur l’opération de promotion immobilière. Typiquement, le programme d’aide au logement répond en partie à cette problématique. Mais il faut également inciter les propriétaires de biens de seconde main à passer à la vente, tout en préservant au minimum leur capital investi de base.
    Il est enfin primordial de revoir la loi sur le bail et d’y apporter certaines améliorations afin de préserver les intérêts du propriétaire en cas de défaillance du locataire. Cela poussera les propriétaires de biens immobiliers non loués à passer à l’action.

    11 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Social

    Youssef Guerraoui Filali: «La protection sociale ne doit pas être perçue uniquement comme une politique de redistribution»

    by Wafaa Mellouk 11 janvier 2026
    written by Wafaa Mellouk

    Portée au rang de priorité nationale, la protection sociale s’impose aujourd’hui comme l’un des chantiers structurants du Nouveau modèle de développement du Maroc. Dans cet entretien, Youssef Guerraoui Filali, Président du Centre Marocain pour la Gouvernance et le Management, dresse un état des lieux des réformes engagées depuis 2021, en souligne les avancées mais aussi les fragilités persistantes, notamment en matière de couverture effective, de gouvernance et d’intégration du secteur informel. Son ouvrage se veut une contribution analytique au débat public, en proposant des recommandations opérationnelles pour transformer la généralisation de la protection sociale en véritable levier de cohésion nationale, de croissance inclusive et de refondation du pacte social entre l’État et le citoyen.

    Challenge : Votre ouvrage paraît à un moment charnière où la protection sociale est érigée en priorité nationale, portée par le Discours Royal de 2025. Quelle lecture proposez-vous de cette nouvelle ambition politique et en quoi votre livre contribue-t-il à en décrypter les enjeux stratégiques ?

    Youssef Guerraoui Filali : La protection sociale constitue aujourd’hui un droit humain fondamental universel consacré par les conventions de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Elle représente un plan d’action mondial adopté en 2015 par 193 pays pour assurer la prospérité, la paix et la protection de la planète d’ici à 2030, et éventuellement reprise lors de l’adoption des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD).

    Par conséquent, le Maroc accuse du retard pour atteindre une couverture sociale universelle. Seuls 20,5 % de la population qui bénéficie d’au moins une prestation de protection sociale (hors santé), contre 33,8 % en Afrique du Nord, 17,4 % pour le continent africain et 46,9 % au niveau mondial, ce qui met en évidence l’écart important avec les standards internationaux.

    De ce fait, notre Rapport Exécutif met à plats les avancées réalisées en matière de protection sociale au Maroc, et sous 4 angles sociaux à savoir : la couverture médicale, la prise en charge de la retraite, l’aide sociale pour le soutien familial et la scolarisation des enfants, et l’indemnisation pour perte d’emploi. Dans cet ordre d’idées, nous mettons en avant les lacunes du chantier et proposons 3 familles de recommandations stratégiques, à savoir : la conformité aux standards internationaux, la gouvernance clé à déployer, et l’efficacité à atteindre pour le système de généralisation de la couverture.

    Challenge : La généralisation de l’AMO, les allocations familiales ou encore le Registre Social Unifié ont profondément reconfiguré le paysage social depuis 2021. Selon vous, quels changements majeurs ces réformes ont réellement introduits dans la vie des Marocains et dans le fonctionnement de l’action publique ?

    Y.G.F. : La protection sociale ne doit pas être perçue uniquement comme une politique de redistribution, mais comme un véritable investissement dans le facteur humain, garant d’une croissance inclusive et durable. De ce fait, le Maroc dispose aujourd’hui de l’opportunité d’ériger ce chantier en pilier d’un nouveau pacte social, capable de renforcer la cohésion nationale et de consolider la confiance des citoyens dans l’action publique.

    Qu’il s’agisse de la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire, de l’instauration des allocations familiales ou de la mise en place du Registre social unifié et du Registre national de la population, ces réalisations sociales témoignent d’une dynamique réelle et d’un engagement fort de l’État marocain. Cependant, les défis à relever demeurent considérables tels que le financement durable du système, l’intégration effective du secteur informel, la gouvernance unifiée des régimes de couverture, ainsi que l’amélioration de la qualité des services de soins rendus aux citoyens.

