Financement du climat

Le Maroc va lancer une banque spécialisée dans la finance climatique

Avec l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), le Royaume s’apprête à se doter d’une banque verte. Outre le Maroc, quatre autres pays africains (Egypte, Rwanda, Bénin, Côte d’Ivoire) soutenus par l’institution financière panafricaine, sont en train de créer des banques vertes. L’initiative vise à combler le déficit des financements climatiques résultant du non-respect par les pays riches de leur engagement.

Selon un rapport de la BAD, publié en mai dernier, l’architecture de la finance climatique actuelle, dominée par les seuls bailleurs de fonds, notamment les banques multilatérales et les banques publiques de développements, ne peut répondre efficacement aux besoins africains. Le déficit de financement est même abyssal. Sur les 250 milliards dont il a besoin, le continent n’a ainsi mobilisé que 30 milliards en 2020. Ainsi, face aux promesses non tenues des pays riches à fournir 100 milliards de dollars par an aux pays en développement, cinq pays africains dont le Maroc, s’apprêtent à lancer des banques spécialisées dans la finance climatique avec l’appui de BAD pour essayer de combler le déficit du financement, rapporte Bloomberg qui cite Audrey-Cynthia Yamadjako, chargée principale de la finance climatique à la BAD et coordinatrice de l’initiative des banques vertes africaines.  « L’Egypte, le Maroc, le Bénin et la Côte d’Ivoire sont en train de créer des banques vertes sous l’égide de la BAD. Nous soutenons également le Rwanda, qui a lui-même pris l’initiative de mettre en place une telle institution », a déclaré cette responsable de l’institution financière panafricaine. 

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La BAD a déjà mobilisé 142 millions de dollars pour la banque verte rwandaise grâce notamment à ses propres contributions et à celles du Fonds de partenariat mondial pour le climat, de l’Agence danoise de développement international, de l’Agence française de développement (AFD) et du gouvernement britannique, indique Audrey-Cynthia Yamadjako, précisant que la banque verte rwandaise commencera à financer des projets en 2024. 

Sous l’égide de la Convention des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique (CNUCC), les pays riches, principaux responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre, s’étaient engagés en 2009 à porter à 100 milliards de dollars par an leur aide climatique en faveur des pays en développement à partir de 2020. Mais cette promesse n’a pas été jusqu’ici tenue. 

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Entre temps, les besoins des pays africains en financements climatiques ne cessent d’augmenter alors que les fonds investis sur le continent ne représentent qu’une infime part des flux mondiaux des financements climatiques, et la part couverte par le secteur privé reste limitée.

 Le coût global de la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN), qui représentent les efforts qui doivent être déployés par chaque pays pour réduire ses émissions nationales et s’adapter aux effets du changement climatique comme définis par l’Accord de Paris sur le climat, est estimé à 2 800 milliards de dollars entre 2020 et 2030, selon une étude publiée par la Climate Policy Initiative, un groupe de réflexion sur le climat composé de 90 experts. 

Sur ce montant global, les gouvernements africains se sont engagés à mobiliser 264 milliards de dollars de ressources publiques nationales, soit environ 10 % des besoins globaux en financements climatiques sur la période concernée. Les 2 500 milliards restants, soit 250 milliards par an, devraient provenir de sources publiques internationales et des acteurs privés nationaux et internationaux. 

 
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