Gestion déléguée

Gestion déléguée VS SRM. Un combat perdu d’avance !

Deux modèles différents pour un même objectif en apparence. Toutefois, les experts penchent plus vers la nouvelle formule (SRM) qui permettra selon eux une meilleure gestion et un accompagnement optimal de la demande. Détails. 

La gestion déléguée perd officiellement son combat au détriment des Sociétés régionales multiservices (SRM). En effet, en vertu du projet de loi n° 83.21 relatif à la création des entreprises régionales multiservices, l’Etat va mettre en place des sociétés publiques au niveau de chaque région pour remplacer progressivement les gestionnaires délégués.  C’est donc une nouvelle page qui s’écrit pour le secteur. D’après ce texte, le gouvernement envisage la création de 12 sociétés régionales qui œuvreront à la gestion de ces services, mettant fin à l’ère de la gestion déléguée.

Cette décision est venue justement répondre à une série de problèmes dans le cadre des expériences de gestion en cours. Selon une déclaration à la presse du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit «les opérations de suivi et d’évaluation ont montré que la performance du secteur de l’eau et de l’électricité est confrontée à une série de problèmes dans le cadre des expériences de gestion en cours».

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Une situation qui «ne permet pas aux acteurs actuels d’accompagner le développement de la demande des services d’eau, d’assainissement et d’électricité d’autant plus qu’il empêche un équilibre dans la répartition de ces services au niveau territorial, notamment dans le monde rural », précise ce dernier. 

Sur un autre volet, rappelons que ce sont des entreprises étrangères, qui ont dominé la gestion déléguée des services d’eau, d’électricité et de désinfection au Maroc, y compris dans les grandes villes comme Casablanca, Rabat et Tanger. Ce qui ne sera pas le cas pour les entreprises régionales multiservices puisque la loi interdit aux sociétés étrangères de devenir actionnaires. Pour Karim Chraibi, expert en énergie «le concept est le même (une commune qui donne une délégation) mais avec une gestion améliorée». Pour l’expert, «le passage aux entreprises régionales multiservices est une bonne chose pour le secteur puisqu’il permettra une optimisation des process en se basant sur l’expertise acquise dans le passé par les grandes multinationales qui ont opéré dans ce secteur».  

Toutefois, il nuance quant au fait que l’impact sur l’utilisateur final ne sera ressenti que quand l’Etat va décider de libéraliser le secteur. « Je crois en la logique de marché, mais aujourd’hui les prix restent dans les mains du public ; c’est lui qui définit le tarif». 

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Rappelons que le passage vers les sociétés régionales multiservices s’effectuera progressivement commençant en premier par les régions. L’objectif étant de répondre à la question de la décentralisation, puis à la question de la régionalisation. Mais pas seulement. Il est aussi attendu d’atteindre un haut niveau de gouvernance pour une gestion optimale des besoins et des capacités. 

 
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