    Par conséquent, la situation de « fermeture des droits » concerne près de 11% des personnes immatriculées auprès des différents régimes de l’AMO, soit 3,5 Millions de personnes. Il s’agit des personnes inscrites et immatriculées, mais qui n’ont plus accès effectif aux prestations de soins, parce que les conditions ne sont plus remplies (non-paiement des cotisations, stade de stage non atteint…). Au total, environ 8,5 millions de résidents ne peuvent pas accéder aux soins, soit environ 23% de la population totale si l’on tient compte aussi des non-inscrits et travailleurs du secteur informel.

    Challenge : Le Maroc avance vers un modèle qui fait de la protection sociale un investissement dans le capital humain. Quels leviers restent à activer pour que cette transformation structurelle devienne un moteur de croissance inclusive et non un simple dispositif de redistribution ?

    Y.G.F. : Selon moi, le premier pilier à mettre en œuvre est l’unification des systèmes de couverture médicale à travers une refonte générale, afin de mieux générer les cotisations des adhérents en vue de garantir une meilleure équité en matière de collecte des ressources. S’agissant du 2èmer levier, il est question de lutter contre les inégalités territoriales en matière d’accès aux soins. Les structures publiques et privées de soins sont en effet concernées sur cinq régions du Royaume (Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kenitra, Tanger-Tétouan-Hoceima, Fès-Meknès, et Marrakech-Safi). Ces Régions abritent 65% du réseau hospitalier mettant en exergue l’inégalité d’accès aux soins à l’échelle nationale. De ce fait, nous ferons du chantier de la protection sociale un mécanisme de mise à niveau sociale capable d’améliorer les conditions de vie des citoyennes et citoyens, et par conséquent un catalyseur du développement social indispensable pour le progrès de notre Nation.

    Challenge : Financement durable, intégration de l’informel, gouvernance, qualité des services… Derrière ces défis bien identifiés, lesquels constituent selon vous les véritables angles morts du chantier, ceux qui conditionneront sa réussite ou ses limites dans les prochaines années ?

    Y.G.F. : Effectivement, il existe toujours des angles morts dans ledit chantier, tels que la généralisation de la retraite pour les travailleurs du secteur de l’informel et l’expansion du système d’indemnisation pour perte d’emploi à tous les travailleurs non-salariés. En effet, L’informel au Maroc représente à peu près 33% du Produit Intérieur Brut (PIB). Les personnes opérant dans le secteur de l’informel ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Selon les chiffres du HCP de l’année 2023, 2,5 Millions de personnes travaillent dans le secteur de l’informel, en sachant que ce chiffre n’inclut pas le secteur agricole.

    Dans le même sillage, il s’agit de réviser le seuil d’éligibilité afin d’inclure les personnes en situation difficile. Certains indicateurs ne reflètent pas en effet la situation socio-économique du ménage, et leur prise en compte induit à l’exclusion de l’aide. Il est question aussi de revoir les critères d’éligibilité en vue d’élargir le champ de l’aide aux personnes nécessiteuses, même si elles bénéficient d’une ou de certaines composantes de la vie quotidienne (Motocycle, Smartphone, Accès à Internet…) 

    Challenge : Au-delà des mécanismes techniques, la réforme actuelle est présentée comme le socle d’un nouveau pacte social entre l’État et le citoyen. Comment percevez-vous l’évolution de ce lien de confiance, et quel rôle votre ouvrage entend-il jouer dans le débat national autour de cette refondation sociale ?

    Y.G.F. : Les avancées réalisées depuis 2021, qu’il s’agisse de la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire, de l’instauration des allocations familiales ou de la mise en place du registre social unifié et du registre national de la population, témoignent d’une dynamique réelle et d’un engagement fort de l’État marocain. Cependant, les défis à relever demeurent considérables tels que le financement durable du système, l’intégration effective du secteur informel, la gouvernance unifiée des régimes de couverture, ainsi que l’amélioration de la qualité des services de soins rendus aux citoyens.

    La réussite de ce chantier exige une approche intégrée et pragmatique, fondée sur la concertation entre les acteurs institutionnels, économiques et sociaux, mais aussi sur la promotion d’une culture de transparence et de redevabilité. Ainsi, la protection sociale ne doit pas être perçue uniquement comme une politique de redistribution, mais comme un véritable investissement dans le facteur humain, garant d’une croissance inclusive et durable. De ce fait, le Maroc dispose aujourd’hui de l’opportunité d’ériger ce chantier en pilier d’un nouveau pacte social, capable de renforcer la cohésion nationale et de consolider la confiance des citoyens dans l’action publique.

