Tremblement de terre

Edito. Reconstruire sur des bases solides

En faisant face aux catastrophes naturelles, le Maroc n’a nullement honte de sa nudité. Le tremblement de terre dans le Haouz du Royaume a été une nouvelle épreuve collective où un grand élan spontané de solidarité s’est exprimé aussi bien au niveau national qu’international.

La mobilisation des médias a été exceptionnelle. Avec les nouvelles techniques de communication, les Marocains ont pu connaître et suivre de près la situation dans toutes les localités touchées. Les premiers instants ont été durs, très durs, surtout pour les victimes dont la plupart vivaient déjà dans la précarité. C’est dans ce Maroc profond, pendant longtemps oublié, que le nombre de pertes humaines a été très élevé. Le déficit de la qualité des constructions, inséparable de la pauvreté des populations victimes, y a beaucoup contribué. Il en est de même des infrastructures routières, avant et après le tremblement de terre.

Aujourd’hui, le Maroc enterre ses morts et fait son deuil. Paix et miséricorde à toutes les âmes des personnes décédées, sœurs et frères de cette grande famille qu’est le Maroc, symbolisé par le Souverain dont l’humanisme incontestable est la force première.

Lire aussi | Séisme au Maroc. Comment l’impact des dons est optimisé sur le terrain

Attirés par l’odeur des cadavres, les charognards, comme d’habitude, ont rôdé aux alentours. Ils ont eu beau gémir et guetter, ils sont repartis le ventre vide.

En plus d’autres catastrophes naturelles telles que les inondations, le Maroc, depuis l’indépendance, a connu trois tremblements de terre mortels. En 1960, avec le séisme d’Agadir qui a fait plus de 12 000 morts ; en 2004, à Al Hoceima, avec plus de 600 morts, et aujourd’hui dans la région d’Al Haouz, avec presque 3 000 morts (chiffre provisoire) et autant de blessés. En faisant face à ces catastrophes, le Royaume a accumulé une grande expertise appelée à être constamment enrichie et partagée dans le monde, compte tenu de la croissance des risques et des menaces inhérents au changement climatique et à la dégradation continue de l’environnement qui imposent  de nouveaux défis planétaires.

Au niveau national, le séisme d’Al Haouz va certainement être un révélateur de nos propres forces et faiblesses. Des leçons devront être tirées pour demain. Dans l’immédiat, l’urgence est de soigner les blessés, de prendre en charge les enfants orphelins, de fournir des abris, de reconstruire solidement l’ensemble des douars/villages touchés (…). Dans quelques semaines, il commencera à faire froid, très froid, surtout la nuit. Les priorités doivent être définies en impliquant les populations concernées. Après l’émotion, c’est le retour en force de la raison qui va permettre de voir vers l’avant et de poursuivre le rêve de construction d’un autre Maroc, un Maroc solidaire où règnent la justice sociale et le respect de la dignité humaine.

Lire aussi | Séisme. Pas de don de cabines au Maroc, l’annonce du média qatarien est fausse

Passer d’une solidarité émotionnelle et spontanée à une solidarité structurée et permanente. La volonté politique et une démocratie effective constituent le moteur de ce passage. Ne ratons surtout pas ce nouveau rendez-vous avec l’espoir. 

 
Article précédent

Séisme au Maroc. Le Roi Mohammed VI contribue avec 1 MMDH

Article suivant

Séisme à Al Haouz. Comment faire de la région dévastée un modèle de régénération rurale