    Par conséquent, notre Rapport Thématique a mis la lumière sur plusieurs points du chantier de la protection sociale, en mettant en avant les avancées réalisées, mais tout en revenant sur les dysfonctionnements à travers la proposition d’une batterie de recommandations ciblant la mise à niveau du système et l’amélioration de la situation sociale du citoyen.

    Son parcours 
    Il est Président du Centre Marocain pour la Gouvernance et le Management, un think tank dédié à l’analyse des politiques publiques, des réformes économiques et des enjeux de gouvernance au Maroc. Spécialiste des questions de développement, de capital humain et de politiques sociales, il intervient régulièrement dans le débat public à travers des contributions, rapports et prises de position sur les grands chantiers structurants du Royaume.

    Son actu  
    Youssef Guerraoui Filali vient de publier un ouvrage consacré à la protection sociale au Maroc, dans lequel il analyse les avancées enregistrées depuis le lancement de la généralisation de la couverture sociale, tout en identifiant les limites et les angles morts du dispositif actuel. À travers ce travail, il propose une série de recommandations stratégiques visant à renforcer la gouvernance du système, assurer son financement durable et faire de la protection sociale un véritable investissement dans le capital humain et un pilier du nouveau pacte social.

    11 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Nation

    Le Souverain souffre d’une lombosciatalgie mécanique, associée à une contracture musculaire, sans aucun signe de gravité

    by Challenge avec MAP 10 janvier 2026
    written by Challenge avec MAP

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI souffre d’une lombosciatalgie mécanique, associée à une contracture musculaire, sans aucun signe de gravité, a indiqué, samedi 10 janvier 2026, le professeur Lahcen Belyamani, médecin personnel du Souverain.

    Ces douleurs au niveau du bas du dos nécessitent, selon la prescription du médecin personnel de Sa Majesté le Roi, un traitement médical adapté et une période de repos fonctionnel.

    Puisse Dieu préserver Sa Majesté le Roi, perpétuer sur lui les bienfaits de la santé.

    10 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Nécrologie

    Décès de Hassan Ouriagli : le monde économique marocain perd une figure majeure

    by Adama Sylla 10 janvier 2026
    written by Adama Sylla

    Le monde économique marocain est en deuil. Hassan Ouriagli, président-directeur général du Groupe Al Mada, est décédé ce samedi 10 janvier à Paris, des suites d’une crise cardiaque. Avec sa disparition, le Maroc perd l’un de ses dirigeants les plus influents et l’un des artisans majeurs de la transformation du Groupe Al Mada en un acteur panafricain de premier plan.

     Diplômé de l’École Polytechnique de Paris et de l’École Nationale des Ponts et Chaussées, Hassan Ouriagli a construit un parcours d’excellence, marqué par des responsabilités de haut niveau à l’international.

    Il rejoint le groupe ONA en 2003, où il débute en tant que directeur des participations financières. Il gravit ensuite les échelons et occupe successivement plusieurs fonctions stratégiques, dont celle de Directeur Général Délégué du groupe ONA, poste qu’il conserve jusqu’à la fusion ONA–SNI.

     À la suite de cette fusion, Hassan Ouriagli est nommé président du directoire d’Optorg. Il y mène un vaste chantier de restructuration de cette filiale spécialisée dans la distribution de biens d’équipement en Afrique, présente dans une vingtaine de pays.

    En parallèle, depuis 2003, il siège en tant qu’administrateur au sein de plusieurs filiales majeures du groupe SNI, contribuant activement à leur gouvernance et à leur développement. 

    En septembre 2014, Hassan Ouriagli est nommé PDG de la SNI, devenue depuis Al Mada, succédant à Hassan Benhamou. Il engage alors une transformation stratégique profonde du holding, avec pour ambition d’en faire un fonds d’investissement panafricain de référence.

    Lire aussi | Casablanca : le nouveau terminal de croisières confirme son rôle stratégique

    Sous son impulsion, Al Mada se concentre sur des secteurs clés pour le développement du continent, notamment les mines, l’énergie, la finance, les télécoms et la distribution, renforçant ainsi son positionnement en Afrique. 

    Visionnaire, rigoureux et discret, Hassan Ouriagli laisse l’image d’un dirigeant respecté, attaché à la performance, à la création de valeur durable et au développement économique du continent africain. 

    En cette triste et douloureuse circonstance, le président du Groupe Les Éditions de La Gazette, ainsi que les rédactions de Challenge, VH, MFM Radio et Lalla Fatima, adressent leurs plus sincères condoléances à sa famille, au Groupe Al Mada et à l’ensemble de ses proches.  

    10 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Monde

    États-Unis: à quoi s’attendre en 2026 avec la doctrine de Trump ?

    by Ismail Saraoui 10 janvier 2026
    written by Ismail Saraoui

    Donald Trump retire les États-Unis de 66 accords internationaux. Un retour assumé de la doctrine Monroe dans certaines régions, une Pax Americana teintée d’intérêts économiques… À quelques mois des élections de mi-mandat de novembre 2026, à quoi faut-il s’attendre ?

    Les premières heures de 2026 confirment ce que beaucoup redoutaient : le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche chamboule le monde. La primauté absolue des intérêts américains, redéfinis de manière étroite, transactionnelle et souverainiste. Récemment, le retrait des États-Unis de 66 accords internationaux, annoncé dès les premiers mois de ce nouveau mandat, marque un tournant brutal dans la diplomatie américaine contemporaine. Ce chiffre, inédit par son ampleur, ne traduit pas seulement une défiance à l’égard du multilatéralisme ; il révèle une recomposition profonde de la place des États-Unis dans l’ordre mondial.

    Du climat au commerce, des engagements sécuritaires aux cadres de coopération régionale, Washington semble désormais privilégier une diplomatie bilatérale dure, souvent conditionnelle, parfois coercitive. À travers cette stratégie, Trump ressuscite des fondamentaux idéologiques anciens — la doctrine Monroe, l’isolationnisme sélectif, la logique impériale d’influence — tout en les adaptant aux réalités du XXIᵉ siècle : guerre économique, rivalités technologiques, fragmentation géopolitique et montée en puissance du Sud global. Mais derrière cette posture de retrait apparent se cache une autre réalité : celle d’une Pax Americana revisitée, moins normative, moins universaliste, mais profondément arrimée aux intérêts économiques et industriels américains. Les alliances ne disparaissent pas ; elles se redéfinissent. Les institutions ne sont pas abolies ; elles sont contournées. L’ordre libéral international, déjà fragilisé, entre dans une zone de turbulence accélérée. À quelques mois des élections de mi-mandat de novembre 2026, cette séquence diplomatique pose une question centrale : s’agit-il d’un pari politique interne, destiné à consolider une base électorale nationaliste, ou d’une transformation durable de la stratégie américaine ?

    Lire aussi | Le déficit commercial des Etats-Unis en octobre au plus bas depuis 2009

    Contacté par Challenge l’experte en relation internationale Yasmina Asrarguis déclare : « Sous les premières lueurs de 2026, l’Amérique de Donald Trump semble poursuivre une mue civilisationnelle plus qu’une simple inflexion politique. En se retirant de 66 accords internationaux, le président ne fait pas que réaffirmer la centralité des intérêts américains : il délie les États-Unis d’un ordre multilatéral qu’ils avaient contribué à façonner, au profit d’une logique bilatérale, transactionnelle, et souvent directe ».

    Un désengagement stratégique ?

    « L’administration Trump a jugé ces institutions redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a déclaré le département d’Etat dans un communiqué.

    Rappelons que l’administration avait déjà suspendu son soutien à des agences telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Bureau de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’Unesco, adoptant ainsi une approche plus sélective de sa contribution à l’ONU. « Cette approche marque une rupture nette avec la tradition wilsonienne et même avec le pragmatisme réaliste des administrations précédentes. Là où Washington utilisait le multilatéralisme comme un levier d’influence, Trump le considère comme un coût », nous confie une de nos sources.

    Doctrine Monroe 2.0 : l’hémisphère occidental comme zone d’influence prioritaire

    Le retour assumé de la doctrine Monroe constitue l’un des marqueurs idéologiques les plus forts de ce début de mandat. L’Amérique latine et les Caraïbes redeviennent une zone d’intérêt stratégique direct, où toute présence concurrente — chinoise, russe ou iranienne — est perçue comme une menace. Cette lecture hémisphérique s’accompagne d’un durcissement des positions sur les flux migratoires, les investissements étrangers et les coopérations sécuritaires. Les États-Unis n’hésitent plus à conditionner leur aide économique ou militaire à des alignements politiques explicites. Là encore, la logique est transactionnelle : protection contre loyauté, accès au marché contre alignement stratégique. Cette doctrine Monroe revisitée n’est toutefois pas exempte de contradictions. Elle suppose un engagement accru dans une région que Washington avait progressivement reléguée au second plan, tout en réduisant ses moyens diplomatiques globaux.

    Lire aussi | Trump menace d’intervenir, que se passe-t-il en Iran ?

    Elle expose aussi les États-Unis à une résistance croissante de sociétés latino-américaines de plus en plus sensibles aux discours de souveraineté. Par ailleurs, contrairement aux apparences, les États-Unis ne se retirent pas du monde ; ils y restent, mais autrement. « La nouvelle Pax Americana se construit autour de chaînes de valeur, de contrôle technologique et de domination financière. Le dollar, les sanctions extraterritoriales, la maîtrise des semi-conducteurs et de l’énergie deviennent les véritables instruments de puissance », explique une note de la Fondation Jean-Jaurès.

    Pour les pays du Sud global, cette reconfiguration est ambivalente. D’un côté, elle affaiblit les cadres multilatéraux qui leur permettaient de peser collectivement. De l’autre, elle ouvre des marges de manœuvre nouvelles, dans un monde plus fragmenté, où la diversification des partenariats devient une stratégie de survie. « Ce repli sélectif s’apparente moins à un isolement qu’à une redéfinition du rôle impérial : une Pax Americana sans tutelle, où l’hégémonie se monnaie plus qu’elle ne se partage. La doctrine Monroe, convoquée en creux, ne vise plus uniquement l’Amérique latine : elle irrigue désormais le regard porté sur l’Europe, l’OTAN ou même le Moyen-Orient », précise l’experte.

    Les élections de mi-mandat de 2026 : un facteur de radicalisation ?

    À l’approche des élections de novembre 2026, la politique étrangère de Trump devient aussi un outil de politique intérieure. Le retrait des accords, la fermeté diplomatique et la rhétorique de puissance parlent directement à une base électorale mobilisée par le sentiment de déclin et de déclassement. Toutefois, cette stratégie comporte des risques. Une dégradation économique liée à des tensions commerciales, une crise internationale mal maîtrisée ou un isolement excessif pourraient se retourner contre l’exécutif.

    Lire aussi | Trump annonce la capture de Maduro

    Le Congrès, selon sa configuration post-mi-mandat, pourrait également freiner certaines initiatives, notamment en matière budgétaire et sécuritaire. « À l’approche des élections de mi-mandat, il s’agit d’une dramaturgie électorale autant que d’un projet géopolitique : donner à l’Amérique le visage d’une puissance qui ne doute plus d’elle-même, quitte à fracturer davantage le système international. Reste à savoir si cette stratégie du désengagement maîtrisé renforcera durablement l’autorité de Washington, ou précipitera, au contraire, son effritement silencieux », prévient Asraguis.

    10 janvier 2026 0 comments
    0 FacebookTwitterPinterestTumblrVKWhatsappEmail
    Newer Posts
    Older Posts

    Disponible en kiosque

    • 1 mai 2026

      Challenge N° 1012 • Du 1er au 7 mai 2026

    loader
    INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    Suivez-nous

    Facebook Twitter Linkedin Youtube Whatsapp

    Postes récents

    • Élection CGEM: le binôme Tazi-Bachiri dévoile son programme

      11 mai 2026
    • L’ambassadeur El Ansari se réjouit de la qualité du partenariat avec la Chine

      11 mai 2026
    • Attijari Payment transforme le smartphone en TPE

      11 mai 2026
    • Le gouvernement dresse son bilan social

      11 mai 2026
    • Justice internationale: une difficile gestation en cours

      11 mai 2026
    Abonnez-vous
      • L'équipe de challenge
      • Publicité
      • Abonnement
      • Contactez-nous
      • Bilan 2024
      • Plan du site
      • Économie
      • Entreprise
      • Décideurs
      • Automobile
      • Éducation et Enseignement
      • Marocains du monde
      • Archives
    • 58, av des FAR - Tours des Habous 14ème étage Casablanca - Maroc
    • +212 5 22 54 81 53 à 57
    • +212 5 22 30 97 07
    • contact@newpublicity.ma

    Nos autres sites

    vh.ma

    lallafatema.ma

    mfm.ma

    mfmsport.ma

    attahadi.ma

    Tous droits réservés Challenge 2025

    Facebook Twitter Youtube Linkedin Whatsapp
    Challenge.ma
    • Home